Le Dernier Starfighter

Affiche française du film Starfighter / Le Dernier StarfighterSale vie pour Alex Rogan. Coincé dans un mobile home depuis toujours avec ses parents et son jeune frère Louis, il n’a jamais connu qu’un caravaning. Son seul espoir d’en sortir, faire ses études en ville, s’envole quand on lui refuse sa bourse. Alors il ne lui reste plus que la borne d’arcade du coin, celle du jeu vidéo Starfighter auquel il excelle. Recruté par l’Alliance Stellaire pour défendre la Frontière contre Xur et l’armada Ko-Dan, il ne compte plus les fois où il a sauvé l’univers de la tyrannie. Mais ce n’est qu’un jeu…

Du moins, jusqu’à ce que la réalité rejoigne la fiction.

Certains œuvres deviennent culte pour des raisons qui défient le bon sens, et puis il y a celles comme Le Dernier Starfighter : parce qu’elles combinent certaines qualités avec un certain talent (1), elles parviennent à procurer une expérience qui laisse une empreinte sur laquelle le temps exerce au final assez peu d’emprise, même une génération plus tard. Pour son appartenance au genre de la science-fiction, et celui de sa branche space opera en particulier, on peut citer dans le même registre le film Enemy (1985) de Wolfgang Petersen qui marqua lui aussi son audience, encore que pour des raisons assez différentes de celles de Starfighter. Ces deux productions, en effet, se caractérisent par un parti pris original d’un thème pourtant éculé : la guerre interstellaire.

Si la difficulté de communication entre deux cultures foncièrement différentes reste au cœur d’Enemy, à une époque où l’audience trouvait bien plus normal pour les protagonistes de ce genre de films de régler leurs dilemmes à grands coups de phasers ou de sabres-laser, Starfighter, lui, évoquait plutôt l’intrusion du virtuel dans la réalité – à moins que ce soit l’inverse, d’ailleurs… Cependant, au contraire de Tron (Steven Lisberger ; 1982), qui le précédait de deux ans à peine, le film de Nick Castle exploitait ce prémisse pour évoquer la problématique de l’apprentissage ; un thème certes assez convenu mais qui devait laisser une empreinte profonde dans les jeunes esprits auxquels ce spectacle sur grand écran était destiné.

À ce sujet classique de la quête initiatique s’ajoutait néanmoins, et avec une avance importante par rapport à ce que connaissent de nos jours certains militaires pilotes de drones de combat, l’évocation du fossé abyssal qui sépare la simulation vidéo-ludique d’une situation de combat spatial avec la réalité de la guerre sur le théâtre des opérations – celle qui consiste à tuer ou se faire tuer. Alex Rogan, après tout, n’a jamais demandé à sauver l’univers de Xur et de l’armada Ko-Dan, il se trouve juste que cette réalité-là s’est imposée à lui – comme c’est le cas, le plus souvent d’ailleurs, de toutes les guerres… On aurait néanmoins apprécié que cet aspect soit développé davantage car il reste hélas assez embryonnaire.

Enfin, Starfighter demeure aussi une étape importante de la modélisation 3D au cinéma, et le premier film à présenter des vaisseaux spatiaux réalistes entièrement en images de synthèse – et ceci bien que leur rendu reste encore assez proche du style pictural des jeux vidéo dont il s’inspire. Encore que l’animation des divers objets 3D à l’écran reste en grande partie responsable de ce réalisme : de simples images fixes tirées du film donnent une impression moins heureuse. Au final, Starfighter propose près d’une demi-heure de séquences entièrement virtuelles, ce qui représente un exploit pour l’époque – bien que les producteurs cherchaient moins à transcender les limitations technologiques qu’à réduire les coûts.

Mais que le lecteur ne s’y trompe pas pour autant, car Starfighter n’est pas un « bon » film à proprement parler. En dépit d’un traitement efficace de certains thèmes relativement nouveaux en son temps, tels que le rapport entre réel et virtuel ou l’utilisation intensive de l’imagerie 3D, il reste une production à réserver aux jeunes d’hier.

Ceux d’aujourd’hui, en effet, pourraient s’en lasser assez vite…

(1) à défaut de qualités certaines avec un talent certain, une subtilité qui vaut d’être soulignée…

Adaptations :

Si l’adaptation en jeu vidéo évoquée dans le générique de fin ne vit jamais le jour, les différentes versions développées donnèrent malgré tout lieu à des sorties après diverses modifications plus ou moins importantes, dont leur titre ; ainsi, Star Raiders 2 et Solaris devaient tous deux être The Last Starfighter à un point donné de leur développement.

Le jeu The Last Starfighter sorti sur NES en 1990 était en réalité une conversion d’Uridium développé quelques années plus tôt pour le Commodore 64, mais avec d’importantes modifications des graphismes, de l’écran-titre et des musiques.

À ce jour, l’unique adaptation en jeu vidéo véritablement fidèle au film se trouve être celle de Rogue Synapse, sortie sur PC en 2007. La page officielle, avec téléchargement libre.

Une novélisation par Alan Dean Foster parut la même année que le film et se vit publiée en français l’année suivante.

Une adaptation en comics fut publiée chez Marvel Comics en 1984.

Notes :

Certains effets spéciaux de Starfighter furent réalisés à « la traditionnelle ». C’est le cas en particulier du clone androïde d’Alex quand il est encore en train d’imiter la forme de ce dernier. De même, la voiture spatiale de Centauri eut un modèle réel pour certaines scènes ; ce modèle se retrouva d’ailleurs dans certaines prises de vue du futur de 2015 dans le film Retour vers le Futur 2 (Robert Zemeckis ; 1989).

Les principaux designs de vaisseaux spatiaux sont le fruit du travail de Ron Cobb, qui travailla aussi sur Star Wars (George Lucas ; 1977), Alien (Ridley Scott ; 1978) et Conan le Barbare (John Milius ; 1982) parmi beaucoup d’autres productions à succès.

En dépit de son coût de production réduit de 14 millions de dollars, Starfighter n’obtint qu’un succès modeste et rapporta environ 21 millions de dollars.

Une séquelle fut annoncée en 2008 mais on reste sans nouvelles depuis…

Le Dernier Starfighter (The Last Starfighter), Nick Castle, 1984
Éditeur et date de sortie DVD inconnus (mais bien réels)
101 minutes, env. 15 €

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