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Warhammer 40,000: Space Marine

Jaquette PAL de l'édition Xbox 360 du jeu vidéo Warhammer 40,000: Space MarineLe monde-forge Graia est assailli par les Orks et il incombe au chapitre des Ultramarines de le délivrer de cette engeance xéno avec pour ultime priorité de sécuriser les Titans Warlords, pinacles de la technologie de guerre de l’Impérium. Mais la situation se complique soudain quand l’inquisiteur Drogan demande aux space marines de l’aider à retrouver une source d’énergie capable d’alimenter le Fléau Psychique, seule arme pouvant détruire la flotte des envahisseurs – celle-ci, en effet, tire son énergie du Warp…

Comme beaucoup de créations de son temps, une période de foisonnement et d’amalgame caractéristiques des années 80, la franchise Warhammer 40,000 ne s’affirmait pas comme très sophistiquée à ses débuts. Sur le plan visuel du moins, et en dépit du succès de son éditeur qui pouvait ainsi financer les efforts d’artistes et de créateurs de talent, cet univers encore en gestation restait balbutiant. Il faut bien commencer quelque part. Au fil du temps, toutefois, les choses s’améliorèrent, encore qu’il semble peut-être plus juste de dire qu’elles se précisèrent. À force d’écarter les mauvaises idées les unes après les autres, il ne subsista plus que les meilleures, ou en tous cas les moins pires. Et peu à peu, l’univers de ce sombre futur où il n’y a que la guerre acquit la forme qu’on lui connaît aujourd’hui.

Screenshot du jeu vidéo Warhammer 40,000: Space MarineUne forme grandiloquente et somptueuse, certes, mais aussi bien goguenarde, au moins à sa manière (1), où les hypertechnologies d’un avenir pour le moins lointain se conjuguent au post-classicisme d’un gothique fantasmé jusqu’à l’hallucination, où les fusils-laser et les épées-tronçonneuses côtoient les armures mécanisées et les bannières arborant les blasons de seigneurs de guerre que brandissent des combattants fanatiques, où des machines de guerre devenues si complexes qu’on leur applique des onguents sanctifiés pour s’assurer leur bon fonctionnement épaulent des combattants dotés de pouvoirs mentaux aux relents de magie noire. Du space opéra, en fait, et comme il se doit bien flamboyant de préférence mais ici d’une lueur de décadence et de pourriture larvée.

Car à l’instar de nombre d’univers d’heroic fantasy, ici, le souvenir toujours plus éloigné de la gloire passée ne parvient plus à dissimuler la fin inexorable d’une civilisation parvenue en bout de course. On reconnait bien là, d’une part, une attitude postmoderne dans cette manière de juxtaposer des éléments sans aucun rapport commun au départ, en l’occurrence le futur lointain et le passé tout aussi distant au moins sur le plan civilisationnel, et d’autre part une inspiration typiquement britannique dans cette façon de concevoir un univers où l’espoir presque utopique de lendemains plus beaux s’est échoué sur les récifs d’une nature humaine dont on n’attend plus rien depuis longtemps. À dire vrai, la dimension littéraire de l’univers de Warhammer 40,000 surprend plus d’une fois.

Screenshot du jeu vidéo Warhammer 40,000: Space MarineEt voilà au fond ce qu’on retrouve dans ce Warhammer 40,000: Space Marine. Non sur le plan des idées puisqu’il s’agit avant tout d’un jeu d’action mais au moins sur le plan des visuels, ou plus précisément de l’atmosphère que ceux-ci convoient, de l’ambiance qu’ils posent. Tout ici s’élève jusqu’à des hauteurs qui rivalisent avec les nuages ou plonge dans des profondeurs insondables, ou bien se couvre de bas-reliefs finement sculptés et de circuits à la complexité inouïe, ou encore se maquille d’effets pyrotechniques somptueux pour traduire toute la fureur des combats. De sorte que jouer à ce Space Marine revient à goûter une fraction au moins de la splendeur de cet Impérium qui suffit largement à laisser muet de stupéfaction le spectateur le plus aguerri.

