Mobile Suit Gundam : Author’s Cut (1)

Couverture américaine de l'omnibus Mobile Suit Gundam : Awakening, Escalation, ConfrontationIntroduction

Si le nom de Gundam est désormais bien connu chez nous, c’est déjà moins le cas pour l’œuvre originale qu’il désigne depuis maintenant plus de 30 ans. Adulée par les uns, conspuée par les autres, cette série certes fondatrice mais qui accuse néanmoins son âge, tant au niveau de l’animation que des procédés narratifs, connut pendant un temps un destin incertain avant de trouver la gloire…

Pourtant, on ne peut prétendre que Gundam se résume à une œuvre culte parmi d’autres car elle fonda un genre entièrement nouveau de l’animation japonaise, celui qu’on appelle « mecha réaliste » – et bien que ce réalisme-là concerne en fin de compte beaucoup plus les aspects psychologiques, pour les personnages, et sociaux, pour l’univers où se déroule l’action du récit, que les éléments techniques proprement dit. Jusqu’à Gundam en effet, les séries de robots géants se situaient toutes dans la lignée de Mazinger Z en s’articulant autour d’une machine unique et invincible pilotée par un héros sans peur et sans reproche qui triomphait toujours des armées du mal – et que celles-ci viennent d’une autre planète, d’un monde souterrain, d’une dimension parallèle ou de n’importe où ailleurs…

Parfois épaulé par divers compagnons de route dont les maladresses et autres pitreries ne servait qu’à mettre en valeur le véritable héros central de l’histoire, ce dernier ainsi couplé à une machine fabuleuse qui faisait de lui un surhomme incarnait au final une autre facette du genre super-héros – c’est-à-dire un thème rendu stérile par son incapacité à produire des univers où l’émergence de surhommes provoque des bouleversements sociaux. Genre mort-né par excellence, ces « Super Robots » ne faisaient en fin de compte que se répéter, et en dépit de variations ponctuelles sur des détails insignifiants – telle que le lieu de provenance des ennemis de l’humanité, ou bien le caractère des principaux protagonistes, ou encore d’autres détails tout autant secondaires – ils demeuraient en quelque sorte superposables sur le plan des idées. Bref, une fois qu’on en avait vu un, on les avait tous vus (1).

Mobile Suit Gundam changea la donne. En réduisant les robots géants à de simples machines produites en série à l’instar de n’importe quels véhicules dans une société industrielle, et le conflit où s’illustraient ces engins de combat à une guerre comme une autre mais qui déchainait néanmoins des passions bien humaines, Gundam proposait un nouveau modèle de récit dans la culture anime / manga ; un paradigme qui s’installa dans les années suivantes et qui perdure encore jusqu’à nos jours, en produisant des œuvres dont beaucoup devinrent majeures : Dougram, Xabungle, Macross, Votoms, L-Gaim, Mospeada, Layzner, Megazone 23, Gunbuster, Bubblegum Crisis, Patlabor, Gasaraki, Flag,… Et bien d’autres, qui chacune à leur manière montrait des influences possibles d’innovations technologiques sur les sociétés où se déroulait le récit – ce qui reste une définition acceptable de la science-fiction.

Rien pourtant ne laissait présager une telle descendance, qui quoi qu’on en dise reste synonyme d’un certain succès auprès des professionnels japonais de l’animation – autrement ils n’auraient jamais cherché à émuler Gundam à travers leurs propres œuvres. Car l’audience bouda la série lors de sa première diffusion à la télévision nippone au printemps 1979, et elle faillit bien s’arrêter au 39e épisode au lieu de totaliser les 52 prévus au départ… Malgré tout, la production parvint à négocier quatre épisodes supplémentaires pour donner au moins un semblant de conclusion au récit, étendant ainsi le total aux 43 épisodes qu’on connait aujourd’hui. Mais les choses n’en restèrent pas là non plus…

Un rayon de magasin dédié aux jouets Gundam

Alors que les artistes et les scénaristes du studio Sunrise qui avait donné vie à Gundam se penchaient sur d’autres projets, les produits dérivés de la série – les habituels jouets, maquettes, jeux sur tous supports et autres « goodies » – se mirent à connaître des ventes phénoménales. Surtout les maquettes d’ailleurs, qui de plus séduisaient un public d’une tranche d’âge bien supérieure à la moyenne, et il ne fallut pas longtemps à Bandai pour réclamer de quoi perpétuer ces ventes hors du commun. Voilà comment une adaptation pour le cinéma, en trois films, se vit produite à partir des séquences de la série TV, dont le premier opus arriva sur les grands écrans japonais à la mi-mars 1981. Et le succès – immense – se trouva au rendez-vous cette fois, de sorte que si ce premier film se contentait de mettre bout à bout les épisodes les plus cruciaux du premier tiers de l’intrigue, le second proposait au moins 30% de séquences nouvelles, et le troisième environ 70% ; mais le scénario se vit aussi retravaillé, pour combler enfin les blancs de la série TV originale tronquée dont bien des concepts s’étaient vus omis.

Le reste est inscrit dans l’histoire, et Gundam compte maintenant – depuis plus d’une génération – parmi les franchises les plus prolifiques et les plus vigoureuses de l’animation japonaise, déclinées sur tous les supports et tous les médias, pour toutes les audiences, avec un succès tant public (2) que critique (3) qui dans les tendances générales ne s’est jamais démenti. Preuve en est ce sondage national mené au Japon par TV Asahi en septembre 2005, sur des échantillons de tous les âges, qui désigne Mobile Suit Gundam comme la production la plus populaire de l’industrie locale de l’animation.

