Desert Punk

Jaquette DVD de l'édition française du premier volume de la série Desert PunkDans ce futur, le Japon n’est plus qu’une terre dévastée, le désert du Grand Kanto, règne de la violence et des pillards. Sunabozu y est chasseur de prime : petit, cruel, avare et mesquin, sa maîtrise de toutes sortes de gadgets lui vaut le surnom de « Fantôme du Désert » et la réputation d’être le meilleur dans sa catégorie – réputation qu’il entretient avec férocité. Alors qu’un de ses clients l’a chargé de retrouver un trésor familial, il rencontre la très pulpeuse Asagiri qui se montrera encore plus rusée que belle…

Le générique de début place le spectateur dans l’ambiance dés le départ : on a affaire à une série comique. Impression tout de suite corroborée par le ton foncièrement désinvolte du narrateur, puis par les premiers événements du scénario. Cet humour confine souvent à la parodie et détrône quelques clichés du même coup : si la « hulkose » du chef du clan Kawazu fait un clin d’œil évident aux comics de super-héros, la série tourne aussi en dérision la caricature de l’otaku moyen quand ce pervers de Sunabozu prend la jeune Kozuna sous son aile pour l’initier au métier, se retrouvant ainsi à subir des gamineries au lieu de se délecter de la compagnie d’une bombasse… Et j’en oublie, comme dans l’épisode 8 quand le sempiternel combat du Bien contre le Mal se voit transcris sous forme de rêve à travers une lutte de la rancœur contre le désir – comprenez « l’obsession sexuelle de Sunabozu » – en dynamitant ainsi le cliché du shônen de base.

Mais en dépit de tous ses défauts, Sunabozu reste attachant, un antihéros sympathique qui sait éprouver des scrupules devant la sauvagerie de ses actes pour la survie dans ce monde barbare : un personnage somme toute assez ambigu et pas si clownesque que ça quand on voit ses skills mais aussi… son intelligence. De sorte qu’il manque au spectateur lorsqu’il doit s’absenter d’un épisode pour les besoins du scénario, mais ça n’arrive pas souvent. Il faut ici saluer la performance de Chihiro Suzuki, seiyû (1) de grand talent dont la voix donne à Sunabozu une présence rare, surtout pour une production autant orientée vers l’humour. Il en va de même pour Norio Wakamoto qui interprète à la perfection Amagumo, premier rival de Sunabozu, mais aussi pour l’ensemble de l’équipe de doublage qui sait donner à chaque personnage une stature toute particulière et unique.

De cette réalisation techniquement irréprochable, on retiendra surtout une infographie brillante de discrétion et des graphismes très réussis dans l’illustration des sentiments des divers protagonistes ainsi qu’une réalisation originale et des références somme toute assez attendues aux poncifs du genre post-apocalyptique tels que Mad Max 2 : le défi (George Miller, 1981) ou Métal Hurlant (Gerald Potterton, même année), ou bien encore des westerns – sable oblige… Si l’ensemble de la production propose des épisodes aux histoires plutôt indépendantes, les réapparitions successives de certains personnages tendent à orienter la série vers une intrigue globale assez intéressante dont la conclusion laisse d’ailleurs présager une séquelle.

Les fans ne s’en plaindront pas. Moi non plus…

(1) nom donné aux acteurs de doublage au Japon.

Note :

Cet anime est une adaptation du manga éponyme de Masatoshi Usune disponible chez Glénat.

Desert Punk (Sunabozu), Takayuki Inagaki, 2004
Asian Star, 2006
24 épisodes, env. 13 € le volume de six épisodes

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

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6 Responses to “Desert Punk”


  1. 1 Durin 13 novembre 2010 à 12:43

    Je confirme : une excellente série !!!

  2. 2 Mackie 13 novembre 2010 à 15:55

    ça a l’air bien… mais comment se fait-il que l’opening montre autant d’images de mangas? simple effet esthétique ou référence au contenu de l’anime?

  3. 3 Guilhem 13 novembre 2010 à 18:46

    Alors là, aucune idée : je n’ai jamais lu le manga, à peine feuilleté le premier tome et j’ai souvenir que le style graphique de Masatoshi Usune est assez différent de celui de l’anime, alors je penche pour un effet esthétique…

    D’ailleurs, les openings de Desert Punk sont assez originaux sur le plan artistique : outre les « effets manga » de celui-ci, l’autre est en live action ; il est pas mal non plus mais j’ai préféré présenter celui-ci pour éviter la confusion en faisant croire que c’est une série live et non un anime.

    Merci d’avoir pris le temps de poster un commentaire :]

  4. 4 Mackie 13 novembre 2010 à 19:12

    de rien… je trouve d’ailleurs ton blog intéressant à lire, j’y ai piqué des idées de choses à voir. desert punk est maintenant sur ma (déjà longue) liste.
    je précise (mais tu t’en doutes) que mon dernier article sur Appleseed n’est pas une ressucée du tien, même si je suis plutôt d’accord avec ce que tu as écrit 🙂

  5. 5 Guilhem 13 novembre 2010 à 20:27

    Rassure-toi, je ne crois pas même une seule seconde que tu m’as pompé mes idées pour ton propre article : en fait, elles sont bien assez évidentes pour que n’importe qui puisse les voir – c’est une des forces principales de ce manga et de son excellente adaptation en OVA.

    J’ajoute que je suis moi aussi assez d’accord avec toi en ce qui concerne les deux longs-métrages, c’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai « oublié » d’en parler ici – même si j’ai fait une critique du premier sur Animeka…

    Encore merci pour ton intérêt : je suis content que tu ais trouvé ici des idées de trucs sur lesquels te pencher, c’est un peu dans ce but que j’ai ouvert ce blog à vrai dire.

    À bientôt :]

  6. 6 Durin 14 novembre 2010 à 21:36

    Pour répondre à Mackie, mon avis est qu’il s’agit plutôt d’une référence au manga (style déjà rencontré dans d’autres animés (Tenjo Tenge, par exemple)).

    Et comme l’a précisé Guilhem, le générique de fin est une version live (de bonne facture, qui plus est).

    J’estime que le mélange des 2 borne parfaitement l’animé, puisque une moyenne de ces 2 media (« un manga aux images qui bougent « ).


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