Archive pour la catégorie 'Jeux vidéo'

Call of Cthulhu: Dark Corners of the Earth

Jaquette CD de l'édition française du jeu vidéo Call of Cthulhu: Dark Corners of the EarthSeptembre 1915, l’enquêteur Jack Walters est appelé au milieu de la nuit pour investiguer une vieille maison de Boston. Ce qu’il y trouve lui fait perdre la raison, mais de son séjour à l’asile d’Arkham il ne garde aucun souvenir – sauf des bribes éparses d’horreurs cosmiques hors du temps… Six ans plus tard, considéré guéri, il retourne à la vie civile, mais comme privé cette fois, et se voit confié une affaire de disparition qui l’amène à la ville côtière d’Innsmouth, une bourgade isolée aux habitants sinistres, où l’attend son destin…

Au contraire de ce que peut laisser penser son titre, Call of Cthulhu: Dark Corners of the Earth évoque en fait beaucoup moins les écrits de Howard Philips Lovecraft sur les Légendes du mythe de Cthulhu que l’adaptation de celles-ci en jeu de rôle sur table qu’édita Chaosium Inc. en 1981. Dark Corners…, en effet, mêle des éléments du Mythe à ceux issus d’autres écrits de Lovecraft sans aucun lien avec Cthulhu – je n’en dirais pas plus afin de ne pas spolier (1) le lecteur. De plus la longueur et la complexité du récit de ce jeu restent sans aucune mesure avec quels qu’écrits que ce soient de Lovecraft puisque celui-ci faisait en général dans le bref. Enfin, l’intervention de divers personnages, dont certains bien réels, parachèvent cette impression.

Fond d'écran tiré du jeu vidéo Call of Cthulhu: Dark Corners of the Earth Pour autant, il ne faut pas croire que l’essence du Mythe s’étiole derrière les limitations technologiques, ou bien que l’action l’emporte sur l’ambiance car il s’agit bien d’un récit au sens strict du terme. Et en particulier celui d’un homme à la recherche de sa mémoire, qui distingue d’autant mieux les horreurs tapies dans les ombres environnantes que ses souvenirs lui reviennent peu à peu tout au long de son enquête. Le thème de l’amnésie, ici, sert surtout de pilier principal à la narration au lieu de jouer le rôle de cache-misère scénaristique pour un auteur en mal d’idées. Pour cette raison, le focus se fait sur l’enquête menée par Jack Walters, sur la résolution progressive du mystère de la disparition de Brian Burnham – cet arbre qui cache la forêt.

Voilà pourquoi, en dépit de sa vue subjective, Dark Corners… n’appartient pas à la catégorie des FPS. Pas vraiment du moins, pas dans le sens « jeu d’action » du terme en tous cas : vous vous trouverez bien avisé de ne pas sortir votre arme à tort et à travers car les gens que vous rencontrerez dans les rues d’Innsmouth et ailleurs en ont quelques-unes eux aussi, et ils savent s’en servir ; chacun des dégâts qu’ils vous infligeront impactera non seulement vos mouvements mais aussi votre précision et votre vue – plus vous serez blessé et moins vous serez en état de combattre, avec la finalité que vous imaginez. Quant aux soins, ils s’avéreront aussi indispensables que lents à faire effet alors, conseil d’ami, apprenez à vous planquer plus qu’à viser…

Screenshot du jeu vidéo Call of Cthulhu: Dark Corners of the Earth Et pourtant, le pire ennemi vient encore de l’intérieur car, ici comme dans les récits de Lovecraft ou le jeu de rôle de Chaosium déjà évoqué, la folie guette votre personnage à chaque instant, et de préférence au moment où vous vous y attendez le moins. Par exemple quand vous tombez sur des corps mutilés ou des monstruosités cosmiques. De la même manière que les blessures physiques, ces troubles se manifestent par des effets graphiques tels que hallucinations et visions mais aussi des distorsions sonores ou des altérations dans la sensibilité des contrôles. Certaines circonstances peuvent aussi provoquer des espèces de schizophrénies où Jack entend des voix qui le poussent à la régression, et même au suicide.

Et pour couronner le tout, la réalisation se montre largement à la hauteur de l’atmosphère pour le moins unique de l’univers de Lovecraft, en dépit de certaines lacunes techniques somme toute assez passables, même si les descriptions sommaires de cet auteur en rendent les interprétations aussi multiples que personnelles, ce qui peut amener certains connaisseurs à s’étonner des choix graphiques des développeurs de Dark Corners…

Mais il serait dommage de passer à côté d’une expérience de jeu aussi aboutie pour un détail somme toute aussi discutable.