Mais on peut aussi évoquer l’attraction Gundam The Ride: A Baoa Qu, ouverte en juillet 2000 au parc d’attraction de Fuji-Q Highland, qui reproduisait jusqu’en janvier 2007 la bataille d’A Baoa Qu sous la forme d’un train fantôme où les participants prenaient place à l’intérieur d’une reproduction d’une navette d’évacuation sur le point de quitter le navire Suruga ; ou bien cette exposition à la Fondation Cartier pour l’art contemporain sur la culture japonaise d’après-guerre, en octobre 2002, où se trouvaient présentées six maquettes de mechas de type Zaku choisies par Takashi Murakami ; ou encore l’International Gundam Society, cette conférence tenue en août 2008 et pendant laquelle des universitaires de plusieurs domaines examinèrent la faisabilité de nombreux éléments techniques et sociaux abordés dans Mobile Suit Gundam (4). Mais aussi, dans le domaine public, ces timbres émis par la Poste japonaise en octobre 2000 ; ou bien cet équipement de combat pour soldat actuellement en cours de développement par les Forces japonaises d’auto-défense (JSDF) et annoncé en novembre 2007, qui a pour nom de code « Gundam » ; ou encore cette statue de bronze de trois mètres de haut installée devant la station de tram Kamiigusa de Tokyo de fin mars à début avril 2008 (5). Sans oublier cette autre statue – mais à l’échelle un, donc en taille réelle – du RX-78-2, érigée sur l’île artificielle d’Odaiba en juillet 2009 après des mois de travail et d’assemblage. Et j’en oublie, comme la création du magazine Newtype, dont le titre même est un hommage évident à Gundam, ou la récente ouverture du Gundam Café dans le quartier d’Akihabara de Tokyo.

Tout ceci afin de bien faire comprendre combien Gundam est un véritable phénomène de société au Japon, dont il n’existe aucun équivalent en occident dans aucun domaine culturel et qui explique, au moins en partie, pourquoi nous devions tôt ou tard voir cette franchise sortir de l’archipel…

Et malgré cette « offensive marketing » et la somme d’informations à disposition du public, y compris le plus averti, il existe une version de l’histoire originale qui reste très peu connue, même par les plus grands fans. Une version qui vit le jour durant la première diffusion de la série TV sous la plume du créateur de Gundam lui-même, Yoshiyuki Tomino, sous la forme d’une série de trois romans dont l’univers, l’intrigue et les personnages qu’ils présentent constituent une facette assez inattendue sous bien des aspects : beaucoup plus compacte mais pourtant beaucoup plus élaborée et informative sur de nombreux points que le matériau télévisé de départ, cette courte série de romans représente la vision originale qu’avait Tomino de Gundam – c’est-à-dire ce que Gundam aurait dû être si son créateur avait eu les mains libres.

C’est de cette vision originale dont il est question ici.

Suite du dossier (L’univers de Gundam)

Statue de bronze du RX-78-2 Gundam

(1) ce jugement pour le moins lapidaire et tout autant expéditif ne vaut que sur le plan des idées pures, et non sur d’autres plans tels que les qualités artistiques, les relations entre les personnages, la réalisation des scènes de combat, la complexité des scénarios, etc.

(2) en 2008, Gundam restait la franchise la plus lucrative de Bandai, loin devant les Power Rangers ou Dragon Ball, en rapportant 450 millions de dollars sur toute l’année (source : ANN).

(3) entre autres distinctions, plusieurs productions appartenant à la licence obtinrent l’Anime Grand Prix depuis la création de cette récompense en 1979.

(4) voir une liste de ces thèmes dans cet article sur Anime News Network.

(5) les photos de l’évènement sur Gundam.info.

Sommaire :

1. Introduction (le présent billet)
2. L’univers de Gundam
3. L’auteur
4. L’innovation
5. La colonisation de l’espace
6. La métaphore
7. Le newtype
8. Conclusion et sources

44 Responses to “Mobile Suit Gundam : Author’s Cut (1)”


  1. 1 Corti 27 décembre 2010 à 16:30

    >>Tout ceci afin de bien faire comprendre combien Gundam est un véritable phénomène de société au Japon, dont il n’existe aucun équivalent en occident dans aucun domaine culturel

    Euh… Doctor Who en Grande-Bretagne ? Cette série est quasiment une institution là-bas.

  2. 2 Serial Loser 27 décembre 2010 à 17:30

    Starwars est (était?) un sacré phénomène de société outra-atlantique, également. D’une ampleur fort comparable à celle de Gundam au Japon.

  3. 3 Guilhem 27 décembre 2010 à 17:56

    Je n’ai pas souvenir qu’on ait dressé une seule statue à Docteur Who ou à Star Wars, ni que l’une ou l’autre de ces productions a suscité n’importe lequel des hommages publics ou privés que je mentionne… ;]

  4. 4 Tetho 27 décembre 2010 à 18:40

    Si on met de coté la statue, Star Wars a eut le droit à tout le reste : attraction chez Mickey dès 87, programme spatial de Regean surnommé « Guerre des étoiles », expositions diverses, réappropriation par le pop art, vaisseaux grandeur nature… J’ai même envie de dire qu’au Japon personne n’a fait la queue 3 mois pour le film de Gundam 00 (1er film ciné non remontage de Gundam depuis 19 ans !!) alors que pour les Star Wars I, II & III ça a été le cas partout à travers les USA 😉

    >Bref, une fois qu’on en avait vu un, on les avait tous vus
    C’est oublier trop vite la Trilogie Romantique de Nagahama, et surtout Voltes V et Daimos, dont l’influence sur Tomino fut énorme. Bien avant Gundam elle brisait déjà les conventions manichéennes du genre robot.

  5. 5 Guilhem 27 décembre 2010 à 19:33

    Il est question de ces productions dans la suite de mon dossier, justement, puisque Tomino a travaillé dessus après Reideen ; mais je crois que ces trois séries restent assez exceptionnelles pour qu’on ne puisse pas en tirer une généralité pouvant être étendue à l’ensemble du genre. Et Gundam ne se résume pas à la cassure des conventions manichéennes du genre « Super Robots »

    Quant au reste de tes remarques, la statue fait exactement toute la différence – sans compter que je pourrais chipoter sur pas mal des autres trucs que tu cites : le projet « Guerre des étoiles » de Reagan a pour nom officiel IDS (pour Initiative de Défense Stratégique), « Guerre des étoiles » était une invention de journalistes alors que pour le projet Gundam c’est le nom de code officiel des recherches de la JSDF ; de même, le Pop art est un mouvement des années 60 et début 70, la réappropriation de Star Wars ne concerne pas ce courant dans son entier, loin de là, et sans oublier que le Pop Art avait pour but de dénoncer les excès de la société de consommation et faisait donc une critique de Star Wars au lieu d’une apologie ; je pourrais continuer longtemps comme ça : certains amalgames sont à éviter, ce n’est pas parce que des choses se ressemblent en apparence qu’elles sont les mêmes sur le fond…

    Quant aux imbéciles qui ont fait la queue 3 mois pour ces merdes que sont les épisodes I, II et III, je crois que les fans de Gundam peuvent s’estimer heureux de ne pas compter des crétins pareils dans leurs rangs… =D

  6. 6 Corti 27 décembre 2010 à 19:37

    Et Rocky alors, il a bien sa statue ! 😀

    Blague à part, il me semble que les Daleks de Dr Who ont été incorporés dans le patrimoine culturel de la Grande-Bretagne ou un truc du style. Mais je ne retrouve plus où j’avais lu ça. Par contre, ils ont même eu leur timbre à leur effigie, comme plein d’autres choses.

