Archive for the 'OVA' Category



Sol Bianca: The Legacy

Jaquette DVD de l'édition collector de l'OVA Sol Bianca: The LegacyQuatre siècles après la légendaire Ère des Conquêtes où on colonisa les étoiles éloignées, l’humanité ne sait plus où se trouve la Terre et vit dans la nostalgie de sa gloire d’antan. Le Sol Bianca, une relique de ces temps anciens, un navire équipé de technologies fabuleuses convoitées par les puissants de l’Univers, se trouve aux mains d’une petite bande de pirates qui, comme beaucoup de mercenaires, collectent les artefacts de la Terre déchue pour des commanditaires fascinés par le passé glorieux d’une civilisation éclatée.

Lors d’une vente aux enchères, April, capitaine de cette bande hétéroclite, retrouve la trace d’une ancienne arme, relique de la splendeur fanée de l’humanité qu’elle hérita de sa mère adoptive mais que le destin lui ravit. En route avec son équipage pour récupérer ce qui lui appartient, elle s’attirera les foudres des troupes de la Blue Comet, compagnie de l’espace à la vaste puissance militaire et qui aurait, dit-on, pour but de rendre sa gloire perdue au monde originel…

Voilà une production pour le moins classique sous bien des aspects. Un futur lointain où, à force de coloniser les mondes les plus éloignés, l’humanité a perdu le chemin de la Terre et avec elle les secrets d’une technologie prodigieuse ; un équipage de pirates qui fraye avec les faces les plus sombres de cet avenir déliquescent ; une faction militaire aux objectifs et aux moyens obscurs… Sol Bianca: The Legacy flirte bien avec les thèmes les plus éculés du space opera le plus traditionnel, voire le plus cliché diront certains – et non sans raison. En fait, c’est presque un ode à l’« Âge d’Or » de la science-fiction, cette période du genre qui repoussa le plus les frontières de ce domaine à l’époque encore assez balbutiant.

Pour cette raison, Sol Bianca… recueille des réactions assez contrastées. Alors que les férus de science-fiction lui reprochent son classicisme, les profanes dans le genre regrettent son scénario parfois un peu obscur à force de se voir précipité. Si les deux points de vue se valent, et se complètent même, au moins jusqu’à un certain point, ils laissent hélas de côté ce qui me semble constituer l’essence primordiale de cette OVA : ses immenses qualités artistiques, tant sur le plan pictural que musical. Car en dehors de son animation, hélas souvent lacunaire, Sol Bianca… nous propose néanmoins une exécution d’excellente facture, avec ses designs aussi somptueux qu’originaux et ses images splendides où même la 3D sait se fondre dans l’ensemble.

En fait, Sol Bianca… est une invitation au rêve, au voyage, à la découverte d’un futur comme on en fait plus depuis trop longtemps, dans lequel les constructions cyclopéennes et à présent incompréhensibles d’une humanité au passé glorieux la dépassent et l’éclipsent même parfois, où à force d’être allés trop loin les humains ont oublié ce qui faisait d’eux des pionniers et des explorateurs, des bâtisseurs de mondes, des créateurs d’avenirs. C’est là toute la force de ce type de science-fiction hélas un peu passé de mode mais qui savait susciter l’émerveillement en décrivant ce que les techno-sciences rendaient possible : des lendemains qui scintillent, ou quelque chose de cet acabit – et tant pis si ça peut paraître naïf, au moins un peu…

Car si l’époque où se déroule ce récit reste décadente par rapport à son passé lointain, le souvenir de ce dernier hante bel et bien chaque instant de cette OVA. Non comme un fantôme ou une âme perdue, mais comme un songe de jours enfuis qui n’aspirent qu’à redevenir réalité. En témoigne cette obsession pour les reliques d’antan qui anime chacun des personnages principaux de cette aventure ; au moins indirectement, ils lui consacrent tous une part pour le moins conséquente de leur vie, de leur énergie, de leurs aspirations. Pour des raisons qui leur sont propres, ils veulent tous le faire revivre, et peu importe si leur vision respective ne se montre pas toujours compatible avec celles des autres. C’est le privilège des rêves après tout.

