Archive for the 'Univers alternatifs' Category

Mobile Suit Gundam AGE : preview & trailer

Visuel de promotion de la série TV Mobile Suit Gundam AgeLe studio Sunrise a annoncé pas plus tard que lundi dernier la prochaine production de la franchise Gundam dont la diffusion est prévue sur les chaînes japonaises MBS et TBS à partir de ce mois d’octobre : Mobile Suit Gundam AGE. Le développeur de jeux vidéo Level-5 participe au projet qui comprend à ce jour, en plus de la série TV, son obligatoire adaptation en manga ainsi que des déclinaisons en jeu vidéo et en jeu de cartes à collectionner – sans oublier les traditionnels jouets et maquettes.

On retrouve à la réalisation Susumu Yamaguchi (trois des films de Keroro Gunsô) et le président de Level-5 lui-même, Akihiro Hino (Inazuma Eleven), en charge de l’histoire. Michinori Chiba (Mobile Suit Gundam 00, Basilisk) s’occupe des chara designs, d’après des travaux originaux de Takuzô Nagano (Inazuma Eleven, Professeur Layton), alors que les mecha designs sont de Kanetake Ebikawa (Mobile Suit Gundam 00, Full Metal Panic!), Junya Ishigaki (Macross Frontier, Mobile Suit Gundam V, W, X,) et Kenji Teraoka (Mobile Suit Gundam 00, Code Geass: Lelouch of the Rebellion).

Personnages principaux de la série TV Mobile Suit Gundam AGE

De gauche à droite : Flit Asuno, son futur fils Asem, le futur fils de celui-ci, Kio, petit-fils de Flit, et Emily, ami d’enfance de Flit depuis qu’ils ont sept ans.

Situé dans l’univers alternatif A.G. (pour Advanced Generation), où l’humanité a colonisé l’espace proche, Mobile Suit Gundam AGE présente un récit multi-générationnel dépeignant un conflit d’un siècle – une Guerre de Cent Ans en quelque sorte – entre la Fédération terrienne et l’UE (pour Unknown Enemy) suite à l’attaque de cette faction sur la colonie spatiale Angel, un évènement majeur qu’on appellera par la suite « Le Jour où l’Ange tomba des Cieux ».

Sept ans plus tard, en A.G. 108, la colonie du jeune Flit Asuno se voit à son tour gagnée par le conflit : la mère mourante du petit garçon confie à son fils le « Système AGE » que sa famille se transmet depuis des générations et qui contient les plans d’un mobile suit de pointe, capable d’apprendre par lui-même, et nommé Gundam en hommage à un sauveur des temps anciens.

On retrouve Flit en A.G. 115, à la base fédérale d’Arusinton de la colonie Nora, où il a pu construire et même améliorer le Gundam avec l’aide des ingénieurs militaires. Mais l’UE cible à présent la colonie Nora, et Flit doit combattre avec l’arme dont il vient à peine de finir la construction…

Mechas de la série TV Mobile Suit Gundam AGE

Au contraire de ce que cette illustration peut laisser penser, il n’y a pas trois Gundams distincts dans cette série mais un seul capable d’adopter des formes différentes selon la situation. Aucune de ces deux autres formes n’est le fait de Flit mais du Système AGE qui développe ces variantes pour adapter le Gundam aux ennemis qu’il doit combattre.

De gauche à droite : le Gundam original, AGE-1 Normal [AGE-1], construit par Flit et les ingénieurs d’Arusinton, puis ses variantes développées par le Système AGE, le Gundam AGE-1 Spallow [AGE-1S], très rapide et très agile, et le Gundam AGE-1 Titus [AGE-1T], pour le combat au corps-à-corps.

On trouve donc un Gundam « triple » pour trois générations de pilotes, un thème pour le moins inattendu dans une série qui se réclame de cette franchise et qui présente un potentiel narratif intéressant, notamment dans l’illustration du fossé des générations…

Mais nous aurons bientôt l’occasion d’en savoir plus aussi, en attendant, je vous propose de découvrir la première vidéo promotionnelle de Mobile Suit Gundam AGE (pour activer les sous-titres, cliquez sur le bouton « CC » qui apparaît à gauche du réglage de la résolution après le lancement de la vidéo) :

– le site officiel de Mobile Suit Gundam AGE (jp)
– (beaucoup) plus d’info chez GundamGuy (en)

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Yoshikazu Yasuhiko au travail

Figurine au bêret basque représentant Yoshikazu YasuhikoNé en décembre 1947, Yoshikazu Yasuhiko abandonna ses études en 1967 et intégra le célèbre studio Mushi Production d’Osamu Tezuka en 1970, où il dessina notamment les chara designs de Nathalie et ses amis (1971), avant de rejoindre le studio Sunrise fondé en 1972 : c’est là qu’il obtint l’opportunité de travailler sur nombre de productions devenues depuis des classiques de l’anime.

