Archive pour la catégorie 'Sciences'

Aider la Recherche scientifique ne coûte rien !

Absolument : il existe des tas d’applications téléchargeables, sans frais ni contribution aucune, qui rassemblent et calculent diverses données pour certains centres scientifiques afin d’aider la recherche qui en a bien besoin à notre époque où les budgets des labos se réduisent toujours plus à chaque jour.

Voici une liste (non-exhaustive) de certaines applications disponibles en libre téléchargement et qui le plus souvent ne nécessite aucun enregistrement auprès de quelque base de donnée que ce soit. Ces programmes utilisent le processeur de votre ordinateur afin de mener à bien diverses opérations de calcul dont les résultats sont envoyés au centre de recherche correspondant avant de recevoir de nouvelles données à calculer, et ainsi de suite… Certains fonctionnent comme économiseur d’écran ou alors comme tache de fond mais tous peuvent être désactivés à loisir d’un simple clic quand vous avez besoin de toute la puissance de votre machine pour une raison ou pour une autre. Ainsi pourrez-vous contribuer, tout aussi modestement soit-il, à la recherche scientifique – c’est-à-dire à rendre notre monde meilleur.

RECHERCHE HUMANITAIRE :

- Lifemapper : en l’utilisant comme économiseur d’écran, vous aiderez à mieux connaître la vie sur notre planète pour le bénéfice de la Terre, de ses habitants et leur environnement. Ce programme calcule, cartographie et permet d’approfondir les connaissances concernant les zones où vivent les espèces animales et végétales de la planète et celles où ces même espèces pourraient vivre mais aussi où et comment ces espèces pourraient se propager à la surface du globe. Tous ensemble, les Lifemappers permettent d’établir un puissant atlas électronique de la diversité biologique terrestre.

- Folding@Home : ce centre travaille sur une meilleure compréhension de l’assemblage et l’agrégation des protéines ainsi que leur maladies associées telles que les Alzheimer ou Parkinson, ou encore la maladie de la vache folle. Les algorithmes de cette application sont conçus de sorte que chaque ordinateur qui rejoint le projet apporte une contribution significative à la vitesse de simulation.

- ClimatePrediction.net : cette expérience a pour but d’obtenir le meilleur outil de prédiction d’évolution du climat afin d’aider à la compréhension de l’influence des hommes et des ses activités industrielles sur le changement de celui-ci. Bien que l’ensemble de la communauté scientifique s’accorde à dire que le climat du XXIe siècle sera très différent du précédent, personne ne peut réellement dire dans quelle mesure : rassembler les données de milliers de ces modèles téléchargeables permettra de créer la plus grande expérience de prédiction du climat.

- FightAIDS@Home : basé sur le même principe que Folding@Home et soutenu par BOINC! (voir ci-dessous), ce client vous permet de participer à la recherche contre le sida.

RECHERCHE PHYSIQUE ET MATHEMATIQUE :

- Euler : ce projet a pour but de trouver une puissance de six égale à six puissances de six.

- OGR (Optical Golomb Ruler) : Les règles de Golomb doivent leur nom au docteur Solomon W. Golomb, un professeur de mathématiques qui s’est surtout intéressé à l’analyse combinatoire, à la théorie des nombres, à la théorie du codage et aux communications. Le docteur Golomb s’intéresse aussi aux jeux et aux énigmes mathématiques : il est l’auteur de nombreux articles parus dans la rubrique “Jeux Mathématiques” de Scientific American. Les OGR ont de nombreuses applications dont entre autres : le positionnement des capteurs pour la cristallographie à rayons X, et la radioastronomie. Les règles de Golomb jouent aussi un rôle en combinatoire, en théorie du codage et dans les communications ; le docteur Golomb est l’un des premiers à avoir analysé leur utilité dans ces domaines.

- GIMPS (Great Internet Mersenne Prime Search) : un nombre premier Mersenne est un nombre premier de la forme 2P-1. Le 40e a été découvert le 17 novembre 2003 par l’ordinateur de Michael Shafer et contient 6 320 430 décimales.

- Seventeen or Bust : il s’agit d’une tentative pour résoudre le problème du nombre de Sierpiński.

RECHERCHE GLOBALE :

- BOINC! : ce projet propose de partager les ressources entre des projets indépendants, le client installé permet de choisir les projets auxquels on souhaite participer. L’application téléchargera et installera elle-même les programmes nécessaires et administrera la gestion des temps de calcul à leur consacrer en fonction des préférences que vous paramétrez ; si un projet est abandonné ou temporairement arrêté, le temps de calcul sera réparti entre les autres projets toujours actifs.

Voilà ce que je peux vous proposer dans l’état actuel des choses : si avec tout ça vous ne trouvez pas votre bonheur, c’est que vous y mettez de la mauvaise volonté… Accessoirement, si vous trouvez d’autres initiatives de ce genre à rajouter à cette liste, n’hésitez pas à m’en tenir informé dans les commentaires ou ailleurs.

