Archive for the 'Arts' Category



Le Projet : teaser 3

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Le Projet : teaser 2

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Grey

Visuel du jeu vidéo GreySi le jeu de plateforme ne brille pas par ses qualités émotionnelles ou sa portée problématique, du moins en général, on y trouve malgré tout des exceptions et parmi celles-ci on peut compter Grey.

Ici, en effet, le récit classique du héros volant au secours de la demoiselle en détresse s’accompagne d’une réalisation hors norme qui convoie autant de sens que de ressenti. Pour cette raison, il vaut mieux y voir  moins une simple expérimentation qu’une œuvre d’art.

Tous ceux d’entre vous qui ont déjà eu une personne particulièrement chère à leur cœur savent de quoi je parle ; pour les autres…

C’est sur Kongregate que ça se passe

Le Projet : teaser 1

Le Dino Bleu (avatar)J’indiquais il y a exactement un an que je me lançais dans un projet personnel et que, pour cette raison, le rythme de parution de ce blog devait ralentir ; je disais aussi que je vous tiendrais au courant de mes avancées, ce que je n’ai pas fais : par conséquent, je me rattrape en vous révélant plus que ce que j’escomptais au départ pour un premier teaser.

Voyez donc les différents tags et catégories qui accompagnent ce billet pour savoir tout ce que vous avez besoin de savoir à propos de l’image qui suit :

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Invention of Love

Hambuster

Le Voleur de briques

Le Testament de Cromwell Stone

Couverture de la BD Le Testament de Cromwell StoneMarlène, la jeune « veuve » de Phil Parthington, part en Écosse pour mener à bien la mission que lui a confié Cromwell Stone. Mais son avion subit l’attaque d’une entité mystérieuse et s’écrase dans les landes. Seule survivante, Marlène s’éveille dans la maison d’un couple âgé qui l’a tirée des décombres. Pourtant, s’ils semblent cacher un lourd secret, rien ne paraît rivaliser avec celui de Marlène que des visions de temps jadis assaillent soudain. Que sait-elle vraiment sur son propre compte au juste ?

C’est un dieu qui parle cette fois en début de volume. Non un de ces « petits dieux » comme celui échoué sur Terre et que Cromwell Stone s’évertua à renvoyer chez lui, parmi les étoiles, mais bel et bien celui unique et universel qui créa ce temps et cet espace au moins. Pour le lecteur, l’indice se montre aussi précieux que les citations sur lesquelles s’ouvraient les tomes précédents de la série : en utilisant un protagoniste aussi absolu, définitif, totalisateur, Andreas nous indique le plus clairement possible qu’il clôt son ouvrage – comment, en effet, et à moins d’utiliser le subterfuge d’univers parallèles ou bien de réalités supérieures à la nôtre et dans lesquelles celle-ci se trouverait contenue, pourrait-il trouver un auteur plus extraordinaire encore, à travers lequel poursuivre son récit ?

Planche intérieure de la BD Le Testament de Cromwell Stone De plus, c’est aussi un excellent moyen de dépasser la fausse problématique de la dualité des genres. Ici, il importe peu que l’histoire appartienne à la science-fiction ou au fantastique, voire même aux deux à la fois, car ce conte ne demande plus d’étiquette puisqu’il se suffit à lui-même. Dans ce sens au moins, le volume se situe dans la continuité du précédent qui, déjà, laissait une part belle à la dimension humaine. Cette histoire se place sous le sceau de la perte, de l’absence, de la culpabilité pour toutes ces questions qu’on n’a pas su poser et dont les réponses multiples nous hantent, surtout les plus froides et les plus tranchantes. À sa manière, Marlène prendra la forme d’une autre réponse, mais la meilleure que pouvaient espérer les deux vieillards qui la recueillirent. Au fond, ce récit reste avant tout le leur…

