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Star Stealing Prince

Visuel de promotion du jeu vidéo Star Stealing PrinceDans le royaume aux neiges éternelles de Sabine, la paix règne grâce à la seule présence du prince qui veille sur son peuple. Pourtant, ses nuits sont souvent agitées du même cauchemar où une silhouette sombre menace d’assassiner la jeune prisonnière d’une tour située non loin.

Bien déterminé à venir en aide à la jeune fille, le prince s’aventure seul dans les neiges sans fin hantées par les esprits des morts. Il ignore encore que l’aventure dans laquelle il se lance lui fera découvrir sur son passé familial, ses origines ainsi que son destin bien des faits qu’il aurait préféré ne jamais savoir… Mais aussi qu’il réveillera sans le vouloir des forces obscures qui menaceront tout le royaume de Sabine : c’est bien là le prix du péché à expier après tout – mais à qui en revient la faute originelle ?

Souvent présenté comme le pendant moderne des légendes médiévales et des récits mythologiques (1), le genre de la fantasy présente néanmoins une différence de taille avec les précédents en ce qui concerne la place donnée à la magie et à l’action en général : peut-être influencée par des productions bien plus contemporaines et plus axées sur les visuels que les aspects littéraires, comme le cinéma et la BD, la fantasy tend souvent à une certaine surenchère en effets spéciaux qui, à l’instar des blockbusters, ne parvient qu’avec difficulté à dissimuler une certaine vacuité de fond. La substance du rêve, du merveilleux – au sens classique du terme – et l’invitation au voyage, extérieur comme intérieur, que suscitent des textes plus anciens en semblent absents.

Screenshot du jeu vidéo Star Stealing PrincePour cette raison, beaucoup voit dans la fantasy une sorte de succédané, un ersatz des légendes d’antan qui, il vaut de le souligner, ne furent pas la plupart du temps écrites par une seule personne isolée mais au contraire le fruit d’une tradition orale qui à chaque nouvelle génération enrichissait le récit de départ avec de nouvelles idées et thèmes, au point d’en faire après un certain temps d’une telle maturation une œuvre bien plus profonde qu’un auteur isolé aurait pu espérer obtenir pendant la seule durée de sa propre vie. Formulé autrement, en empruntant leur substance tant littéraire qu’intellectuelle à des mythes plus anciens et donc fondateurs, ces fables s’assuraient ainsi l’éternité, faute d’un meilleur terme.

Star Stealing Prince s’abreuve aux mêmes sources, les contes et légendes traditionnels, qu’il transforme juste ce qu’il faut pour que leur substance apparaisse moins que ce qu’elle se fait ressentir – signe évident de cette subtilité d’esprit qui différencie les véritables œuvres littéraires des autres. Voilà pourquoi ce récit consiste bien moins au final en une invitation à l’épopée, avec tout ce que ce terme peut supposer de grand spectacle racoleur, que d’une autre balade en féérie, ou du moins une terre tout à fait semblable, ce qui n’a pas de prix, en tous cas pour ceux d’entre nous biberonnés aux épopées arthuriennes et autres Branches du Mabinogi, parmi d’innombrables récits des folklores d’Europe.

Screenshot du jeu vidéo Star Stealing PrinceBien sûr, les plus tatillons ne manqueront pas de souligner que le récit, parfois, s’égare dans des directions inutiles, ou bien qu’il ne résout pas tous les mystères qu’il pose, ou encore que certains détails de la narration semblent en contredire d’autres. On en trouve des comme ça, qui s’attachent bien plus aux apparences que ce qu’elles convoient – ces ressentis et ces émotions qui font la substance des Arts et des Lettres. D’autres lui reprocheront de se montrer trop directif, de ne laisser que bien trop peu de place aux choix du joueur, en oubliant par là même qu’un écrivain reste avant tout un tyran : on le suit ou pas mais il demeure le maître de son univers, de son rêve, de son jeu – et ceux-là ne se partagent pas toujours facilement…

Enfin, il y a ceux-là, les plus tristes certainement, qui diront qu’un titre conçu sur RPG Maker ne peut, de fait, rien proposer d’intéressant, comme si le flacon comptait plus que l’ivresse ; il n’y a hélas rien à leur répondre, sauf peut-être en leur suggérant des réalisations dignes d’intérêt – comme Star Stealing Prince, justement… Pour les autres, tous les autres, il reste une œuvre bien assez unique en son genre et tout à fait admirable sous de nombreux aspects, qu’aucun esprit curieux ne saurait manquer.