    De même, je pense que certains héros de BD ont dû avoir des reconnaissances officielles et ont des rues à leur nom. Bref, j’avoue que je reste quand même un poil sceptique sur ton affirmation 🙂

  7. 7 Guilhem 27 décembre 2010 à 20:03

    « Sauce or it is a lie… » ;]

    Non, sérieusement : je n’ai rien contre la contradiction mais à condition que ce soit étayé ; je fais l’effort de fournir des sources, le contradicteur doit faire la même chose, c’est trop simple de dire « je crois que… »

  8. 8 Tetho 27 décembre 2010 à 20:33

    Guilem > vu que le boulot de Nagahama a influencé Tomino, ça se voit notamment avec Zambot 3. Et c’est pas le seul, on peut citer aussi Baldios.

    Sinon je pense que tu place Gundam un peu haut, ouais c’est une institution au Japon, c’est pas moi qui vais le nier. Mais c’est loin de ne pas avoir d’équivalents. Chez nous aussi on a eut des hommes politiques qui citent Star Wars (souvent de travers) et autres hommages. Tiens, Star Wars a eut des films où il est au centre de l’intrigue (Fanboys par ex), à ma connaissance pas Gundam.

  9. 9 Guilhem 27 décembre 2010 à 22:02

    Je crois qu’on ne se comprend pas très bien sur le sens du mot « hommage » : quand une institution publique dresse une statue à une personne ou une œuvre, c’est qu’elle admet le sujet de la statue d’utilité publique ; ce n’est pas la même chose que de citer un titre dans un discours électoral pour s’attirer les bonnes grâces d’une certaine frange de l’électorat : les paroles s’envolent, les écrits et les statues restent… Même chose pour la création du magazine Newtype : je n’en connais aucun qui s’appelle « La Force »

    Quant à des œuvres d’amateurs qui font référence ou rendent hommage à Gundam, il y en a aussi, mais qu’on voit moins par chez nous puisqu’elles sont surtout le résultat de fans japonais – et pour cause, Gundam reste encore très obscur par chez nous en dehors des milieux de fans de mangas et d’animes… Ils en évoquaient une il y a quelques mois sur ANN d’ailleurs.

    Quant aux productions de Nagahama qui ont influencé Tomino, j’ai déjà écrit qu’il en sera question dans la suite de mon dossier – même si brièvement…

    Enfin, une dernière précision me semble assez utile : on trouvera toutes sortes de productions populaires qui ont eu un ou plusieurs hommages tels qu’une attraction, ou bien une série de timbres, ou encore une exposition, etc ; mais pour autant que je sache seul Gundam a eu TOUS ces hommages à la fois : c’est dans ce sens-là que je considère cette franchise unique et que j’estime son impact tout autant unique.

  10. 10 Amrith 27 décembre 2010 à 23:41

    L’article est bien.
    Mais je ne commente pas ce qui est bien.

    > Bref, une fois qu’on avait vu un anime Super Robot, on les avait tous vus […] sur le plan des idées pures.

    Comme l’a dit Tetho, ce n’est pas tout à fait exact.
    Voltes V, Zambot 3 et Danguard Ace – tous trois diffusés lors de l’année-charnière jamais mentionnée comme telle qu’est 1977 – ne sont pas de simples copies de ce qui a précédé mais des anime qui, bien que répondant aux lois du formula-show, délivrent à terme un fond propre différent du manichéisme des adaptations nagaiennes de Toei. Il en va de même dans une moindre mesure pour Daimos ou Daitarn 3 l’année suivante, qui tentent de dessiner leur identité dans la maigre marge inoccupée par les sponsors.

    « Je voulais créer un anime de robot qui soit un peu plus qu’une publicité pour vendre des jouets ».
    Tadao Nagahama à propos de Voltes V

    Et puis il y a aussi ces séries qui ont apporté un plus ponctuel, comme Getter Robo en 1974 – combinaison – ou Gowapper 5 Godam en 1976 – premier pilote féminin dans un rôle principal… et la proto-histoire incarnée par Osamu Tezuka et Mitsuteru Yokoyama, dont les créations portent déjà en elles les fondations du genre.

    Enfin, ne pas oublier que la nébuleuse Mobile Suit Gundam ne serait sans doute jamais née sans le phénomène préalable et voisin du robot anime que fut Space Battleship Yamato.

  11. 11 Tetho 28 décembre 2010 à 06:21

    On en trouvera toujours des hommages non reçut. A ma connaissance aucun corps céleste ou espèce animale/végétale n’a été nommé d’après Gundam ou un de ses éléments. Et ce n’est qu’un exemple.
    Le Japon a toujours plus facilement accepté « officiellement » sa pop-culture que l’occident. Entre les fanfares militaires qui jouent le thème du Yamato, Doraemon en ambassadeur du tourisme au Japon, un ancien premier ministre qui accepte un rôle dans Ultraman, et je ne parle pas des dizaines de municipalités qui ont fait le choix de promouvoir les « pèlerinages anime/manga » sur leurs terres.
    Mais ça ne doit pas cacher qu’en occident aussi (enfin surtout aux USA) il y a des figures aussi fortes, comme Star Wars, Superman, Tintin…

    Quand à Newtype, il est quand même publié par Kadokawa, éditeur de 80% des ouvrages en rapport avec Gundam. Malgré le Gundam Ace, Newtype reste l’organe officiel de la franchise.

  12. 12 Guilhem 28 décembre 2010 à 11:22

    Je ne vois pas très bien le rapport entre cette conversation et les noms qu’on peut donner à des espèces animales ou végétales : les chercheurs utilisent la même méthode depuis des siècles pour nommer les nouvelles espèces et ils n’ont aucune raison d’en changer…

    Sinon, je parlais d’hommages reçus, et non d’hommages non reçus : on peut toujours conjecturer sur ce dernier point mais le simple fait que les hommages n’aient pas été reçus empêche justement d’en dresser une liste et d’être sûr de ce qu’on avance ; il ne reste au final que des convictions personnelles – et qui sont immensément respectables, mais qui restent de simples avis.

