Another Earth

Jaquette DVD de l'édition française du film Another EarthRhoda Williams, 17 ans et passionnée d’astrophysique, rentre d’une soirée la nuit même où on annonce la découverte d’une planète jumelle à la Terre. À force d’observer le ciel tout en conduisant, elle percute la voiture de John Burroughs, compositeur à succès, dont elle tue sur le coup la femme et le fils. Cinq ans après, à sa sortie de prison, Rhoda abandonne son rêve de devenir scientifique et prend un job de femme de ménage. Dans ce nouveau quotidien rongé par le remord, elle finit par croiser la route de John…

C’est un des privilèges de la science-fiction : à ses thèmes spécifiques, ceux qui explorent les modèles de société possibles qu’offrent les techno-sciences, elle peut conjuguer les divers sujets propres aux autres genres, des plus classiques – tel que sentimental ou historique – aux moins reconnus par les instances intellectuelles – comme le roman policier par exemple. Pour faire bref, disons que la science-fiction peut tout à fait se nourrir de l’existant pour mieux nourrir les inexistants qu’elle propose (1), et tout aussi paradoxal que ça puisse paraître.

Dans Another Earth, les différents thèmes appartiennent bien sûr au registre du drame. À travers la déchirure du deuil et les douleurs de la culpabilité, pour citer les objets les plus évidents, Mike Cahill nous conte une tragédie à la force rare où la rédemption pour chacun des deux principaux protagonistes du film prendra lors de la conclusion un aspect pour le moins inattendu – un que seule la science-fiction permet d’envisager…

Pour cette raison, Another Earth se veut exigeant. Dans la lignée du cinéma d’auteur, qu’il ne parvient pas forcément à égaler, ce film hors norme compte bien parmi ces productions à découvrir en comité réduit et dans l’ambiance adéquate. C’est le prix qu’exigent les bijoux sans pareil.

(1) certains commentateurs, peut-être un peu catégoriques, ont vu là une supériorité de la science-fiction sur les autres genres : puisqu’elle peut les englober tout en les dépassant à travers le traitement de sujets qu’elle seule peut aborder, comme celui de l’avenir notamment, alors elle les surpasse. Je laisse néanmoins à ces personnes la responsabilité de leurs observations.

Récompenses :

Prix spécial du jury et Prix Alfred P. Sloan au Festival du film de Sundance en 2011.

Notes :

L’idée de départ du film vient de réflexions communes à Mike Cahill et Brit Marling, quand ils se demandèrent comment se passerait la rencontre de quelqu’un avec lui-même : afin d’explorer cette possibilité à une grande échelle, ils développèrent le concept d’un double de la Terre. La représentation visuelle de ce double a été faite de manière à ressembler à la Lune.

Another Earth, Mike Cahill, 2011
20th Century Fox, 2012
88 minutes, env. 10 €

– le site officiel du film
– d’autres avis : Cinéblog, My Screens, Vol au-dessus du 7e Art, La Presse, Critikat

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2 Responses to “Another Earth”


  1. 1 Corti 20 novembre 2012 à 21:04

    Tiens, j’ai déjà croisé ce film, mais comme je ne savais ce qu’il valait, je ne l’ai pas regardé. Je vais lui laisser une chance du coup.

  2. 2 Guilhem 20 novembre 2012 à 21:09

    J’espère qu’il te plaira 🙂


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