(1) en français dans le texte.

Notes :

Si le scénario de Dark Corners… se base pour l’essentiel sur les écrits de Lovecraft intitulés Le Cauchemar d’Innsmouth (The Shadow Over Innsmouth ; 1931) et Dans l’abîme du temps (The Shadow Out of Time ; 1934-1935), on y trouve aussi de nombreux éléments de la campagne L’évasion d’Innsmouth (Escape from Innsmouth) pour le jeu de rôle L’Appel de Cthulhu de Chaosium cité plusieurs fois ici.

Il va de soi que le jeu présente de très nombreux éléments du Mythe de Cthulhu, bien trop nombreux pour se voir listés ici : le lecteur pourra donc se livrer au fascinant jeu des clé tout au long de sa partie pour tenter de discerner ces divers hommages et autres clins d’œil.

Une séquelle fut planifiée, Call of Cthulhu: Destiny’s End, d’abord appelée Call of Cthulhu: Beyond the Mountains of Madness, mais fut finalement annulée.

Call of Cthulhu: Dark Corners of the Earth
Headfirst Productions, 2005
PC & Xbox, env. 10 €

- le site officiel du jeu chez Bethesda Softworks
- d’autres avis : Gamekult, JeuxVidéo.com

Metal Arms: Glitch in the System

Jaquette DVD de l'édition européenne du jeu vidéo Metal Arms: Glitch in the SystemSur la planète Iron Star, faite de détritus et habitée par des robots mineurs qui extraient du sol les artefacts d’une civilisation disparue, le général Corrosif a pris le pouvoir pour faire de ce monde pacifique une tyrannie mécanique et militariste. Les troupes du colonel Alliage, réfugiées dans la secrète Droïd City, luttent contre l’usurpateur. Un jour, ils trouvent dans les ruines un robot d’un modèle inconnu, appelé Glitch et qui porte la marque des Morbots – ceux-là même qui, dit-on, auraient jadis construit Iron Star…

Sous ses dehors de production pour la jeunesse, Metal Arms: Glitch in the System s’affirme en fait surtout comme un titre original – à défaut de novateur. On apprécie en effet ce côté cartoon qui renforce l’aspect peu sérieux d’un jeu qui se veut avant tout drôle, et qui y réussit : situé quelque part entre Ratchet & Clank (Insomniac Games ; 2002) et Rayman 2: The Great Escape (Ubisoft ; 1999), cet univers atypique mêle le banal et le pittoresque en un tout curieusement homogène sur le plan visuel mais aussi sur celui de l’ambiance qui s’en dégage. Car un mystère plane sur le monde d’Iron Star, celui de ces Morbots à la technologie prodigieuse qui en habiteraient le centre mais que nul n’a jamais vu…

Screenshot tiré du jeu vidéo Metal Arms: Glitch in the SystemEt parce qu’il porte leur marque, le petit robot Glitch que vous commandez tout le long de cette aventure affiche lui aussi une partie au moins de cette énigme. Pour autant, celle-là restera bien assez en retrait du scénario qui, dans les grandes lignes, se contente d’une certaine simplicité, pour ne pas dire une franche linéarité – ce qui ne se veut en aucun cas un jugement de valeur. Et d’autant plus qu’en raison de son amnésie, Glitch lui-même ignore tout de ses créateurs. Par contre, ces origines supposées permettent d’expliquer ses capacités de combat hors normes, celles qui vous permettront d’aller jusqu’au bout de l’aventure à grand renfort de sabotages, d’infiltration et de course-poursuites, en plus du pur shoot…

Car Metal Arms… présente une grande variété de mécaniques de jeu. Aux séquences musclées s’ajoutent ainsi de nombreux passages exigeant de se servir de son cerveau pour – par exemple – résoudre des énigmes ou des puzzles comme pour ouvrir des passages à travers des voies inhabituelles ou encore pour vous débarrasser de nombreux ennemis en détruisant une passerelle. Parmi les actions peu banales, on peut citer le passage demandant que vous rangiez toutes vos armes afin de passer pour un simple mineur inoffensif qui traverse une place saturée de gardes armés jusqu’aux dents ou bien celui où il vous faut vous démonter vous-même pour infiltrer une usine.

