Un long dimanche de fiançailles

Jaquette DVD de l'édition simple du film Un long dimanche de fiançailles1919. La Grande Guerre a laissé la France victorieuse mais exsangue. Parmi les innombrables cicatrices, celle de Mathilde dont le fiancé n’est jamais revenu du front où il a disparu dans des circonstances assez obscures. Alors, peu importe ce que disent les papiers officiels, elle décide de mener sa propre enquête : à travers une reconstitution des événements, elle s’enfonce dans l’horreur des tranchées et de leurs condamnés pour mutilation volontaire, mais aussi dans une France qui s’apprête à découvrir les Années Folles.

En dehors du portrait tout à fait poignant de l’horreur sans fin de cette guerre qui n’eut de « grande » que le nom, ce qui frappe le plus dans Un long dimanche de fiançailles c’est l’hommage que rend cette réalisation assez hors norme à la France d’antan. Un thème qui caractérise d’ailleurs plusieurs productions de Jean-Pierre Jeunet, comme le savent ses admirateurs de longue date, et qu’on pouvait déjà apercevoir dans son premier long-métrage, Delicatessen (1991), qu’il coréalisa avec son vieux complice Marc Caro. L’auteur se trouve donc dans le cas d’Un long dimanche de fiançailles en terrain pour le moins connu, voire même privilégié.

Il faut dire aussi que la période historique où se situe ce film présente de la matière. À l’époque le plus long conflit moderne de l’Histoire, cette guerre de 14, en s’achevant, ouvrit l’Europe en général et la France en particulier à cette période des « Années Folles » qui se caractérisent, comme leur nom l’indique plus ou moins, par l’éclosion d’une vigueur nouvelle sur tous les plans – et notamment les sociaux et artistiques. Comme à son habitude, Jeunet concentre ici son récit sur les gens, les gueules, les personnages : c’est donc l’occasion pour le spectateur de plonger tête la première dans une page d’Histoire au charme pour le moins unique en son genre…

Pour cette raison, vous auriez tort de passer à côté. Au-delà d’une histoire d’amour somme toute assez peu convenue et d’une réalisation typique d’un auteur qui n’a pas pour habitude de faire comme les autres, Un long dimanche… s’affirme surtout comme un voyage dans le temps vers une période certes encore hantée par les fantômes d’une guerre particulièrement atroce mais aussi, et surtout, sans pareille aucune.

Récompenses :

César du cinéma : Meilleure actrice dans un second rôle (Marion Cotillard), Meilleur espoir masculin (Gaspard Ulliel), Meilleure photographie (Bruno Delbonnel), Meilleurs costumes (Madeline Fontaine) et Meilleur décor (Aline Bonetto).
Dallas-Fort Worth Film Critics Association : Meilleur film en langue étrangère.
Florida Film Critics Circle : Meilleur film étranger.
Chicago Film Critics Association : Meilleur film en langue étrangère.
Festival International du Making-Of : Grand prix du Jury.

Note :

En raison de sa production très largement fournie par la firme américaine Warner Bros, et bien que son réalisateur et l’écrasante majorité de son casting soient français, Un long dimanche de fiançailles reste considéré comme un film américain par le Conseil d’État. Ainsi, il ne put bénéficier d’une subvention de huit millions d’euros de la part du CNC.

Ce film est une adaptation du roman éponyme de Sébastien Japrisot paru en 1991 chez Denoël et lauréat du Prix Interallié la même année.

Un long dimanche de fiançailles, Jean-Pierre Jeunet, 2004
Warner Bros., 2005
128 minutes, env. 10 €

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3 Responses to “Un long dimanche de fiançailles”


  1. 1 Guillaume44 31 mai 2011 à 12:52

    Impossible de passer à côté, c’est un film que j’ai vu et revu et re-revu en DVD depuis sa sortie dans ledit format 🙂

  2. 2 Efelle 20 juin 2011 à 15:28

    Vu dans son intégralité pour la première fois lors de son dernier passage à la télé.
    Bien que le jeu de bon nombre d’acteurs m’ai bien accroché, je n’ai pas totalement adhéré à l’ensemble… Peut être le caractère trop compliqué des meurtres de Tina Lombardi (Marion Cotillard) a nuit à mon ressenti. Un bon film mais qui accroche moins qu’Amélie Poulain ou La cité des enfants perdus

  3. 3 Guilhem 20 juin 2011 à 15:43

    Perso, j’ai préféré de loin Delicatessen ; la Cité… m’a donné l’impression d’en faire un peu « trop », et au point que j’ai fini par trouver le film un peu poussif – mais à peine : ça reste une réussite de toutes façons.

    En tous cas, ça fait plaisir de voir une nouvelle tête par ici : merci à toi d’avoir pris le temps de commenter, j’espère bien te revoir bientôt :]


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