L’évolution se constate aussi sur le plan artistique où les techniques employées jusqu’ici de l’encre noire et de la carte à gratter s’enrichissent d’une utilisation toute aussi experte du crayon et du fusain. Les aplats et les hachures de noir le disputent ainsi à des cases plus grises et donc plus en nuances qui font un excellent moyen de séparer le présent du passé comme l’éveil du songe – à moins que ce soit le contraire… Et si la composition proprement dite se veut un peu plus conventionnelle, on se plaît à penser que c’est avant tout pour mieux mettre en avant les aspects humains qui servent de clef de voute à cette histoire. Ceux-là, après tout, n’exigent aucun artifice, graphiques ou autres.

Pour cette raison, ce Testament… s’affirme comme le volume le plus abouti de la trilogie. Tant sur le plan narratif que pictural, ce qui s’exprimait jusqu’ici surtout comme une forme de double performance technique – et sans pour autant que ça l’empêche de convoyer des émotions fortes – dépasse à présent le stade de la simple aventure pour adopter les atours tout en subtilités de ce qui constitue un récit véritablement mémorable.

Planche intérieure de la BD Le Testament de Cromwell Stone

Chroniques de la série Cromwell Stone :

1. Cromwell Stone
2. Le Retour de Cromwell Stone
3. Le Testament de Cromwell Stone (le présent billet)

Le Testament de Cromwell Stone, Andreas, 2002-2004
Delcourt, collection Conquistador, septembre 2004
48 pages, env. 14 €, ISBN : 978-2-847-89101-0

Le Retour de Cromwell Stone

Couverture de la BD Le Retour de Cromwell StonePrès de vingt ans ont passé depuis que Stone a appris l’existence sur Terre d’entités immensément supérieures à l’Homme. Alors que le fils du capitaine Parthington, à présent guéri de son mutisme et devenu un richissime businessman, embarque sur un paquebot en partance pour l’Amérique, un autre passager bien loin de ce qu’il a l’air convoite un de ses bagages, prêt à tout pour obtenir ce qu’il contient. Un duel entre des forces cosmiques surhumaines va se livrer, dont l’issue pourrait bien changer la face du monde…

Comme nombre de suites, Le Retour de Cromwell Stone développe certains concepts et idées restés dans l’ombre jusqu’ici. Et sur ce point, l’auteur cité cette fois en début de volume, Harlan Ellison, fait penser que ce nouveau récit s’oriente plus vers la science-fiction que vers ce fantastique où on classe souvent l’œuvre de H. P. Lovecraft (1890-1937) qui transpirait tant du premier tome de la trilogie. Voilà pourquoi certains trouveront peut-être cette séquelle indigne de l’original : les révélations faites, en effaçant le mystère, ne laissent plus au lecteur la possibilité de combler les blancs de la narration par la magie de l’imagination. D’autres, au contraire, trouveront que ces explications valent leur pesant d’or, rien que parce qu’elles ancrent bien mieux l’univers de la trilogie dans le registre du réel, du concret, du plausible – et même si ces termes restent à manier avec précaution dès qu’il s’agit de science-fiction…

Planche intérieure de la BD Le Retour de Cromwell StoneQuoi qu’il en soit, les dix ans qui séparent la parution de cette suite de celle du volume précédent sont l’occasion de mesurer la maturation du talent d’Andreas, tant sur le plan du scénario que sur celui du dessin, et si le premier opus montrait déjà une maîtrise rare de ces sujets toujours ô combien délicats, celui-ci la confirme : c’est à la fois un régal pour les yeux comme pour l’esprit, avec ces compositions toujours plus sophistiquées couplées à un trait aussi incisif que possible, et un sens de la narration où le passé s’imbrique savamment avec le présent afin de fournir au lecteur toutes les informations nécessaires pour reconstituer les événements sans alourdir le récit lui-même. Ce spectacle tout à fait admirable ne laisse donc aucune possibilité de décrocher de la lecture, de sorte qu’on se retrouve très vite à la fin de cette cinquantaine de planches.