Screenshot tiré du jeu vidéo Metal Arms: Glitch in the SystemMais la capacité la plus intéressante et la plus drôle qu’on vous donne consiste encore à pouvoir prendre le contrôle de vos ennemis, dans certaines circonstances du moins, afin de leurrer des systèmes de surveillance ou bien d’emprunter la puissance de frappe colossale de certaines unités adverses. Dans le même registre d’idée, vous contrôlerez à l’occasion d’autres personnages que Glitch, le temps d’un niveau en tous cas, afin de remplir des objectifs bien précis et parfois peu communs. Les inévitables passages en véhicule sont bien sûr de la partie eux aussi, sur terre comme dans l’air, à toute vitesse comme à une allure plus lente mais avec une puissance de feu bien plus conséquente ; vous pourrez même voler leur engin à vos adversaires d’ailleurs.

Pour son univers à part dans le registre des productions pour un public jeune et pour ses mécaniques de jeu souvent hors normes dans un titre se réclamant du shoot pur et simple, Metal Arms… s’affirme au final comme un jeu surprenant mais surtout très sympathique de par son originalité qui ne voile en aucun cas son facteur fun, bien au contraire : entre les passages orientés action pure, et souvent bien intense, et ceux exigeant une réflexion qui peut parfois se montrer très pointue, les joueurs aguerris comme les occasionnels y trouveront chacun leur compte.

Séquelle :

Bien que de nombreux personnages et ennemis aient été développés et animés, la suite pour laquelle ils furent conçus se vit annulée quand Swingin’ Apes Studios se fit racheter par Blizzard Entertainment.

Metal Arms: Glitch in the System
Swingin’ Ape Studios, 2003 (version PAL)
GameCube, Playstation 2 & Xbox, env. 5 € (occasions seulement)

Ace Combat: Distant Thunder

Jaquette de l'édition PAL du jeu vidéo Ace Combat 4: Distant Thunder« Quand j’étais enfant, la guerre restait quelque chose d’abstrait. Quelque chose ayant lieu dans un pays lointain. Et puis un jour, il y a eu la guerre dans mon pays, et j’en ai fait partie… »

1999. Stonehenge, un canon colossal conçu pour détruire un astéroïde qui menaçait la Terre, tombe aux mains de l’Eursea, une petite nation du nord de l’Usea. Une alliance d’états indépendants réagit en mettant sur pied une force armée, l’ISAF, pour intervenir.

Sous l’indicatif de Mobius 1, un pilote d’élite de l’ISAF, vous volez contre l’Eursea. Mais les pilotes de celui-ci se montreront des adversaires bien différents que ce que vous croyiez au départ…

Fond d'écran pour le jeu vidéo Ace Combat: Distant ThunderAprès l’expérimentation tant narrative que graphique et vidéo-ludique d’Ace Combat 3: Electrosphere, dont les différentes éditions occidentales ne constituent qu’un ersatz, Ace Combat: Distant Thunder revient aux racines de la franchise : une époque contemporaine de la nôtre dans un monde parallèle, à travers le mécanisme bien connu de l’uchronie, où une situation politique tendue bascule soudain vers un conflit ouvert ; le joueur endosse le rôle d’un des principaux protagonistes dont les participations aux diverses opérations feront basculer l’issue de la guerre. Ces opérations prennent ici la forme de 18 missions, à la difficulté bien sûr croissante et qu’il faudra chacune réussir avant de pouvoir passer à la suivante.

Screenshot du jeu vidéo Ace Combat: Distant ThunderRien de bien original, donc, du moins comparé à l’opus précédent. Pourtant, compte tenu de sa très grande qualité de réalisation, Distant Thunder s’affirme non seulement comme une entrée tout à fait réussie pour la série Ace Combat sur la Playstation 2 mais de plus il reste encore à ce jour un des titres les plus appréciés de la licence toute entière. La raison derrière ce succès tient bien sûr à des mécaniques de jeu éprouvées et affinées peu à peu tout au long du développement de la franchise et qui atteignent ici un sommet, faisant ainsi de Distant Thunder un des pinacles de la série. À vrai dire, il paraît bien difficile d’y trouver des défauts sans se montrer tatillon – par exemple en regrettant la basse définition des textures du sol alors qu’on s’en approche très rarement…

Screenshot du jeu vidéo Ace Combat: Distant ThunderLe principal changement concerne la possibilité d’acheter l’armement dont le joueur veut équiper son appareil avec l’argent gagnée lors des missions. Au contraire d’Electrosphere, où les équipements optionnels ne coûtaient rien, plusieurs types d’armes sont ici disponibles pour chaque avion et on peut vendre un matériel pour s’en payer un plus coûteux. Cette personnalisation de l’équipement donne d’ailleurs au titre une ressemblance assez frappante avec le principe de base de la licence Armored Core – qui pourtant n’entretient aucun rapport avec la série Ace Combat à ma connaissance… Mais quelles que soient vos performances tout au long du jeu, il vous faudra plusieurs parties pour acheter toutes ces armes optionnelles en plus des 21 types d’avions.

