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Lost Patrol

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Un vaisseau contenant des informations vitales pour l’Impérium a disparu sur la planète Maraz III, un monde de jungles hostiles qui semblent douées d’une vie propre et dans lesquelles rôdent des hordes de Genestealers assoiffés d’ADN frais. Vous devez localiser le navire échoué pour le ramener dans l’espace connu et ne disposez pour cela que d’un détachement de Scouts des Space Marines : bonne chance à vous et longue vie à l’Impérium !

Si on connait bien la franchise Warhammer 40 000 pour ses différents titres orientés affrontements tactiques ou stratégiques à grande échelle mettant en scène plusieurs détachements, voire parfois même des régiments entiers de diverses races les uns contre les autres dans des batailles dantesques, elle propose néanmoins aussi des productions à l’échelle bien plus modeste et parfois même assez confidentielles. Dans cette gamme, Space Hulk (1989) reste un classique indémodable actuellement dans sa quatrième édition et dont les inspirations semblent puiser du côté d’Aliens, le retour (Aliens ; James Cameron, 1986) pour son thème d’une escouade de soldats du futur en prise avec des extraterrestres belliqueux dans un environnement inconnu ou presque.

Avec ses jungles luxuriantes qui se referment comme des pièges mortels sur une équipe de marines poursuivis par des adversaires aussi mortels qu’insaisissables, Lost Patrol donne plutôt l’impression de s’inspirer de Predator (John McTiernan, 1987). Car mis à part les classiques Genestealers, cette branche des Tyrannides déjà vue dans l’opus de la franchise évoqué plus haut, rien ici ne correspond au décorum space opera grandiloquent de Warhammer 40 000. À dire vrai, Lost Patrol étonne surtout pour son ambiance quasiment intimiste qu’on pourrait presque qualifier de huis clos. Loin de la décadence d’un Impérium en proie à bien des démons, au propre comme au figuré, les Scouts sont ici livrés à eux-mêmes en terrain inconnu pour y faire face à des menaces toutes aussi obscures…

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En effet, s’ils ne deviennent jamais le cadet de vos soucis, les Genestealers ne sont que la couche supplémentaire d’un environnement déjà hostile en lui-même. Car cette jungle dans laquelle se perdent les Scouts, dans tous les sens du terme, constitue bien votre principal adversaire. Mouvant, anarchique, incontrôlé, pas plus par l’opposant que par vous-mêmes, quel que soit le bord que vous jouez, ce plateau s’affirme bel et bien comme un troisième combattant, et d’ailleurs le seul qui gagnera toujours quelle que soit l’issue de la partie. En termes de jeu, il s’agit de disposer des tuiles prises au hasard selon les lignes de vue des soldats, mais qui disparaissent quand les Scouts les perdent de vue et qu’on remplace par d’autres entièrement nouvelles si les Space Marines reviennent sur leurs pas.

De plus, ce dédale végétal sans cesse changeant présente à l’occasion des ronces dans lesquelles s’empêtrent les soldats en mettant ainsi un terme à la stratégie de la fuite en avant vers la dernière tuile, celle du vaisseau échoué, qui garantit la victoire. Bien sûr, les Genestealers ne manquent pas d’exploiter ce handicap des Scouts et comme ils s’avèrent aussi difficiles à tuer que dans Space Hulk, attendez-vous à des carnages tant injustes que brutaux. À dire vrai, il s’agit bien là du défaut principal de Lost Patrol : la chance y joue un rôle certain, voire même déterminant. Pour cette raison, je vous conseille d’utiliser les règles optionnelles parues dans le numéro de White Dwarf de février 2017 qui introduisent des équipements supplémentaires pour ces malheureux soldats.

Pour autant, le titre présente l’avantage certain de règles simples et faciles à assimiler comme celui tout autant appréciable d’une mise en place très rapide ainsi que d’un temps de jeu aussi court qu’intense. À une époque où les jeux de plateau semblent souffrir d’une inflation souvent malheureuse en terme de complexité superflue, de quantité de composants et de durée de partie exténuante, on savoure ce retour à des sources à la fois classiques et conviviales.

Notes :

Deux éditions de Lost Patrol sont disponibles : la première, sortie en 2000, présente des ennemis différents et des règles souvent considérées comme moins punitives, que vous pouvez d’ailleurs consulter ici ; la seconde, chroniquée dans ce billet, est sortie en 2016.

Le designer du jeu, Jake Thornton, propose dans cet article des règles optionnelles et semi-officielles pour la première édition du jeu permettant de jouer un Sniper au lieu du Mitrailleur.

Les joueurs solitaires trouveront ici des règles non officielles qui permettent d’automatiser les actions des Genestealers.

Lost Patrol
Games Workshop, 2016
2 joueurs, environ 30€ (occasions seulement)

Warhammer 40,000: Squad Command

Jaquette UMD du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandLes adorateurs du Warp s’attaquent au monde de Ruhr III et seuls les Ultramarines de l’Impérium peuvent les arrêter. Mais à peine débarqués sur la planète, ils découvrent avec horreur la portée de l’invasion des Légions du Chaos : leurs serviteurs mutants sont partout, des cités entières de renégats leur prêtent main forte, et un traître pourrait même se cacher dans les hautes sphères du pouvoir de Ruhr III. D’ailleurs, il se murmure qu’un Inquisiteur de l’Ordo Malleus surveille attentivement les opérations, tout prêt à déployer ses Chevaliers Gris chasseurs de démons…

