Soulcalibur III (suite)

Jaquette de l'édition PAL de Soulcalibur 2Sommaire :
1. Prologue
2. Soul Edge / Soul Blade
3. Soulcalbur
4. Soulcalibur II (le présent billet)
5. Soulcalibur III
6. Symbolique

Soulcalibur II

Quand Siegfried revint à lui au milieu des décombres, son esprit était à nouveau lucide : il se rappela toutes les horreurs qu’il avait commises, mais aussi la terreur et la haine qu’il avait semé derrière lui en massacrant tant d’innocents ; mais le pire advint quand il réalisa, enfin, qu’il était seul coupable du meurtre de son père bien aimé…

Il erra longtemps, méditant ses crimes jusqu’à ce qu’il parvienne à les accepter, et décida de retourner chez sa mère qui n’avait plus de nouvelles de lui depuis cette nuit fatidique trois ans plus tôt. Mais alors qu’il allait frapper à sa porte, il l’entendit murmurer des prières à travers le bois et il comprit que s’il voulait vraiment apprendre à vivre avec ses péchés, il devrait se tenir le plus loin possible des autres hommes pour honorer sa résolution de ne plus jamais tuer à nouveau. Quant à sa mère, il ne pourrait la revoir que lorsqu’il aurait enfin trouvé la rédemption.

Pourtant, celle-ci lui apparaissait toujours plus lointaine, car dans cet exil volontaire ses rêves demeuraient pleins de combats et de meurtres. Et de plus en plus souvent, au réveil d’une nuit, il se trouvait entouré de corps tachés du même sang que celui qui recouvrait la lame de son épée.

Il comprit vite que ces rêves n’en étaient pas, et qu’en fait Soul Edge reprenait peu à peu le contrôle de son esprit quand sa volonté était affaiblie par le sommeil. Il essaya d’abord de repousser la fatigue par tous les moyens possibles, mais il finissait toujours par succomber et les victimes de sa malédiction ne purent bientôt plus se compter. Alors, abattu par le désespoir, Siegfired n’eut plus d’autre choix que de s’enfuir toujours plus loin de la civilisation pour que plus personne ne soit corrompu par les maléfices de l’épée maudite…

Quatre ans passèrent ainsi, et bientôt des rumeurs circulèrent à nouveau d’un chevalier en armure bleue azur, à l’allure monstrueuse, qui massacrait sans pitié tous ceux qui croisaient son chemin à l’aide d’une énorme épée aux vibrations démoniaques…

Comment Soul Edge était-elle revenue du vortex infernal où l’avaient laissée Xianghua et Kilik après leur combat contre Nightmare au château d’Ostrheinsburg ? Nul ne saurait le dire. Pourtant, c’était bien elle que tenait à nouveau Siegfried redevenu Nightmare… Et qu’était devenue Soul Calibur ? Personne n’aurait pu répondre à cette question non plus, et rien ne semblait pouvoir barrer la route à Soul Edge cette fois…

Nightmare ressuscité commis bien de nouvelles horreurs et prit bien des âmes innocentes alors qu’il parcourait les terres à la recherche de fragments de la jumelle de son épée pour la restaurer entièrement, alors que la volonté de Siegfried s’étiolait toujours davantage dans les ténèbres embrasées où Soul Edge trouvait sa source. Chacune des âmes de ses victimes, mais aussi chacun des éclats de l’ancienne lame qu’avait jadis brandi Cervantes avant que celle-ci soit détruite par Sophitia, tous participèrent à résorber une par une les craquelures qui zébraient encore Soul Edge. Et bientôt l’épée maudite exsudait à nouveau cette aura infernale qui attirerait à elle d’autres guerriers à l’âme puissante dont elle pourrait se nourrir pour accroître d’autant plus sa propre force. Il ne lui restait plus qu’à retourner au château d’Ostrheinsburg, là où la terre était si imbibée du sang de ses victimes qu’elle demeurait le lieu idéal pour le rituel de restauration de son véritable pouvoir.

Mais un homme l’attendait dans la chapelle en ruine, un homme du nom de Raphael Sorel.

Ce jeune fils d’une noble famille française avait grandi avec la rapière et la médecine comme seules compagnes de jeu. Son attitude froide et nonchalante lui avaient valu bien des ennuis, mais son esprit de décision rapide et précis ainsi que ses talents de bretteurs l’en avaient toujours tiré. Hélas, Raphael commit une faute impardonnable, même aux yeux de sa puissante et glorieuse lignée, le jour où la « Semence Maligne » se répandit sur le monde et rendit fou un noble à l’âme impure qui tenta de le tuer : Raphael défendit sa vie au prix de celle de son assaillant – mais celui-ci était un ami très proche de sa famille, qui chassa Raphael de son domaine et aida même les autorités à le poursuivre.