D’ailleurs, ces personnages donnent une texture particulière au récit, en raison principalement de leur facette double. Sans pour autant s’abîmer dans un pathos racoleur, en tous cas pour un certain public, ils présentent tous des cicatrices qui ne laissent pas indifférent mais qu’il faudra laisser à la narration le soin de dévoiler peu à peu. Ici, pirates et militaires se montrent en fait bien moins caricaturaux que dans la plupart des productions de cet « Âge d’Or » évoqué plus haut. Pour autant, et s’ils enrichissent bel et bien cette histoire d’une saveur toute particulière, il ne faut pas croire qu’ils en constituent le squelette mais au lieu de ça un aspect parmi d’autres, comme par exemple le sense of wonder (1) déjà décrit ici.

Le temps d’une soirée ou deux, seul ou accompagné, plongez donc dans les étoiles aux côtés de cet équipage de pirates sans pareil dans ce space opera flamboyant à l’exécution encore stupéfiante, même plus de dix ans après : Sol Bianca: The Legacy compte bel et bien parmi ces perles à découvrir de toute urgence.

(1) cette expression désigne en général le sentiment de vertige, ou ressenti du même ordre, qui saisit le lecteur face à l’exposition de certains faits techno-scientifiques qui bouleversent sa perception du réel et/ou sa compréhension du monde ; c’est un effet typique de la science-fiction.

Notes :

L’équipage du Sol Bianca se compose de quatre femmes et d’une jeune fille dont les prénoms sont des mois de l’année : Janny Mann vient de January (janvier), Feb Fall de February (février), April Bikirk d’April (avril), May Jessica de May (mai) et June Ashel de June (juin). À noter que cette dernière est en fait une androïde en liaison cybernétique constante avec Gi, l’intelligence artificielle qui contrôle le Sol Bianca, un aspect du personnage moins explicite ici que dans la version précédente de ce récit.

Sol Bianca: The Legacy est un remake de l’OVA en deux parties Sol Bianca réalisée par Katsuhito Akiyama et Hiroki Hayashi, respectivement les réalisateurs du premier et du second épisode. Sortie de 1990 à 1997, cette première production restée inachevée se montrait bien moins sombre dans son ambiance et bien moins aboutie sur le plan artistique.

Sol Bianca: The Legacy, Hiroyuki Ochi, 1999-2000
Déclic Images, 2005
Six épisodes, env. 10 € (occasions seulement)

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Les Héros de la Galaxie

Jaquette DVD de l'édition française du film Les Héros de la galaxieDans ce futur lointain, la galaxie se divise en deux camps qui s’opposent depuis des siècles : l’Empire Galactique et l’Alliance des Mondes Libres. Sur ce champ de bataille s’affrontent ceux qui deviendront les personnages les plus célèbres et les plus influents de cet épisode particulièrement sanglant de l’Histoire, les commandants Reinhart Von Musel de l’Empire et Yan Wanglee de l’Alliance. De leurs combats découlera l’avenir politique de l’Humanité : la république ou la dictature…

Sous son titre trompeusement pompeux, Les Héros de la Galaxie présente en fait une vaste fresque épique et politique dans un space opera qui ne néglige pas les aspects sociaux de la narration, bien au contraire. Entre des aspects « militaristes » où les tactiques et stratégies sont empruntées pour un meilleur réalisme aux grands généraux de l’Histoire – la vraie, celle qui se trouve consignée dans les livres – et d’autres, plus sociaux et humains, qui sont la conséquence logique des précédents – le concept de la série, en effet, se base sur l’idée que la guerre n’est jamais qu’une accélération de l’Histoire –, cette production tout à fait atypique nous propose surtout une réflexion de fond sur les points de divergence mais aussi les points communs qui opposent et lient en même temps la démocratie à la monarchie.

Voilà pourquoi il s’agit du genre de réalisation qu’on ne peut trouver que chez des japonais. Je rappelle à toute fin utile que ce peuple se trouvait en monarchie il n’y a même pas trois quarts de siècle et que la démocratie lui a été imposée par le vainqueur américain en 1945 – un comble quand on sait que, par définition, la démocratie est supposée être le choix du peuple –, ce qui explique pourquoi une telle thématique narrative alimente nombre de productions japonaises d’après-guerre, quel que soit leur média et leur auteur. Notons d’ailleurs aussi, au passage, que ce point cadre d’autant mieux avec la réalisation dont il est question ici puisque ce bouleversement politique et social subi par le Japon est bien lui aussi la conséquence d’une guerre.

