Serious Sam : Premier Contact

Jaquette du jeu vidéo Serious Sam : Premier ContactAu XXIIe siècle, l’Humanité habite de nombreuses étoiles et son expansion dans l’univers semble sans limite. Jusqu’à ce qu’une entité venue de Sirius envahisse leurs mondes et, très vite, les terriens comprennent qu’ils ne font pas le poids… Mais l’un d’eux, Sam « Serious » Stone, fait preuve d’une résistance acharnée contre l’ennemi, aussi quand des chercheurs trouvent un moyen de remonter le temps pour combattre cet ennemi à sa source, le choix du candidat au voyage ne se pose pas…

À une époque où les jeux vidéo s’orientaient de plus en plus vers des titres « sérieux » – par exemple sur le plan du réalisme dans les mécaniques de jeu, ou bien en abordant certains sujets dans leur trame scénaristique, ou encore à travers une atmosphère très élaborée –, les développeurs de Croteam prirent ce terme de « sérieux » au pied de la lettre… en revenant le plus sérieusement possible aux racines même du genre FPS. Au départ une simple démonstration technologique pour leur moteur de rendu baptisé Serious Engine, et qui atteignait d’ailleurs des performances tout à fait admirables, Serious Sam devint vite un hommage assumé aux tout premier titres du genre, en particulier les cultes Doom et Duke Nukem 3D.

En bref, il s’agissait de se placer à l’opposé de la mouvance de l’époque : avec des mécaniques de jeu basées sur l’arcade pure, sans aucun scénario autre que l’enfilade de niveaux et dans une atmosphère qui reposait uniquement sur les capacités de son moteur de rendu, Serious Sam s’affirmait surtout comme un énorme pied-de-nez aux aspirations des productions du moment. Loin de toutes volontés artistiques, ou même intellectuelles – ou du moins revendiquées comme telles par certains développeurs –, mais au contraire en focalisant exclusivement sur le fun à travers un délire permanent et la bonne vieille recette du « syndrome de l’inflation » qui en rajoute toujours plus, Serious Sam n’aspirait à rien d’autre qu’à repousser les limites… du bon sens.

Voilà comment notre héros en tee-shirt et jean-baskets se retrouve dans l’Égypte antique à massacrer avec des armes toutes plus destructrices les unes que les autres des hordes de monstruosités venues d’autres mondes à travers des dimensions inconnues. Et j’utilise le terme « horde » avec le plus grand sérieux : ce sont effectivement des dizaines et des dizaines d’ennemis qui se jetteront contre vous en même temps ; en quelques vagues d’attaques et à une poignée de secondes d’intervalle, ils friseront même des centaines. Et si vos armes se trouveront à la hauteur de la situation, vous aurez grand intérêt à savoir vous déplacer pour éviter des attaques qui viennent le plus souvent de toutes les directions à la fois – y compris du ciel…

Voilà comment, sans chercher à innover le moins du monde mais bien au contraire en poursuivant le plus loin possible les mécaniques de jeu éprouvées jusqu’au stade de valeur sûre de n’importe lequel de ses prédécesseurs classiques, Serious Sam proposait malgré tout une expérience entièrement nouvelle – aucun titre n’était jamais allé aussi loin dans le domaine du n’importe quoi : comme de faire attaquer notre héros par des kamikazes hurlants (mais sans tête…), ou bien des troupeaux entiers de buffles furibards ou de crapauds gros comme des molosses. Et je ne vous ais pas encore parlé du boss de fin aussi grand que la tour Effeil

Mais c’est aussi là que Serious Sam trouvait sa limite, car une fois passé les premiers instants où se succèdent surprise, peur, amusement, puis fou rire, c’est bien sûr l’ennui qui vient devant autant de répétitivité… Il faut dire aussi que face à de tels adversaires, qui arrivent en groupes aussi compacts dans des niveaux aussi ouverts et plats, le skill du joueur importe en fin de compte assez peu : quel que soit l’endroit du groupe où on tire, et pourvu qu’on parvienne à conserver une ligne de tir à peu près horizontale, on est certain de toucher quelque chose qui rapporte des points.

De sorte que l’attrait du titre s’étiole en fin de compte assez vite, et d’autant plus que le level design reste plutôt sommaire en terme de jouabilité, ce qui n’arrange rien – en dépit de toutes les immenses qualités du moteur de rendu déjà évoquées. Au final, Serious Sam reste un titre rendu célèbre par sa démesure à travers une volonté évidente d’aller à l’encontre des tendances créatives de l’industrie de l’époque.

Si ça ne le sauve pas complètement, ça contribue néanmoins à lui attirer les bonnes grâces d’un certain public. Et quoi qu’il en soit il demeure une production devenue classique, qu’aucun joueur digne de ce nom ne saurait manquer.

Récompenses :

GameSpot : Game of the Year (PC) en 2001
IGN : Editor’s Choice
IGN Action Vault : Outstanding Achievement in Technology & Surprise of the Year, tous deux en 2001

Notes :

Le succès de Serious Sam lui valut une descendance nombreuse à travers spin off, séquelles, portages sur consoles et même remakes. Second Contact, sorti sur PC en 2002, poursuit l’aventure du premier opus et se vit porté, avec des modifications significatives, sur Playstation 2 et GameCube en 2004 sous le titre de Next Encounter ; sorti la même année, Serious Sam Advance est un autre spin off, mais pour la Game Boy Advance. C’est seulement en 2005 que sortit sur PC et sur Xbox l’unique véritable séquelle du titre original, Serious Sam 2, développé sur le Serious Engine 2. Quant aux remakes des deux premiers jeux de la série, ils sortirent sur PC et Xbox 360 l’an dernier et cette année sous les titres respectifs de Serious SAM HD: The First Encounter et Serious Sam HD: The Second Encounter. Le prochain opus est prévu, uniquement sur PC pour le moment, pour 2011 sous le titre de Serious Sam 3.

Serious Sam : Premier Contact
Croteam, 2001
Windows, à partir de 3 € (occasions seulement)

– le site officiel de Croteam
– site d’informations : Seriously! (en)

1 Response to “Serious Sam : Premier Contact”



  1. 1 Painkiller « Le Dino Bleu Rétrolien sur 22 février 2011 à 11:34

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