Et comme en plus de ça, c’est gratuit, vous n’avez vraiment aucune raison de passer à côté…

(1) Marc Duveau, L’Épopée fantastique, introduction à La Citadelle écarlate (Pocket, coll. Le Livre d’or de la science-fiction n° 5055, 1979, ISBN : 978-2-266-00758-0).

Notes :

Ceux d’entre vous qui seront tombés sous le charme de Star Stealing Prince pourront poursuivre la balade à travers sa suite officielle, Ephemeral Prince, un web novel qui fait suite à chacune des deux fins du jeu original.

Star Stealing Prince remporta en 2013 pas moins de huit Misaos, la distinction de référence dans la communauté RPG Maker, dont celui de Jeu de l’Année.

Star Stealing Prince
Ronove, 2012
Windows

– le site officiel de Star Stealing Prince
– la page du jeu sur TV Tropes

Le Projet : Trailer + Demo = Greenlight

Title_Cover_128Ça aura pris plus de temps que prévu parce que les choses se passent souvent ainsi, surtout quand on mène un projet en solo sur un moteur dont on ne sait presque rien, mais en tous cas l’objectif est rempli : comme indiqué dans le titre de l’article, la démo de mon jeu vidéo de rôle se trouve désormais disponible au téléchargement.

Alors, de quoi s’agit-il ? Chronicles of the Crystal Wars vous place dans la peau d’un jeune soldat sur le continent volant de Celestia, qui doit se rendre à la surface du monde, sous la Mer des Nuages, pour y récupérer de quoi alimenter le système qui permet à son royaume de rester hors de portée du Miasme, une ancienne malédiction qui détruisit jadis le monde en forçant du même coup ses lointains ancêtres à émigrer sur l’île dans le ciel – mais cette quête déclenchera des événements qui menaceront tout ce qui lui est cher…

Bien sûr, COTCW a son propre devblog ainsi que sa page FB et son compte Twitter mais aussi son entrée sur IndieDB : vous trouverez sur le premier tous les médias disponibles (artworks, screenshots, trailer, etc.) ainsi que des détails supplémentaires sur l’univers et le récit, mais surtout les liens de téléchargement de la démo qui propose pas moins de deux heures de jeu ; il y a aussi une (courte) liste de talents dont j’aurais bien besoin pour un coup de main : le projet étant commercial, je partagerais tous les revenus.

Et comme indiqué dans le titre de l’article, le projet se trouve aussi sur Greenlight où il saura utiliser toute l’aide que vous pourrez lui offrir…

Pheus and Mor

Pheus_and_MorPeut-être en raison de son emphase sur le divertissement et la distraction, le jeu vidéo n’aborde presque jamais des thématiques graves et encore moins douloureuses. Il en découle des récits souvent simples, dont les protagonistes présentent peu de caractère voire pas du tout, et à la charge émotionnelle pour le moins réduite si ce n’est inexistante. Hormis pour le tout dernier aspect que je viens d’évoquer, celui de l’émotion, un élément qui atteint ici des sommets, Pheus and Mor correspond tout à fait à cette description succincte – comme quoi on peut faire simple et court sans oublier ce qui reste le principal objet de l’Art…

Pour le reste, il s’agit d’un titre sans prétention aucune, aux mécaniques sommaires mais néanmoins accrocheuses et illustrées par une réalisation tant picturale que musicale à l’efficacité redoutable. Votre but ? Guider le jeune Pheus et son chien Mor à travers 10 niveaux où votre astuce comptera plus que votre dextérité, et ceci afin de savoir pourquoi nos deux héros se trouvent prisonniers de ce monde aussi étrange que dangereux.

Si la perspective de devoir sortir votre mouchoir à la fin de la partie ne vous effraie pas…

C’est sur Kongregate que ça se passe…

Le Projet : teaser 3

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Le Projet : teaser 2

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Grey

Visuel du jeu vidéo GreySi le jeu de plateforme ne brille pas par ses qualités émotionnelles ou sa portée problématique, du moins en général, on y trouve malgré tout des exceptions et parmi celles-ci on peut compter Grey.

Ici, en effet, le récit classique du héros volant au secours de la demoiselle en détresse s’accompagne d’une réalisation hors norme qui convoie autant de sens que de ressenti. Pour cette raison, il vaut mieux y voir  moins une simple expérimentation qu’une œuvre d’art.

