Front Mission 1st

Jaquette du jeu vidéo Front Mission 1stL’île d’Huffman, issue d’une activité volcanique inhabituelle au large de la côte ouest du Mexique en 1995, est l’objet de convoitises qui exacerbent les tensions politiques dans le Pacifique. L’USN, issu de l’unification des pays d’Amérique du Nord et du Sud, s’oppose à l’OCU, alliance des nations d’Asie et d’Australie, et les deux superpuissances finissent par s’affronter en 2070.

Cette « Guerre d’Huffman » se termine sur un bilan mitigé : l’île se voit divisée en deux territoires où les anciens ennemis doivent cohabiter. Cette paix précaire se maintient jusqu’à la Crise d’Huffman en 2086 qui voient de nombreux affrontements causer un chaos croissant sur l’île ; en juin 2090, l’Incident Larcus devient le prétexte d’un nouveau conflit ouvert…

Royd Clive, capitaine de l’OCU accusé à tort d’avoir déclenché l’incident, est limogé. Un an après, le colonel Guri Olson le retrouve dans les arènes de wanzers de Barinden et lui propose de reprendre du service pour retrouver celui qui l’a piégé.

Quand on voit dans quel titre précis la franchise Front Mission prend ses racines, on peut s’étonner qu’elle ait trouvé autant de succès.

Au départ une production développée par Toshiro Tsuchida et sortie sur Super NES en 1995, Front Mission s’inscrivait bien dans la lignée des Tactical RPG caractéristiques du studio Squaresoft même s’il faisait un net focus sur la partie tactique au détriment des aspects purement jeu de rôle. Cette version pour la Nintendo DS s’affirme néanmoins comme bien plus qu’un simple portage puisqu’elle diffère de manière substantielle de la version originale : outre un second scénario disponible, qui permet de jouer du côté de l’USN, elle ajoute aussi des personnages ainsi que des pièces et des armes de mechas d’autres titres de la série en plus de proposer neuf missions secrètes qui étendent davantage le récit.

Et pourtant, en dépit de ces ajouts bien conséquents, Front Mission 1st s’avère au final assez lourd.

Parmi les reproches que je lui fais, il y a ce qui me semble un résidu du Tactical RPG « traditionnel » – c’est-à-dire médiéval-fantastique comme la plupart des productions de Squaresoft de l’époque – et qui consiste à ne pouvoir attaquer que les adversaires situés à proximité immédiate – soit dans une case adjacente à celle de l’unité qui attaque. Si une telle restriction paraît logique dans un titre se réclamant du médiéval-fantastique qui, comme son titre l’indique, situe son intrigue dans un contexte moyenâgeux, donc une époque où peu d’armes permettaient de frapper une cible distante, elle semble bien moins pertinente dans un univers futuriste comme celui de Front Mission où les fusils et mitrailleuses des mechas donnent la possibilité de toucher des ennemis éloignés. Seuls les missiles échappent à cette règle, ce qui en fait donc un choix tout indiqué pour en équiper vos engins, en les faisant ainsi bénéficier d’une supériorité tactique qui rend de la sorte les combats assez inégaux – surtout en début de partie…

Une autre faiblesse réside à mon sens dans les combats d’arènes que propose le titre. Ceux-ci, comme leur nom l’indique, consistent à laisser un de vos personnages combattre un adversaire dans une arène, à la manière d’un gladiateur, contre une somme d’argent qui dépend du positionnement du concurrent dans la liste : plus il se trouve haut et plus il vous rapporte quand vous parvenez à le vaincre ; ce qui s’avère assez simple pour peu que vous pensiez à sauvegarder avant chaque combat. Et comme ces duels impactent autant l’expérience du personnage que son porte-monnaie… Bref, il s’agit non seulement d’argent mais aussi de level-up facile : en d’autres termes, c’est surtout un autre excellent moyen de rendre vos unités non purement invincibles mais presque…

Le dernier reproche que je ferais à ce jeu concerne le nombre bien trop important de personnages qu’il propose : plus de 20 en tout, plus ou moins équitablement répartis entre les deux scénarios, et donc autant de gestion à faire pour chacun concernant leur mecha – ses armes et ses pièces, mais aussi ses divers équipements optionnels. Ce qui devient assez vite un véritable casse-tête. Le meilleur moyen que j’ai trouvé de le résoudre consiste à construire exactement le même mecha pour chacun de mes personnages… Une telle solution présente aussi l’avantage de ne pas perdre de temps à choisir ses unités avant une mission.