Bien sûr, c’est là aussi que le titre trouve ses limites, car à force d’en rajouter sur la forme il perd une part non négligeable de sa substance de départ – celle d’un jeu de stratégie à une échelle assez vaste. Ainsi, les aficionados lui reprochent-ils souvent de réduire son cadre à celui d’un combattant isolé ou presque au lieu de permettre ces affrontements entre armées entières qui font tout le sel du jeu de plateau original. De plus, ce jeu de tir en vue objective devient vite un pur hack ‘n’ slash dont les mécaniques exigent d’écarter les équilibres de force entre unités adverses soigneusement élaborés par les designers de Games Workshop au long des diverses éditions de Warhammer 40,000 en faisant ainsi de votre personnage une machine à tuer capable d’exterminer une horde entière d’Orks à lui tout seul…

Hérétique pour certains, donc, mais malgré tout un jeu recommandable pour ses mécaniques classiques et donc efficaces, Warhammer 40,000: Space Marine parvient néanmoins à rester fidèle à la franchise de départ grâce à une réalisation de tout premier plan qui vaut largement le détour.

(1) Rick Priestly, dans une interview accordée le 11 décembre 2015 à Owen Duffy d’Unplugged Games et intitulée Blood, dice and darkness: how Warhammer defined gaming for a generation.

Notes :

Relic Entertainment recruta des spécialistes du développement console pour la création de Warhammer 40,000: Space Marine. Ceux-ci avaient notamment travaillé sur les séries Gears of War, God of War et Far Cry.

Chose rare pour l’époque, l’éditeur THQ sortit une démo du jeu environ deux semaines avant la sortie du jeu, mais uniquement pour les versions console du titre.

Deux séquelles devaient être développées mais la fermeture de THQ mit un terme à ces projets.

Plusieurs DLC ajoutèrent au jeu de base différents skins et divers modes pour le jeu en ligne avec le cas échéant des maps dédiées.

Warhammer 40,000: Space Marine
Relic Entertainment, 2011
Windows, Playstation 3 & Xbox 360, environ 5€

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Lost Patrol

Lost_Patrol

Un vaisseau contenant des informations vitales pour l’Impérium a disparu sur la planète Maraz III, un monde de jungles hostiles qui semblent douées d’une vie propre et dans lesquelles rôdent des hordes de Genestealers assoiffés d’ADN frais. Vous devez localiser le navire échoué pour le ramener dans l’espace connu et ne disposez pour cela que d’un détachement de Scouts des Space Marines : bonne chance à vous et longue vie à l’Impérium !

Si on connait bien la franchise Warhammer 40 000 pour ses différents titres orientés affrontements tactiques ou stratégiques à grande échelle mettant en scène plusieurs détachements, voire parfois même des régiments entiers de diverses races les uns contre les autres dans des batailles dantesques, elle propose néanmoins aussi des productions à l’échelle bien plus modeste et parfois même assez confidentielles. Dans cette gamme, Space Hulk (1989) reste un classique indémodable actuellement dans sa quatrième édition et dont les inspirations semblent puiser du côté d’Aliens, le retour (Aliens ; James Cameron, 1986) pour son thème d’une escouade de soldats du futur en prise avec des extraterrestres belliqueux dans un environnement inconnu ou presque.

Avec ses jungles luxuriantes qui se referment comme des pièges mortels sur une équipe de marines poursuivis par des adversaires aussi mortels qu’insaisissables, Lost Patrol donne plutôt l’impression de s’inspirer de Predator (John McTiernan, 1987). Car mis à part les classiques Genestealers, cette branche des Tyrannides déjà vue dans l’opus de la franchise évoqué plus haut, rien ici ne correspond au décorum space opera grandiloquent de Warhammer 40 000. À dire vrai, Lost Patrol étonne surtout pour son ambiance quasiment intimiste qu’on pourrait presque qualifier de huis clos. Loin de la décadence d’un Impérium en proie à bien des démons, au propre comme au figuré, les Scouts sont ici livrés à eux-mêmes en terrain inconnu pour y faire face à des menaces toutes aussi obscures…

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En effet, s’ils ne deviennent jamais le cadet de vos soucis, les Genestealers ne sont que la couche supplémentaire d’un environnement déjà hostile en lui-même. Car cette jungle dans laquelle se perdent les Scouts, dans tous les sens du terme, constitue bien votre principal adversaire. Mouvant, anarchique, incontrôlé, pas plus par l’opposant que par vous-mêmes, quel que soit le bord que vous jouez, ce plateau s’affirme bel et bien comme un troisième combattant, et d’ailleurs le seul qui gagnera toujours quelle que soit l’issue de la partie. En termes de jeu, il s’agit de disposer des tuiles prises au hasard selon les lignes de vue des soldats, mais qui disparaissent quand les Scouts les perdent de vue et qu’on remplace par d’autres entièrement nouvelles si les Space Marines reviennent sur leurs pas.