Si on peut reprocher à cette (longue) OVA une animation assez sommaire qui la fait du coup ressembler à une simple série TV, du moins sur le plan technique, tout son intérêt se trouve en réalité dans les personnages – hauts militaires mais aussi politiques – et leurs interactions comme leurs affrontements, à la fois sur les plans idéologiques – pour illustrer les perpétuations ou au contraire les ruptures de régime – mais aussi sur les aspects personnels. Ainsi, la « rivalité » entre Reinhard von Musel et Yang Wen Li, tous deux mus par des objectifs et des désirs radicalement différents, devient vite le principal moteur derrière ces événements qui vont peu à peu bouleverser l’histoire de la galaxie.

Ce récit se montre donc profondément humain et surtout réaliste dans son portrait de l’Histoire comme jouet des passions qui animent deux personnalités aux idéaux antagonistes mais qui finiront par se rejoindre – les idéaux comme les personnes – à travers un examen au final assez déstabilisant de ces deux systèmes politiques le plus souvent présentés comme opposés mais qui partagent en fait tant en commun – surtout dans leurs extrêmes (1).

D’ailleurs, on reconnait bien par moments, le discours de Platon dans son dialogue célèbre La République quant à la nécessité d’un dirigeant surhumainement juste et impartial – ce qui sent bon l’utopie : après tout, même si on parvient à trouver un chef idéal un jour, il ne sera hélas pas éternel –, mais aussi les diverses critiques adressées à la démocratie depuis son invention – gloire du populisme et règne de la démagogie qui débouchent sur un parfait triomphe de la manipulation des masses. De sorte qu’au final, le discours de cette production prend des accents tout à fait intemporels – pour ne pas dire éternels.

Il paraît que c’est à ce genre de chose qu’on distingue les classiques : vous n’en serez certains qu’en voyant par vous-mêmes…

(1) et pour autant que ce manichéisme un poil bon enfant ne soit pas plutôt un héritage de notre culture chrétienne qui entretient des processus de pensée souvent assez binaires : à nouveau, il faut souligner les origines japonaises de l’œuvre chroniquée ici, qui lui permettent de dépasser ce dualisme intellectuel.

Notes :

Bien que jamais éditée hors du Japon à ce jour, cette OVA comprend comme préquelle le film Les Héros de la Galaxie (Legend of the Galactic Heroes: My Conquest is the Sea of Stars ; Noboru Ishiguro, 1988) qui connut une sortie en France chez Kazé, d’abord en VHS puis en DVD ; bien que très succinct et en aucun cas comparable à l’OVA présentée ici, ce film reste néanmoins une excellente introduction à cette dernière.

Cette OVA adapte une série de romans de science-fiction écrits par Yoshiki Tanaka, également auteur des œuvres de fantasy The Heroic Legend of Arslan (1986) – elle aussi adaptée en anime – et Sohryuden: Legend of the Dragon Kings (1987) – qui eut également droit à son adaptation.

Au départ, Les Héros de la Galaxie devait prendre la forme d’une série TV. Mais la série de livres dont elle s’inspire restait à l’époque mal connue, en plus de présenter une longueur inhabituelle et alors que bien peu d’animes adaptaient des romans à l’époque : pour cette raison, ses créateurs ne purent obtenir le feu vert pour une diffusion à la télévision et choisirent d’en faire une OVA à la place. Malgré tout, elle se vit plus tard adaptée au format TV.

Cette OVA connut un moyen de diffusion inhabituel auprès des lecteurs de la série de romans originale, basé sur un service de souscription : au lieu d’acheter les épisodes un par un, les clients payaient un forfait mensuel pour se voir expédier les cassettes à domicile.

Les Héros de la galaxie (Ginga Eiyu Densetsu), Noboru Ishiguro, 1988
Éditeur japonais inconnu

110 épisodes, pas d’édition française à ce jour

Legend of the Galactic Heroes Information Center (en)
Gineipaedia, the Legend of Galactic Heroes wiki (en)
– le site officiel de la franchise Les Héros de la Galaxie (jp)
– d’autres avis : Spokey Dokey, Le Chapelier fou, Corti

De:vadasy

Jaquette DVD de l'édition américaine de l'OVA De:vadasyAlors qu’une force étrangère à notre monde envahit la Terre à l’aide de nanomachines, le jeune Kay s’ennuie ferme au lycée. Et au point que quand l’armée se met à recruter des jeunes gens pour participer à l’effort de guerre à travers des expériences ultra-secrètes, il décide de signer : ainsi se retrouve-t-il aux commandes d’une bien curieuse machine… Très vite, Kay s’aperçoit que ce mecha est en réalité bien plus qu’un simple robot et que l’influence de cet appareil sur lui et les autres pilotes de la base se montre pour le moins… inquiétante !