Par exemple, il dessina le storyboard de Space Battleship Yamato (1974) puis créa les personnages de Yuusha Reideen (1975) et de Zambot 3 (1977), entre beaucoup d’autres. Mais c’est surtout son travail sur Mobile Suit Gundam (1979) qui lui permit d’atteindre la renommée – à son grand étonnement d’ailleurs car il n’a jamais eu une très haute opinion de cette production. Il a depuis dessiné l’ensemble des personnages de la franchise, tout en menant de front une carrière de mangaka : on lui doit en particulier les œuvres originales d’Arion (1979) ou de Venus Wars (1986) qui connurent chacune une adaptation en anime, réalisée par ses soins, respectivement en 1986 et 1989.

Outre son travail dans l’animation, dont une participation sur une adaptation du roman Croc-Blanc de Jack London et les réalisations du film Crusher Joe (1983) et de la série TV Giant Gorg (1984), il lui arriva aussi de faire des illustrations – comme pour les romans de science-fiction populaire plus tard adaptés sous forme de la série TV Dirty Pair (Dan & Danny, 1985). À partir de 1988, il se consacra presque exclusivement à sa carrière de mangaka – qui inclue des biographies de personnages historiques, tels que Jeanne d’Arc (1995) et Jesus (1997), ou encore Néron (1998) – mais continua néanmoins à travailler à l’occasion sur des animes ; ses derniers travaux marquants en date concernent Mobile Suit Gundam: The Origin, la troisième adaptation en manga de First Gundam, et les illustrations des romans originaux de Mobile Suit Gundam Unicorn qui connurent il y a peu une adaptation en OVA.

Mari comblé, vivant à Tokyo dans « une maison où il aimerait se trouver plus souvent » selon lui, il reste un homme humble et discret, ce qui est bien japonais. D’ailleurs, il se montre souvent surpris de recevoir une proposition à rejoindre un projet de production et il s’étend très peu sur ses divers rôles dans cette industrie.

La vidéo suivante a été produite par Marc Bernabé, auteur de Japanese in Mangaland, dans le cadre de sa série de vidéos Masters of Manga. Vous aurez l’occasion d’y voir en pleine action un auteur de grand talent qui n’a plus rien à prouver depuis longtemps…

Gundam 00 le Film : trailer officiel

After War Gundam X

Jaquette DVD de l'édition intégrale de la série After War Gundam XUne fois, il y eut une guerre… De toutes les guerres spatiales, ce fut la septième : après plusieurs mois d’un conflit exténuant, les Forces Révolutionnaires des colonies insurgées se trouvèrent au bord de la défaite et menacèrent la Terre d’une destruction totale pour obtenir sa reddition. La Fédération, en retour, mobilisa son arme la plus puissante pour contrecarrer leurs plans : le Gundam X. Il en résulta la plus grande tragédie de l’Histoire, qui oblitéra presque toute l’Humanité.

15 ans après cet holocauste… De petites nations-états ont remplacé la Fédération et des mercenaires-voleurs, les Vultures, fouillent les ruines pour en exhumer des artefacts qu’ils revendront au plus offrant. Garrod Roan, un orphelin des décombres qui vit de rapines, magouilles diverses et autres arnaques, est embauché pour délivrer la jeune Tiffa Adil du vaisseau vulture du mystérieux Jamil Neate. On dit qu’il était un puissant newtype pendant la guerre, ces personnes soi-disant pourvues de capacités extra-sensorielles et pour la liberté desquelles les colonies s’étaient révoltées. Entre autres raisons…

Mais quand Garrod s’enfuit avec Tiffa, il comprend vite que celle-ci fait preuve d’une intuition étonnante : se pourrait-il que la légende des newtypes soit vraie ? Alors qu’ils sont poursuivis, les deux jeunes gens échouent dans une usine de mobile suits abandonnée. Là, ils découvrent une relique d’autrefois : le tristement célèbre Gundam X, celui-là même qui aurait provoqué la ruine de la sphère humaine.