Je laisse de côté des faiblesses mineures, ou du moins qui m’ont paru telles, concernant par exemple une interface parfois mal pensée et peu pratique – dans la liste des armes et des pièces de mechas, les objets les plus récents et donc les plus performants se trouvent toujours tout en bas du menu déroulant, ce qui impose de faire défiler une liste toujours plus conséquente au fur et à mesure qu’on progresse dans le jeu et qu’on souhaite équiper ses appareils de composants plus perfectionnés. Mais l’ensemble reste malgré tout bien assez ergonomique et intuitif pour ne jamais se montrer vraiment pesant, tout au plus s’agit-il d’erreurs d’appréciation de la part des développeurs dans la conception d’un titre très différent de tous ceux produits jusque-là par le studio et qu’un véritable gamer saura ne pas laisser lui gâcher son plaisir.

En dépit de ces quelques problèmes bien réels, Front Mission 1st reste malgré tout un titre agréable, avec des scénarios complexes et des personnages attachants, et dont la réalisation en 2D à base de sprites réjouira tous les joueurs « old school » parmi vous mais aussi les aficionados de la série Advance Wars désireux de s’amuser dans un univers à la fois plus sombre et plus réaliste. De plus, il s’agit aussi du tout premier titre d’une franchise devenue mythique dans le genre mecha et qu’aucun mechaphile ne saurait rater, au moins pour son aspect historique.

Front Mission 1st
Square Enix Co., Ltd., 2007
Nintendo DS, env. 40 €

– le site officiel de Front Mission 1st (en)
l’avis d’Antekrist sur Emunova (version SNES de 1995)

9 Responses to “Front Mission 1st”


  1. 1 NicK 20 octobre 2011 à 11:22

    C’est celui-ci que je n’ai jamais réussi à finir… Trop ch**nt à cause des défauts que tu évoques si bien. Les combats se résument aux tirs de missiles et à réussir à bloquer l’adversaire pour que les lanceurs de roquettes puissent continuer à tirer.
    Jamais réussi à gérer correctement mon équipe et cela devient vite du n’importe quoi chez moi.
    NicK.

  2. 2 kusanageek 1 octobre 2013 à 11:29

    Salut dinobleu, je suis en train de jouer à la version SNES après plusieurs abandons à cause des raisons que tu cites, mais cette fois-ci j’ai développé un style de jeu qui a rendu les choses bien plus agréables :

    Je spécialise mes pilotes selon leurs statistiques de bases, ce qui veut dire que j’ai 33% « fight », 33% « short range » et 33% « long range » sur le terrain.

    Ça veut dire le même build pour les pilotes de chaque catégorie, oui, mais en action ça me permet d’utiliser pas mal de tactiques différentes selon les missions. De plus ils acquièrent plus facilement des « skill » qui leur permettent d’exceller dans leur domaine (comme frapper plusieurs fois d’affilée au corps à corps).

    Du coup c’est pas lourd à gérer et en même temps ça me permet d’éviter de passer mon temps à sniper au missile les ennemis (ce qui serait vite chiant vu qu’à court de missile ça se résumerait à tenir ses distances en tirant des coups de lance grenade pendant des heures).

    Pense aussi à changer les couleurs des Wanzers qui ont une peinture trop similaire à un autre, ça rend les choses bien plus agréables à superviser. Pour une fois que la cosmétique a une utilité dans un jeu de mecha…

    Avec tout ça je prends enfin mon pied à suivre une histoire qui est quand même très développée pour un jeu de cette période.

    Je te conseille de tester Gun Hazard, qui transpose le modèle Assault Suits Valken à Front Mission avec un level design certes inférieur. Mais aussi le manga Dog Life & Dog Style qui devient vraiment sympathique là où j’en suis (autour du tome 7).