De:vadasy se montre assez vite sous son vrai jour, soit celui d’un clone de Neon Genesis Evangelion (Hideaki Anno ; 1995), mais dépourvu des aspects psychologiques, ou du moins qui se trouvent souvent qualifiés de tels, ce qui reste assez différent, ainsi que de la grandiloquence des décors de ce dernier  – et ces coupes ne déplairont pas forcément à tous les spectateurs.

Si on apprécie l’ensemble des designs – surtout en ce qui concerne les mechas malgré l’emprunt assez évident sur l’Evangelion déjà mentionné –, la narration de son côté se montre hélas un peu trop confuse et le scénario parfois trop simpliste pour en faire une OVA vraiment intéressante, et surtout pas innovante, quel que soit l’aspect qu’on en examine. On aurait apprécié une réalisation plus longue au lieu de ces 75 malheureuses minutes, afin de mieux développer l’intrigue et les relations entre les personnages qui restent plus ébauchées qu’autre chose.

Dommage, donc, mais l’ensemble s’avère malgré tout assez distrayant et se laisse très bien regarder, d’autant plus qu’il n’y a que trois épisodes : dans le pire des cas, on en a vite fini…

Notes :

En dépit de tous mes efforts, il ne m’a pas été possible de trouver un trailer convenable pour illustrer ce billet : si vous avez une bonne adresse sous la main, n’hésitez pas à la faire passer…

De:vadasy, Nobuhiro Kondo, 2000
Media Blasters, 2002
3 épisodes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

M.D Geist

Jaquette DVD de la dernière édition américaine de l'OVA M.D GeistDans ce futur lointain où l’humanité a colonisé les étoiles, le monde de Jerra reste ravagé par des décennies de guerre. Geist est un M.D.S., pour Most Dangerous Soldier, un homme à l’ADN amélioré, sans pareil au combat et boulimique de batailles. À cause de sa nature incontrôlable, il se voit placé en hibernation dans un satellite. Mais celui-ci finit par s’écraser sur Jerra, et Geist rejoint ainsi l’armée régulière pour contrer une machine de mort qui menace d’annihiler toutes formes de vie sur cette planète…

Introduit aux États-Unis en 1996 à grand renfort de tapage médiatique dans la presse spécialisée, M.D Geist est vite devenu un classique de l’anime d’action, ce qui a valu le succès financier à ses producteurs et distributeurs. Au point d’ailleurs qu’une adaptation en comics a elle aussi vu le jour.

Que ces faits ne trompent pas le lecteur, il s’agit bien d’une production très moyenne dans le genre – et beaucoup la trouveront même franchement mauvaise. Si cette OVA avait vu le jour dans les années 70, où les productions orientées action commençaient vraiment à s’affirmer, elle aurait pu se voir considérée comme « bonne » – voire peut-être même « très bonne » –, au moins pour son aspect épique, mais elle arriva au milieu des années 80 et la plupart des productions de l’époque se montraient déjà bien plus abouties que celle-ci – tant sur le plan de l’action pure que sur celui des idées, faute d’un meilleur terme.

En fait, M.D Geist n’est pas si mal réussi que ça, il présente juste comme principal défaut de se cantonner à une apologie du triomphe de la force brute sur la raison, ce qui reste bien sûr un discours pour le moins limité. La version Director’s Cut, quant à elle, ne propose que quelques minutes de plus en tout début et en toute fin, pour ouvrir la porte à la séquelle de cet opus, de sorte qu’elle ne rajoute rien de spécial à l’intrigue de base qui se résume dans les grandes lignes au synopsis décrit ci-dessus.

Techniquement correct et son scénario revu et corrigé quelques millions de fois, M.D Geist brille toutefois pour ses designs – en particulier concernant les mechas – et la qualité de réalisation de ses scènes d’action, riches en hémoglobine et en effets pyrotechniques plutôt réussis mais qui ne se démarquent pas vraiment du reste des productions de son temps.