    Ensuite, il va de soi que le Japon accepte plus facilement sa propre culture que celles des autres pays : les autres pays en question font exactement la même chose. Mais aucun de ces pays n’a jamais rendu hommage à aucune de ses créations comme le Japon a pu rendre hommage à Gundam. C’est tout ce que j’avance dans mon billet.

    Enfin, que Newtype soit l’organe officiel de Gundam ne change pas grand-chose non plus : G. Lucas a largement les moyens de lancer un organe semblable, pourtant il ne le fait pas ; j’ignore pourquoi mais je suis bien obligé de le constater…

  13. 13 Guilhem 28 décembre 2010 à 12:01

    Amrith -> je ne pensais pas que cette remarque sur les « Super Robots » gênerait autant, alors je vais essayer de préciser ma pensée le plus clairement possible :

    – j’aime _beaucoup_ les séries de « Super Robots », quelle que soit leur époque et leur réalisateur.

    – mais je suis bien obligé de constater que – dans les grandes lignes – elles sont toutes identiques, ou du moins _superposables_

    Je veux dire par là qu’elles s’articulent toutes autour du même schéma : un être humain normal voit ses capacités améliorées par une extension machinique qui en fait une sorte de super-héros et dont celui-ci se servira pour lutter contre les forces du mal ; le parallèle avec Iron Man est évident – à la limite, Go Nagai n’a rien inventé : il a juste transposé.

    Le manichéisme ou le non-manichéisme du récit ne m’intéresse pas à ce stade, et que le mecha soit piloté par une fille pour la première fois dans l’histoire de la japanime ne m’intéresse pas non plus : ce n’est pas un élément fondateur mais un simple détail qui noie le poisson…

    En fait, aucune de ces séries n’a jamais proposé de changements des paradigmes sociaux en fonction des innovations technologiques que représentent les mechas mis en scène dans ces productions. En d’autres termes, ces inventions fabuleuses n’ont jamais provoqué d’évolutions des sociétés fictives qu’elles présentent alors que ces inventions sont des avancées technologiques gigantesques. Ce n’est pas logique, ou plutôt ce n’est pas « réaliste » : toutes les inventions technologiques révolutionnaires ont toujours provoqué d’importantes mutations sociales, que ce soit la taille des silex, la maîtrise du feu, la forge des métaux, l’agriculture, l’écriture, l’imprimerie, la Révolution Industrielle, l’informatique ou internet.

    Au contraire des séries de « Super Robots », Gundam, à partir d’une innovation technologique, la colonisation de l’espace, présente un schéma de société radicalement différent de celui qu’on connait, mais qui devient source d’un nouveau conflit : le changement de paradigme social a provoqué l’émergence de nouvelles formes de tensions sociales qui portaient en elles les germes de la Guerre d’Un An à travers le mépris des élites de la Terre envers les habitants de l’espace. Guerre qui, justement, se mène à partir d’évolutions technologiques des robots de chantiers spatiaux développés pour construire ces colonies qui ont bouleversé la société et provoqué le conflit, au moins indirectement…

    C’est dans ce sens-là que Gundam est « réaliste » : parce que l’univers fondamentalement différent du nôtre qu’il présente est issu d’une réflexion cohérente et logique basée sur des innovations technoscientifiques. C’est en suivant cette même réflexion que Tomino élabore un récit non manichéen, car le manichéisme est une vision simplifiée des choses qui n’a aucune place dans la _réalité_ : celle-ci est toujours beaucoup plus complexe qu’une vision binaire en N&B – à la limite, il ne s’agissait même pas pour Tomino de faire du non-manichéisme, celui-ci est juste une conséquence logique de son désir d’un récit « réaliste »

    Je souligne l’influence de Yamato sur Gundam dans la suite de mon dossier, notamment en précisant que Tomino a travaillé sur cette série.

    Pour finir, cet article n’est qu’une introduction à un dossier sur le roman de Mobile Suit Gundam par Tomino, et non un dossier sur les « Super Robots » : il va donc de soi que je n’ai pas pu examiner toutes les facettes de ce sujet – d’autant plus que ce n’était pas le but…

  14. 14 Tetho 28 décembre 2010 à 13:49

    La plupart des Super Robots n’ont pas d’influence sur les sociétés dans lesquels leur histoires se déroulent, car elles sont censés se dérouler dans le Japon d’alors et les robots ont étés développés et construits en marge de la communauté scientifique par des savants souvent mis aux banc de cette société. Quelle que soient les prouesses scientifique du Super Alliage Z, des Rayons Getter et autres, ils ne peuvent avoir modifié en profondeur le monde dans lequel ils ont été créés, parce que bien souvent ce monde a ignoré leur prouesses. Ces séries ne visait pas vraiment le réaliste, juste un paradigme à peu près cohérent pour construire dessus. Et c’est ce qui a ouvert la voie aux évolutions qui ont suivies.
    Quand aux pilotes ils n’étaient pas tout le temps « normaux », dans Raideen Akira ne peut piloter Raideen qu’à cause de la part Mu de son sang, dans Daitarn 3 et Jeeg le pilote est un cyborg, dans Grendizer Duke Freed vole le Grendizer que seul lui, extraterrestre, peut piloter, et je vais arrêter là…

    Sinon un astéroïde a été nommé d’après le nom de celui du Petit Prince, une araignée a été nommée en hommage à Kid Paddle.
    On parle bien d’hommage reçut et non reçut, que tu le veuilles ou non. Bien sûr qu’on a pas donné le nom de Superman à un programme militaire, probablement parce que ça serait aller à l’encontre de tout ce qu’est le personnage.

    Et il y a des magazines officiels sur Star Wars/les univers de Lucasfilms. Si en France Lucasfilm Magazine est mort, Star Wars Insider existe encore aux USA.