    • 3 Guilhem 1 octobre 2013 à 14:52

      Salut kusanageek, et merci pour ton commentaire 🙂

      Intéressante ton organisation : il faudra que je l’essaye…

      Gun Hazard est sur ma « to play list » depuis un moment, de même que Valken d’ailleurs, mais je n’ai toujours pas trouvé le temps de m’y coller…

      J’ai été assez déçu par Dog Life & Dog Style qui m’a un peu laissé sur ma faim : je m’attendais à un long récit dans la veine des jeux, et non à une série d’histoires indépendantes en fin de compte plutôt creuses.

      Sinon, la team de Front Mission Series Translation Project a sorti fin août la version finale du patch de traduction en anglais pour Front Mission 2 : là non plus, je n’ai pas encore eu le temps de me pencher dessus mais ça ne saurait tarder ^^ Si ça te dit : http://www.frontmission.info/

      • 4 kusanageek 2 octobre 2013 à 09:27

        Yep, Front Mission 2 est suivant dans ma liste, avec tout le bien qu’on en dit.

        Valken est rapide à jouer, je te conseille la version japonaise traduite car les autres sont censurées de manière assez inexplicable… Et surtout joue la version SNES : la version PS2 est jolie mais a retiré une composante essentielle du gameplay : la possibilité de garder son arme alignée pendant qu’on bouge. Gun Hazard est lui plus long mais l’histoire n’est pas sans rappeler Gundam 00 sur les derniers instants. Dans le même genre il y a Metal Warriors de Lucas Arts, toujours sur SNES.

        Pour Dog Life & Dog Style personnellement j’ai aimé les histoires courtes car elles se déroulent autour du conflit provoqué par Lloyd au tout début de FM1 et dont on voit seulement le conséquences. C’est vrai qu’elles tiennent plus du « slice of life » mais en tant que fan de Patlabor ça ne m’a pas choqué🙂

        Par contre à partir de la fin du tome 5 c’est une seule « grosse » histoire autour d’un vétéran qui va sur Huffman en tant que mercenaire pour chercher son frère, sauf que… et du coup les personnages sont beaucoup plus développés que dans les autres tomes avec des réapparitions du journaliste psychopathe qui semble avoir beaucoup plus d’influence sur les choses qu’avant.

      • 5 Guilhem 2 octobre 2013 à 11:16

        Ah tiens, je ne connaissais pas Metal Warriors : merci pour l’info, je tâcherais de me pencher dessus 🙂

        Oui, Dog Style & Dog Life devient plus intéressant sur la fin, justement à travers ce récit de deux frères dont l’un tente de retrouver l’autre : c’est plus long et les personnages sont mieux cernés, ce qui rend les choses plus attrayantes… Je regrette malgré tout que la toute fin vire un peu à une sorte de fantastique bizarroïde – mais je vais éviter le spoiler. Ceci étant dit, j’ai bien aimé quand même, en grande partie pour les scènes d’action que j’ai trouvé très réussies dans l’ensemble ainsi que pour les différentes données sur l’univers de Front Mission qu’on ne retrouve pas obligatoirement dans les jeux, seulement je ne le recommanderais pas forcément à des lecteurs qui ne sont pas mechaphiles alors que pour des gars comme nous il va de soi que c’est un must have ^^

      • 6 NicK 2 octobre 2013 à 12:42

        Le manga est vraiment excellent. Sauf la fin quand *$%:!. (censuré)

  3. 7 kusanageek 2 octobre 2013 à 12:35

    Oui voilà c’est un peu ça pour l’intérêt du manga. Pour l’anecdote c’est en feuilletant ce manga dans une librairie que je me suis mis plus sérieusement au « real » robot et que de fil en aiguille je suis devenu un gros mechaphile. Comme quoi…🙂


  1. 1 Armored Core 3 (suite) « Le Dino Bleu Rétrolien sur 4 février 2011 à 23:19
  2. 2 Front Mission 3 « Le Dino Bleu Rétrolien sur 1 mars 2012 à 00:12

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