De plus, ce dédale végétal sans cesse changeant présente à l’occasion des ronces dans lesquelles s’empêtrent les soldats en mettant ainsi un terme à la stratégie de la fuite en avant vers la dernière tuile, celle du vaisseau échoué, qui garantit la victoire. Bien sûr, les Genestealers ne manquent pas d’exploiter ce handicap des Scouts et comme ils s’avèrent aussi difficiles à tuer que dans Space Hulk, attendez-vous à des carnages tant injustes que brutaux. À dire vrai, il s’agit bien là du défaut principal de Lost Patrol : la chance y joue un rôle certain, voire même déterminant. Pour cette raison, je vous conseille d’utiliser les règles optionnelles parues dans le numéro de White Dwarf de février 2017 qui introduisent des équipements supplémentaires pour ces malheureux soldats.

Pour autant, le titre présente l’avantage certain de règles simples et faciles à assimiler comme celui tout autant appréciable d’une mise en place très rapide ainsi que d’un temps de jeu aussi court qu’intense. À une époque où les jeux de plateau semblent souffrir d’une inflation souvent malheureuse en terme de complexité superflue, de quantité de composants et de durée de partie exténuante, on savoure ce retour à des sources à la fois classiques et conviviales.

Notes :

Deux éditions de Lost Patrol sont disponibles : la première, sortie en 2000, présente des ennemis différents et des règles souvent considérées comme moins punitives, que vous pouvez d’ailleurs consulter ici ; la seconde, chroniquée dans ce billet, est sortie en 2016.

Le designer du jeu, Jake Thornton, propose dans cet article des règles optionnelles et semi-officielles pour la première édition du jeu permettant de jouer un Sniper au lieu du Mitrailleur.

Les joueurs solitaires trouveront ici des règles non officielles qui permettent d’automatiser les actions des Genestealers.

Lost Patrol
Games Workshop, 2016
2 joueurs, environ 30€ (occasions seulement)

Warhammer 40,000: Squad Command

Jaquette UMD du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandLes adorateurs du Warp s’attaquent au monde de Ruhr III et seuls les Ultramarines de l’Impérium peuvent les arrêter. Mais à peine débarqués sur la planète, ils découvrent avec horreur la portée de l’invasion des Légions du Chaos : leurs serviteurs mutants sont partout, des cités entières de renégats leur prêtent main forte, et un traître pourrait même se cacher dans les hautes sphères du pouvoir de Ruhr III. D’ailleurs, il se murmure qu’un Inquisiteur de l’Ordo Malleus surveille attentivement les opérations, tout prêt à déployer ses Chevaliers Gris chasseurs de démons…