Screenshot du jeu vidéo Ace Combat: Distant ThunderCependant, l’aspect le plus mémorable de Distant Thunder reste encore sa narration. Si son récit en lui-même présente un intérêt assez limité, la manière dont il est raconté montre une force émotionnelle rare. Car la Guerre Continentale qui déchire l’Usea nous est ici décrite du point de vue d’un petit garçon dont les parents se sont trouvés victimes du conflit par un caprice du destin… À travers les chroniques de sa vie en temps de guerre, nous découvrirons peu à peu le véritable visage de l’ennemi qu’on combat dans nos missions, et notamment ce que cet adversaire a de plus… humain. Il faut d’ailleurs ici souligner l’immense qualité du travail de Studio 4°C qui joue sur ce point un rôle déterminant en conférant à chacun de ces moments une présence unique. Chapeau bas.

Pour sa réalisation technique exemplaire et qui reste encore bien assez bluffante même dix ans après, comme pour ses mécaniques de jeu huilées à la perfection où se mêlent avec brio le réalisme et l’arcade, mais aussi pour son récit poignant dont plus d’un joueur ne sortira pas tout à fait entier, la série Ace Combat signe avec Distant Thunder une entrée exceptionnelle sur la Playstation 2 : par son accessibilité et sa liberté d’action, ce titre ravira les nouveaux-venus à la franchise comme il a comblé les fans de longue date.

Notes :

La vidéo ci-dessus est moins un trailer qu’une pub pure et simple mais bon, ça change… Si vous voulez un trailer véritable et de qualité, vous en trouverez un ici même.

Ace Combat: Distant Thunder (Ace Combat 04: Shattered Skies)
Namco, 2002 (version PAL)
Playstation 2, env. 10 € (occasions seulement)

- le site officiel d’Ace Combat: Distant Thunder (jp/en)
- le site (fictif) de l’ISAF (int), avec de nombreux goodies, info et bio de dév’
- Acepedia : le wiki de la série Ace Combat (en)
- The Electrosphere : un forum de fans de la série (en)
- d’autres avis : PlayFrance, Gamekult, JeuxVidéo.com, EmuNova, GravitorBox

Jeux à venir : des trailers

Soulcalibur V : l’action s’y déroule 17 ans après le titre précédent, et un nouveau protagoniste principal y fera son apparition ; sortie prévue sur Xbox 360 et PS3 en 2012.

Steel Battalion: Heavy Armor : annoncé comme la suite de la série des Steel Battalion, ce titre sera le premier de Capcom compatible avec Kinect ; aucune date de sortie n’a été annoncée à ce jour.

Dark Souls : “suite spirituelle” de Demon’s Souls, cet Action-RPG développé par From Software sortira au Japon à la mi-septembre et le 7 octobre en France, sur Xbox 360 et PS3.

GunValkyrie

Jaquette DVD de l'édition PAL du jeu vidéo GunValkyrie1906. L’exploitation d’une source d’énergie tirée de la comète de Halley permit de développer une technologie prodigieuse qui ouvrit aux hommes le chemin des étoiles. Ainsi, certains purent émigrer sur des planètes lointaines pour les coloniser et y commencer une nouvelle vie. Mais soudain, le contact est perdu avec le monde de Tir Na Nog, et c’est la Team Dolphin de l’agence GunValkyrie qu’on envoie enquêter sur place. Mais tout ce que ces spécialistes trouvent se résume à des hordes d’insectes géants pour le moins… agressifs.

Il y eut une époque où les jeux vidéo savaient rester simples : en appuyant sur un bouton de la manette, on obtenait une action, et une seule. Puis des petits malins inventèrent le concept de combinaisons de touches, ou combos, qui permettait de réaliser des actions plus complexes en appuyant sur différents boutons dans un ordre précis. Si cette nouveauté représente un progrès indiscutable dans le domaine du jeu vidéo, force est de constater que certains développeurs le poussent parfois dans de tels retranchements qu’on se demande s’ils visent bien des joueurs dotés de seulement dix doigts, ou bien des gens qui veulent simplement s’amuser et non transcender leurs limites – puisque c’est souvent ce qu’une vision assez élitiste du jeu vidéo présente comme la principale raison derrière la difficulté inouïe d’un titre.