Le robot hélicoptère joue au tennis

Cliché du "Quadrotor Helicopter" en volVous vous souvenez du robot-hélicoptère miniature ? Je lui avais consacré un billet l’an dernier, accompagné d’une courte vidéo de présentation… Et bien, il a fait des progrès et maintenant, il joue au tennis – c’est une façon de parler, bien sûr puisqu’il ne joue pas à proprement parler…

Si on ne sait toujours pas à quoi pourra bien servir cette invention déjà assez amusante en elle-même, elle prend néanmoins de la sorte une allure encore plus rigolote : si je disais qu’il y a peu de chances pour qu’on en fasse un jouet, il faut croire que ses concepteurs ne le voient pas de cet œil, eux. Reste encore à le rendre étanche à l’eau et au sable avant de pouvoir l’utiliser comme un partenaire de jeu à la plage…

Et à quand l’utilisation du robot chien pour ramasser la balle quand elle tombe au sol ?

Le cantique des quantiques : Le monde existe-t-il ?

Couverture de la dernière édition française de l'essai Le cantique des quantiques : Le monde existe-t-il ?Élaborée depuis le début du XXe siècle, grâce au travail de quelques physiciens de génie, la mécanique quantique a des implications philosophiques d’une importance sans précédent dans l’histoire de l’humanité, qui nous obligent à considérer sous un jour nouveau les interrogations métaphysiques les plus traditionnelles.
Pour comprendre ces enjeux, les auteurs de ce livre – devenu un classique depuis sa parution en 1984 – brossent l’histoire de l’élaboration de la théorie quantique et en exposent les principes fondamentaux. Ils le font en termes simples et sans recours aux mathématiques, grâce à des images insolites et des explications à la portée de tous.
Et dans une postface inédite de 2007, ils expliquent les développements récents de la mécanique quantique, et en particulier la très étrange inversion de l’ordre du temps qu’impliquent les expériences « à choix retardé ».

La fin du XIXe siècle vit un aboutissement de cette recherche scientifique entamée lors du siècle des Lumières qui amena nombre des plus grands penseurs de ce temps à croire que la nature avait enfin livré tous ses secrets, à peu de choses près, et qu’une connaissance quasi totale de l’univers serait établie dans un futur très proche ; seules quelques babioles restaient encore à cerner… Puis Albert Einstein (1879-1955) publia sa théorie de la relativité et ouvrit ainsi un nouveau champ de connaissance qui mena peu à peu à échafauder une conception inédite de l’univers : la physique quantique. C’est de ce corpus de savoir dont les auteurs de ce livre parlent, et il en ressort que notre perception de l’univers pourrait très bien être tout à fait erronée.

Encore qu’on pourrait se demander de quel univers on parle, car les explications apportées par les chercheurs à certaines des observations évoquées ici amènent à penser qu’il pourrait très bien y en avoir plusieurs. Ou bien, encore plus vertigineux, que notre propre esprit serait responsable des résultats de ces observations : le résultat des expérimentations effectuées dépendrait donc de celui qui les observe, ce qui contredit bien sûr tous les préceptes de la physique classique stipulant que l’univers existe et se conduit indépendamment de l’observateur ; certains chercheurs n’hésitent d’ailleurs pas à affirmer que l’influence de l’esprit sur ces observations pourraient même traverser le temps afin d’influencer le passé pour modifier le futur…

Bref, ce qui ressort de cet ouvrage, qui ne fait que retranscrire le plus fidèlement possible l’état des connaissances actuelles dans le domaine de la physique quantique, c’est que notre univers tel que nous le percevons, la réalité toute entière pourrait très bien n’être qu’une vaste mais pourtant simple illusion – en un mot comme en cent : une vue de l’esprit.

En d’autres termes, les mots que vous lisez en ce moment même n’existent peut-être que de votre fait. Et si vous sentez à cette idée une immense perplexité vous envahir, ne paniquez pas, c’est tout à fait normal.

Et sans gravité non plus d’ailleurs, car cette perplexité, après tout, pourrait très bien n’être qu’une simple illusion elle aussi…

Le cantique des quantiques : Le monde existe-t-il ?
Sven Ortoli & Jean-Pierre Pharabod, 1984
Éditions La Découverte, collection : La Découverte/Poche, 2007
150 pages, env. 7 €, ISBN : 978-2-707-15348-7

Travailler, moi ? Jamais ! – L’Abolition du travail

Couverture de la dernière édition française de l'essai Travailler, moi ? Jamais !Le maître se délecte de voir l’esclave travailler comme un chien : le temps ainsi approprié non seulement se traduit en profits mais assure son pouvoir. Temps vendu sous le sceau de la résignation, à jamais perdu pour le plaisir et la connaissance, livré au flicage, à la monotonie et aux calculs mesquins. C’est cet esclavage, cette barbarie à visage de robot, sans exemple dans le long cheminement de l’humanité, que dénonce Bob Black dans cette diatribe, déjà traduite en sept langues : un pamphlet roboratif contre la misère et les nuisances du salariat, une ébauche de manifeste pour une révolution ludique et, surtout, le cri d’un vivant qui refuse d’être un zombi. (1)

