Soulcalibur III (suite)

Jaquette de l'édition PAL de SoulbladeSommaire :
1. Prologue
2. Soul Edge / Soul Blade (le présent billet)
3. Soulcalbur
4. Soulcalibur II
5. Soulcalibur III
6. Symbolique

Soul Blade

An de grâce 1584 : la découverte des Amériques par Christophe Colomb n’a pas tout à fait un siècle, William Shakespeare vient de commencer sa carrière, les théories coperniciennes n’ont pas encore influencé Galilée, Henri IV va bientôt accéder au trône, René Descartes reste à naître, peu de gens savent que la Terre est ronde,… Dans cet Humanisme naissant, une jeune grecque, Sophitia Alexandra, citoyenne de l’Empire Ottoman et fille de boulanger, se baignait dans une rivière quand une lumière vive apparut qui prit la forme d’un homme : Héphaïstos, car c’était le dieu des forges en personne, lui parla de l’épée maudite, Soul Edge, dont l’existence non seulement couvrait son nom de honte puisqu’il n’en était pas le créateur mais aussi menaçait la paix du monde entier. Il lui ordonna de se rendre au Tombeau d’Eurydice pour y recevoir une arme sainte, l' »Épée Oméga« , avec laquelle elle pourrait détruire Soul Edge. D’abord hésitante, Sophitia finit par accepter et se mit en route, Oméga battant contre sa cuisse, dans son fourreau. Elle ignorait que beaucoup d’autres guerriers, depuis les quatre coins du monde, suivaient une quête semblable, chacun pour leurs propres motifs…

Après bien des rencontres et des épreuves, Sophitia retrouva Soul Edge : dans une ville portuaire espagnole non loin de Valence, les vibrations de l’épée maudite résonnèrent avec celles d’Oméga et guidèrent Sophitia à travers les traces de tueries innommables jusqu’à la cachette où Cervantes de Leon se terrait depuis vingt ans. De là, le pirate rendu fou par le pouvoir de Soul Edge avait semé le carnage sur toute la côte en massacrant sans pitié tous ceux qui osaient tenter de lui ravir l’arme démoniaque, nourrissant celle-ci des âmes de ses victimes pour en accroître la puissance. Sophitia s’apprêta à combattre Cervantes mais quelque chose ne correspondait pas à ce que lui avait dit Héphaïstos : le pirate possédé maniait en fait deux épées, visiblement toutes deux maudites ; laquelle des deux était Soul Edge ?

Mais Cervantes l’attaqua avant qu’elle ait pu trancher la question. Le choc des deux armes fabuleuses fit trembler le sol, ainsi que les murs de toutes les bâtisses avoisinantes, et agita même l’océan non loin ; des forces magiques terrifiantes se déchainaient alors que les épées s’entrechoquaient et que la réalité même semblait s’effondrer sous les coups titanesques que les armes prodigieuses s’assénaient… Enfin, Sophitia parvint à arracher une des épées de la poigne de Cervantes qu’elle put repousser à quelques distances le temps pour elle de détruire l’arme tombée au sol : Oméga fendit l’air comme en rugissant avant de frapper la lame maudite à terre, mais quand celle-ci vola en éclat, des fragments de l’épée maudite lacérèrent les chairs de Sophitia et s’enfoncèrent au plus profond d’elle. Blessée à mort, épuisée du combat titanesque contre le pirate fou furieux, elle s’effondra, à la merci de Cervantes qui brandissait toujours l’autre Soul Edge

Ce fut l’intervention d’une ninja nommée Taki qui sauva Sophitia. Taki recherchait Soul Edge car elle la pensait responsable des crises de folie de son père adoptif, seigneur du clan de guerriers de l’ombre auquel elle appartenait ; de plus, la magie de sa propre épée, Rekkimaru, qu’elle avait forgé à l’aide de puissants arcanes afin de lutter contre les démons qui hantaient les campagnes du Japon, la force de sa lame semblait depuis quelques temps affaiblie par une source maléfique qu’elle avait fini par trouver dans cette ville fantôme. Et elle arrivait juste à temps pour prêter main forte à cette guerrière.