Screenshot du jeu vidéo GunValkyrieAinsi, GunValkyrie figure-t-il au rayon des jeux dont le potentiel tant ludique qu’artistique ne fait aucun doute mais dont l’accessibilité se montre bien plus discutable. En d’autres termes, voilà un titre gâché par un game design abracadabrant alors qu’il aurait pu faire un excellent divertissement pour peu que ses développeurs aient gardé à l’esprit que la plupart des gens jouent pour s’amuser et non pour frimer tous seuls devant leur écran – GunValkyrie, en effet, ne propose pas de multijoueur. Voilà pourquoi je ne l’ai pas terminé : pour la simple et bonne raison que j’ai une vie en dehors de ma console et donc très peu de temps à perdre avec un jeu qui, en fin de compte, ne m’amuse pas…

Pour le reste, il faut souligner les immenses qualités visuelles de ce titre dont le moteur parvient à restituer de grands espaces très détaillés sans broncher. Mais on peut aussi évoquer l’ensemble des designs somptueux de cet univers à la croisée du steampunk et du space opera, ce qui est déjà assez peu banal en soi. Rien que pour ça, d’ailleurs, GunValkyrie vaut bien le détour.

Et qui sait, vous pourriez bien figurer parmi les quelques rares élus capables d’aller jusqu’au bout…

GunValkyrie
Smilebit, 2002
Xbox, env. 9 € (occasions seulement)

Advance Wars

Jaquette du jeu vidéo Advance WarsWars World est au bord de l’implosion ! La nation d’Orange Star subit une invasion soudaine et en apparence infondée de son voisin immédiat Blue Moon. Il vous appartient de repousser cette attaque et de neutraliser l’ennemi. Sous vos ordres, les trois généraux Andy, Max et Sami vous prêtent leur talent et leur pouvoir. Mais gagner cette guerre-là exigera surtout un talent stratégique sans faille : le vôtre…

Advance Wars est mignon. Avec son style graphique entre cartoons et mangas, il ne montre jamais aucune violence et s’adresse ainsi à tous les publics. Les affrontements sont retranscrits sous forme de courtes animations rigolotes qui ajoutent une touche bien particulière. Designs et animations sont simplifiés afin de permettre au joueur de se concentrer tout entier sur la partie et sa dimension stratégique. Tout au long du récit, on comprend que les divers personnages qu’on croise, qu’on les combatte ou non, ont tous vécu certaines choses qui les rendent assez attachants.

Screenshot du jeu vidéo Advance WarsAdvance Wars ne propose pas un scénario vraiment complexe. À vrai dire, on ne comprend pas toujours très bien pourquoi les choses s’y passent telles qu’elles se produisent ni même si leur complexité apparente fait en effet avancer l’histoire ; et si parfois plusieurs chemins s’offrent à vous ils finissent néanmoins par tous se rejoindre, ce qui évoque des espèces de coups d’épée dans l’eau, faute d’une meilleure métaphore. D’ailleurs, vu le niveau des dialogues, on se dit qu’on n’est pas le seul à ne pas tout saisir, ce qui agace d’autant plus qu’on perd son temps à lire des informations sans intérêt.

Screenshot du jeu vidéo Advance WarsAdvance Wars figure dans la série des Nintendo Wars et fait plus ou moins suite à Super Famicon Wars, ce qui ne vous dit probablement pas grand-chose mais permet néanmoins d’affirmer qu’il prolonge une lignée de jeux de stratégie au tour par tour restée célèbre. Le tout premier titre de cette série, d’ailleurs, Famicom wars (1988), fut développé par le même studio que celui d’Advance Wars, avant de se voir porté sur Game Boy sous le titre de Game Boy Wars en 1990 ; il s’agissait jusque-là de la seule participation d’Intelligent Systems à cette série. Mais quand on joue, par contre, cette illustre parenté ne frappe pas…

Screenshot du jeu vidéo Advance WarsAdvance Wars, en effet, triche. Comme la plupart des jeux de ce type, vous me direz, puisqu’il ne place pas le joueur sur un pied d’égalité avec son adversaire dirigé par intelligence artificielle ; mais dans ce cas précis celle-ci s’avère tant demeurée et le rapport de force de départ montre un tel décalage que la plus simple frustration se mue vite en un pur énervement, de sorte qu’on en vient rapidement à se demander ce qu’on fait là à jouer – ou du moins à tenter de jouer – alors que tant d’autres titres méritent toute notre attention. Puis on se souvient que l’enthousiasme des uns se communique parfois trop bien aux autres…

Advance Wars, en fin de compte, apparaît bien surestimé, mais il ne dégoûte pas au point de ne pas vouloir essayer sa suite. Au moins essayer. Pour voir si les choses se sont améliorées…

Séquelles :

Advance Wars lança une franchise à succès. Après ce premier opus, sa suite directe Advance Wars 2: Black Hole Rising sort la même année sur la même console ; puis la licence passe sur Nintendo DS avec Advance Wars: Dual Strike, sorti en 2005, et enfin Advance Wars: Dark Conflict en 2008.