Si la récente crise financière nous a permis de constater les limites de notre système économique, elle nous a aussi donné la possibilité de comprendre combien le monde du travail est peu à peu devenu pour tous ou presque une abomination sans nom – ce ne sont pas les survivants de chez France Télécom qui me contrediront. Et pourtant, un tel constat ne date pas d’hier. Ainsi Bob Black – dans la lignée de bien d’autres, dont certains se verront évoqués ici – écrivit-il cet ouvrage au beau milieu des années 80, alors justement que la politique ultra-libérale basée sur une surexploitation des masses salariales et lancée par le président Ronald Reagan (1911-2004) donnait déjà ses premiers fruits pourris ; et notamment il commençait cet essai dans ces termes :

Nul ne devrait jamais travailler. Le travail est la source de toute misère, ou presque, dans ce monde. Tous les maux qui se peuvent nommer proviennent de ce que l’on travaille, ou de ce que l’on vit dans un monde voué au travail. Si nous voulons cesser de souffrir, il nous faut arrêter de travailler.
Cela ne signifie nullement que nous devrions arrêter de nous activer. Cela implique surtout d’avoir à créer un nouveau mode de vie fondé sur le jeu ; en d’autres mots : une révolution ludique. Par « jeu », j’entends aussi bien la fête que la créativité, la rencontre que la communauté, et peut-être même l’art…

Formulé autrement, Black souhaite remplacer la rigueur et la discipline du travail, dont l’unique fonction consiste à enrichir les grands patrons, par la joie et le plaisir du jeu, qui seul permet véritablement de vivre ensemble heureux. Il ne s’agit pas de ne plus travailler du tout, mais de travailler moins en travaillant mieux et en se consacrant à ce qui s’avère vraiment nécessaire au lieu de produire toujours plus d’inutile dans la spirale infernale de la société de surconsommation. Et surtout de travailler en jouant, c’est-à-dire quand ça nous chante et au rythme qui nous convient le mieux, sans cette coercition au moins sous-jacente qui caractérise notre modernité d’où les plaisirs sont de plus en plus absents.

Pour autant, L’Abolition du travail ne se résume pas à un pamphlet contre la technologie et la mécanisation, mais contre ceux qui utilisent ces progrès bien réels pour nous manipuler en nous berçant des visions d’un futur plus beau qui non seulement se fait toujours attendre mais s’avère en fait toujours plus cauchemardesque à chaque jour nouveau… Ou quelque chose de cet ordre. Black, ici, ne fait pas dans la diatribe du fainéant qui condamne l’effort pour mieux justifier son besoin maladif de farniente ou d’assistanat, il nous présente surtout une réflexion politique et sociale sur ce qui nous a amené à accepter ainsi de nous tuer à la tâche alors que le progrès devait nous servir – il ne s’agit pas de dénoncer un complot mais de souligner des travers bien pernicieux de la nature humaine.

Dans ce but, il nous rappelle combien les civilisations primitives, considérées par nous comme archaïques et stupides, consacraient au moins le quart de leur temps au repos, si ce n’est plus. Temps de repos qui s’est réduit comme peau de chagrin au nom de la productivité dès lors que celle-ci se vit confiée à des machines – à juste titre considérées comme infatigables, alors que les employés qui les manipulaient restaient bien loin de ce compte : ceux d’entre vous qui travaillent sur ordinateur savent de quoi je parle… Citant Socrate, pourfendant Marx, faisant l’apologie de cet anarchisme qui caractérise sa pensée, Black n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer l’absurdité de notre système dont il souligne les accents fascistes – ou assimilés.

Tous ceux d’entre vous qui se sont un jour demandés pourquoi ils doivent perdre leur vie à la gagner trouveront ici quelques explications. De même pour tous ceux qui ne comprennent pas pourquoi ils se retrouvent en négatif à la fin du mois alors qu’ils bossent comme des dingues. Le climat politico-économique et social de ces derniers temps se verra ainsi éclairé d’un jour nouveau…

D’ailleurs, il n’est nul besoin de courir chez votre libraire, car l’intégralité de l’édition française de ce texte libre de droit se trouve justement disponible ici même (et une version .pdf est consultable ).

Bonne lecture !

(1) ce résumé est tiré du quatrième de couverture de la première édition française de cet ouvrage parue chez Esprit frappeur en décembre 1997 (ISBN : 978-2-844-05000-7).

Notes :

Je ne saurais trop conseiller de compléter la lecture de ce texte par celui, tout autant instructif, de Paul Lafargue (1842-1911), émule et gendre de Karl Marx qui en son temps déjà faisait l’éloge de la paresse avec une pertinence et une finesse d’esprit rares mais aussi un regard profondément acéré sur son époque, à travers son essai Le Droit à la paresse (1880) disponible chez Mille et une nuits (septembre 2000, 79 pages, ISBN : 978-2-910-23330-3) ou bien en ligne juste là.

