Starship Operators

Jaquette DVD du coffret de l'édition américaine compléte de Starship OperatorsAD 2300 : dans un secteur de la galaxie, des mondes colonisés sont au bord de la guerre. Pour la 73éme promo de cadets de l’Université de Défense de la planète mineure Kibi, c’est la fin de leur formation et un avenir assuré au sein de l’élite militaire.

Mais l’Alliance Planétaire du Secteur d’Henrietta attaque Kibi qui se rend sans conditions. À bord du croiseur Amaterasu, les cadets poursuivront le combat : sponsorisés par des médias galactique, ils deviendront ainsi les vedettes de leur propre reality show.

Un reality show mortellement réel…

Si vous aimez l’aspect Hard Science (1) d’un Planètes par exemple, alors Starship Operators vous réjouira au moins sur ce point. De la vie de tous les jours au sein d’un navire interstellaire, en passant par les divers systèmes de gravité artificielle jusqu’à la représentation de combats spatiaux utilisant des armes à faisceau, cet anime illustre à merveille la concrétisation technique de concepts jusqu’ici théoriques – même si certains ont failli voir le jour dans les années 80 à travers le projet « Guerre des Etoiles » ou IDS (2). Il ressort ainsi de Starship Operators une ambiance qui ne va pas rappeler Star Trek, mais les longueurs à base de jargon technique en moins… L’anime va même jusqu’à expliquer pourquoi on entend des sons dans l’espace : ce sont les sponsors de Galaxy Network qui les rajoutent afin de mieux capter l’attention de l’audience.

L’intérêt science-fictif s’arrête à peu prés là car le reste de la production semble plutôt s’orienter vers une critique de la « real TV » : Starship Operators, c’est une Star Ac’ de l’espace aux forts accents de Loft Story. Et tout y est. Des cancans des filles aux frimes des garçons, des rivalités et jalousies entre les divers protagonistes aux amourettes passagères, et de leurs images utilisées pour des pubs jusqu’aux exigences des sponsors pour assurer l’audimat – souvent au détriment de la prudence de rigueur sur un champ de bataille d’ailleurs…

Si les accents sérieux ne manquent pas, même s’ils auraient pu être plus sophistiqués, le point de départ du concept de base reste un peu gros sur certains détails et par la suite l’ensemble tend hélas à s’enliser dans la redite des scènes d’action ainsi que certaines longueurs, mais la série étant plutôt courte ce n’est pas vraiment gênant. On aurait apprécié plus d’épisodes malgré tout, au moins pour développer les diverses implications politiques de l’intrigue qui ne restent qu’effleurées, au contraire d’un Banner of the Stars par exemple. Le final toutefois relève bien le niveau et fait de cet anime une réalisation qui mérite d’être vue.

Les qualités artistiques font partie des points forts de Starship Operators. L’ensemble est de bonne facture – malgré une animation un peu lacunaire – et surtout pour les éclairages des passerelles pendant les scènes de combat qui résultent en une atmosphère très réussie. L’infographie est ici utilisée de façon très pertinente pour illustrer les diverses données techniques et tactiques ainsi que l’ensemble des instruments en général en donnant une touche de modernisme et de sophistication comme on aimerait en voir plus souvent dans un tel contexte. Quant à l’animation 3D, si elle n’est pas toujours discrète, elle correspond bien au clinquant rutilant du space opera classique ; l’image de synthèse fixe, elle, reste difficile à distinguer des peintures sur cellulos d’antan et s’intègre très bien à l’image comme à l’action. Enfin, l’ensemble de la bande son est irréprochable même si peut-être un peu trop discrète.

Il reste au final une courte série assez distrayante et qui se laisse voir – notamment grâce à une réalisation très aboutie, tant sur les plans artistiques que réalistes – pour peu que l’aspect un peu « exagéré » du postulat de départ ne vous rebute pas.

(1) terme désignant un récit de science-fiction basé sur des éléments techno-scientifiques très solides

(2) pour Initiative de Défense Stratégique

Notes :

Amaterasu est déesse du soleil dans la mythologie japonaise, née de l’œil gauche d’Izanagi alors que celui-ci se purifiait de la corruption du pays des morts. Puisque la plupart des cadets à bord de l’Amaterasu ont aussi un nom japonais, il ne semble pas exagéré de dire que la planète Kibi était au départ une colonie à forte concentration de japonais, voire exclusivement nippone, qui aurait préservé de nombreuses traditions de sa culture originale et de sa mythologie.

L’Amaterasu présente trois passerelles de commandement distinctes : la passerelle principale, le contrôle des armements et la navigation/propulsion. Si la passerelle principale devient inopérationelle, les deux autres peuvent prendre le relais et ainsi permettre au croiseur de poursuivre les opérations

L’Alliance Planétaire du Secteur d’Henrietta est aussi appelé Kingdom – pour Royaume en anglais. Cette nation ne doit pas être confondue avec la Fédération Indépendante du Secteur d’Henrietta qui est un état différent. Si ces deux nations ont été en conflit, c’est désormais le Royaume qui a la main haute sur l’ensemble du Secteur d’Henrietta à l’époque de ce récit, la Fédération se bornant à protéger ses propres intérêts.

Le nom du détecteur de particules Kamioka installé à bord de l’Amaterasu vient de « Super-Kamiokande« , l’observatoire de neutrino bâti dans la préfecture de Gifu au Japon.

Starship Operators, Takashi Watanabe, 2005
Geneon Entertainment, 2005
13 épisodes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

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