  15. 15 Guilhem 28 décembre 2010 à 14:26

    C’est précisément parce que les séries de « Super Robots » se déroulent dans le Japon actuel qu’aucune de ces productions n’a pu proposer de nouveaux paradigmes sociaux basés sur des innovations technoscientifiques : voilà pourquoi Gundam se déroule dans un avenir possible ; les créateurs de séries de « Super Robots » auraient pu faire la même chose mais n’ont pas eu cette audace, Tomino si, et il en a résulté une évolution sans aucune commune mesure du genre – qui se base évidemment sur des réalisations précédentes, autrement on parlerait d’invention et non d’évolution. Et les « prouesses » des génies des histoires de « Super Robots » – telles que Super Alliage Z ou Rayon Getter – ne sont que des mythes : plus une innovation technologique est radicale et plus elle exige la coopération d’un grand nombre d’experts, un homme seul ne peut réaliser un tel exploit isolé et sans aide – ce n’est jamais qu’une autre _réalité_ de la technologie. Les « variations » sur le même thème, telles que l’artefact mystérieux découverts dans les ruines d’une ancienne civilisation ou l’engin extraterrestre tombé sur Terre par hasard, ne sont au final que des idées voisines qui ne rajoutent rien au récit puisque celui-ci finit toujours par s’articuler autour des mêmes codes narratifs – on peut très bien remplacer ce détail par n’importe quelle autre variation sans avoir à modifier la trame générale du récit : ce sont donc bien des idées _superposables_.

    Quant aux exemples de pilotes que tu cites, ils constituent des exceptions dont on ne peut tirer une généralité. Et quoi qu’il en soit, ils sont impuissants contre les ennemis de l’histoire sans leur robot : c’est donc bien ce dernier qui en fait des surhommes et non la composition de leur sang, leur patrimoine génétique, leur origine extraterrestre ou je ne sais quel autre détail pourra te venir à l’esprit et qui ne constitue au final qu’un détail, encore une fois, sans aucune influence réelle sur l’ensemble du récit – à nouveau, on peut très bien remplacer ce détail par un autre (en prenant au hasard n’importe lequel de ceux que tu as cité) sans altérer le schéma de l’histoire, qui reste ainsi _superposable_ (mais non _identique_) à n’importe quel autre récit de « Super Robot ».

    Quant au Petit Prince, il n’a pas de statue à son nom, ni de magazine, ni de projet d’armement, ni de timbres, ni d’exposition, etc. Même chose pour Kid Paddle. Et pour Superman. Gundam, lui, a tout ça, et c’est bien ce qui le place à part.

    Autant pour moi en ce qui concerne le magazine Star Wars – encore que Newtype, lui, ne parle pas que de Gundam mais bon, on va dire que c’est un détail – mais j’attends toujours de voir la statue Star Wars, les timbres Star Wars, et le projet d’armement nommé Star wars par les concepteurs du projet et non par des journalistes qui ne font pas, ou très mal, la part des choses…

    J’ai l’impression que c’est mon affirmation sur l’unicité de Gundam qui te pose un problème en fait, alors je vais clarifier les choses : unicité ne signifie pas qualité, ni même supériorité ; c’est juste un état qui rend l’objet ou le concept impossible à comparer à un autre, mais ça ne représente en aucun cas un jugement de _valeur_

  16. 16 Amrith 28 décembre 2010 à 16:05

    « Un être humain normal voit ses capacités améliorées par une extension machinique qui en fait une sorte de super-héros et dont celui-ci se servira pour lutter contre les forces du mal. »

    Amuro non plus ne fait pas grand-chose sans son robot.
    Hormis se prendre des claques.

    En revanche Banjo de Daitarn 3 se débrouille très bien même sans son géant, c’est une fine gachette et un homme d’action qui tel James Bond se sort de tous les traquenards.

    Tu dis que le manichéisme ne t’intéresse pas mais ta définition du super-robot contient explicitement la lutte « contre les forces du Mal ». Or non, tous les super-robots d’antan ne sont pas manichéens, à l’instar de Brave Leader Daimos, dont la guerre repose sur une conspiration interne au clan des méchants : l’assassinat du leader de Baam par l’un de ses lieutenants, évènement qui une fois découvert va retourner son fils contre le régime… et aboutir à une tentative de colony-drop. Et ça n’est pas la dernière chose empruntée par Gundam, puisque l’on y trouve aussi une romance impossible entre deux personnes issues de camps opposés, la jeune fille en question étant par ailleurs le « lien » des deux ennemis.

    Il ne faudrait pas enjamber que le non-manichéisme de 0079 se trouve davantage dans les déclarations d’intentions du réalisateur que dans la série elle-même. Zeon n’est pas du tout traité équitablement et reste catégorisé comme le groupe des méchants génocidaires adeptes du terrorisme de masse et dont certains rituels rappellent les messes du nazisme. Ce n’est pas le « mépris » de la Fédération, très vaguement esquissé dans 0079, qui vient compenser ou justifier les actions de Zeon aux débuts de Gundam.

    Enfin, on trouve dans Danguard Ace les Doppler Corps et leurs fables zéonites de peuple élu, les mêmes divisions, les mêmes uniformes, des héros masqués qui cachent leur identité, et bien sûr le motif sous-jacent de la colonie spatiale… autant de choses dans lesquelles Tomino ne s’est pas gêné pour piocher, et qui combinées aux enseignements de Space Battleship Yamato, ont pu donner Gundam.

  17. 17 Guilhem 28 décembre 2010 à 16:39

    Amuro se prend des claques sans son Gundam car, justement, il n’est qu’un être humain normal – c’est-à-dire qui entre dans le registre du « réel », avec des limites « réelles » : il est donc « réaliste » ce qui convient très bien aux intentions de Tomino. Quant à ta comparaison avec James Bond, elle ne fait que souligner le ridicule de Daitarn 3 – qui a beau être une réal’ de Tomino a néanmoins des défauts, évidemment…

    J’ai utilisé l’expression « contre les forces du Mal » pour simplifier les choses, histoire de ne pas pinailler pendant deux heures sur des détails insignifiants comme cette conversation est en train de le faire depuis hier. Mais, dans les grandes lignes, les histoires de « Super Robots » présentent toujours l’ennemi comme « mauvais » – oui, je sais qu’il y a des exception, il y a TOUJOURS des exceptions, mais si on ne fait pas de généralités on ne parle jamais de rien, précisément parce qu’il y a toujours des exceptions, et on se noie en permanence dans des détails inintéressants comme cette discussion est en train de se perdre dans des pinaillages sans fin… D’ailleurs, le synopsis que tu me présentes de Daimos me rappelle ces contes pour gamins qui seuls peuvent croire qu’un type isolé est capable de renverser un empire : effectivement, ce n’est pas tout à fait manichéen (encore que, ça se discute…), mais par contre que c’est con.