Pour aficionados, donc : ceux-ci ne seront pas déçus. Les autres passeront leur chemin sans regret. Sinon, il reste une production qui sut jadis se tailler une place particulière au sein du fandom occidental.

Je ne crois pas que ça suffise pour en faire un classique…

Notes :

Fondé et co-produit par Central Park Media, la version Director’s Cut de M.D Geist (1996) inclue cinq minutes de pellicule supplémentaires rajoutées à la version originale de 1986 à travers une nouvelle introduction et une nouvelle conclusion afin d’ouvrir le récit vers sa séquelle M.D Geist II – Death Force (Koichi Ohata ; 1996).

Le personnage de M.D Geist resta la mascotte de Central Park Media depuis le tout premier jour d’existence de cette compagnie jusqu’à sa fermeture en 2009.

M.D Geist, Hayato Ikeda, 1986
ADV Films, 2009
91 minutes (inclut M.D Geist II), pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

Mazinkaiser SKL

Jaquette DVD de l'édition américaine de l'OVA Mazinkaiser SKLLe futur proche. Sur Machine Island, une île colossale isolée du reste du monde par un rideau de gravité depuis la dernière guerre, trois factions s’affrontent à l’aide de super armes robotiques issues d’une science oubliée. Mais le dispositif qui alimente la barrière gravitique présente une erreur majeure dans la composition de ce rideau, au point que celui-ci est sur le point de s’effondrer en menaçant tout l’équilibre écologique de la planète. On dépêche donc la SKL Force pour régler le problème.

Pilotant l’arme la plus puissante connue, Mazinkaiser SKL, les deux agents envoyés sur l’île en reconnaissance, Kaidou Ken et Magami Ryou, constituent à eux seuls l’escouade Death Caprice : leur folie meurtrière leur tient lieu de réputation, au point qu’on les compare souvent à la grande faucheuse elle-même, ou encore à des collectionneurs de cadavres, voire même à des passeurs de l’enfer… Et pas seulement pour ce qu’ils font à leurs ennemis, car personne d’autres qu’eux ne revient jamais des opérations auxquelles ils participent…

De leur côté, Kaidou et Magami se montrent beaucoup plus prosaïques : ils n’affirment rien d’autre qu’être l’Enfer lui-même.

Et ils en sont fiers…

Voilà une production qui n’y va pas par quatre chemins. Dernier descendant à ce jour de l’illustre famille jadis fondée par Mazinger Z (Go Nagai ; 1972), qui reste une œuvre fondatrice sous bien des aspects, Mazinkaiser SKL repousse les limites de la bienséance comme du bon sens pour s’aventurer toujours plus loin sur les terres de l’action pure et de l’ultra-violence – et de préférence toute autant gratuite et sanglante l’une que l’autre, autrement ce ne serait pas drôle… En transcendant de la sorte les barrières que s’imposait la franchise depuis sa création en des temps où les réalisateurs ne pouvaient se montrer aussi créatifs – voire subversifs – qu’aujourd’hui, pour des raisons évidentes, Mazinkaiser SKL dépoussière le mythe et le ramène ainsi sous les projecteurs. On pourrait presque dire « à sa place » d’ailleurs…

Pour cette raison, n’y cherchez pas la moindre bribe de significations ou d’idées, ou de n’importe quoi d’autre de ce qu’évoquent les fans meurtris pour tenter de contrer une critique qu’ils ne supportent pas. Vous ne trouverez rien de ça ici. Kaidou et Magami vous le confirmeront eux-mêmes d’ailleurs : ils se moquent autant des causes que de la justice car seule la fureur et le sang ont l’heur de leur plaire. Ainsi en va-t-il de nos jours de ces guerriers qui sauvent le monde : ils accomplissent leurs exploits en quelque sorte « par-delà le Bien et le Mal » – ce qui leur va à merveille si on tient compte d’un des principaux thèmes qui sous-tendent le genre mecha. En d’autres termes, il n’y a plus de héros, super ou non, et au lieu de ça il ne reste que des fous. C’est bien connu, on vit une époque formidable…

Dans la foulée d’un Gurren Lagann (Hiroyuki Imaishi ; 2007), mais en revendiquant sa démence au lieu de tenter de la dissimuler sous le vernis d’une quête pour la liberté des opprimés, ou quelque autre morale de cet ordre, Mazinkaiser SKL use des dernières techniques de réalisation du genre pour proposer au final une expérience hors du commun. Véritable ode à l’action pure, à la folie furieuse et à la vaine boucherie, cette très courte série présente l’immense qualité d’aller droit au but, sans même tenter de s’encombrer d’une présentation détaillée de la situation qui pousse à en appeler aux deux psychopathes déjà mentionnés : il suffit de les voir à l’œuvre pour comprendre que la menace à juguler dépasse les pires craintes – qui prendrait le risque de leur confier cette mission autrement ?