Sur le thème du “travailler moins pour travailler mieux”, le mouvement altermondialiste Bizi ! propose lui aussi une présentation détaillée de ses réflexions sur la place du travail dans notre société actuelle ainsi que sur des pistes pour revenir à un monde professionnel plus respectueux de chacun : vous pouvez lire en ligne leur très court essai Travailler une heure par jour en cliquant ici.

Travailler, moi ? Jamais ! (The Abolition of Work), Bob Black, 1985
L’Insomniaque, 2010
63 pages, env. 7 €, ISBN : 978-2-915-69451-2

La génération perdue, selon Louis Chauvel

Portrait photo du sociologue Louis ChauvelDire que les jeunes d’aujourd’hui font face à de sérieux problèmes dans leur intégration au sein du monde du travail relève de l’euphémisme. Ce qui ne ressemble pas à Louis Chauvel, car ce sociologue n’y va pas par quatre chemins quand il publie ses conclusions sur le sujet dans les colonnes du quotidien Le Monde.

C’est d’ailleurs cette étude qui a conduit la rédaction du site Cadremploi à lui consacrer un numéro de leur émission de web-télé On Revient vers Vous dans laquelle, chaque semaine, une personnalité confie ses souvenirs d’entretiens d’embauche au journaliste David Abiker. Cette fois-ci, pourtant, il est bien plus question d’analyses des perspectives actuelles des jeunes sur le marché du travail que du passé de l’interviewé – en fait, les questions d’ordre purement personnel n’apparaissent pas avant les tous derniers instants de l’entretien et s’avèrent somme toute assez anecdotiques…

Ceux d’entre vous désireux de visionner cette vidéo dans son contexte original peuvent se rendre sur cette page. Autrement, il vous suffit de cliquer sur la fenêtre ci-dessous :

SF : la science mène l’enquête

Couverture du livre SF : la science mène l'enquêteExpression de l’imaginaire qui met la science en scène, la science-fiction questionne le réel et s’intéresse aux conséquences sociales des progrès techniques et scientifiques. À défaut de pouvoir se livrer à des expériences en vraie grandeur, elle explore le champ des possibles grâce à des expériences de pensée. C’est peut-être dans cette capacité à interroger le réel par la pensée, en se posant la languissante question « Et si… ? », que se trouve le lien secret qui unit science et science-fiction. Après Tintin, Superman et Star Wars, Roland Lehoucq se propose d’analyser les grands thèmes de la science-fiction grâce aux outils de la physique. Bien sûr, il n’est nullement question de briser, avec cette analyse scientifique, la part de rêve inhérente à toute œuvre imaginaire, mais de porter un autre regard sur elle, plus dynamique, en cherchant à comprendre l’envers du décor grâce à la science. Et de tenter de répondre à toutes les questions que posent ces explorations extraordinaires : pourra-t-on aller au centre de la Terre ? voyager dans le temps ? parcourir la galaxie ? Et que se passerait-il si la Terre était ailleurs ? et s’il y avait vraiment une cinquième dimension ?…

Comme le terme même de science-fiction l’implique, ce genre littéraire entretient depuis ses débuts un commerce étroit avec la science. Si cet aspect décourage souvent les lecteurs qui possèdent peu d’affinités avec ce champ d’études, les autres y trouvent au contraire une stimulation intellectuelle qui constitue souvent le premier intérêt qu’ils attribuent à la science-fiction, et qui les pousse à continuer à en lire ; il arrive plus souvent qu’on le croit, d’ailleurs, qu’une vocation scientifique naisse de cet intérêt, et une fois au moins une telle passion parvint à changer le monde : quand De la Terre à la Lune (1865), le roman de Jules Verne, inspira le jeune Wernher von Braun à se lancer dans les travaux qui devraient par la suite l’amener à développer pour la NASA la fusée Saturn V avec laquelle le programme Apollo permit à des hommes de marcher sur la Lune ; on devrait pouvoir trouver d’autres exemples comparables sans trop de difficulté mais ce n’est pas le propos de cette chronique.

Cependant, si de nombreux auteurs de science-fiction possèdent un bagage scientifique et technique souvent plus que bien conséquent, de par leur profession ou leur formation même, leur œuvre ne reflète pas toujours l’exactitude de ce domaine : il arrive que certains détails soient en quelque sorte exagérés pour mieux servir l’aspect littéraire de leur récit. A contrario, certaines de leurs idées précédent parfois des inventions qui ont beaucoup contribué aux progrès sociaux – bien que d’une manière jamais aussi spectaculaire que celle décrite dans le paragraphe précédent… Dans les deux cas, le profane comme l’initié se trouvent bien en peine de démêler le vrai du faux, le phantasme du possible, et le rêve du réel – à travers ces doutes et ces zones d’ombre, la science-fiction se voit bien malgré elle encourager les spéculations exagérées de certains aficionados un peu trop enthousiastes mais aussi l’incrédulité, voire le mépris de ses détracteurs.