Advance Wars
Intelligent Systems, 2001
Game Boy Advance, env. 5 € (occasions seulement)

Metal Conflict

Jaquette CD du jeu vidéo Metal ConflictAu XXIIIe siècle, l’humanité découvrit le moyen d’explorer les étoiles. Peu après, elle mit les pieds sur le monde d’Hedoth, une race extraterrestre à la technologie prodigieuse mais à présent éteinte pour des raisons inconnues. Derrière eux, l’Hedoth avaient laissé leurs installations et leurs machines de guerre à la sophistication inouïe et à la valeur marchande incalculable : alors, très vite, les trois plus grandes corporations de la Terre entrèrent en conflit ouvert pour la possession de cette puissance…

Suite aux immenses succès de Warcraft II: Tides of Darkness (Blizzard Entertainment ; 1995) et de Starcraft (même développeur ; 1998), les années 90 connurent un développement sans précédent du genre RTS, soit la Stratégie en Temps réel. De sorte qu’on vit apparaître un nombre toujours plus conséquent de productions dont l’intérêt variait considérablement d’un titre à l’autre : si la plupart d’entre eux se firent assez vite oublier, d’autres laissèrent une impression plus pérenne ; on peut citer parmi ces derniers le Metal Conflict du développeur Zono Inc. Et pourtant, entre la prépondérance des mechas et des mécaniques de jeu assez atypiques sous bien des aspects, celui-ci n’avait pas choisi la facilité.

Screenshot du jeu vidéo Metal ConflictAinsi, Metal Conflict proposait-il trois niveaux de jeu, et je veux dire par là trois niveaux de hauteur : au traditionnel plancher des vaches, il ajoutait un niveau supérieur, situé en orbite précisément, et un niveau inférieur, donc souterrain ; toute l’innovation tenait dans ce que ces trois niveaux de hauteur pouvaient communiquer entre eux, ce qui complexifiait beaucoup la partie en proposant des stratégies bien plus sophistiquées que la plupart des autres titres du genre. Ajoutée à ça la possibilité de choisir en cours de partie les différentes pièces de chacun des mechas fabriqués à l’aide des diverses technologies découvertes au cours de la mission en cours et des précédentes, et vous obteniez une jouabilité finale d’un niveau nettement supérieur à celui du RTS classique.

D’ailleurs, je n’ai pas pu le finir – mais j’admets volontiers que j’ai toujours eu du mal avec les RTS – de sorte que je ne pourrais pas vous en dire plus sur le scénario du jeu qui, pourtant, semblait assez intéressant : avec ses trois factions en lutte et ces trois frères de sang aux commandes de chacune d’entre elles, le potentiel narratif se montrait lui aussi bien plus sophistiqué que la moyenne ; alors, si les RTS sont votre truc, et si pour une raison ou pour une autre vous êtes passés à côté de Metal Conflict, vous pouvez encore vous rattraper…

Metal Conflict (Metal Fatigue)
Zono Inc., 2000
Windows, env. 25 € (occasions seulement)

Deus Ex : Human Revolution – Dernier trailer

Far Cry

Jaquette DVD du jeu vidéo Far CryAncien soldat des forces spéciales qui a fui son passé en s’exilant dans le Pacifique Sud, Jack accepte l’offre d’une journaliste, Valérie, de lui tenir lieu de garde du corps pour une enquête sur une île peu connue de Micronésie. Mais à peine sur place, alors que Val vient de quitter le bateau pour mener son investigation, le navire de Jack est coulé au lance-roquette. Seul et à des centaines de kilomètres de la civilisation, avec aux trousses des mercenaires qui ne rigolent pas du tout, Jack devra reprendre les armes pour s’en sortir…

Far Cry ou le jeu lourdingue par excellence. Nul besoin de s’enliser dans la litote : en dépit de toutes ses immenses qualités, ce titre présente comme principal – et peut-être même unique – défaut de ne pas permettre au joueur de sauvegarder sa partie quand il le souhaite ; car cet apanage des jeux console augmente considérablement la difficulté d’une partie pourtant déjà peu encline, ici, à accueillir les joueurs débutants dans le genre de ces FPS dits réalistes, ceux-là même qui ne se caractérisent pas par leur facilité pour commencer : sous bien des aspects, d’ailleurs, ce titre appartient presque à la sous-branche tactique du genre – ce qui ne se veut en aucun cas un jugement de valeur…