Tous ceux d’entre vous qui ont déjà eu une personne particulièrement chère à leur cœur savent de quoi je parle ; pour les autres…

C’est sur Kongregate que ça se passe

Le Projet : teaser 1

Le Dino Bleu (avatar)J’indiquais il y a exactement un an que je me lançais dans un projet personnel et que, pour cette raison, le rythme de parution de ce blog devait ralentir ; je disais aussi que je vous tiendrais au courant de mes avancées, ce que je n’ai pas fais : par conséquent, je me rattrape en vous révélant plus que ce que j’escomptais au départ pour un premier teaser.

Voyez donc les différents tags et catégories qui accompagnent ce billet pour savoir tout ce que vous avez besoin de savoir à propos de l’image qui suit :

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Dark Sector

Jaquette de l'édition française de la version PC du jeu vidéo Dark SectorHayden Tenno travaille pour une agence d’état qui n’y va pas par quatre chemins pour régler ses affaires. Mais des scrupules le hantent et il voudrait que cette mission-là soit la dernière. Cette mission ? Infiltrer une forteresse de Lasria, ancien pays satellite de l’URSS, où se réfugie un autre agent, un renégat qui aurait mis la main sur une arme bactériologique dont certains voudraient qu’on continue à en ignorer l’existence – un traître que les supérieurs de Tenno veulent voir mort, lui et ses complices…

En dépit des réticences de Hayden à tuer à nouveau, sa mission se déroule sans problème jusqu’à ce qu’il croise un ennemi vêtu d’une combinaison pour le moins… inattendue. Dès lors, tout va de travers : fait prisonnier, Hayden se voit inoculé le virus dont il devait détruire les souches, et s’il parvient à s’échapper, c’est pour constater que son corps change. Devenant un peu plus une arme vivante à chaque heure passée, il doit à présent rejoindre le point d’extraction en ne pouvant plus compter que sur les capacités spéciales que lui a donné le virus.

Mais qu’est-ce que cette infection est en train de faire de lui au juste ? Est-il toujours… humain ?

Screenshot du jeu vidéo Dark Sector Voilà un jeu qui revient de loin. Car le projet Dark Sector trouve au départ ses racines dans un autre jeu de Digital Extremes, ou du moins une production à laquelle ce studio prit une part plus que conséquente : Unreal (1998), co-réalisé avec Epic Games, et dont Dark Sector devait constituer une séquelle. Mais comme le domaine du jeu vidéo peut se montrer particulièrement mutagène, Dark Sector évolua assez vite pour ne plus retenir que l’aspect space opéra de son aîné et devint un projet de jeu d’infiltration où le joueur incarnait un agent très spécial équipé d’une sorte de combinaison biomécanique (1) – qui par ailleurs rappelait beaucoup le manga The Bio-booster Armor Guyver (1985-présent) de Yoshiki Takaya.

Screenshot du jeu vidéo Dark SectorUne autre mutation plus tard et Dark Sector se situait dans le présent, cette fois mû par une technologie fort justement nommée Evolution Engine, en acquérant ainsi sa forme finale. Cette fois définitivement orientée action et saupoudrée d’un soupçon d’horreur, cette nouvelle mouture frappe d’abord par son ambiance. Soutenue par une réalisation de bonne facture, mais qui brille bien mieux sur consoles que sur PC, l’atmosphère de Dark Sector se veut avant tout oppressante : la petite nation (fictive) de Lasria abandonnée par son grand maître d’hier qu’était l’URSS et à présent livrée à elle-même se trouve sous le joug d’un ancien agent américain qui vit dans une arme de la guerre froide un moyen de permettre à l’humanité de dépasser ses limites.