    Au risque de me répéter, parce que c’est quand même la troisième fois que je l’écris ici, j’ai pris en compte l’influence des productions de Nagahama dans le CV de Tomino, mais c’est un élément qui ne sera évoqué que dans un chapitre suivant de mon dossier dont cet article n’est que le premier, comme c’est indiqué dans le titre. Je crois cependant que tu gagnerais à ne pas t’arrêter à des détails somme toute bien peu importants tels que les « colony drops » : ce n’est pas la première fois qu’un réalisateur emprunte une idée à un autre et ça ne change rien aux intentions de fond de chacun de ces créateurs – le « colony drop » n’est qu’un moyen pour illustrer une idée, ce n’est pas une innovation en soi : pour cette raison, ce moyen ne présente que peu d’intérêt en fin de compte, c’est juste un élément qui permet de faire avancer le récit dans une certaine direction, n’importe quelle arme de destruction massive aurait pu jouer le même rôle dans la narration ; il faut savoir considérer les choses avec un certain niveau d’abstraction, ou de recul si tu préfères, pour ne pas se laisser berner par les apparences : c’est comme ça qu’on ne s’empêtre pas dans des détails sans intérêt et qu’on conserve la conversation sur des rails bien droits.

    Et pour ce qui est des déclarations d’intention du réalisateur, justement, le roman dont il est question ici – parce que ce dossier est consacré au ROMAN de Mobile Suit Gundam, et non la SÉRIE TV – justement, ce roman reprend toutes ses idées et même bien plus. Et vu que le roman est une adaptation de la série TV, ces éléments se trouvaient aussi dans la série de départ, ils se trouvaient simplement voilés par les apparences (on y revient…) qui ne pouvaient pas tout montrer ni tout expliquer, sans oublier le rôle des sponsors dans la simplification des choses – puisque tu n’ignores probablement pas que le concept original de Tomino était au départ bien plus complexe et fouillé que ce qui a résulté…

    Au risque de te surprendre, je sais bien, et depuis longtemps, que personne n’a jamais rien inventé en matière de fiction et que toutes les histoires découlent de modifications plus ou moins importantes d’autres récits précédents. Un exemple ? Quand tu écris « une romance impossible entre deux personnes issues de camps opposés » : en littérature classique, ça s’appelle « Roméo et Juliette » et il y a quatre siècles que ce n’est plus nouveau ;]

    Mais justement, je ne parle pas ici de l’histoire de Gundam et de ses innombrables détails, mais des IDÉES que cette histoire présente – idées qui n’ont rien à voir avec celles de n’importe quelle autre production du genre « Super Robots », rien que par la manière dont Gundam décrit un nouveau paradigme social qui se base sur des innovations technologiques.

  18. 18 Amrith 28 décembre 2010 à 18:42

    Les exceptions ne font pas des généralités, c’est un truisme, mais en revanche elles existent pour t’empêcher d’écrire « Untel est le premier à avoir fait cela » lorsque c’est inexact.

    Il y a une grande part de vrai dans ton article. Tu l’as dit, l’une des véritables innovations de Gundam, c’est l’inscription de ses machines dans un monde ouvert qui a évolué avec elles, par opposition à l’existence à la marge des super-robots – c’est plus clair que « nouveau paradigme social », d’autant que « social » n’est pas le terme le plus approprié. Mais là où tu parles d’idées neuves, certains verront plutôt une série d’éléments piochés ailleurs et présentés autrement par le biais d’un traitement original. Parce qu’entre Nagai et Tomino, on repère clairement le chaînon manquant Nagahama et l’ombre persistante de Matsumoto.

    Enfin, les ergotages tu les as plus ou moins provoqués toi-même à partir du moment où tu as écrit que tous les anime de super-robot étaient identiques sur le plan des idées pures – ce dont tu n’avais pas besoin pour souligner l’importance de Gundam. Tu savais que c’était une simplification et que les historicistes viendraient livrer les contre-exemples nécessaires.

    Le dernier mot sur l’évolution revient à :

    « J’ai produit la copie d’une copie ».
    Hideaki Anno à propos de NGE

  19. 19 Guilhem 28 décembre 2010 à 19:40

    Historicistes ou pinailleurs ?

    Tomino est le premier à avoir fait une série de « Real Mecha » et Gundam reste quelque chose d’unique : ce sont des faits et je n’ai rien affirmé d’autre.

    Et il n’est nul besoin de citer les auteurs dont tu parles pour démontrer que Tomino n’a pas produit d’idées neuves dans Gundam : il suffit d’évoquer le Starship Troopers de Robert A. Heinlein ou bien l’essai The High Frontier: Human Colonies in Space de Gerard K. O’Neill, tous deux chroniqués ici-même et rédigés bien longtemps avant Gundam ou n’importe quelle production de Nagahama – ça aussi est un fait. J’ai dit que Gundam apportait du neuf par rapport aux « Super Robots » et rien de plus.

    J’ai écrit que tous les animes de « Super Robots » se ressemblent car c’est un autre fait, et si tu affirmes qu’il n’était pas nécessaire de le dire c’est que tu reconnais la vérité de mon affirmation : dès lors, tes interventions se résument à des pinaillages où tu n’as fait que citer des exceptions qui n’ont rien apporté au débat. Une évolution ponctuelle n’est pas une nouvelle proposition : Nagahama n’a rien fait de nouveau, Tomino, si, et des centaines de créateurs ont suivi ses pas au contraire de celui dont il s’est PEUT-ÊTRE inspiré – après tout, rien ne prouve que ce n’est pas Tomino qui a refilé ces idées à Nagahama quand il bossait sur Combattler V et Voltes V tant que j’y suis : je te rappelle qu’il a été réalisateur sur le premier et producteur sur le second, et storyboarder sur les deux ; ça laisse de la marge, sous forme de ce qu’on appelle « pouvoir d’influence »…

    Et « nouveau paradigme SOCIAL » est une expression bien assez pertinente et compréhensible pour que je l’utilise sans que tu ais à me dire quels termes je dois écrire dans mes propres articles. Je ne t’empêche pas de voir ce que tu veux, où tu veux et quand tu veux ; en contrepartie, ne m’empêche pas de voir ce que je veux, où je veux et quand je veux : c’est mon article, pas le tien.

    Quant au dernier mot sur l’évolution, il n’a aucun sens en-dehors de son contexte : tu trouveras l’original dans le livre X du discours de Platon, La République…

  20. 20 Amrith 29 décembre 2010 à 01:27

    > « Après tout, rien ne prouve que ce n’est pas Tomino qui a refilé ces idées à Nagahama quand il bossait sur Combattler V et Voltes V… »

    Pour ton futur article à propos de Tomino, poster la photo d’une brosse à reluire serait un procédé plus direct que cet absurde salmigondis. Mais tu pourras toujours proposer comme concept d’émission à M6 « Au Secours Mon Storyboarder Fait La Loi ».