Screenshot du jeu vidéo Far CryC’est à cause de cette fonction, encore qu’il est plus juste de parler d’absence de fonction, celle de la sauvegarde à volonté, que Far Cry devient indigeste. Une fois cet aspect couplé à des passages d’une difficulté souvent inouïe, qui non seulement s’avèrent nombreux tout au long de la partie mais aussi se suivent parfois par deux ou par trois, le jeu devient ici un véritable cauchemar. À un point tel que le titre évoque au final moins un challenge quelconque que du masochisme pur et simple. Bien sûr, rien n’empêche de reprendre la partie à un niveau de difficulté plus bas, mais comme on ne se rend compte de son erreur qu’une fois parvenu au premier quart du scénario, sans compter qu’on ignore en être à ce stade puisqu’il faut avoir fini le jeu pour connaître sa longueur, on préfère continuer que recommencer.

Au moins, Far Cry présente comme avantage qu’on peut varier les plaisirs compte tenu de la vastitude des terrains et de la diversité de chemins qu’ils proposent, sans compter les différents types de véhicules à disposition, mais ça n’en reste pas moins frustrant d’échouer toujours au même point – surtout quand on a opté pour un chemin particulièrement détourné et long pour éviter un autre écueil sur lequel on s’est déjà cassé les dents dix fois. Sans compter qu’une bonne partie du jeu se situe tout de même dans des environnements artificiels où l’ensemble des chemins qu’on peut suivre se réduit à un seul : en d’autres termes, on n’a pas d’autres choix que d’aller au casse-pipe en espérant que les dieux du hasard et des algorithmes seront avec nous.

Screenshot du jeu vidéo Far CryMais à cette souplesse dans le choix d’options qui s’offrent au joueur s’ajoute un aspect rappelant le grand spectacle des films d’action hollywoodien. Bidons d’essence et réservoirs de carburant explosent avec quelques balles à peine dans un feu d’artifice que la technologie du CryEngine restitue avec brio. Sans oublier les possibilités de cascades que permettent les différents types de véhicules dont vous pourrez par ailleurs toujours utiliser les armes en conduisant, ce qui procure un certain plaisir – à défaut d’un plaisir certain… Quant au réalisme, et pour peu que ce terme convienne bien à un jeu vidéo, il s’avère très convaincant en dépit de l’orientation blockbuster du titre : bien qu’on ne puisse transporter que quatre armes, elles entrent toutes dans le registre du réel et procurent des sensations du même crû.

Si Far Cry fourmille de bonnes idées de mécaniques de jeu, en plus de proposer un environnement tout aussi rarement vu que très bien restitué, tant sur le plan technique que sur le plan artistique, sans compter qu’il s’agit d’une parfaite transposition du genre des films d’action dans le domaine du jeu vidéo, bref s’il s’agit d’un titre au potentiel certain, une erreur de design particulièrement malheureuse le rend hélas invivable. Il reste néanmoins une expérience de jeu assez unique en son genre, qui mérite le détour pour s’en faire sa propre idée et qui malgré tout donne presque envie de se pencher sur le second volet de la série pour voir si les développeurs de celui-ci ont oui ou non appris des erreurs de Crytek.

Adaptation :

Au cinéma, sous le même titre, par le tristement célèbre Uwe Boll, et sortie en 2008 : comme la plupart des autres réalisations du personnage, elle se fit huer par la critique.

Séquelles :

Comme évoqué plus haut, Far Cry a engendré une franchise à succès : outre un portage sur Xbox en 2005, sous le titre de Far Cry Instincts, qui connut lui aussi un portage sous Xbox 360 appelé Far Cry Instincts: Predators, sa suite Far Cry 2 fut toute entière développée par Ubisoft Montréal et sortit en 2008 ; l’action se déroule cette fois en Afrique. Un troisième opus, intitulé Far Cry 3 a été annoncé lors de l’E3 2011.

