Princess Arete

Affiche japonaise originale du film Princess AreteConfinée dans la plus haute tour du château, la princesse Arete observe le monde à travers la fenêtre. Mais elle s’évade de cette cage parfois, pour mieux connaître ces simples gens qu’elle gouvernera un jour. Et si les chevaliers du royaume ramènent de contrées lointaines les artefacts d’une lignée de sorciers disparus pour obtenir sa main, la princesse ne s’intéresse qu’à ses livres. Jusqu’au jour où le sorcier Boax arrive à bord de sa machine volante fantastique pour offrir à Arete de devenir reine…

Cet anime est délicieux comme ces contes d’autrefois qu’on se racontait à la veillée et qu’on se transmettait oralement à travers les siècles, en les enrichissant ainsi d’autant plus à chaque nouvelle récitation – jusqu’à obtenir une œuvre éternelle…

N’y voyez pas pour autant une adaptation édulcorée à la Walt Disney d’une légende classique et bien plus profonde dans son récit littéraire original que sa version animée américaine, car ce n’est pas le registre de la maison de production impliquée ici. Pas de chansons ridicules, ni de danses d’animaux exaspérantes de stupidité, et le happy end dans ce cas prouve encore une fois qu’une histoire très chargée en émotions peut se finir bien sans pour autant tomber dans la mièvrerie ridicule. (1)

Princess Arete s’ouvre comme les fables d’antan mais affirme vite son originalité avec un protagoniste principal qui ne manque ni de caractère ni de courage, d’une façon à la fois subtile et raffinée mais aussi tragique, et qui ne va pas sans rappeler cette petite copine parfaite, féminine et hardie à la fois, presque garçon manqué, que nous avons tous rêvé d’avoir pour nous seul un jour ou l’autre. Celle-ci sera entièrement vôtre pour une paire d’heure environ : voilà une excellente raison pour ne pas se faire prier…

L’originalité va d’autant plus loin qu’il ne s’agit pas de la chanson médiévale ordinaire : les chevaliers n’y font qu’une brève apparition tout au début du récit, où ils apparaissent surtout comme des nigauds devant une princesse qui a décidé de ne pas se laisser mener par le bout du nez, pour qui le devoir passe avant tout, y compris le bonheur personnel. Pas de Quête du Graal donc, mais plutôt une quête de soi, de sa vérité propre, de sa place véritable au sein d’un ensemble plus vaste et donc plus important : difficile de trouver plus humain, plus simple, plus efficace.

Le méchant non plus d’ailleurs n’est même pas celui qu’il donne l’air d’être, et sa magie encore moins : à sa façon, ce personnage reste peut-être le plus tragique de tout le récit, et son secret le plus douloureux dans son originalité qui transcende les frontières des genres de l’Imaginaire…

Pour les amoureux des légendes d’antan mais aussi pour les amateurs de voyages intemporels, Princess Arete est un envoûtement : à ne surtout pas manquer !

(1) ce jugement aux accents lapidaires ne doit pas faire penser que j’exècre les productions Disney, bien au contraire : je regrette simplement que la fermeture d’esprit de son audience ait condamné ce studio dès ses débuts à cantonner ses réalisations uniquement à la jeunesse…

Récompense :

Prix d’excellence au New Century Tokyo International Anime Fair 21.

Notes :

Ce film est une adaptation d’un roman de Diana Coles paru en 1983 et intitulé The Clever Princess – au Japon, Les Aventures de la Princesse Arete.

Depuis bientôt 10 ans maintenant, ce film reste considéré comme une des œuvres féministes les plus abouties dans le domaine de l’animation.

Bien que parfois présenté dans les festivals d’animation au format cinéma, Princess Arete n’a jamais connu d’édition française en DVD.

Princess Arete (Arite Hime), Sunao Katabuchi
Studio 4°C, 2001
105 minutes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

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