Dark_Sector_illus03On regrette, par contre, que Dark Sector se contente d’effleurer le concept de transhumanisme par le biais du thème, bien éculé depuis des générations, du savant fou pour plonger directement dans celui, encore plus usé, du super-héros compte tenu des limites inhérentes à ce sujet et sur lesquelles j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer (2). Car Hayden Tenno devient bel et bien un super-héros suite aux mutations que lui fait subir le virus qui le contamine, mais un de ces super-héros typiques de la période « Dark Age » du genre, soit un surhomme tourmenté par un passé bien trop lourd et auquel il souhaite échapper de toutes ses forces – l’intrigue du jeu montrera qu’il y parviendra néanmoins, d’un certain point de vue en tous cas…

Dark_Sector_illus04Pour en finir sur le point du récit proprement dit, on note une faiblesse déjà aperçue dans une production précédente du studio, Pariah (2005), dont le scénario laissait bien trop de zones d’ombre pour permettre au joueur d’en retirer toute la substantifique moelle : à ce sujet, Dark Sector ne tire pas beaucoup mieux son épingle du jeu et même si l’intrigue parvient à se montrer assez habile en dévoilant peu à peu les différents éléments narratifs, elle reste malgré tout un peu trop obscure pour permettre au joueur de s’impliquer réellement dans l’histoire du protagoniste principal. Au risque de me répéter, il reste toutefois l’atmosphère du titre, brillamment illustrée par sa facture technique et artistique et qui vaut qu’on se penche dessus.

Dark_Sector_illus05Concernant les mécaniques de jeu, on se trouve là encore en terrain connu. Situé à mi-chemin d’un Resident Evil 4 (Capcom Production Studio 4 ; 2005) et d’un Gears of War (Epic Games ; 2006), Dark Sector ne parvient pas vraiment à surprendre puisqu’il recycle, au mieux, ou bien copie, au pire – mais toujours avec talent, ce qui vaut d’être souligné. Voilà pourquoi on apprécie vite l’élément aussi bien central que distinct du titre, qui lui donne toute sa personnalité : le Glaive, cette espèce d’excroissance biomécanique en forme de disque d’où pointent trois lames recourbée et que Hayden peut utiliser comme un boomerang pour se frayer un chemin à travers les hordes d’ennemis que l’armée de Lasria lance à ses trousses.

Dark_Sector_illus06Ce Glaive prend vite une importance capitale car il s’agit bel et bien de l’unique arme dont on dispose durant le premier tiers du jeu. Et si on peut toujours ramasser les fusils des ennemis abattus, les munitions de ceux-ci ne durent pas longtemps en raison d’un système d’identification génétique qui les fait brûler après un court laps de temps en rendant ainsi l’arme inutilisable. Le procédé se montre assez habile car il force de la sorte le joueur à user du Glaive, et comme celui-ci propose plusieurs techniques différentes, on se retrouve vite à devoir faire preuve de créativité dans son usage. Ces techniques se dévoilent au fur et à mesure de votre progression dans le jeu, alors que le virus se développe dans l’organisme de Hayden.

Dark_Sector_illus07Voilà comment, petit à petit, vous en venez à pouvoir contrôler la trajectoire du Glaive par l’intermédiaire d’une sorte de bullet time pour débusquer des cibles à couvert. Ou bien, vous pouvez en quelque sorte capturer un élément, tel que feu, électricité ou glace, afin d’en frapper les ennemis avec des dégâts bien supérieurs ; mais vous pourrez aussi utiliser ces éléments comme combustible pour générer une explosion en un point précis afin de toucher plusieurs cibles à la fois ou encore pour éteindre un mur de flammes qui vous bloque le passage. Assez vite, donc, ce Glaive devient le prétexte de différents puzzles, pour la plupart assez simples, que vous devrez résoudre pour continuer votre progression.

Dark_Sector_illus08D’autres capacités apparaîtront, qui vous permettront de sortir de diverses situations, comme un bouclier grâce auquel vous pourrez non seulement vous protéger des attaques adverses mais aussi, dans une certaine mesure, les leur renvoyer. Enfin, un système d’invisibilité vous permettra d’user de furtivité pour vous glisser derrière vos adversaires en toute discrétion. On peut d’ailleurs ici évoquer le système de combat au corps-à-corps qui donne à Hayden la possibilité d’exécuter un « finisher » pour, comme le nom l’indique, finir d’un seul coup un ennemi déjà bien touché. Et toutes ces combinaisons possibles, encore une fois, deviennent vite le prétexte pour exploiter votre créativité…

Dark_Sector_illus09Enfin, on ne peut passer sous silence le dernier argument que propose Dark Sector : la combinaison, aux allures biomécaniques, que vous obtenez dans le dernier tiers du jeu et qui amplifie toutes vos capacités. C’est là que Dark Sector renoue avec son concept initial en retrouvant une saveur tout à fait unique, du moins pour ceux d’entre nous qui se prétendent mechaphiles.