Notes :

Si cette chronique ne vous a pas trop dégouté de tenter le coup, je ne peux que vous conseiller d’installer le patch officiel qui mettra à jour votre installation de Far Cry en version 1.2 : celle-ci, dit-on, permet les sauvegardes rapides à volonté – j’apprends son existence au moment où j’écris ces lignes, en me demandant un peu où on va s’il faut se taper des heures de recherche avant de pouvoir jouer normalement…

Far Cry
Crytek, 2004
Windows, env. 6 €

Arena Wars

Jaquette CD de l'édition française du jeu vidéo Arena WarsEn cette année 2317, les technologies d’entraînement militaire ont la part belle dans les sports de combat. Aux fondements d’une nouvelle ligue de compétition internationale, elles permettent de commander à distance de nombreux types de véhicules équipés des derniers modèles d’armes lourdes. Mais seuls les plus intelligents, les plus fortunés et les plus acharnés des participants peuvent espérer gravir les échelons du tournoi jusqu’au sommet : à vous de prouver que vous méritez cette gloire d’un jour…

Si l’industrie du jeu vidéo s’enlise de plus en plus dans une espèce de redite permanente et tout autant fâcheuse, il faut néanmoins souligner les efforts de petits développeurs indépendants qui tentent – hélas rarement avec succès, ce qui en dit long sur la clientèle – de sortir de ces chemins tant rebattus qu’ils en deviennent boueux. Ainsi les allemands d’exDream choisirent-ils de s’aventurer sur un terrain aussi inattendu que risqué en tenant de combiner la stratégie en temps réel aux modes de jeux typiques des FPS orientés compétition tels qu’Unreal Tournament (Digital Extremes & Epic Games ; 1999) ou Quake III Arena (id Software ; même année). Le résultat final s’appelle Arena Wars et il se présente comme pour le moins unique en son genre.

Screenshot du jeu vidéo Arena WarsPar exemple, le nombre total d’unités au sein d’une équipe ne peut dépasser six et chaque type d’unité présente sa propre spécialité. Outre le buggy, le tank et l’artillerie mobile, vous pourrez utiliser trois sortes de mechas : un léger et fragile équipé de lance-missiles, un moyen armé de lasers, et un lourd mais résistant expert au corps-à-corps – même si la notion de corps-à-corps, ici, reste assez extensible, faute d’un meilleur terme… Si chacune de ces unités a son prix en points de construction, invariable, son coût vous est remboursé dès qu’elle est détruite, ce qui vous permet d’en fabriquer une autre immédiatement avec pour seule pénalité la perte d’un temps précieux que votre adversaire ne se privera pas d’exploiter à son avantage…

Screenshot du jeu vidéo Arena WarsPour cette raison, il n’y a ici aucune gestion de ressources mais un simple capital de départ à exploiter au mieux en vue de créer les unités nécessaires pour remplir les objectifs. Mais, et c’est là une autre particularité d’Arena Wars, ceux-là ne consistent pas à détruire l’adversaire ou bien à s’emparer de ses positions ; au lieu de ça, il s’agit – selon le type de jeu choisi – de capturer son drapeau en s’infiltrant dans sa base pour le lui voler et le ramener chez soi, ou bien de détruire sa base à l’aide d’une bombe qu’il faut parvenir à déposer chez lui, ou encore à occuper le plus de zones possibles du terrain pendant le plus de temps possible. L’opposant, de son côté, doit bien sûr faire la même chose, mais contre vous…

Screenshot du jeu vidéo Arena WarsOn n’avait alors jamais vu, à ma connaissance du moins, les jeux de stratégie en temps réel rencontrer ainsi la Capture du Drapeau, le Bombing Run et la Double Domination, soient des modes de jeu à l’époque encore exclusifs aux FPS multijoueurs. Voilà pourquoi, histoire de compléter le tableau, Arena Wars permet à huit joueurs de s’affronter en ligne depuis les quatre coins du monde. Et si on peut opter pour un mode solo où il faut gravir les échelons de la compétition en jouant contre l’intelligence artificielle du jeu, celle-ci tend hélas à rendre les parties assez répétitives de sorte que vous voudrez vite en revenir à des adversaires dignes de ce nom…

Si Arena Wars n’a rien d’un grand jeu, ni même d’un titre franchement original, dans le sens où il n’invente rien mais en fait recycle des mécaniques existantes qu’il recombine à sa manière, il n’en reste pas moins une réalisation atypique qui mérite bien que vous lui donniez sa chance – mais de préférence en LAN ou sur internet.

Note :

Arena Wars connut en 2008 une séquelle aux parfums de remake sous la forme du titre Arena Wars Reloaded qui, comme son nom l’indique, se présente comme une sorte de grosse mise à jour sur la plupart des plans.

Arena Wars
Ascaron Entertainment, 2004
Windows, env. 4 € (occasions seulement)

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