Les habitués de ce blog s’étonneront peut-être de me voir écrire que je connais assez mal l’univers de Warhammer 40,000. Pourtant, lancée par la célèbre compagnie de création de figurines et de jeux de plateau Games Workshop il y a maintenant près d’un quart de siècle, cette franchise compte depuis une quinzaine d’années parmi les plus prolifiques et les plus appréciées de la science-fiction dans le domaine des jeux de société. Il faut dire aussi qu’avec son univers aux nets accents dystopiques mais qui replace dans un futur prodigieusement lointain des éléments typiques du médiéval fantastique, cet univers présente une richesse rare à laquelle un certain public pouvait difficilement rester indifférent.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandAu fil du temps, cette gamme de jeu et de figurines connut une diversification proportionnelle à son succès et c’est tout naturellement qu’elle se trouva une place sur la plupart des médias, tels que romans et comics, mais aussi en jeux vidéo. Ainsi, c’est plus de 15 titres qui virent le jour depuis 1992, le plus souvent sur PC, de la simulation de jeu de plateau au jeu de tir tactique, en passant par les jeux de stratégie, en temps réel ou au tour par tour. La licence prévoit aussi de se diversifier à l’avenir sur d’autres types de jeu, tels que jeu d’action ou MMOPRG. À ce jour le second titre de la série sorti sur consoles portables, Squad Command propose de diriger une équipe d’une demi-douzaine d’unités dans quinze missions à la difficulté croissante.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandAu contraire de la série des Dawn of War (créée en 2004) de Relic Entertainment, les développeurs de RedLynx ont choisi le tour par tour, soient des mécaniques de jeu très respectueuses de celles du jeu de plateau original. Le joueur dirige donc sur le terrain de jeu des unités disposant de points de vie et de points d’action dans le but de remplir des objectifs de mission bien spécifiques ; ceux-ci consistent à éliminer tous les adversaires ou bien un seul en particulier, occuper une certaine zone ou alors la détruire, survivre pendant un certain temps, etc – les conditions de défaite varient elles aussi selon la mission, bien qu’un peu moins, allant de la destruction complète de votre équipe à celle d’une seule unité bien spécifique.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandVous pourrez utiliser à cet effet de simples soldats jusqu’aux chars d’assaut les plus sophistiqués, en passant par les marines d’élite et les aéroglisseurs, ou bien les Terminators et les Chevaliers Gris mais aussi les Dreadnoughts. Si chacune de ces unités et son arme principale sont imposées pour chaque mission – pas moyen d’échanger un soldat de base contre un space marine par exemple –, vous pouvez néanmoins choisir son arme secondaire ainsi que le nombre de ses munitions – mais en contrepartie de points d’action. Cette évolution dans l’équipement dépend bien sûr de votre progression dans le jeu, et vous accéderez naturellement aux engins les plus intéressants au fur et à mesure que vous avancerez dans la partie.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandÀ noter que le terrain de jeu ne se divise pas en cases, au contraire de la plupart des jeux de stratégie au tour par tour. Au lieu de ça, vous « tracez » le trajet de déplacement de vos unités sous forme de petites flèches à l’aide des touches ou du stylet et le validez une fois le point d’arrivée jugé satisfaisant. Chaque point d’action de l’unité correspond à une certaine distance parcourue, et le chemin ainsi affiché prend une couleur rouge quand vous dépassez la limite au-delà de laquelle votre unité n’a plus assez de points d’action pour utiliser son arme sélectionnée. Mais je vous conseille tout de même de garder des points d’action en râble, pour pouvoir placer votre unité à couvert après qu’elle ait fait feu – vos adversaires ne s’en priveront pas…

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandLa réalisation s’affirme de très bonne facture. Les modèles présentent un bon niveau de détails et d’animation, et les textures à la fois richesse et diversité ; quant aux effets pyrotechniques tels que tirs et explosions, et ceux d’ambiance comme les fumées d’incendies, ils se montrent convaincants. L’attention portée aux divers éléments du jeu se mesure aussi à des choses a priori anodines telle que la possibilité pour une unité de petite taille de se glisser entre les pattes des restes d’un adversaire bien plus imposant, ce qui peut parfois présenter un certain intérêt tactique. Enfin, les décors sont tous entièrement destructibles, de sorte qu’une cible bien planquée ne le reste pas longtemps – une autre dimension stratégique appréciable.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandMais cette qualité artistique se paye assez cher. Non pour des raisons de performances, ni de temps de chargements, mais pour de simples questions de jouabilité. Ainsi, les mouvements de caméra s’avèrent très limités, peut-être pour réduire le nombre de polygones affichés, et gênent parfois la visée d’une cible dissimulée derrière un obstacle – non du point de vue de l’unité qui tire, mais bel et bien de celui du joueur. Et alors que les pans de mur et autres restes de véhicules sont supposés devenir transparents pour pouvoir contourner ce problème, un bug rend hélas cette fonction un peu aléatoire. Pour la même raison, le seul moyen d’avoir une vue d’ensemble du terrain et de la position des unités consiste à passer par une vue de dessus.

Mais que ce défaut ne vous rebute pas car en fin de compte il s’avère assez mineur et n’empêche pas du tout Squad Command de proposer une expérience de jeu toute aussi divertissante qu’aboutie sur le plan tactique. De plus, et bien qu’assez limité, le scénario de ce titre reste une excellente introduction à l’univers de Warhammer 40,000 et donne vraiment envie d’en savoir plus – par exemple à travers les romans de la série.

Warhammer 40,000: Squad Command
RedLynx, 2007
Playstation Portable & Nintendo DS, env. 30 €


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