Roland Lehoucq se propose ici de faire un tri dans certains des truismes du genre. Épaulé par une formation scientifique d’astrophysicien qui travaille au Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) mais qui enseigne aussi à l’École polytechnique dans les cours de relativité restreinte et de physique nucléaire, il se passionne pour la diffusion des connaissances – comme l’illustre très bien le nombre conséquent de ses publications de vulgarisation scientifique. Et puisqu’il est très pédagogue, ses explications passent comme une lettre à la Poste ; dans le pire des cas, quelques schémas très simples et très clairs éclairent son texte en un coup d’œil ; en fait, au contraire d’autres ouvrages, celui-ci se montre tout à fait abordable par les profanes. Et, cerise sur le gâteau, Roland Lehoucq fait preuve de beaucoup d’humour.

C’est dans cette franche bonne humeur que vous aurez l’occasion d’apprendre – outre les quelques exemples cités dans le quatrième de couverture reproduit ci-dessus en italique – comment fonctionne le principe d’un ascenseur spatial, s’il est envisageable d’explorer l’intérieur d’un trou noir, quelle taille maximale peuvent atteindre des êtres vivants, si les pouvoirs de certains super-héros ne sont pas plutôt un fardeau, comment fonctionne le terraformage qui permet de rendre l’atmosphère des autres planètes respirable par des êtres humains, si les univers parallèles entrent vraiment dans le registre du possible, quel est le niveau de réalisme du vaisseau extraterrestre dans le roman Rendez-vous avec Rama, et des tas d’autres choses tout autant passionnantes…

En fait, SF : la science mène l’enquête dépasse assez vite le cadre des explications et des justifications pour entrer de plein pied dans celui de la vulgarisation scientifique : au final, c’est surtout un ouvrage de découverte pour une meilleure compréhension du monde et du réel – soit un livre tout à fait recommandable pour tous les esprits curieux.

SF : la science mène l’enquête, Roland Lehoucq
Le Pommier, collection Essais, avril 2007
245 pages, env. 20 €, ISBN : 978-2-746-50283-3

Vidéo d’un robot chien en marche

Cliché du "Dog Bot" en actionJ’évoquais il y a un bon moment maintenant un robot hélicoptère miniature ; en voici un autre, mais en forme de chien, et qui ne vole pas, bien sûr… Par contre, il marche, et avec une agilité étonnante vu sa taille et la miniaturisation des mécanismes qu’il a fallu atteindre pour le construire.

Cependant, et au risque de vous décevoir, cet engin n’a pas été conçu pour mieux vous tenir compagnie même sur les chemins de terre les plus abimés : des ingénieurs de l’armée américaine ayant participé au projet, et précisément ceux de la DARPA, on peut supposer que ce robot entre plutôt dans le cadre des recherches pour la conception de drones ou tout autre appareil du même acabit destiné à espionner ou saboter les installations ennemies…

Mais il n’est pas exclu que des modèles soient un jour développés pour, par exemple, venir en aide aux personnes prises sous des décombres lors d’un tremblement de terre ou une quelconque autre catastrophe naturelle : ce ne serait pas la première fois qu’une invention militaire se trouve des utilisations civiles – rappelons-nous d’où vient le GPS…

Nanomonde

Couverture du livre de vulgarisation scientifique Nanomonde : des nanosciences aux nanotechnologiesQu’est-ce que le nanomonde ?

C’est le monde des objets dont la taille est environ 10 000 fois plus petite que l’épaisseur d’un cheveu. À l’échelle du nanomètre (le milliardième de mètre) certains phénomènes et effets sont inattendus, parfois fascinants.

Pourquoi le préfixe nano est-il de plus en plus souvent associé aux sciences et aux technologies ? S’agit-il vraiment, comme certains le déclarent, d’une révolution scientifique, d’une rupture technologique ? Ou, plus simplement, d’une nouvelle étape de l’évolution vers la miniaturisation ?

Sans utiliser de notions scientifiques ardues ni de termes techniques complexes, cet ouvrage présente le nanomonde et répond à ces questions. Il met en lumière un large éventail d’applications, de l’électronique à la médecine, en passant par la protection de l’environnement et les économies d’énergie. Certaines de ces applications sont déjà présentes autour de nous, et le potentiel de développement des nanosciences et des nanotechnologies est considérable.

Nos sociétés auront à faire des choix pour que ces évolutions soient équilibrées et raisonnées. Destiné à un large public, ce livre a pour ambition de contribuer à l’information sur ces nouveaux enjeux de société.