Sans aucun doute l’univers alternatif le plus intéressant de la franchise, Gundam X est en fait plus qu’un univers alternatif : il s’agit presque d’un futur alternatif de Gundam 0079 où la Guerre d’Un An se serait terminée plus tragiquement que dans la chronologie Universal Century – par la destruction quasi-totale de la sphère humaine – en plus de proposer une redéfinition intéressante autant qu’inattendue du concept newtype. Les connaisseurs apprécieront la tournure nouvelle des événements, les autres une série originale qui s’inscrit avec adresse dans la tradition des mecha shows des 80s tout en conservant une identité propre.

La voix du narrateur donne le ton dés le départ : on a bel et bien affaire à une tragédie. La tragédie d’un monde agonisant sous les effets d’une guerre de trop. Bien plus que dans Gundam 0079, le monde de Gundam X porte les marques d’un conflit qui confine à l’apocalypse, mais sans pour autant tomber dans le Mad Max parfois un peu trop simpliste. Apocalypse matérielle mais aussi, surtout, apocalypse des esprits et des cœurs où l’unification des ethnies et des cultures sous l’égide de la Fédération s’est brusquement effondrée en replongeant le monde dans le chaos qui régnait avant la colonisation de l’espace. Gundam X propose une narration habile dans le sens où elle place le spectateur dans un « après Gundam » qui ressemble étrangement à un « avant Gundam » – une période de la franchise jamais observée jusque-là – alors que les restes de la Fédération déchue tentent désespérément de reprendre le contrôle d’un monde qui lui échappe pourtant de plus en plus, où les vieux comptes et le mauvais sang ont la vie dure, où les ennemis d’hier n’ont pas disparu pour autant malgré la destruction du monde d’avant.

Cet univers foisonnant est décrit avec sobriété, par petites touches qui brossent un portrait simple mais efficace. Ainsi, Jamil Neate – qui ne va pas sans rappeler Amuro Ray dans la série originale – est un personnage brisé jusque dans son âme. Jadis un puissant newtype sur lequel reposaient les espoirs de la Fédération, il est à présent le chef d’une bande de vultures qui survit comme elle peut, loin du code d’honneur du guerrier mais sans réelle amoralité pour autant. Gundam X sait ne pas en faire « trop » mais juste ce qu’il faut, on ne saurait attendre moins d’un récit qui porte ce nom désormais illustre. Jamil deviendra ainsi le « mentor » du jeune Garrod dont la fougue et l’énergie ne sont pas toujours les meilleurs atouts – dans la plus grande tradition de la culture manga. La petite Tiffa saura aussi jouer son rôle dans ce processus, on l’aura deviné, mais d’une manière plutôt inattendue car la précognition dont elle dispose prend une dimension assez surprenante même pour les habitués de Gundam. C’est ainsi qu’est redéfini le concept newtype, concept-clé de la franchise, mais avec une subtilité et une pertinence rares qui s’inscrivent malgré tout à merveille dans la tradition Gundam.

Quel dommage que le public se soit trompé à ce point dans son jugement, mais il est vrai que la narration manque souvent du rythme nécessaire pour que les spectateurs accrochent vraiment à l’histoire. Ainsi, la série au départ prévue pour une cinquantaine d’épisodes – un chiffre standard pour une série Gundam – s’est vue coupée des dix derniers, forçant du même coup l’équipe à recoller les morceaux sans pouvoir éviter une fin un peu trop précipitée pour que celle-ci puisse prendre toute son ampleur, que ce soit au niveau des événements proprement dit qu’à celui des relations entre les personnages – Lancelow Darwell, némésis de Jamil et sans nul doute l’équivalent de Char Aznable dans cet univers, en étant l’exemple le plus flagrant. On notera, avec plaisir ou déception, que Gundam 0079 a subi en son temps le même traitement, comme quoi l’histoire ne fait parfois que se répéter… Mais au contraire de la série originale, Gundam X n’a pas connu de revival sous forme de trilogie cinéma ou autre, et il y a maintenant peu de chances que cela arrive un jour même si une préquelle ainsi qu’une séquelle ont été produites sous forme de mangas.

Lorsqu’on voit la qualité du concept, on ne peut que déplorer cette absence de succès car celle-ci nous prive ainsi d’une production qui, si elle avait été complète, serait peut-être devenue un classique du genre en plus d’une série Gundam parmi les plus pertinentes et les plus intéressantes que connait cette franchise. Il reste néanmoins une série très convenable, aux qualités techniques et artistiques tout à fait honorables et à la narration solide en dépit des quelques faiblesses de rythme citées plus haut, qui fera la joie du spectateur averti.