Malgré l’épuisement du pirate après ce long et féroce combat contre Sophitia, et bien que la puissance de Soul Edge se trouvait à présent divisée en deux, Taki eut bien du mal à vaincre Cervantes : sa propre arme presque vide de tout pouvoir, ses sorts de guérison rendus inutiles par l’épée maudite, elle crut bien sa dernière heure arrivée. Mais Cervantes finit par s’effondrer, l’autre Soul Edge tombant non loin de lui. Puisant dans ses dernières forces, Taki réussit à porter Sophitia loin du port, où elle pourrait la soigner.

Mais alors qu’elles s’éloignaient, une immense colonne de lumière aveuglante jaillit vers le ciel depuis l’endroit où gisaient le corps de Cervantes et la deuxième épée maudite : Soul Edge venait de se trouver un autre porteur, qu’elle jugeait bien plus digne d’elle que tous ceux qui l’avaient précédé, et elle annonçait leur pacte au monde entier à travers cette « Semence Maligne » qui devait apporter bien des malheurs…

Ce nouveau porteur s’appelait Siegfried Schtauffen et il était déjà, de loin, l’acteur le plus important de tous les funestes événements qu’annonçaient la « Semence Maligne« , le point central de toutes les tragédies que compte la légende de Soul Calibur.

Siegfried naquit d’une roturière, Margaret, et d’un chevalier allemand, Frederick ; celui-ci combattit du côté des paysans oppressés par le Saint Empire romain germanique d’Otton le Grand, campagne pendant laquelle il rencontra et aima celle qui deviendrait la mère de son fils. De retour chez lui après neuf mois de combat, il arriva à temps pour baptiser son fils du prénom de Siegfried en hommage au célèbre héros nordique. De l’âge de 10 à 15 ans, Siegfried suivit tous les enseignements que lui prodigua son père pour devenir, comme lui, un bon chevalier. Mais une autre guerre rappela Frederick à ses devoirs et il dut quitter sa famille le temps d’une croisade.

Loin de l’autorité de son père, Siegfried fit de mauvaises fréquentations, allant même jusqu’à prendre la tête d’une bande de jeunes voyous, des voleurs connus sous le nom de « Schwarzwind« , le « Vent Noir ». Dans un accès de fierté nationale bien mal placé, ils décidèrent d’attaquer les chevaliers qui avaient fui les croisades, espérant ainsi s’approprier les richesses amassées au cours de la campagne tout en donnant une bonne leçon à des couards indignes de porter les couleurs de leur nation. Le groupe de soldats qu’ils attaquèrent cette nuit-là était bien trop épuisé par la guerre pour répondre, et Siegfried eut le privilège d’occire leur commandant même : d’un seul coup d’épée, il le décapita et ramassa la tête ensanglantée par les cheveux pour la brandir devant tous ses larrons ; alors, un rayon de lune tomba sur le visage de sa victime et Siegfried vit qu’il venait de tuer son propre père Frederick.

Saisi de folie, Siegfried disparut en hurlant dans la forêt : en proie au délire durant des jours, il rumina ses crimes jusqu’à ce que sa raison bascule définitivement et qu’il parvienne à se convaincre que l’assassin de son père était un autre que lui. Quelqu’un d’assez redoutable pour avoir pu tuer le grand Frederick. Quelqu’un que seule une arme très puissante pourrait vaincre à son tour… Alors, peut-être parce que le destin réservait une place unique à Soul Edge dans son grand livre, Siegfried entendit parler de l’épée maudite, et il se persuada qu’elle seule lui donnerait le pouvoir de venger son père.

La quête de Siegfried le mena dans bien des endroits fétides où son art du combat lui servit souvent, faisant toujours plus basculer sa raison à chaque fois, jusqu’à ce qu’il se trouve aux alentours de Valence. Son esprit dément était-il entré en résonance avec les vibrations de Soul Edge ou bien était-ce un autre caprice du destin ? Toujours est-il qu’il trouva le corps fraîchement occis de Cervantes de Leon, auprès duquel reposait une épée à même le sol ; une épée comme Siegfried n’en avait jamais vu, dont il était sûr qu’il s’agissait de Soul Edge.

