Méka, tome 2nd

Couverture du second tome de la BD MekaCaporal Ninia Onoo, armée du Levant. Ma mission : contrer l’avancée des troupes ennemies dans la guerre qui nous oppose aux troupes du Couchant. Avant de devenir pilote, je dois faire un stage de mécano dans les entrailles d’un Méka. Mais contre des dégâts trop importants, je ne suis pas qualifiée. Maintenant que notre Méka est H.S, je dois improviser pour survivre en terrain hostile, tout en traînant mon empoté de pilote, le lieutenant Enrique Llamas. Mais il paraît que la survie est à ce prix…

En se plaçant en porte-à-faux du tome précédent, ce second volume illustre une méthode assez connue des graphistes comme des feuilletonistes : l’interversion. Pour simplifier, on prend les mêmes mais pour produire l’inverse de ce qu’on a fait précédemment. Après leur odyssée dans les entrailles de leur Méka, le lieutenant Llamas et le caporal Onoo se trouvent donc au-dehors de celui-ci : toujours naufragés en territoire a priori hostile mais à pieds… De sorte que, une fois de plus, le récit s’articule autour d’une certaine originalité, car on voit rarement les pilotes de mechas défendre leur peau à mains nues, ou presque nues – même si c’est arrivé plus souvent qu’on croit : inutile de citer des exemples.

Une nouvelle épreuve attend ces deux soldats survivants, pour laquelle ils ne reçurent aucune préparation. Ils doivent en effet faire face aux conséquences pour le moins sanglantes de leur bataille parmi les civils innocents. Le récit atteint là des sommets de l’horreur bien à la hauteur des classiques du genre, et en particulier ceux postérieurs à la série TV Invincible Super Man Zambot 3 (Yoshiyuki Tomino ; 1977) qui reste encore à ce jour un pilier du domaine. Pour nos deux soldats, ces tensions seront l’occasion de raviver leurs querelles, et à travers celles-ci d’en apprendre davantage sur eux-mêmes ou du moins sur leurs limites. Et le lecteur, de son côté, verra combien le rôle de juge peut s’avérer difficile, comme dans tout bon récit de real mecha.

Quant à la conclusion, si de même que le reste du récit elle parvient à s’éloigner des truismes du genre, elle emprunte néanmoins dans ce but des chemins certes inattendus mais qui donnent l’impression de sortir de la juridiction du domaine mecha en s’ouvrant à des éléments narratifs plus convenus bien qu’avec une qualité de scénario comparable.

Certains apprécieront le revirement, et d’autres moins. Mais une chose est sûre : Méka vaut bien le coup d’œil.

Planche intérieure du premier tome de la BD Méka

Méka, t.2 : Outside, Jean-David Morvan & Bengal
Delcourt, collection Neopolis, août 2005
48 pages, env. 14 €, ISBN : 978-2-847-89775-3

- chronique du tome précédent : Inside
– d’autres avis : Sceneario, Planète BD, BD Sélection

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