Notes :

After War Gundam X est le dernier des trois univers Gundam alternatifs créés par un groupe de nouveaux-venus commissionnés par Sunrise afin de commémorer le 15éme anniversaire de la franchise. Mobile Fighter G Gundam et New Mobile Report Gundam Wing sont les deux premiers. Par la suite, d’autres univers alternatifs furent ajoutés, tels que Turn A Gundam ou Gundam Seed, et plus récemment encore Gundam 00.

Le duel entre le Gundam X et le Febral pendant la septième Guerre Spatiale reproduit à l’identique le duel entre le Gundam et le Zeong dans la série originale.

Le titre de chaque épisode reprend une réplique de l’épisode correspondant.

Le scénariste Hiroyuki Kawasaki accomplit une prouesse rare : il écrivit à lui tout seul les scripts de chacun des 39 épisodes de la série, et il en aurait probablement fait plus si le projet n’avait pas été stoppé plus tôt que prévu.

Peut-être à cause d’un manque d’audience, cette série fut coupée de dix épisodes, et sa diffusion déplacée au samedi à six heure du matin après le 26éme épisode. Ainsi, elle reçut l’audimat japonais le plus bas de toutes les productions de la franchise Gundam. Ce fut aussi la fin de quatre années non-stop de diffusion hebdomadaire de Gundam et la dernière série de la franchise à être diffusée sur TV Asahi.

After War Gundam X (Kidou Shin Seiki Gundam X), Shinji Takamatsu
Sunrise & TV Asahi, 1996
39 épisodes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

New Mobile Report Gundam Wing

Jaquette du coffret de l'édition française intégrale de la série TV Gundam WingAfter Colony 195 : depuis bientôt deux siècles, l’Humanité a colonisé le proche espace et l’orbite est devenu la banlieue de la Terre où vivent des milliards de gens réfugiés des guerres sanglantes qui ont dévasté la planète-mère. Le Gouvernement du Monde Uni qui a fini par émerger de cette apocalypse a imposé par la force une nouvelle ère de paix. Mais le temps des représailles est venu, et les cinq principales colonies lancent l’Opération Météore : de jeunes pilotes très doués vont sur Terre mener la guérilla contre le nouvel oppresseur. Ils ignorent que la guerre qui s’ensuivra plongera la sphère humaine dans le chaos et changera pour toujours le cours de l’Histoire…

Définitivement la série Gundam la plus faiblarde que j’ai vue, et cet avis est unanime chez la plupart des connaisseurs de la franchise. Peut éventuellement entrer en considération le souhait de Bandai de toucher à travers ce projet une audience plus féminine que les autres productions Gundam : ceci explique une bonne partie des designs des personnages (qui frôlent le style yaoi) et les relations psychologiques souvent très complexes qui lient les divers protagonistes de la série. L’aspect shônen, lui, est toujours présent à travers les nombreux combats et autres scènes d’action qui parsèment l’histoire – au moins une par épisode en moyenne. Juxtaposer ainsi les éléments propres aux shôjos à ceux des shônens devrait normalement mener à une œuvre majeure, ou tout au moins « complète » dans le sens où elle a le potentiel de ravir tous les publics, mais il est bien connu que vouloir plaire à tout le monde reste encore le meilleur moyen de se tromper. À ce niveau, Gundam Wing est un succès complet : c’est une belle merde…

Pour une série Gundam en tous cas. Il faut bien l’avouer, même si on retrouve les divers éléments qui ont fait le succès tant public que critique de la franchise, Gundam Wing se plante misérablement sur le cocktail lui-même au lieu de sa recette. En gros, chaque épisode se compose de trois éléments : complots, dialogues à rallonge et scène(s) d’action – mélangés dans toutes les combinaisons possibles. Ce n’est pas inintéressant mais au final on ne comprend plus rien à ce qu’il se passe lorsqu’on ne voit la série qu’une fois : je mets quiconque au défi de se rappeler les événements de six ou sept épisodes auparavant tant il y a de magouilles, de rebondissements et de divagations sur les tenants et les aboutissants de la guerre. On retiendra néanmoins quelques idées – sommaires – sur les rapports étroits liant la guerre à la paix et la nécessité de la première pour préserver la seconde – même si un tel paradoxe méritait bien sûr des précisions hélas absentes. C’est à peu prés le seul intérêt de la série.

