Akira : 20 ans après (8)

Screenshot du film AkiraSommaire du dossier

Introduction

L’œuvre et son auteur
1) Avant Akira

2) Pendant Akira
3) Après Akira

Une œuvre cyberpunk ?
1) Cyberpunk et science-fiction

2) Cyberpunk et Akira

Les personnages
1) Tetsuo Shima

2) Kanéda Shotaro (le présent article)
3) Kay
4) Le Colonel Shikishima

L’image du surhomme
1) Akira et… Akira

2) Akira et Tetsuo

Conclusion et sources

2) Kanéda Shotaro :

Un personnage clé qu’on a du mal à trouver intéressant au premier abord : un motard qui passe sa vie dans les virées, les bagarres, la came et qui court après les filles le reste du temps ; un petit junky macho à la grande gueule, et lâche : bref, un délinquant juvénile sans aucun avenir, particulier ou non, devant lui.

Kanéda rencontra Tetsuo à l’orphelinat où, comme je l’indiquai plus haut, il s’imposa vite comme son protecteur et son maître à penser. Car au contraire de Tetsuo, Kanéda n’est pas sorti affaibli de la perte de ses parents ; comment il fut abandonné, comment il rencontra ses amis et comment il monta sa bande, ce n’est pas précisé et pas vraiment important non plus, on s’en fait une idée assez facilement après tout : les jeunes comme lui vivent au jour le jour (« No Future! », encore…) et si les parents les ont abandonnés, pourquoi faire l’effort de se rappeler d’eux en fin de compte ? Tetsuo fut traumatisé, Kanéda choisit d’oublier : si la disparition des parents l’a peiné, il n’en montre rien car comme toutes les petites frappes, il sait très bien que le style l’emporte sur la manière et que l’apparence de la force est souvent synonyme de force. Tous les enfants des rues savent ça ; ceux qui ne l’apprennent pas n’y font pas long feu la plupart du temps… Bref, Kanéda prit la tête du groupe et Tetsuo sous son aile – auquel il apprit même la moto – et à aucun moment il ne comprit ce qui se passait dans la tête de son ami, comme personne d’autre d’ailleurs : il n’en vit que les conséquences…

Si la place de l’amitié est prépondérante dans tous les groupes de jeunes, celui-ci lui consacre une place particulière : tous orphelins, ils ont formé leur propre famille, chacun étant le frère que l’autre n’avait jamais eu. Voilà pourquoi l’amitié existe toujours derrière la vendetta qui lie Kanéda à Tetsuo après que ce dernier ait tué Yamagata, un autre « grand frère » : en tant que « chef de famille », Kanéda avait envers sa bande une responsabilité qu’il n’a pas su assumer, même s’il n’admettra jamais que la colère comme justification, et encore seulement de manière implicite ; l’affaire ne pouvait se régler qu’entre Tetsuo et lui. Pour les mêmes raisons, et d’une façon pas du tout paradoxale en fin de compte, on ne s’étonne pas de l’hésitation de Kanéda devant la souffrance de Tetsuo qui, effondré au sol, gémit et tremble de tous ses membres : bien qu’il ait l’œil sur le viseur et le doigt sur la gâchette, Kanéda ne peut se résoudre à tirer ; de même, sa réaction face à la mutation finale de Tetsuo, pourtant effroyable, alors que la lumière d’Akira engloutit son « petit frère », d’autant plus que Tetsuo le supplie de le secourir une fois de plus : Kanéda avait toujours été son ami après tout, son protecteur, et renoncer à ce moment-là aurait signifié renier tout ce qu’ils avaient partagé ; de la même façon qu’il avait oublié Tetsuo en voyant Kay, Kanéda oublie le meurtre de Yamagata devant la douleur de Tetsuo et, cette fois, l’amitié est plus forte que la haine ou la volonté de vengeance, mais aussi la couardise qui caractérise pourtant la plupart des petits délinquants dans son genre.

Malgré tout, la personne qui a le plus d’influence sur Kanéda reste Kay. Antithèse totale du jeune délinquant, elle s’évertue sans cesse à repousser ses avances grossières en lui remettant les idées en place : avec elle, par cette abnégation qu’elle fait de ses propres intérêts personnels, à la fois comme membre d’un groupe clandestin œuvrant contre un régime autoritaire mais aussi comme médium à travers lequel les mutants du centre de recherche militaire canalisent leur pouvoir pour tenter d’arrêter Tetsuo, grâce à elle donc, Kanéda trouve certes cet amour véritable qui le change de ses conquêtes d’un soir mais aussi, au moins d’une certaine manière, il se trouve lui-même en réalisant que son avenir – car il en a forcément un, encore fallait-il qu’il fasse l’effort de le forger de ses mains – n’est plus dans la défonce ou la violence gratuite.

S’il n’est pas très complexe, Kanéda incarne une autre facette de la créativité propre à la culture manga, en proposant un personnage qui présente une évolution certaine depuis une sorte d’archétype vers une autre à travers toute une série d’épreuves qui prennent une allure initiatique.

Suite du dossier (Les personnages : Kay)

Sommaire du dossier

Introduction

L’œuvre et son auteur
1) Avant Akira

2) Pendant Akira
3) Après Akira

Une œuvre cyberpunk ?
1) Cyberpunk et science-fiction

2) Cyberpunk et Akira

Les personnages
1) Tetsuo Shima

2) Kanéda Shotaro (le présent article)
3) Kay
4) Le Colonel Shikishima

L’image du surhomme
1) Akira et… Akira

2) Akira et Tetsuo

Conclusion et sources

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