Par un jour ou bien une nuit de profond ennui comme de folle euphorie, plongez donc dans Mazinkaiser SKL, seul ou accompagné, pour suivre Kaidou et Magami aux portes de cet Enfer dont ils se réclament : vous trouverez certainement dans ce voyage-là bien des choses que vous vouliez voir mais sans jamais avoir osé les demander.

Peut-être même en redemanderez-vous d’ailleurs…

Note :

Bien que présentant des protagonistes sans aucun rapport avec les héros des productions précédentes liées à Mazinger, cette OVA fait néanmoins quelques clins d’œil aux personnages principaux des diverses séries, dont bien sûr Kabuto Kouji lui-même, mais aussi plusieurs mecha designs restés célèbres. Les connaisseurs n’auront aucun mal à les repérer tout au long des trois épisodes de cette réalisation.

Mazinkaiser SKL, Jun Kawagoe, 2010
Media Blasters, 2011
75 minutes, pas d’édition française à ce jour

Full Metal Panic! TSR: Tessa’s Eventful Day

Jaquette DVD du premier volume de l'édition américaine de la série TV Full Metal Panic! The Second RaidAprès une soirée particulièrement arrosée, Tessa se met à la recherche de l’ours en peluche qu’elle a égaré : gênée d’admettre qu’à son âge elle dort encore avec ce genre de jouet, elle doit garder secret le but de sa « quête » auprès du personnel de la base de Mithrill. Mais elle n’est pas la seule à faire des cachotteries de ce genre, et cette recherche devient vite pour elle l’occasion de lever le voile sur les divers « plaisirs coupables » de ses collègues, y compris les plus inattendus…

Dans le plus pur style de Full Metal Panic? Fumoffu, cette OVA se veut surtout comique et centrée sur les relations entre les divers protagonistes de la série TV éponyme, avec – vous l’aurez deviné – Tessa en tête de liste : c’est donc une histoire plutôt réservée aux aficionados de la franchise, bien qu’elle ne soit pas aussi drôle que Fumoffu – encore que, les coups et les douleurs… Les autres spectateurs, par contre, risquent de ne pas saisir toutes les diverses private jokes qui parsèment le film, de sorte qu’ils riront moins mais sans que ça les empêche de s’amuser eux aussi pour autant. En gros, Tessa’s Eventful Day reste un bon divertissement, d’autant plus que le fan service s’y voit réduit au minimum vital : n’hésitez donc pas à en user et en abuser…

Note :

Cette OVA est la séquelle de la série TV Full Metal Panic! The Second Raid. Cet épisode se trouve inclus comme bonus sur le quatrième et dernier volume de l’édition américaine de cette série.

Full Metal Panic! The Second Raid: Tessa’s Eventful Day, Yasuhiro Takemoto, 2006
FUNimation Entertainment, 2009
30 minutes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

Model Suit Gunpla Builders Beginning G

Visuel de promotion pour l'OVA Model Suit Gunpla Builders Beginning GAlors qu’il assiste à l’exposition du RX-78-2 Gundam grandeur nature, le jeune Haru Irei se voit encouragé par son père à choisir une maquette à construire. Mais le dernier exemplaire du RX-78-2 lui passe sous le nez et il prend à la place un tout nouveau modèle, le GPB-X80 Beginning Gundam. Il ne sait pas encore que ces premiers pas dans le Gunpla l’amèneront à participer à des « Gunpla Battles », un jeu de simulation virtuelle où les joueurs s’affrontent avec des avatars de leurs maquettes.

À travers ces épreuves et ces rencontres, ces affrontements et ces amitiés, Haru apprendra quelle est la véritable nature du Gunpla et tout ce qu’il coûte… mais aussi quel bonheur il peut apporter.

Model Suit Gunpla Builders Beginning G s’affirme comme un anime pour le moins atypique puisqu’il fait l’apologie du… Gunpla (1), cette discipline bien particulière qui consiste à construire des maquettes tirées d’un des multiples univers Gundam. On a vu des productions plus communes que ça.