    > « Si tu affirmes qu’il n’était pas nécessaire de le dire c’est que tu reconnais la vérité de mon affirmation. »

    C’est pas tout d’évoquer Platon, il faut parfois laisser la bouteille de lemoncello dans l’armoire avant d’écrire. Et plutôt que de lancer « C’est mon billet pas le tien », désactiver les commentaires si ceux-là nuisent à ton sentiment de satisfaction.

    Tu as pratiqué un deux poids deux mesures permanent. Focalisé sur ton cahier des charges tu t’emmêles un peu plus à chaque post dans des acrobaties langagières intenables. Tu reproches à tes interlocuteurs de recourir à des « exceptions » tout en mettant parallèlement en valeur « l’unicité » de Gundam, tu regrettes un temps que les pilotes de super-robots soient pour la plupart des humains normaux et sans pouvoir une fois privés de leur machine, avant de trouver ça génial lorsque c’est Amuro qui est concerné… Le tout à partir d’un billet originel qui n’était pas mal du tout, mais que tu as absolument tenu à flinguer par la suite. Merci au moins de nous avoir prodigué cette leçon la.

  21. 21 Guilhem 29 décembre 2010 à 10:48

    > « Pour ton futur article à propos de Tomino, poster la photo d’une brosse à reluire serait un procédé plus direct que cet absurde salmigondis. Mais tu pourras toujours proposer comme concept d’émission à M6 « Au Secours Mon Storyboarder Fait La Loi ». »

    Ce qui vaudra bien « Au Secours Nagahama Fait La Loi »…

    > « C’est pas tout d’évoquer Platon, il faut parfois laisser la bouteille de lemoncello dans l’armoire avant d’écrire. Et plutôt que de lancer « C’est mon billet pas le tien », désactiver les commentaires si ceux-là nuisent à ton sentiment de satisfaction. »

    Venant de quelqu’un qui s’autoproclame historiciste, c’est plutôt marrant, encore que « marrant » n’est pas forcément le terme qui convient : tes affirmations sur l’aspect révolutionnaire des productions de Nagahama m’évoquent beaucoup moins la révélation d’une vérité quelconque qu’une interprétation très personnelle, au mieux, si ce n’est une franche divagation, au pire. Tes opinions et tes interprétations valent bien les miennes : c’est tout.

    > « Tu reproches à tes interlocuteurs de recourir à des « exceptions » tout en mettant parallèlement en valeur « l’unicité » de Gundam, tu regrettes un temps que les pilotes de super-robots soient pour la plupart des humains normaux et sans pouvoir une fois privés de leur machine, avant de trouver ça génial lorsque c’est Amuro qui est concerné… »

    Je n’ai jamais regretté que les pilotes de « Super Robots » soient des humains normaux, j’ai seulement constaté que toutes les productions du genre « Super Robots » s’articulent autour de ce point de départ avant de proposer un développement en tous points superposable à n’importe quelle autre production du genre – et ce dernier point, je le regrette, oui.

    Amuro est lui aussi un être humain normal, mais il agit dans un univers en constante évolution car les technologies y ont une influence sur les développements sociaux – comme c’est le cas dans la réalité – : voilà où est la différence entre Gundam et les « Super Robots » et je n’ai jamais rien affirmé d’autre, sauf que le comportement d’Amuro hors de son Gundam est bien plus crédible que ceux que tu as donné en exemple.

    Quant à l’unicité de Gundam, elle ne vaut que pour le phénomène de reconnaissance critique et publique que suscite cette franchise, et là non plus je n’ai rien affirmé d’autre. Toi, par contre, tu as tenté de me faire prendre des vessies pour des lanternes en affirmant qu’une poignée de productions « Super Robots » sur les dizaines et les dizaines que compte ce genre avait valeur de généralité pour l’ensemble des réalisations que rassemble le genre alors que c’est tout simplement faux – pour des raisons évidentes.

    > « Tu as pratiqué un deux poids deux mesures permanent. Focalisé sur ton cahier des charges tu t’emmêles un peu plus à chaque post dans des acrobaties langagières intenables. »

    Si tu comprends pas le français, qu’est-ce que tu veux que je te dise ?

    > « Le tout à partir d’un billet originel qui n’était pas mal du tout, mais que tu as absolument tenu à flinguer par la suite. »

    Je crois que tu confonds avec les interventions intempestives d’un zoziau qui est venu évoquer des points de détails du genre « Super Robots » alors qu’il est ici question de « Real Mecha » : il y en a qui peuvent pas s’empêcher de ramener leur science pour satisfaire un besoin maladif de briller à tous prix.

    > « Merci au moins de nous avoir prodigué cette leçon la. »

    De rien, mon grand, c’est gratuit : souviens-t-en pour la prochaine fois. =P

  22. 22 Amrith 29 décembre 2010 à 14:11

    Historiciste n’est pas historien, c’est juste quelqu’un qui porte une attention particulière à la chronologie des choses. Ca n’est pas un titre, mais un comportement que chacun peut avoir.

    Maintenant, je crois que le message que tu tenais à faire passer – « Je n’ai pas vu les séries de Nagahama mais je vais vous expliquer en quoi elles sont superposables à celles de Nagai parce que sinon ma thèse implose » et « J’écris des trucs mais quand les gens le relèvent je leur dis qu’ils sont hors-sujet » – a parfaitement transité. L’heuristique platonicienne est sauve. Malgré ça, il y a fort à parier que Newtype ne te remette aucune médaille, quand bien même aurais-tu contribué à propager leur version officielle avec le zèle de ceux qui rejettent les nuances comme étant des « exceptions ».