Quand on sait que la série Gundam la plus adulée encore à ce jour, Zeta Gundam, souffre de défauts semblables, l’expérience et l’inspiration de son réalisateur faisant néanmoins toute la différence, on se dit que Gundam Wing a tenté de suivre un sentier semblable. L’intention est louable mais le résultat particulièrement soporifique. En fait, la « recette Z Gundam » a été ici poussée dans de tels retranchements narratifs que la complexité du récit et la surabondance d’événements font que ça ne ressemble plus à rien au final ; de sorte que dés la conclusion du premier épisode, déjà, on se demande ce qu’on fait là – d’ailleurs, j’avais beau être prévenu que c’était vraiment raté, j’ai tout de même été surpris que ça le soit à ce point…

Au moins ça a de l’allure. Niveau designs, il y a du travail : les personnages, les costumes, les machines, les environnements,… tous reflètent l’immense savoir-faire de Sunrise. L’animation aussi est d’assez bonne facture pour un projet de cette envergure mais sans toutefois surprendre. Quant aux personnages, s’ils ne sont pas vraiment manichéens, ni même simplistes, ils souffrent hélas d’un peu trop de présence : les purs méchants ne survivant pas en général à l’épisode où ils apparaissent, il ne reste que les gentils qui, eux, sont tellement nobles, généreux, chevaleresques, et j’en passe, qu’ils en frisent la caricature pure et simple.

Il faut malgré tout admettre que ça présente une certaine classe sans être vraiment gnan-gnan et que l’orientation action reste sans réelle gratuité, de sorte qu’il y a en effet de quoi plaire aux spectateurs des deux sexes : pourvu qu’ils soient entre 15 et 20 ans à peu prés, les garçons comme les filles ou, encore mieux, les couples apprécieront certainement le spectacle. Si vous êtes dans un quelconque autre cas ou tout simplement fan d’animes de qualité, voire du Gundam original, vous pouvez passer votre chemin.

Notes :

New Mobile Report Gundam Wing est le second des trois univers Gundam alternatifs créés par un groupe de nouveaux-venus commissionnés par Sunrise afin de commémorer le 15éme anniversaire de la franchise. Mobile Fighter G Gundam et After War Gundam X sont les deux autres. Par la suite, d’autres univers alternatifs furent ajoutés, tels que Turn A Gundam ou Gundam Seed, et plus récemment encore Gundam 00.

La réalisation de cette série connut des difficultés suite au départ subit de son réalisateur, Masashi Ikeda, au beau milieu de la production ; il fut remplacé par Shinji Takamatsu qui réalisa aussi la série Gundam suivante, After War Gundam X. Compte tenu de ces circonstances pour le moins inhabituelles, les crédits de la série ne mentionnent pas ce changement de personnel.

Certains personnages sont nommés d’après des nombres : Une d’après le français, Zechs d’après l’allemand sechs qui correspond à six, Milliardo d’après l’italien milliardo qui signifie milliard, etc ; le nom d’Heero Yuy vient du japonais hitotsu, un, et yuitsu, seulement. D’autres personnages majeurs portent des noms de nombres ou de mots liés à des nombres.

New Mobile Report Gundam Wing, Masashi Ikeda, 1995
Beez, 2008
49 épisodes, env. 100 € l’intégrale 10 DVD

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

Mobile Fighter G Gundam

Jaquette DVD de l'édition américaine du premier volume de la Future Century 60. La plupart de l’Humanité vit désormais dans des colonies orbitales. Pour décider qui les dirige, un tournoi est organisé tous les quatre ans où chaque nation envoie sur Terre un représentant pour combattre à l’aide d’un Gundam. Domon Kashuu est sélectionné par Neo-Japan et part affronter ses rivaux ; mais il combat moins pour la souveraineté de son pays que pour retrouver son frère ainé, qui porte le blâme du meurtre de ses parents mais aussi du vol d’une arme très dangereuse : le Devil Gundam…

Pour le spectateur peu attentif, G Gundam pourrait n’être qu’un banal cross-over de Dragon Ball et de Gundam. Pourtant, les thèmes propres à ce dernier et qui lui ont valu une bonne partie de son succès « intellectuel » – à défaut d’un terme mieux adapté – y sont présents bien que sous-exploités au profit d’un spectaculaire qui devrait ravir les fans d’action. De toute évidence ciblé pour un public jeune, voire très jeune, G Gundam propose un concept plutôt intéressant dont la réalisation est moins pire que ce que l’idée de base laisse croire au premier abord pour peu qu’on fasse l’effort de dépasser le premier quart de la série…