Il vaut d’ailleurs de mentionner que le titre du volume se montre assez trompeur car ce récit s’articule bien moins autour du personnage de Cromwell Stone que de celui de Phil Parthington qu’on apercevait à peine dans le premier tome ; cette passation de rôle, faute d’un meilleur terme, se confirmera dans les dernières planches et notamment l’ultime vignette de l’ouvrage. Le parti étonne malgré tout d’autant moins que la conclusion du volume précédent de la trilogie mettait un très net accent sur le personnage du fils Parthington, et cette suite s’avère surtout au final l’occasion de mesurer toute la tragédie de son existence en fin de compte assez artificielle.

Un tel revirement de genre, du fantastique orienté horreur du premier tome à la science-fiction mettant l’accent sur la dimension humaine d’un protagoniste au moins dans le second, se développera dans le troisième et dernier volume de la série jusqu’à atteindre un sommet que tout amateur d’histoires ne voudrait rater pour rien au monde…

Planche intérieure de la BD Le Retour de Cromwell Stone

Chroniques de la série Cromwell Stone :

1. Cromwell Stone
2. Le Retour de Cromwell Stone (le présent billet)
3. Le Testament de Cromwell Stone

Le Retour de Cromwell Stone, Andreas, 1993-1994
Delcourt, collection Conquistador, novembre 1994
48 pages, env. 14 €, ISBN : 978-2-840-55049-5

Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss

Couverture du livre d'art Hardware - The Definitive SF Works of Chris FossL’art de science-fiction aussi novateur que distinct de Chris Foss révolutionna l’illustration de couverture des livres de poche tout au long des années 70 et 80.

Relevant la barre de façon considérable sur l’inventivité et sur le réalisme, ses vaisseaux spatiaux éreintés par les combats, ses paysages extra-terrestres théâtraux et ses architectures brutalistes en ruines changèrent à jamais l’esthétique de la science-fiction à travers un style reconnaissable entre tous.

Présentant des travaux pour des livres d’Isaac Asimov, E. E. « Doc » Smith, Arthur C. Clarke, A. E. Van Vogt et Philip K. Dick, ainsi que des designs pour des films de Ridley Scott et de Stanley Kubrick, cet ouvrage rassemble les travaux les plus classiques comme les plus rares, des jamais vus aux oubliés de l’édition.

La première rétrospective complète de la carrière d’illustrateur de science-fiction de Chris Foss. (1)

Illustration tirée de l'artbook Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss

Illustration tirée de l'artbook Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss

Comment parler de l’art de science-fiction sans évoquer le nom de Chris Foss ? Il figure parmi les plus illustres, de son temps comme du précédent ainsi que du suivant : de Frank R. Paul à Michael Whelan, en passant par Virgil O. Finlay, Chesley Bonestell, Mel Hunter, Frank Kelly Freas, John Schoenherr, Bruce Pennington, Boris Vallejo et Jim Burns pour n’en citer que quelques-uns ; on ne compte plus les artistes qui l’ont imité, au moins à un moment ou un autre de leur carrière, avec en premier lieu Peter Elson et Chris Moore mais aussi Tim White et Peter JonesTony Roberts et David Jackson, Angus McKie et bien sûr le français Manchu, parmi de nombreux autres ; ses travaux dépassèrent vite le cadre de l’illustration de science-fiction dans sa forme littéraire pour s’attaquer à celle du cinéma – à travers des projets de films d’Alejandro Jodorowski, Ridley Scott, Stanley Kubrick ou Richard Donner – comme de la narration graphique – par des illustrations de couverture de magazines, dont au moins une de Métal Hurlant.