C’est d’ailleurs là aussi que Dark Sector poursuit son évolution pour devenir un autre projet de Digital Extremes, un Free to Play récemment paru, du nom de WarFrame et qui, me dit-on, est une franche réussite.

Mais, comme il se doit, ceci est une autre histoire…

(1) le net regorge de vidéos de présentation de ce projet hélas avorté mais qui laissait néanmoins présager un titre au très fort potentiel – voyez par exemple cette démo.

(2) je renvoies en particulier le lecteur à mes chroniques de Miracleman (Alan Moore, Alan Davis & Gary Leach ; 1982) et de Marshall Law (Pat Mills & Kevin O’Neill, 1987).

Notes :

Dark Sector connut une adaptation en comics, sous la forme d’une préquelle intitulée Dark Sector Zero, qui relate la chute de Lasria.

En raison de son niveau de violence, Dark Sector fut dans un premier temps interdit de parution en Australie. La version qui s’y vit finalement publiée écopa de plusieurs censures.

La version PC du titre étant un portage direct de la version console, elle ne permet le jeu multi qu’en réseau local.

Dark Sector
Digital Extremes, 2008
Windows, Playstation 3 & Xbox 360, env. 6 €

– la page du jeu chez Digital Extremes
– d’autres avis : GameKult, GameSpot (en),  JeuxVidéo.com, JeuxVidéo.fr

Icarus Needs

Visuel du jeu vidéo Icarus NeedsPrésenté par ses développeurs comme une « aventure hypercomique », quoi que ça signifie, Icarus Needs s’affirme comme une production unique : plus proche de la fiction interactive que du jeu, de l’expérience que de l’aventure, ce titre se veut surtout expérimental.

Jugez plutôt sur le synopsis : Icarus s’est endormi en jouant et se trouve à présent enfermé dans un monde surréaliste à mi-chemin du jeu vidéo et de la BD ; mais sa petite amie Kit est elle aussi prisonnière de ce rêve et maintenant Icarus doit non seulement la sauver mais aussi échapper au Roi des Écureuils et retrouver le chemin du monde de l’éveil…

Alléchant, non ? Si ça vous interpelle autant que moi…

C’est sur Kongregate que ça se passe

Steambot Chronicles

Jaquette DVD de l'édition française du jeu vidéo Steambot ChroniclesÀ peine la récente invention de l’automobile devenue monnaie courante dans les rues, la Trotmobile vient bouleverser le nouvel équilibre pourtant déjà précaire. Ce véhicule, ainsi appelé de ce qu’il peut marcher grâce à deux jambes, permet de remplir une grande variété de tâches tout en s’épargnant bien des difficultés. Ainsi, les Trotmobiles deviennent-elles vite populaires et, en se généralisant, poussent la révolution industrielle dans une nouvelle direction, avec des conséquences pour chacun impossibles à prévoir…

Non loin de l’épave d’un navire brisé sur les rochers, Vanille s’éveille sur une plage sans aucun souvenir de sa vie passée. Penchée au-dessus de lui, une jeune fille, Connie, l’aide à se relever. En acceptant de l’accompagner à la petite ville de Nefroburg avec une Trotmobile abandonnée non loin mais encore en état de marche, Vanille ignore encore qu’il s’embarque pour une aventure sans pareille dans un univers non moins rocambolesque où le mystère de son passé ne constitue en fin de compte qu’un détail bien mineur.

Screenshot du jeu vidéo Steambot ChroniclesUn aspect bien précis de Steambot Chronicles place ce titre à part des autres productions du genre des jeux vidéo de rôle : son atmosphère. Car en situant son récit à une période charnière dans le développement d’une société que constitue cette révolution industrielle qui lui sert de toile de fond, Steambot… peut juxtaposer deux ambiances très différentes ; d’abord celle d’un hier toujours plus beau à chaque jour nouveau, et ensuite celle d’un présent d’autant plus porteur d’espoirs qu’il s’accompagne des prémisses d’une modernité dont on attend les meilleurs changements. Il en résulte une sensation de sérénité, faute d’un meilleur terme, qui fait toute une partie non négligeable de la substance du titre.

