Serial Experiments Lain

Jaquette DVD de l'intégrale digipak édition limitée de Serial Experiments LainLain est une jeune fille renfermée et timide, avec pas mal de difficultés à se faire des amis. Il faut dire que sa famille « inhabituelle » ne lui facilite pas les choses. De plus, Lain ne comprend rien à l’informatique : alors que les gens de son âge sont tous à fond du net’ et de mobiles, ça n’aide pas à s’intégrer. Mais quand une de ses camarades de classe, Chisa, se suicide les choses prennent une tournure pour le moins inquiétante – car des filles de l’école commencent à recevoir des e-mails de la disparue…

Un jour, Lain aussi reçoit un message de Chisa. Lorsqu’elle lui demande pourquoi elle a fait ça, Chisa lui répond que Dieu est là. Dans le réseau… Alors Lain se jette à corps perdu dans le net’ : cette quête effrénée pour la vérité la plongera dans un voyage infernal jusqu’au bout d’elle-même. Jusqu’au bout de la folie…

Au-delà de la réflexion propre à un Oshii sur les rapports entre la réalité et le réseau, positionnant son propos sur l’équivalence de ces deux mondes, Serial Experiments Lain s’inscrit quelque part entre Philip K. Dick (1928-1982) et David Lynch, dans les problèmes de l’identité et de ses variables, de la définition du moi qui dépend tant du regard d’autrui.

Certains penseront peut-être à Matrix (ou bien, pour ceux qui préfèrent les originaux aux imitations, le roman Simulacron 3 de Daniel Galouye), mais les autres évoqueront des choses plus sophistiquées et plus dans la lignée du eXistenZ de David Cronenberg par exemple, saupoudré d’un soupçon d’ambiance à la X-Files ou à la Akira, et servi par des visuels que l’on a rarement vus aussi pertinents et tranchants, aussi innovants dans leur « simplicité ».

Expérimental jusqu’au vidéo-clip, d’une plastique confinant à l’abstraction, Serial Experiments Lain est un de ces voyages dont on ne ressort pas indemne. Si vous aimez les animes, ne ratez pas celui-là ; et si vous n’aimez pas les animes, ne le ratez pas non plus !

Serial Experiments Lain, Ryutaro Nakamura, 1998
Dybex, 2007
13 épisodes, env. 30 € l’édition simple

– d’autres avis : Animint, AFDS, Okawi
– description du contenu de l’édition collector
Serial Experiments Lain : Religion virtuelle, site de fan

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

5 Responses to “Serial Experiments Lain”


  1. 1 jevanni 28 juillet 2010 à 13:42

    Environ 30e l’édition simple, puis environ 30e l’édition collector aussi.😉
    Sinon j’ai du mal à voir un rapprochement concret avec l’œuvre de Katsuhiro Otomo.

    • 2 Guilhem 28 juillet 2010 à 16:28

      En toute franchise, pour avoir vu cet anime il y a maintenant plusieurs années, j’avoue que son lien avec Akira est un peu flou pour moi aussi =P Mais c’est bien ce que j’avais marqué à l’époque dans ma critique pour Animeka…

      Pour ce qui est du prix de vente de l’édition collector, je le vois bien à environ 40€ sur les magasins en ligne les plus connus : pour ce genre d’indications, j’évite en général les enseignes spécialisées qui ne sont pas forcément à la portée de tous les lecteurs et je ne veux pas non plus indiquer d’adresses de sites marchands, alors je me contente d’être le plus général possible

      Merci pour ton commentaire :]

  2. 3 Durin 31 juillet 2010 à 22:28

    Jamais accroché sur Lain!
    Pourtant pas faute de mater beaucoup d’animés, mais celui-ci me gêne, je crois.
    Le peu que j’en ai vu (des morceaux par-ci par-là) ne m’a jamais incité à regarder un épisode entier.
    Je crois que je le qualifierai de glauque, voire de malsain ; même si je répète n’avoir jamais vu un épisode entier, ce qui ne donne guère de poids à mon avis puisque tronqué finalement.

    Peut-être dois-je être un consommateur/spectateur d’animés trop standards/tous publics, je ne sais pas.
    Il me faut avouer qu’en cherchant un animé similaire (qqn perdu sur le réseau informatique mondial), un seul nom me vient à l’esprit d’un coup: Hack Sign//.
    Comme je le disais plus tôt, ca fait bcp plus « tous publics » que Lain.

  3. 4 Durin 31 juillet 2010 à 22:39

    Je rajouterai (puisque je n’ai pas trouvé comment éditer un message) que lorsque j’énonce avoir visionné des extraits de Lain, il faut comprendre « depuis plusieurs années » également.

    Ainsi, cela signifie que mon avis sur différentes séries a évolué au fil de années et des visionnages.
    Comme Evangelion (la série): comme pour bcp, de nombreux passages de la série m’étaient pénibles sinon chiants à regarder.

    L’ayant racheté en coffret l’an passé, et bien j’ai revisionné tous les épisodes avec plaisir, dans sa globalité.
    Je n’irai pas affirmé avoir tout compris (car là, ce serait un pur mensonge) mais même les passages chiants ou longueurs ou silencieux de mes souvenirs ont été revus (sans accélérer ^^) et appréciés.

    Je sais que ‘3615 My life’ n’est pas folichonne, néanmoins le but était de mettre en avant que plusieurs années m’ont permis d’apprécier à leur juste valeur (?) des choses chiantes quand j’étais plus jeune.
    MAIS que, par contre, Lain reste toujours aussi imbitables (désolé du terme) à mes yeux.
    Ptet trop théologique sur les bords.


  1. 1 Brain Powered « Le Dino Bleu Rétrolien sur 20 octobre 2010 à 11:32

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