Une doublement courte série – tout juste trois épisodes d’à peine un quart d’heure chacun – mais néanmoins aussi agréable qu’originale dans sa facture narrative, en plus de proposer une qualité d’animation bien soignée pour une production aussi peu conforme dans son concept de départ. Car les modélistes, ici, se câblent sur des espèces de simulateurs qui leur permettent de se livrer à un duel aux commandes de leur maquette reproduite à échelle « véritable » dans un décor virtuel : un rêve de modéliste en somme, et surtout ceux qui se livrent à du kitbash (assemblage d’un modèle à partir de pièces de plusieurs autres) ou bien, encore mieux, à du scratch-build (création de toute pièce d’un modèle entièrement personnel).

Si les prémisses du récit évoquent bien sûr un spot publicitaire de plus servant à inciter les jeunes d’aujourd’hui à collectionner les maquettes Gundam comme le firent leurs pères en leur temps, la suite de l’histoire s’oriente en fait bien plus sur la nécessité absolue de consacrer beaucoup de temps à un seul modèle plutôt que d’en assembler de nombreux à la chaîne – c’est-à-dire sans leur dévouer toute l’attention requise pour en faire de véritables pièces de collection, soit la définition même du Gunpla. Un parti pris qui surprend assez, mais surtout qui plaît beaucoup : il est en fait question ici de passion plus que de gros sous – et même si ces derniers restent bien sûr présents, au moins de manière sous-jacente.

Pour le reste, les mechaphiles purs et durs seront comblés par des scènes de combat très bien menées ainsi qu’une intrigue très respectueuse des principaux codes du genre – et ce, d’une manière d’autant plus surprenante que les affrontements se déroulent dans un univers virtuel… Bref, cette courte OVA s’affirme comme une véritable réussite : si vous êtes fans de mechas, vous pouvez y aller les yeux fermés ; les autres spectateurs, quant à eux, y trouveront une production bien assez atypique pour mériter une petite heure de leur temps.

D’ailleurs, et puisque les trois épisodes sont disponibles en ligne en VOSTA et en toute légalité sur Gundam.info, je me permets de les inclure dans ce billet (pour activer les sous-titres, cliquez sur le bouton « CC » qui apparaît à gauche du réglage de la résolution après le lancement de la vidéo) :

(1) abréviation de « gundam plastic kit », qui peut se traduire par « maquette plastique Gundam ».

Notes :

Au contraire de toutes les autres productions Gundam à ce jour, Model Suit Gunpla Builders Beginning G se déroule dans le Japon actuel et présente les mobile suits sous la forme de maquettes à construire au lieu de mechas.

Le GPB-X38-30 Forever Gundam de Boris Schauer est un modèle HG (pour High Grade) au 1/144 du RX-78-2 Gundam modifié avec des éléments de blindage externes et quatre funnels VSBR (Variable Speed Beam Rifle).

Le RX-93-ν2 Hi-ν Gundam GPB Color de Koji présente comme différence avec le modèle standard HGUC (pour High Grade Universal Century) au 1/144 qu’il est équipé de trois paires de Fin Funnels mobiles au lieu d’un seul.

Le GPB-04B Beargguy de Rina est un modèle HGUC au 1/144 du MSM-04 Acguy avec une tête et des bras qui lui donnent l’allure d’un ours en peluche.

Le GPB-06F Super Custom Zaku F2000 de Tatsu est un modèle HGUC au 1/144 du MS-06F2 Zaku II Type F2 modifié avec des éléments de blindage. L’armement consiste en un Deadend G Heat Hawk, une mitrailleuse Super Custom MMP-80 90mm et une mitrailleuse MMP-78 120mm, une dernière mitrailleuse montée sur l’avant-bras et un lance-missiles sur l’épaule. De plus, le Zaku F2000 a deux bras supplémentaires pour pouvoir manipuler tout son armement.

Le MSN-00100 Byaku Shiki de Kenta dans l’épisode 2 est un modèle HGUC au 1/144 du MSN-00100 Hyaku Shiki repeint en blanc. Le kanji du jouet original pour « Hyaku » (百) est ici remplacé par celui de « Shiro » (blanc) (白).

Model Suit Gunpla Builders Beginning G, Kou Matsuo, 2010
Pas d’édition boitier disponible à ce jour
Trois épisodes


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