Les habitués de ce blog s’étonneront peut-être de me voir écrire que je connais assez mal l’univers de Warhammer 40,000. Pourtant, lancée par la célèbre compagnie de création de figurines et de jeux de plateau Games Workshop il y a maintenant près d’un quart de siècle, cette franchise compte depuis une quinzaine d’années parmi les plus prolifiques et les plus appréciées de la science-fiction dans le domaine des jeux de société. Il faut dire aussi qu’avec son univers aux nets accents dystopiques mais qui replace dans un futur prodigieusement lointain des éléments typiques du médiéval fantastique, cet univers présente une richesse rare à laquelle un certain public pouvait difficilement rester indifférent.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandAu fil du temps, cette gamme de jeu et de figurines connut une diversification proportionnelle à son succès et c’est tout naturellement qu’elle se trouva une place sur la plupart des médias, tels que romans et comics, mais aussi en jeux vidéo. Ainsi, c’est plus de 15 titres qui virent le jour depuis 1992, le plus souvent sur PC, de la simulation de jeu de plateau au jeu de tir tactique, en passant par les jeux de stratégie, en temps réel ou au tour par tour. La licence prévoit aussi de se diversifier à l’avenir sur d’autres types de jeu, tels que jeu d’action ou MMOPRG. À ce jour le second titre de la série sorti sur consoles portables, Squad Command propose de diriger une équipe d’une demi-douzaine d’unités dans quinze missions à la difficulté croissante.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandAu contraire de la série des Dawn of War (créée en 2004) de Relic Entertainment, les développeurs de RedLynx ont choisi le tour par tour, soient des mécaniques de jeu très respectueuses de celles du jeu de plateau original. Le joueur dirige donc sur le terrain de jeu des unités disposant de points de vie et de points d’action dans le but de remplir des objectifs de mission bien spécifiques ; ceux-ci consistent à éliminer tous les adversaires ou bien un seul en particulier, occuper une certaine zone ou alors la détruire, survivre pendant un certain temps, etc – les conditions de défaite varient elles aussi selon la mission, bien qu’un peu moins, allant de la destruction complète de votre équipe à celle d’une seule unité bien spécifique.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandVous pourrez utiliser à cet effet de simples soldats jusqu’aux chars d’assaut les plus sophistiqués, en passant par les marines d’élite et les aéroglisseurs, ou bien les Terminators et les Chevaliers Gris mais aussi les Dreadnoughts. Si chacune de ces unités et son arme principale sont imposées pour chaque mission – pas moyen d’échanger un soldat de base contre un space marine par exemple –, vous pouvez néanmoins choisir son arme secondaire ainsi que le nombre de ses munitions – mais en contrepartie de points d’action. Cette évolution dans l’équipement dépend bien sûr de votre progression dans le jeu, et vous accéderez naturellement aux engins les plus intéressants au fur et à mesure que vous avancerez dans la partie.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandÀ noter que le terrain de jeu ne se divise pas en cases, au contraire de la plupart des jeux de stratégie au tour par tour. Au lieu de ça, vous « tracez » le trajet de déplacement de vos unités sous forme de petites flèches à l’aide des touches ou du stylet et le validez une fois le point d’arrivée jugé satisfaisant. Chaque point d’action de l’unité correspond à une certaine distance parcourue, et le chemin ainsi affiché prend une couleur rouge quand vous dépassez la limite au-delà de laquelle votre unité n’a plus assez de points d’action pour utiliser son arme sélectionnée. Mais je vous conseille tout de même de garder des points d’action en râble, pour pouvoir placer votre unité à couvert après qu’elle ait fait feu – vos adversaires ne s’en priveront pas…

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandLa réalisation s’affirme de très bonne facture. Les modèles présentent un bon niveau de détails et d’animation, et les textures à la fois richesse et diversité ; quant aux effets pyrotechniques tels que tirs et explosions, et ceux d’ambiance comme les fumées d’incendies, ils se montrent convaincants. L’attention portée aux divers éléments du jeu se mesure aussi à des choses a priori anodines telle que la possibilité pour une unité de petite taille de se glisser entre les pattes des restes d’un adversaire bien plus imposant, ce qui peut parfois présenter un certain intérêt tactique. Enfin, les décors sont tous entièrement destructibles, de sorte qu’une cible bien planquée ne le reste pas longtemps – une autre dimension stratégique appréciable.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandMais cette qualité artistique se paye assez cher. Non pour des raisons de performances, ni de temps de chargements, mais pour de simples questions de jouabilité. Ainsi, les mouvements de caméra s’avèrent très limités, peut-être pour réduire le nombre de polygones affichés, et gênent parfois la visée d’une cible dissimulée derrière un obstacle – non du point de vue de l’unité qui tire, mais bel et bien de celui du joueur. Et alors que les pans de mur et autres restes de véhicules sont supposés devenir transparents pour pouvoir contourner ce problème, un bug rend hélas cette fonction un peu aléatoire. Pour la même raison, le seul moyen d’avoir une vue d’ensemble du terrain et de la position des unités consiste à passer par une vue de dessus.

Mais que ce défaut ne vous rebute pas car en fin de compte il s’avère assez mineur et n’empêche pas du tout Squad Command de proposer une expérience de jeu toute aussi divertissante qu’aboutie sur le plan tactique. De plus, et bien qu’assez limité, le scénario de ce titre reste une excellente introduction à l’univers de Warhammer 40,000 et donne vraiment envie d’en savoir plus – par exemple à travers les romans de la série.

Warhammer 40,000: Squad Command
RedLynx, 2007
Playstation Portable & Nintendo DS, env. 30 €


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