  23. 23 Guilhem 29 décembre 2010 à 14:47

    Raté : « historiciste » est relatif à « historicisme » qui signifie « Doctrine selon laquelle la connaissance historique permet d’expliquer la totalité ou certains aspects du devenir humain. »

    http://www.cnrtl.fr/lexicographie/historiciste

    Comme quoi, ta connaissance du français laisse sérieusement à désirer – ce qui en dit long sur le reste…

    Quant au hors-sujet, tu l’étais dès le départ en venant chipoter sur des détails du genre « Super Robots » dans les commentaires d’un article consacré au genre « Real Mecha » : il va de soi que je ne pouvais pas aborder Gundam sans le replacer dans son contexte de l’époque où les « Super Robots » étaient l’itération dominante du genre ; par conséquent, mon introduction se devait d’aborder ce qui différencie Gundam du reste des productions de l’époque, mais sans pour autant en faire un article de fond sur les « Super Robots » puisque, justement, je parle ici de « Real Mecha ». D’où ma généralisation qui sert à éviter de perdre le lecteur dans des détails insignifiants, ce que tu es le seul à ne pas avoir compris puisque tu t’enlises dans ces détails dont personne n’a rien à foutre – et pour cause : on parle de Gundam et de Tomino ici, non de Nagahama…

  24. 24 Amrith 29 décembre 2010 à 20:07

    « Historicisme », auquel j’ai associé de l’auto-dérision, possède douze définitions différentes en fonction des domaines – Histoire, Economie, Art, Société, Philosophie – donc épargne-toi la tâche ingrate de chercher celles qui correspondent le moins avec pour seule récompense l’opportunité de faire un bon mot.

    De même, tu devrais te figurer que « Je traite du Real Mecha donc arrêtez les digressions » ne tient plus trop la route à compter du moment où tu nous expliques dans un premier temps que Nagahama n’a rien inventé de neuf puis dans un second temps qu’il a ‘peut-être’ piqué ses idées à Tomino – point de non-retour au cours duquel tu as sabordé ta barque pour des motifs inconnus. On a compris et recompris que tu n’avais pas vu les séries dont on a parlé sur ce fil, et qu’en les commentant malgré tout tu nous a simplement fait la danse du ventre pendant dix posts. C’est de bonne guerre d’avoir essayé. Et comme on a fait le tour, alors je m’en vais.

  25. 25 Guilhem 29 décembre 2010 à 20:22

    > « « Historicisme », auquel j’ai associé de l’auto-dérision, possède douze définitions différentes en fonction des domaines – Histoire, Economie, Art, Société, Philosophie – donc épargne-toi la tâche ingrate de chercher celles qui correspondent le moins avec pour seule récompense l’opportunité de faire un bon mot. »

    Il n’y en a qu’une seule dans mon dictionnaire (Le Petit Robert, édition 2007), de même que sur la page dont j’ai donné le lien dans mon message précédent, comme chacun peut s’en assurer : tu es peut-être le seul à en voir une douzaine tout comme tu vois de la révolution chez Nagahama alors qu’il n’y en a pas autant que chez Tomino – les dizaines de créateurs qui l’ont suivis, lui et non Nagahana, sont là pour en témoigner… Et tu aurais pu m’épargner la tirade du gars qui prétexte une tentative d’humour pour justifier la connerie qu’il a écrite.

    > »De même, tu devrais te figurer que « Je traite du Real Mecha donc arrêtez les digressions » ne tient plus trop la route à compter du moment où tu nous expliques dans un premier temps que Nagahama n’a rien inventé de neuf puis dans un second temps qu’il a ‘peut-être’ piqué ses idées à Tomino – point de non-retour au cours duquel tu as sabordé ta barque pour des motifs inconnus. »

    Par simple politesse voyons. Le point de mon article sur les « Super Robots » comme étant des copies conformes les uns des autres a semblé déranger au moins deux personnes et j’ai pensé qu’il méritait un éclaircissement, pour éviter que les choses s’enveniment sur le long terme comme c’est trop souvent le cas sur internet. Hélas, un de ces deux n’a pas pu s’empêcher d’insister assez lourdement sur ce point… et tu connais le reste. Mais je ne retire rien de ce que j’ai pu écrire ici.

    > »On a compris et recompris que tu n’avais pas vu les séries dont on a parlé sur ce fil, et qu’en les commentant malgré tout tu nous a simplement fait la danse du ventre pendant dix posts. C’est de bonne guerre d’avoir essayé. »

    C’est marrant, je me disais la même chose à ton sujet…

    > »Et comme on a fait le tour, alors je m’en vais. »

    Bon vent.

    • 26 Corti 30 décembre 2010 à 14:38

      Tiens, je crois que tu viens de faire gentiment connaissance avec Amrith 😀

      Acharné le bonhomme, n’est-ce-pas ? J’aime beaucoup comment il fait disgresser la discussion du sujet de base à « Haha, ta logique est mauvaise, regarde, ça se voit, TU AS TORD, maintenant je vais pouvoir m’en aller en me drapant dans ma cape qui vole au vent ! »

      ‘fin bon, c’est juste que j’ai un peu l’impression de retrouver le même type d’échange que j’ai eu avec lui il y a quelques temps, et que le final me donne l’impression d’être le même.

      Si un jour, tu te sens d’humeur à le réinvoquer, c’est pas dur, dis un peu de mal de Tezuka, il reviendra au galop. =D

      Et comme j’aime bien être taquin, une navette spatiale, ça peut faire office de statue non ? 😀

      Moi, penser à Star Trek ? Pas. Du. Tout.
      Et comment ça, je devine déjà ta réponse vu que j’ai compris ce que tu sous-entendais pour Gundam ??? 😀

  26. 27 Guilhem 30 décembre 2010 à 15:05

    Tu as bien fait de parler de Star Trek, j’en suis très fan : c’est une franchise qui propose un univers de SF tangible et fouillé comme on en trouve bien trop peu dans les productions audiovisuelles ; je crois vraiment qu’elle a beaucoup contribué à sensibiliser l’opinion publique sur les avancées technoscientifiques dont bénéficient nos sociétés modernes, et ainsi à mieux faire accepter l’idée de progrès.

    Justement, je rejoues à Elite Force II, là, en vue de ma chronique prochaine de ce titre : ça pulse, les tirs de phaser valsent dans tous les coins ^^

    > « ‘fin bon, c’est juste que j’ai un peu l’impression de retrouver le même type d’échange que j’ai eu avec lui il y a quelques temps, et que le final me donne l’impression d’être le même. »

    C’est le principal problème de ce genre de types : ils ne parviennent jamais à se renouveler, et ce trait de caractère finit par déteindre sur les conversations auxquelles ils participent…

    Justement, en arrivant dans la blogosphère, je me suis demandé qui serait le troll de service : autant je suis tombé sur un doux illuminé cet été, autant le bon gros lourdingue restait à se révéler =P

    Merci de ton message ;]


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