Mais alors qu’il allait s’en emparer, des feux démoniaques s’emparèrent du corps de Cervantes qui se leva d’entre les morts pour l’attaquer avec l’épée maudite. Siegfried saisit sa fidèle zweihänder et vainquit le monstre, gagnant ainsi le droit de brandir Soul Edge. Alors , la « Semence Maligne« , que l’épée maudite avait soigneusement préparé durant ces vingt années passées à contrôler Cervantes pour qu’il accroisse son pouvoir en la nourrissant d’âmes, cette colonne de lumière démoniaque jaillit et se répandit sur le monde en semant une folie de carnage et de mort dans nombre d’esprits : un noble français attaqua Raphael Sorel, noble lui aussi, qui dut le tuer pour protéger sa vie ; Aeon Calcos, soldat spartiate, massacra tous les habitants du village qui lui avait porté secours alors qu’il était, comme Sophitia, en quête de Soul Edge à la demande d’Héphaïstos ; les moines du temple chinois Ling-Shen Su s’entretuèrent ; le groupe d’assassins « Oiseau de Passage » perdit son chef en libérant dans la nature nombre de tueurs prêts à laisser libre cours à leur instinct de mort ; des hommes à l’âme mauvaise se transformèrent en monstres et chimères mi-humaines mi-reptiles…

Quant à Siegfried, il entendit la voix de Soul Edge lui proposer un marché : qu’il l’aide à se nourrir en lui offrant des âmes, et elle ressusciterait son père quand elle aurait assez de pouvoir. Siegfried accepta, et fut perdu.

Suite de l’article (Soulcalibur)

Sommaire :
1. Prologue
2. Soul Edge / Soul Blade (le présent billet)
3. Soulcalbur
4. Soulcalibur II
5. Soulcalibur III
6. Symbolique

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8 Responses to “Soulcalibur III (suite)”


  1. 1 BouquetdeNerfs 11 juin 2010 à 18:25

    A l’époque, la vidéo d’introduction de Soulblade était une pure merveille. Dans l’ordre, j’ai dézingué mes manettes, puis carrément fumé la playstation à force d’y jouer (ils ont pas mal aidé aussi: Vrally, ISS 2, Porche Challenge, Metal Gear Solid, Crach Bandicood 2).

    Taki était mon personnage favori, un personnage nerveux, rapide et assassine. Ses coups de pied étaient ravageurs et ses combos, virvoltants.

    Sophitia et Siegfried étaient à mes yeux les plus durs à battre quand il fallait les affronter (parfois) lors des derniers combats avant l’affrontement final entre Cervantès/SoulEdge.

    J’ai su assez tard qu’on pouvait modifier la cinématique en épilogue qui montrait notre héros passer du côté obscur de la force, et faire souffrir son entourage.

    Je n’ai jamais vraiment eu la curiosité de lire les sous-titres pour apprécier à sa juste valeur l’histoire du jeu. Aujourd’hui, c’est chose faite, merci. Et, ca me donne furieusement envie d’y rejouer…

    • 2 Guilhem 13 juin 2010 à 12:19

      C’est-à-dire que l’histoire d’un volume de la série ne devient définitive qu’une fois le volume suivant sorti : comme beaucoup de titres proposent des fins différentes, c’est seulement une fois la « suite » rendue disponible qu’on sait quelle a été la conclusion du jeu précédent de la série. De sorte que lire les sous-titres du jeu en cours de partie ne renseigne que d’une façon partielle finalement : en fait, les biographies des personnages sont bien plus informatives ;]

      Mais je suis content que ces quelques billets t’aient donné envie de te replonger dans ces jeux même si ce n’était pas leur but au départ… En fait, cette « novellisation » est surtout une sorte d’intro à la toute dernière partie de l’article, celle sur la symbolique

      En tous cas, ça me fait plaisir de te voir ici, BdN : n’hésites pas à revenir commenter à l’occasion ;]


  1. 1 Soulcalibur III « Le Dino Bleu Rétrolien sur 3 juin 2010 à 20:56
  2. 2 Soulcalibur III (suite) « Le Dino Bleu « Games in the City ! Rétrolien sur 5 juin 2010 à 14:53
  3. 3 Soulcalibur III (suite) « Le Dino Bleu Rétrolien sur 9 juin 2010 à 11:37
  4. 4 Soulcalibur III (suite) « Le Dino Bleu Rétrolien sur 15 juin 2010 à 11:53
  5. 5 Soulcalibur III (suite) « Le Dino Bleu Rétrolien sur 21 juin 2010 à 11:36
  6. 6 Soulcalibur III (fin) « Le Dino Bleu Rétrolien sur 27 juin 2010 à 11:31

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