Il m’est arrivé d’évoquer les nanotechnologies dans une chronique précédente portant sur l’ouvrage longtemps resté la principale référence dans le domaine. Si Nanomonde : Des nanosciences aux nanotechnologies se penche sur le même sujet, c’est néanmoins avec un écart de près de 20 ans, soit un intervalle de temps bien suffisant pour que des ingénieurs et des chercheurs aient tenté de mettre en pratique certaines des possibilités avancées par K. Eric Drexler dans son livre déjà mentionné. Roger Moret nous fait ici un premier bilan des résultats de ces recherches, et le premier constat qui en résulte est que ce pari reste loin d’être gagné…

Il faut dire aussi que quand la physique quantique se mêle à des expérimentations, les choses deviennent vite compliquées – simple question d’« Effet tunnel », entre autres inconvénients typiques des quanta. Mais il faut surtout se rendre à l’évidence : la théorie demeure incapable d’anticiper toutes les subtilités de la réalité. De sorte qu’en dépit du travail de théorisation tout à fait admirable de Drexler, et qui a suscité de nombreuses vocations sans lesquelles notre compréhension du monde serait demeurée bien plus restreinte qu’elle ne l’est aujourd’hui, les époustouflantes avancées techno-scientifiques qu’il évoquait dans son livre se cantonnent au domaine du « rêve ».

Ce qui ne veut pas dire que les nanotechnologies en elles-mêmes constituent une impasse, bien au contraire : elles s’avèrent juste un peu plus compliquées à domestiquer que ce qu’on aurait pu croire. De ces diverses techniques, qui vont de l’observation à la manipulation en passant par la localisation et la mesure, Roger Moret propose une liste bien sûr très loin de l’exhaustif mais qui a le mérite de se situer dans les limites du factuel, du tangible. C’est l’occasion pour le lecteur de comprendre combien ce nouveau champ d’étude et d’expérimentation s’avère aussi fondamentalement différent de tous ceux qui l’ont précédé – de par l’instrumentation même qu’il requiert.

Mais c’est aussi à travers une brève présentation de ce « nanomonde » et de l’utilité qu’il représente que brille cet ouvrage : Roger Moret ne se contente pas ici de lister les méthodes, mais bien d’expliquer pourquoi on les a développées – en d’autres termes, il nous explique pourquoi ces nanotechnologies sont un des champs d’étude les plus importants de l’avenir : loin de l’utopie d’une corne d’abondance trop souvent annoncée, il s’agit surtout d’un des meilleurs moyens de produire des matériaux toujours plus robustes à un coût toujours moindre et dans des conditions de fabrication toujours plus sûres pour les techniciens comme pour l’environnement.

Bref, c’est un élément prépondérant des progrès technologiques, et donc sociaux, de l’avenir immédiat. En sont témoins les quelques réalisations parvenues depuis peu non dans le registre du banal mais au moins dans celui du réalisable : nanotubes de carbone, 100 fois plus résistants que l’acier mais six fois plus légers et plus flexibles ; autonettoyant nanomètrique, qui empêche la saleté et la poussière de s’y fixer ; colle sans adhésif, basée sur des films de polymères tapissés de poils de taille submicromètrique ; capteurs et filtres anti-polluants améliorés par nanostructuration ; perfectionnement des panneaux photovoltaïques ou de la thermoélectricité,…

Et il ne s’agit que de ce qui est actuellement réalisable, non de ce que l’avenir nous réserve mais dont l’auteur nous présente néanmoins les possibilités les plus à même de se concrétiser effectivement d’ici très bientôt. Il reste encore à répondre à la question la plus importante : qu’en ferons-nous ? Voilà pourquoi les derniers chapitres concernent les problèmes éthiques ainsi que les débats et choix de société qui s’imposeront eux aussi. Tôt ou tard.

Car c’est bien connu : on n’arrête pas le progrès…

Nanomonde : Des nanosciences aux nanotechnologies, Roger Moret
CNRS Éditions, collection Nature des sciences, 2006
95 pages, env. 15 €, ISBN : 978-2-271-06468-4

La Singularité technologique

Vue d'artiste du concept de la SingularitéJ’évoquais il y a un certain temps « la convergence des idées » au sein des sciences comme seul moyen pour celles-ci d’aboutir sur des découvertes inimaginables autrement. Mais il existe un autre concept aux possibilités tout aussi renversantes, c’est celui de la Singularité technologique – aussi appelé Singularité tout court.

D’abord théorisée par John von Neumann dès les années 50, du moins si on en croit Ray Kurzweil, cette idée s’exprima à grand bruit dans un essai publié en 1993 par l’auteur de science-fiction Vernor Vinge qui enseigne l’informatique et les mathématiques à l’université de San Diego. Ce terme de “singularité” vient du vocable de l’astrophysique, où il exprime l’impuissance de la physique moderne à évaluer la véritable portée des forces en présence au sein de la singularité gravitationnelle d’un trou noir où certaines quantités relatives à la gravité deviennent infinies – faute d’un meilleur terme…

Appliqué au champ technologique, ce mot “singularité” désigne l’accroissement exponentiel du progrès qui se produira quand le développement technique aura atteint un certain seuil et au-delà duquel il deviendra impossible d’anticiper la croissance de ce développement, même dans les grandes lignes. En bref, la technique aura définitivement échappé à l’Homme, ou du moins à ses possibilités d’appréhender les conséquences du progrès technologique : devenue en quelque sorte autonome, la technologie poursuivra son développement sans que ses concepteurs aient leur mot à dire. D’un certain point de vue en tous cas.