Wallpaper du jeu vidéo Steambot ChroniclesEn témoigne cette place centrale que tient la Trotmobile tout le long du récit. S’il ne s’agit pas de l’unique moyen de transport de votre personnage, c’est néanmoins le plus… décontracté. Même pendant les trajets en ville où, pourtant, il faut composer avec la circulation et les embouteillages, heureusement encore assez sporadiques à cette époque. La Trotmobile, en effet, se pilote toute seule dans ces moments-là. Ces passages d’un point à l’autre d’un centre urbain deviennent ainsi donc l’occasion de se décontracter et de réfléchir à ce qu’on souhaite faire pour le reste du récit ; quant aux plus pressés, ils pourront appuyer sur R1 pour accélérer le mouvement – ça ne m’est pas arrivé souvent.

Screenshot du jeu vidéo Steambot ChroniclesLes choses différent un peu à la campagne. Vestiges de la féodalité d’hier à peine disparue, des dangers parsèment les routes : qu’il s’agisse de brigands détournant à leur profit les nouvelles technologies, ou bien les résultats d’espèces d’expériences improbables, ils se mettront en travers de votre route. Heureusement, et comme tout mecha qui se respecte, votre Trotmobile peut bénéficier de personnalisations pour mieux vous défendre : toutes sortes d’armes, mais aussi une vaste quantité d’accessoires se trouvent dans les garages en ville ou dans les ateliers aux entrées de celles-ci ; une fois ces obstacles écartés, vous pourrez récupérer le butin qu’ils transportent pour dépenser cet argent comme bon vous semble.

Wallpaper du jeu vidéo Steambot ChroniclesCeci dit, les autres moyens d’augmenter votre pécule ne manquent pas. Outre les quêtes annexes et autres donjons à écumer, vous pourrez aussi vous lancer dans les parties de billard, l’extraction de fossiles, le commerce de tapis, le transport de personnes ou de marchandises,… Liste non exhaustive. Ou encore, le plus simplement du monde, vous pourrez vous placer à un coin de rue et y jouer de la musique à l’aide de l’instrument de votre choix, en simple troubadour : selon la qualité de votre prestation, les passants vous récompenseront plus ou moins bien. À un point donné du scénario, d’ailleurs, il vous deviendra possible d’intégrer le groupe des Garland GlobeTrotters et de les suivre en tournée ici et là.

Screenshot du jeu vidéo Steambot ChroniclesOn le voit bien, Steambot… est tout ce qu’on veut sauf cliché, et pour avoir arpenté son univers bigarré en tous sens, je peux aussi affirmer que son récit ne se veut en aucun cas linéaire – loin de là. En fait, et il s’agit peut-être du seul véritable défaut de ce titre, son scénario s’avère un peu confus une fois arrivé au bout de celui-ci, à moins que je sois passé à côté d’un dialogue ou d’un passage important pour la compréhension du récit. Mais puisque on peut continuer à jouer une fois le jeu terminé, il reste toujours possible de mettre la main sur d’éventuelles informations manquantes.

Et puis comme de toutes manières l’intérêt principal du titre tient beaucoup plus dans son atmosphère que dans son intrigue, ça fait une excellente raison de continuer à en profiter…

Notes :

Steambot Chronicles fait plusieurs références à différents éléments de la culture populaire, parmi celles-ci :

– le nom du groupe Les Garland GlobeTrotters rappelle bien sûr l’équipe de basket les Globetrotters de Harlem.

– l’Ultimate Trotmobile Tournament semble un clin d’œil à l’Ultimate Fighting Championship (ou championnat de combat ultime).

– les adversaires Totem Recall et Dig D.U.G.G. qu’on trouve dans des donjons font référence au film Total Recal (Paul Verhoeven ; 1990) et le jeu vidéo d’arcade Dig Dug (Namco ; 1982), respectivement.

– un film qui n’existe que dans l’univers de Steambot… et intitulé Welcome Back, Trotter évoque un jeu de mots avec le titre de la série TV Welcome Back, Kotter (Gabe Kaplan & Alan Sacks ; 1975-1979) dans laquelle John Travolta fit ses débuts.

– deux des gladiateurs qu’on peut affronter dans les arènes de combats de Trotmobiles, Chuckie « Bomber Boy » et Isabelle « Dancing Queen », rappellent respectivement le jeu vidéo éponyme de Hudson Soft publié en Europe en 1990 sous le titre Bomberman et le tube emblématique de l’ère disco produit par le groupe pop suédois ABBA.

Steambot Chronicles
Irem, 2006 (version PAL)
Playstation 2, env. 8€


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