Il dut fuir, jusqu’à une petite ville pauvre où il rencontra celle qui allait devenir sa nouvelle raison de vivre : une jeune orpheline du nom d’Amy. Sans qu’il lui ait demandé quoi que ce soit, elle lui ouvrit la porte de sa maison délabrée pour qu’il s’y cache, et alla même jusqu’à mentir aux policiers qui le recherchaient… Alors qu’il n’avait jamais connu le besoin et qu’il ignorait tout de la notion de reconnaissance ou même seulement de faiblesse, il se retrouvait pour la première fois de sa vie redevable envers quelqu’un. Ainsi Amy devint-elle pour lui une présence irremplaçable.

La France d’alors était encore en proie au chaos des guerres de religion qui avaient déjà marqué tout le XVIème siècle, et beaucoup de seigneurs et de nobles refusaient toujours de reconnaître l’autorité d’Henri IV en raison de sa foi protestante. Raphael quitta donc le pays avec Amy, mais leur nouvel environnement n’aida pas pour autant cette dernière à ouvrir son cœur : entre la perte tragique de ses parents alors qu’elle était encore toute jeune et sa vie dans la misère, la pauvre enfant avait vu bien trop d’atrocités. C’est alors que Raphael trouva une lettre où il était question de la « Semence Maligne » et il ne tarda pas à faire le lien avec le noble qui l’avait attaqué, ni à comprendre le rôle de Soul Edge dans cette affaire. Et si par malheur cette noblesse française déchirée et pathétique venait à s’emparer de l’épée, c’est toute la France qui s’effondrerait… Il décida donc de retrouver Soul Edge lui-même pour fonder un ordre nouveau où sa très chère fille adoptive Amy pourrait enfin s’épanouir.

Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver la trace du porteur de Soul Edge : celui-ci laissait des traces bien nettes derrière lui, et ils s’affrontèrent bientôt dans la chapelle du château d’Ostrheinsburg.

Mais, gorgée de nombreuses âmes puissantes, Soul Edge s’avéra bien trop forte pour lui, et Raphael s’effondra vite sous les coups magiques de l’épée maudite. Nightmare allait porter le coup de grâce quand la volonté de Siegfried s’éveilla au tréfonds de Soul Edge : légèrement affaiblie par le combat, l’âme maudite qui animait le chevalier azur  avait relâché son emprise un instant et son prisonnier en profita pour tenter de reprendre le contrôle de son corps ; Soul Edge rit de lui et de son père assassiné mais Siegfried lutta davantage, et ce combat à l’intérieur de son esprit immobilisa le corps de Nightmare quelques secondes. Alors, devant l’hésitation inespérée de son adversaire, un Raphael à l’agonie parvint à se relever et rassembla ses dernières forces pour frapper l’épée maudite en son centre.

Nightmare hurla comme seuls les démons hurlent alors que l’esprit meurtri de Soul Edge s’agrippait à l’âme de Siegfried pour la maintenir sous sa prise. Mais Siegfried lui opposa sa volonté soigneusement aiguisée par sa haine accumulée des années durant contre l’épée maudite qui l’avait emprisonné deux fois déjà : la tempête intérieure qui déchirait Nightmare finit par s’apaiser, et Siegfried retrouva enfin le contrôle de son corps. Et en réponse au déclin rapide de la malédiction, une lueur perçante comme celle de l’aube se mit à jaillir de l’épée maudite tombée au sol…

L’esprit encore embué par sa lutte contre Soul Edge, Siegfried contempla la lumière, et ce qu’il vit…

Une épée à la pureté de cristal s’extirpait d’entre les runes damnées qui recouvraient la lame maudite, une épée telle que Siegfried n’en avait jamais vu : une épée de lumière aveuglante, qui semblait l’inviter à se saisir d’elle pour se libérer enfin et pour toujours. Alors, guidé par la bénédiction de cette lumière, Siegfried empoignit Soul Calibur – puisque c’était elle qu’il avait délivré de l’épée maudite en s’en déliant lui-même – et en frappa de toutes ses forces le cœur de Soul Edge. Celle-ci frémit alors que l’épée sainte la transperçait, et se fendit plusieurs fois sur toute sa longueur, jusqu’à ce que ses vibrations malignes cessent enfin.

Mais les éclats cristallins de Soul Calibur semblaient éteints eux aussi, comme si son pouvoir tout entier avait été tari en transperçant Soul Edge.

Siegfried comprit que ce n’était pas assez. Que la malédiction n’était pas terminée. Pas encore. Il abandonna son armure bleu azur avant de quitter ce lieu maudit en emportant avec lui les deux épées liée dans leur étreinte damnée. Alors qu’il s’enfonçait dans la nuit, il fit le serment de sceller Soul Edge à jamais et d’expier enfin ses péchés une bonne fois pour toutes.

Le destin, hélas, n’en avait pas tout à fait fini avec lui…

Suite de l’article (Soulcalibur III)

Sommaire :
1. Prologue
2. Soul Edge / Soul Blade
3. Soulcalbur
4. Soulcalibur II (le présent billet)
5. Soulcalibur III
6. Symbolique

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