Mais, je vous rassure tout de suite, ce n’est qu’une théorie…

Elle reste malgré tout assez renversante pour induire les idées les plus folles – dans tous les sens du terme, qu’il soit positif ou non. Au point d’ailleurs que certains y voient tout et surtout n’importe quoi : la notion même de Singularité empêche toutes formes de prévisions, par définition. On trouve néanmoins des études assez sérieuses sur le sujet, au moins pour tenter de présenter ce concept de la manière la plus objective possible.

Ainsi, le site Internet ACTU.net propose-t-il un dossier pour le moins conséquent et, surtout, passionnant : j’espère qu’il vous ouvrira certains horizons…

The High Frontier: Human Colonies in Space

Couverture de la 3ème édition américaine de l'essai The High FrontierAu milieu des années 70, le professeur de physique Gerard K. O’Neil, à présent disparu, publia son livre The High Frontier. Il y établissait un plan de route possible pour l’installation d’habitats hors de la Terre. Pour O’Neil, l’avenir se montrait aussi positif que motivant, et ses astronautes ressemblaient à vous et moi. Il croyait au pouvoir d’individus capables de bâtir des poches de vie dans un système solaire largement hostile, et il nous expliquait comment une telle vision pouvait devenir possible… (1)

À l’heure où la raréfaction à venir des ressources nous amènent à échafauder de nouveaux paradigmes sociaux, il peut être bienvenu de se rappeler qu’une grande partie de ce travail a déjà été effectué il y a maintenant près de 40 ans par le docteur Gerard K. O’Neill de la prestigieuse université de Princeton. À cette époque, les exploits de Youri Gagarine et de Neil Armstrong s’inscrivaient dans l’histoire récente et laissaient penser que l’espace tout entier se trouvait à notre portée. C’est dans cet état d’esprit que Gerard O’Neill échafauda son projet de colonisation de l’orbite terrestre – même si sa formation de physicien l’incitait à bien plus de prudence que beaucoup d’autres dans de telles projections.

Vue d'artiste de l'intérieur d'une colonie cylindrique (NASA Ames Research Center)

Vue d'artiste de l'intérieur d'une colonie cylindrique (NASA Ames Research Center)

D’ailleurs, il ne se lança pas dans cette réflexion de son propre chef mais à la demande de la NASA, ce qui laisse supposer une étude du plus grand sérieux. Cependant, le problème de départ ne consistait pas à proposer un moyen de concrétiser les rêves de la science-fiction mais bel et bien à trouver une réponse à l’impasse de l’exploitation à outrance des ressources naturelles en énergie et en matières premières – une préoccupation de premier plan dans la communauté scientifique dès les années 60. La réponse d’O’Neill à cette problématique a de quoi surprendre car il propose de conquérir l’orbite proche, donc le ciel, en réponse à la disparition de minerais et d’énergies fossiles, c’est-à-dire des éléments du sous-sol…

Vue d'artiste de l'intérieur d'une colonie cylindrique (NASA Ames Research Center)

Vue d'artiste de l'intérieur d'une colonie cylindrique (NASA Ames Research Center)

En fait, O’Neill n’avait pas perdu de vue que c’est bien au-delà de l’atmosphère terrestre qu’on trouve en abondance les matières premières et l’énergie – respectivement, dans les astéroïdes géocroiseurs et la lumière du soleil. Au contraire des panneaux photovoltaïques que nous connaissons tous à présent, la vision d’O’Neill consiste à aller chercher cette énergie là où elle ne se trouve pas filtrée par les différentes couches de gaz atmosphériques qui nous protègent d’une grande partie des rayons cosmiques, c’est-à-dire de leur puissance, mais là où elle est la plus forte – dans l’espace, où les rayonnements solaires sont bien plus abondants et surtout permanents. Quant aux astéroïdes, ils représentent une quantité de minerais bruts équivalente à plusieurs fois celle de la Terre…

Vue d'artiste de l'extérieur d'une colonie cylindrique (NASA Ames Research Center)

Vue d'artiste de l'extérieur d'une colonie cylindrique (NASA Ames Research Center)

Mais, comme c’est souvent le cas avec la science, dont la réponse à une question amène la plupart du temps dix autres questions supplémentaires, cette solution présente elle aussi son cortège de contraintes. Les satellites chargés de récolter cette énergie exigent une maintenance permanente compte tenu de la vaste quantité de micro-débris qui pullulent dans l’orbite de la Terre ; et comme envoyer des équipes de réparation à intervalles réguliers reviendrait bien trop cher, le plus simple consiste en fait à les y installer de manière permanente – ce qui soulève un autre problème, bien plus préoccupant : l’espace restant le milieu le plus hostile à la vie qui soit, une simple station spatiale ne suffit pas…

Maquette d'une colonie de type Sphère Bernale (NASA Ames Research Center)

Maquette d'une colonie de type Sphère Bernale (NASA Ames Research Center)

Bref, il faut des villes entières dans l’espace, construites à partir de minerais extraits de la Lune comme d’astéroïdes errants, et habitées par des techniciens capables non seulement de maintenir ces cités en bon état mais aussi par les éleveurs et les agriculteurs qui pourront les nourrir – sans oublier le cortège obligé de médecins, d’administrateurs, d’industriels, d’ouvriers, etc. Des villes sous forme de vastes sphères plus ou moins allongées, voire de gigantesques cylindres de plusieurs dizaines de kilomètres de long et d’une demi-douzaine de diamètre, qui génèrent une gravité artificielle en tournant sur leur axe longitudinal –par force centrifuge donc – et dont le revêtement de métal protège ses habitants des rayons cosmiques.