Illustration tirée de l'artbook Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss

Illustration tirée de l'artbook Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss

Chris Foss compte le plus simplement du monde comme un géant parmi les géants. Pas seulement par ses architectures dantesques et déchiquetées, ses navires sillonnant le ciel en surgissant des nuages, ses robots titanesques dépeçant des carcasses de métal et de plastique, ses paysages enfiévrés où jamais l’Homme ne mit le pied et qui ne lui sont d’ailleurs pas destinés. Non pour ces thèmes somme toute rebattus jusqu’à la nausée déjà à l’époque où il commença sa carrière, mais pour la manière dont il les illustra. Car, chez Foss, la poésie des arts plastiques se combine à la suprême technicité de l’hyperréalisme en un tout aussi fascinant que paradoxal. Voilà ce qui distingue l’inspiration de Foss de celle de ses prédécesseurs : cette volonté affirmée de rendre crédible ce qui ne l’est pas, de sublimer l’aspect émotionnel du concept et de la composition par une représentation au matérialisme brut.

Illustration tirée de l'artbook Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss

Illustration tirée de l'artbook Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss

De sorte qu’il ne s’agit pas de réalisme technique mais bel et bien de réalisme pictural. À y regarder de près, en effet, les engins de Foss ne fonctionnent pas vraiment ; les articulations qu’il dessine ne peuvent plier, les vaisseaux qu’il peint ne peuvent voler, les structures qu’il conçoit ne peuvent tenir debout. Et pourtant, on croit à leur existence. Leurs textures et leurs matières de métal, de rouille et de plastique comme celles de pierre, d’eau ou de plantes qui les entourent parfois semblent assez vraies pour qu’on puisse les toucher ; leurs détails correspondent à la perfection à ce qu’on s’attend à voir dans de telles scènes, et le moindre brin d’herbe comme le plus petit écrou jouent ici le même rôle que les entrées d’air ou les propulseurs les plus colossaux – donner à l’image l’allure d’une réalité sans faille, aussi écrasante qu’indiscutable, mais pourtant d’autant plus convaincante que fausse.

Illustration tirée de l'artbook Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss

Illustration tirée de l'artbook Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss

Voilà donc comment l’art de Chris Foss devint l’un des plus prisés de la science-fiction : en s’accordant à la perfection à ce qui reste l’essence même de ce genre – l’illusion de réalité conférée à des idées imaginaires. Toute la différence étant que ce réalisme-là découle d’images et non de mots. Pour cette raison, ne commettez surtout pas l’erreur de passer à côté d’un exemplaire de cet ouvrage car vous rateriez ainsi le recueil le plus complet à ce jour de l’artiste qui sût le mieux infléchir l’art de la science-fiction dans cette direction qu’il n’a jamais vraiment quitté depuis. À noter aussi que le volume présente en introduction plusieurs textes signés du graphiste Rian Hughes, du cinéaste Alejandro Jodorowski déjà cité plus haut et de l’artiste Jean « Mœbius » Giraud (1938-2012) ainsi qu’un entretien avec Foss mené par la fille de celui-ci, Imogene : autant de raisons de plus pour ne pas se priver…

Illustration tirée de l'artbook Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss

Illustration tirée de l'artbook Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss

(1) la traduction de ce quatrième de couverture est de votre serviteur.

Note :

Outre l’édition standard chroniquée ici, cet ouvrage est aussi disponible en édition spéciale limitée à 400 exemplaires (ISBN : 978-0-857-68559-9) qui propose différents bonus dont un livret de huit pages de galerie de couvertures et deux reproductions en grand format signées par l’artiste.

Hardware – The Definitive SF Works of Chris Foss, Rian Hughes & Imogene Foss
Titan Books, mai 2011
240 pages, env. 30 €, ISBN : 978-1-848-56698-9

plus d’images sur The Guardian
– le site officiel de Chris Foss
– la chaîne Youtube officielle de Chris Foss
– d’autres avis : Parka Blogs, SFF World, The Trades, We Love Cult, What Culture!
– sur la blogosphère : Very Aware, Geek Native, Media Mikes, Future Conscience


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