Bien que plutôt simpliste, la suite prend une tournure assez surprenante en développant les rapports de Domon à sa famille et son frère en particulier, mais aussi à sa quête top-secrète pour le Devil Gundam et certains de ses anciens adversaires également. Le maître en arts martiaux de Domon fera aussi son apparition dans un rôle plutôt inattendu au milieu de nombreux coups de théâtre qui raviront ceux qui commençaient à s’endormir devant la répétition de synopsis de la première douzaine d’épisodes.

Par la suite, les événements reprennent un cours plus répétitif jusqu’à l’affrontement final, avec ce qu’il faut de suspense et de coups de théâtre pour conserver l’attention du spectateur. Celui-ci n’aura pas beaucoup d’efforts à faire devant des scènes d’action plutôt bien réalisées mais dont on connaît bien le dénouement puisque c’est le genre de production où le « gentil » gagne toujours à la fin… Le méchant, cependant, ne s’avérera pas être celui qu’on croit : ses motivations en tous cas ne seront pas forcément celles qu’on pense au départ et donneront à la série une finale beaucoup plus inattendue que ce qu’on peut imaginer même pour les aficionados du genre…

Les quatre derniers épisodes en particulier prendront une tournure surprenante et particulièrement dense au niveau de l’action et du spectaculaire avec des qualités visuelles qui ne vont pas sans évoquer un Bubblegum Crisis voire un Urotsukidoji (au moins pour l’aspect « plastique » de cette production), tout en assénant un message écologique – ou assimilé – assez respectueux de la franchise Gundam.

Alors que je m’attendais à une réalisation strictement commerciale, j’ai été assez heureusement surpris au final. Si vous êtes fan de séries de mechas – et surtout du genre Super Robots des années 70 auquel cette série rend un vibrant hommage – ainsi qu’un nostalgique de Dragon Ball ou des Chevaliers du Zodiaque, il y a de bonnes chances que G Gundam comblera heureusement de nombreuses heures perdues. Sinon, passez votre chemin…

Notes :

G Gundam est le premier des trois univers Gundam alternatifs créés par un groupe de nouveaux-venus commissionnés par Sunrise afin de commémorer le 15éme anniversaire de la franchise. New Mobile Report Gundam Wing et After War Gundam X sont les deux autres. Par la suite, d’autres univers alternatifs furent ajoutés, tels que Turn A Gundam ou Gundam Seed, et plus récemment encore Gundam 00.

L’épisode final montre les apparitions fugaces de divers modèles de mobile suits tirés d’autres productions Gundam que le spectateur averti pourra s’amuser à reconnaître ; Daitarn 3 (de Muteki Kojin Daitarn 3) et Zambot 3 (de Muteki Chojin Zambot 3) font aussi leur apparition, vraisemblablement en hommage à Yoshiyuki Tomino qui réalisa ces deux séries avant de créer Mobile Suit Gundam.

La version américaine a vu les noms de certains Gundams changés ; trois d’entre eux (God Gundam, Devil Gundam, et Gundam Heaven’s Sword) pour des raisons religieuses, à la demande de Wal-Mart ; le Tequila Gundam pour enlever la référence à l’alcool ; les autres furent modifiés pour des raisons non spécifiées.

Dans l’introduction du second épisode, Stalker, le narrateur de la série, commence l’épisode avec la tirade : « I would like, if I may, to take you… » qui est une référence au film The Rocky Horror Picture Show, production favorite du réalisateur, Yasuhiro Imagawa.

La série ne connut pas de gros succès au Japon, ni aux USA. D’ailleurs, les fans reprochèrent à G Gundam d’être responsable du déclin de la franchise en Amérique, pour la surabondance de ses jouets qui amena beaucoup de magasins à stopper la vente de produits Gundam.

Cette série connut une adaptation en manga, sous le même titre, ainsi qu’un spin off, toujours en manga, sous le titre Mobile Fighter G Gundam: Edge of Gunsmoke.

Mobile Fighter G Gundam (Kido Butoden G-Gundam), Yasuhiro Imagawa
Sotsu Agency, Sunrise & TV Asahi, 1994
49 épisodes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka


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