Les Chants du Néant

Couverture de l'édition française du roman Les Chants du néantPour Thomas la vie n’est pas drôle, à bord du Sprite, le cargo familial des Hawkins. Tous ici le rejettent, même sa mère, Marie. Car Thomas est le fruit d’un viol…

Son père ? C’est Austin Bowe, le commandant du Corinthien, un vaisseau apponté à la station où ils vont faire escale. Obsédée par le désir de se venger de cet homme, Marie veut profiter de cette rencontre pour prouver qu’il se livre à des trafics illicites…

En dépit du peu de tendresse qu’elle lui témoigne, Thomas décide d’aider sa mère, ce qui lui attire de sérieux ennuis. Très sérieux, même : prisonnier à bord du Corinthien, en route vers une destination inconnue, le voici à la merci d’un équipage de fanatiques entièrement dévoués à Austin Bowe. Mais, pour le père et le fils, n’est-ce pas une chance de s’apprécier enfin ?

J’aime beaucoup les livres de Carolyn J. Cherry en général car Les Seigneurs de l’Hydre fut une de mes premières lectures de science-fiction – il y a maintenant assez longtemps – et, mis à part une « déception » avec L’Oeuf du Coucou, cet auteur(e) ne m’a jamais déçu. Les Chants du Néant n’est pas l’exception à la règle, mais je vous le recommanderais plutôt si vous souhaitez un bon moment de détente entre deux lectures « sérieuses »…

Des personnages intéressants, une intrigue sympathique, ce qu’il faut de descriptions pour être dans le bain et surtout une idée originale, comme c’est souvent le cas avec Carolyn J. Cherry et même si le développement tend à laisser un peu le lecteur sur sa faim. Le dénouement sent légèrement le happy end mais pas trop, de sorte qu’on a pas l’impression d’être dans le téléfilm moyen de M6 ; on en est pas passé loin ceci dit… On sent que l’auteur a eu du mal à développer les relations entre Thomas et son père – bien que cette partie de l’histoire ne manque pas d’intérêt en tant que telle – et s’est vite retranché sur l’exploitation de l’intrigue secondaire pour avoir de quoi finir l’ouvrage ; on aurait tort de se plaindre malgré tout car ce stratagème lui permet d’étoffer l’univers des Guerres de Compagnie évoqué dans des romans précédents et surtout primés, tels que Forteresse des Étoiles ou Cyteen, et que prolongent Les Seigneurs de l’Hydre ou encore Chasseurs de Mondes, entre autres ouvrages, et pour le plus grand bonheur de l’aficionado que je suis.

Si c’est trop sophistiqué et pas assez spectaculaire pour être comparé à du McMaster Bujold, ça se laisse néanmoins lire sans effort surtout si, comme moi, vous êtes fan de l’auteur… Pour lecteur « averti » de préférence donc, mais peut aussi devenir le bon prétexte pour découvrir une romancière de la science-fiction aux thèmes tout à fait personnels et, surtout, très humains.

Notes :

Ce roman appartient au cycle des Guerres de Compagnie – Cyteen, qui comprend à ce jour 6 volumes traduits en français ; il suit Volte-Face (Rimrunners, 1989 ; J’AI LU, coll. Science-Fiction n° 3144, ISBN : 2-277-23144-4) et précède Finity’s End (ouvrage actuellement non traduit). Le premier roman de la série – dans l’ordre chronologique de cet univers, et non l’ordre de parution des romans – est Temps fort (Heavy time, 1991 ; J’AI LU, coll. Science-Fiction n° 3417, ISBN : 2-277-23417-6).

Deux romans de ce cycle obtinrent le prix Hugo, la plus haute distinction américaine en matière de science-fiction : Forteresse des étoiles (Downbelow Station, 1981 ; J’AI LU, coll. Science-Fiction n° 3330, ISBN : 2-277-23330-7) et Cyteen (Cyteen, 1988 ; J’AI LU, coll. Science-Fiction n° 2935, ISBN : 2-277-22935-0 et J’AI LU, coll. Science-Fiction n° 2936, ISBN : 2-277-22936-9) ; ce dernier ouvrage fut également récompensé par le prix Locus.

Le site officiel de Carolyn J. Cherryh propose une chronologie complète des romans du cycle des Guerres de Compagnie – Cyteen et après ; ces récits forment une vaste « histoire du futur » s’étendant sur plusieurs millénaires. Beaucoup d’écrivains de science-fiction ont produit des séries semblables, tels qu’Isaac Asimov, Arthur C. Clarke ou Robert A. Heinlein, pour citer les plus connus.

Les Chants du néant (Tripoint, 1994), Carolyn J. Cherryh
J’AI LU, collection Science-Fiction n° 4155, mars 1996
512 pages, env. 5 €, ISBN : 2-277-24155-5

1 Response to “Les Chants du Néant”


  1. 1 NicK 3 octobre 2011 à 10:17

    En plus c’est une FEMME qui écrit de la SF. Assez rare pour le souligner.


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