Vue des modules agricoles d'une Sphère Bernale (NASA Ames Research Center)

Vue des modules agricoles d'une Sphère Bernale (NASA Ames Research Center)

Il s’agit donc ni plus ni moins que de coloniser l’espace proche. Encore une fois, non pour flatter les rêves des auteurs de science-fiction mais pour répondre à ce qui reste à la fois le plus grand défi et la plus grande menace que connaît actuellement la race humaine. C’est une question de survie pour celle-ci en fait, c’est-à-dire – au-delà de l’aspect monumental de l’entreprise – une simple question de bon sens. Ou du moins quelque chose de cet ordre. Un défi que nous aurons à affronter un jour ou l’autre, car les ressources de notre monde tant en énergie qu’en matériaux bruts restent aussi finies que la planète elle-même (2) – et cette situation ne s’arrange pas à chaque jour nouveau, bien au contraire…

Vue d'artiste d'une colonie toroïdale (NASA Ames Research Center)

Vue d'artiste d'une colonie toroïdale (NASA Ames Research Center)

Mais si O’Neill nous explique ici, par A + B, pourquoi l’humanité doit quitter son berceau, il nous explique aussi comment y parvenir. Il ne se contente pas de poser le problème sur la table en laissant à d’autres le soin de trouver la solution. Or, les solutions techniques qu’il envisageait au moment de la rédaction de ce livre existaient déjà toutes à l’époque – autrement dit, elles appartiennent de nos jours au registre du banal… De plus, la troisième édition de cet ouvrage s’enrichit de nombreux articles par des spécialistes des technologies de l’aérospatiale (3) qui reviennent sur les idées d’O’Neill en proposant des solutions à la fois encore plus modernes et moins coûteuses.

Vue d'artiste d'une partie d'une colonie toroïdale (NASA Ames Research Center)

Vue d'artiste d'une partie d'une colonie toroïdale (NASA Ames Research Center)

C’est une réalité indiscutable, du moins sur le plan strictement technique : la colonisation de l’orbite terrestre se trouve bel et bien à portée de nos mains, et il n’appartient qu’à nous de décider de la saisir pour trouver enfin la réponse à ce problème des ressources qui, autrement, pourrait bien signifier la fin de la civilisation…

La question qui s’ensuit est simple : qu’attendons-nous ?

Vue d'artiste de l'intérieur d'une colonie toroïdale

Vue d'artiste de l'intérieur d'une colonie toroïdale

(1) la traduction de ce quatrième de couverture est de votre serviteur.

(2) à moins qu’on parvienne enfin à surmonter le défi des nanotechnologies, ce qui reste un autre problème…

(3) tels que Peter Glaser, George Friedman, Rick Tumlinson et John Lewis, en plus d’une introduction de Freeman Dyson.

Récompense :

Prix Phi Beta Kappa en 1977, dans la catégorie Science.

Notes :

Le modèle de colonisation spatiale d’O’Neill inspira bien sûr de nombreux auteurs de science-fiction et des œuvres encore plus nombreuses, sur tous les médias : on peut citer en particulier le roman Rendez-vous avec Rama (1973) d’Arthur C. Clarke – qui connaissait personnellement O’Neill, voilà pourquoi son roman parut avant The High Frontier – ainsi que la série TV Babylon 5 (1993-1999) créée par Joe Michael Straczynski mais aussi l’anime Mobile Suit Gundam (1979) de Yoshiyuki Tomino. Le concept du « cylindre O’Neill » est maintenant devenu un élément à part entière du genre.

La première édition de cet ouvrage fut traduite en français et publiée en 1978 sous le titre Les villes de l’espace – Vers le peuplement, l’industrialisation et la production d’énergie dans l’espace (Robert Laffont, collection Les Visages de l’Avenir, 368 pages, ISBN : 2-221-00062-5).

The High Frontier: Human Colonies in Space, Gerard K. O’Neill, 1976
Collector’s Guide Publishing (3ème édition révisée), 2001
184 pages, env. 21 €, ISBN : 1-896-52267-X

- la page web du livre sur le site du Space Studies Institute
- l’avis de la National Space Society
- plus d’images

Page suivante »


 

mai 2012
L Ma Me J V S D
« avr    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  
http://www.wikio.fr
http://www.wikio.fr

Entrer votre e-mail :

toute la culture sur ulike
Wikio - Top des blogs
Wikio - Top des blogs - Multithématique

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 48 followers