Zone of the Enders: Dolores, i

Jaquette DVD du premier volume de l'édition américaine de la série TV Zone of the Enders: Dolores,iDix ans après l’incident Deimos qui déclencha la guerre entre la Terre et sa colonie Mars. James Links, un routard de l’espace bientôt quinquagénaire, désespère de voir sa vie de famille s’étioler : depuis le départ inexpliqué de sa femme, ses liens avec ses enfants s’effilochent et il noie son chagrin dans l’alcool… Un jour, un client anonyme lui confie une cargaison pour le moins inhabituelle : une orbital frame de pointe dotée d’une I.A. révolutionnaire nommée Dolorès mais aussi d’un sacré caractère !

Comme si le mystère n’était pas assez épais, l’inspecteur des douanes terriennes se fait assassiner par un de ses propres hommes à bord du vaisseau-cargo de James qui se retrouve ainsi accusé du meurtre… Commence alors une folle course-poursuite dans l’espace au cours de laquelle James tentera tant bien que mal de reconstruire sa famille tout en essayant de déjouer un plan machiavélique pour anéantir le fragile équilibre de la paix dans le Système Solaire.

Le moins qu’on puisse dire est que Zone of the Enders: Dolores, i fait dans l’original : rarement un mecha aura montré autant de personnalité que dans celui-là, et quelle personnalité !

Naïve et gaffeuse même si bien intentionnée, travailleuse et volontaire bien que parfois maladroite, gentille et attentionnée mais un poil coincée, Dolorès présente néanmoins comme principale qualité de détester se battre. Rien d’étonnant de la part d’une fille vous me direz mais lorsqu’on est un mecha de guerre, c’est déjà plus gênant… D’autant plus qu’une seconde personnalité habite son I.A., et celle-ci n’a absolument rien à voir avec la gentillesse de Dolorès, c’est même plutôt le contraire : quand son pilote se retrouve incapacité dans une situation d’urgence, elle devient une machine à tuer impossible à arrêter. Ainsi, le personnage de Dolorès acquiert une dimension tragique plutôt inattendue mais tout à fait bienvenue pour casser le stéréotype de la série de mecha bien shônen

L’originalité s’arrête là toutefois car le reste de la série se montre en fin de compte assez conventionnel, ce qui ne l’empêche pas de présenter de très bonnes idées concernant l’univers du récit. Car celui-ci ne va pas sans rappeler les romans scientifiquement possibles d’un Arthur C. Clarke (1917-2008) ou d’un Robert A. Heinlein (1907-1988) – c’est déjà pas mal… Les designs restent le plus souvent réalistes et crédibles, ce qui rajoute à l’aspect hard science (1) du récit, mais ils manquent parfois d’imagination ou d’originalité en dépit de quelques éléments succulents tels que l’Ascenseur Spatial qui jouera d’ailleurs un rôle crucial dans le dénouement de l’histoire – mais chut… Ajoutez à ça une bonne quantité d’humour souvent détonnant et vous avez là de quoi passer quelques excellents moments.

Sans être vraiment originaux, les personnages présentent des caractères plutôt bien trempés de sorte que les relations entre James et ses enfants ne vont pas sans rebondissements, ce qui permet ainsi de s’attacher à eux assez vite. Les « méchants » ne sont pas en reste à ce niveau-là non plus, surtout le chef de la police terrienne qui devient vite obsédé par l’arrestation de James Links qu’il va même jusqu’à surnommer John Carter – alias Le Guerrier de Mars dans le cycle de Mars d’Edgar Rice Burroughs (1875-1950) : pour dire comme cet anime connaît ses classiques. On a aussi le plaisir de revoir un personnage-clé de l’OVA préquelle, Zone of the Enders: Idolo (Tetsuya Watanabe ; 2001), que l’Incident Deimos n’a pas laissé tout à fait intact, à tous les niveaux… Pour cette raison, je conseille de voir la préquelle avant ZOE: Dolores, i même si les deux histoires restent dans les grandes lignes assez indépendantes.

L’action reste soutenue tout au long de l’histoire, souvent intense et assez bien servie par une animation de bonne qualité pour une série de 26 épisodes. Certains épisodes, toutefois, sont plus une question d’« ambiance » que d’aventure, ce qui permet de reprendre son souffle en explorant un peu plus la Planète Rouge et les mœurs de ses habitants… Un léger reproche sur le plan de l’action : la fin de la série manque un peu de « souffle » à mon avis et ne donne pas vraiment cette sensation de bataille épique qu’on trouve dans les ténors du genre mecha. Mais ce que la fin de ZOE: Dolores, i rate en spectaculaire, elle le gagne en psychologie et en émotion, d’une manière peut-être pas très originale mais en tous cas bien efficace !

Globalement, un anime vraiment sympa et drôle qui sait aussi se montrer spectaculaire tout en jouant avec intelligence sur la corde sensible mais sans trop en faire : quelques bonnes soirées en perspective, donc…

(1) terme désignant les récits de science-fiction aux bases techno-scientifiques très solides.

Note :

Selon la chronologie présentée sur Zone of the Enders: The Unofficial Site, les événements de cet anime se déroulent au même moment que ceux décrits dans le jeu vidéo original Zone of the Enders, pour la Playstation 2, qui lança la franchise éponyme en 2001.

Zone of the Enders: Dolores, i, Tetsuya Watanabe, 2001
ADV Films, 2002
26 épisodes, pas d’édition française à ce jour

– le site officiel de la série (jp)
Zone of the Enders: The Unofficial Site
– d’autres avis : MechArmor, The Circé Zone

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

2 Responses to “Zone of the Enders: Dolores, i”


  1. 1 NicK 19 septembre 2011 à 16:39

    « Zone of the Enders: Dolores, i, Tetsuya Watanabe, 2001
    ADV Films, 2002
    26 épisodes, pas d’édition française à ce jour »

    Et comment on fait pour le voir alors ! :p

  2. 2 Guilhem 20 septembre 2011 à 11:43

    Oh, tu sais ce que c’est : on trouve tout ce qu’on veut sur internet de nos jours… ;]


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