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Réalités Volume III

Couverture de l'anthologie Réalités Volume IIICeux d’entre vous qui ont apprécié ma nouvelle Mourir libre (voir mon billet de janvier dernier) seront certainement heureux d’apprendre qu’un autre de mes textes courts, Le Pays des cyclopes, paraîtra dans le troisième volume de l’anthologie Réalités dirigée par Tesha Garisaki. Sortie prévue le 15 septembre en numérique sur Amazon, Fnac, Kobo, 7switch, Nolim, Espace culturel Leclerc, Archambault & Ibookstore. Une version papier en sera aussi disponible sur Amazon. D’ici là, voyez la présentation du volume sur le site de l’éditeur.

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La Grande anthologie de la science-fiction

Couverture du numéro hors série de La Grande Anthologie de la Science-Fiction, Histoires de Science-FictionLa Grande anthologie de la science-fiction fait partie de ces initiatives des plus grands spécialistes du genre pour promouvoir celui-ci auprès d’un public profane à une époque où il était encore très mal connu. Si on ne peut affirmer avec certitude qu’ils ont réussi, les échos qui concernent cette anthologie sur les forums spécialisés du genre laissent néanmoins penser qu’elle a en tous cas laissé une empreinte indélébile auprès de la communauté – toujours restreinte – des lecteurs de science-fiction.

Il faut dire que le travail des anthologistes est colossal, réunissant plus de 30 volumes, chacun classé par thème, qui présentent les textes les plus représentatifs des plus de 3 000 qui ont été lus pour composer cette série. Et encore, ce chiffre ne concerne que les volumes parus de 1974 à 1976, c’est-à-dire une douzaine seulement sur un total de titres qui avait plus que triplé moins de dix ans après… Ce qui laisse penser que cette collection a au moins eu le succès commercial qu’elle méritait.

Ce n’est pas si étonnant que ça non plus puisqu’en rassemblant ainsi les meilleurs textes de la science-fiction anglo-saxonne depuis la fin des années 30 au début des années 60, les auteurs ont mis toutes les chances de leur côté : faire côtoyer des noms aussi illustres qu’Asimov, Heinlein, Clarke, Van Vogt, Simak, Pohl, Sturgeon, Brown, Anderson, Sheckley, Matheson, Leiber, Silverberg, Bradbury – et j’en oublie – avec d’autres moins connus mais néanmoins tout aussi talentueux, était bien évidemment un gage de succès.

Assorti d’un dictionnaire des auteurs, qui présentait une biographie des personnalités présentes au sommaire, chaque volume s’articulait autour d’un thème précis du genre. Extraterrestres, robots, mutants, planètes, voyages dans l’espace, dans le temps,… Et même des sujets plus « abstraits » tels que demain, l’écologie, Dieu, la quatrième dimension, les mirages, les catastrophes, les sociétés futures,… Un tour d’horizon complet où chaque texte se plaçait dans la continuité du précédent en explorant le thème sur une idée différente ou bien en en proposant une évolution.

Bien sûr, 35 après, l’ensemble a pris de l’âge. Mais parce que la science-fiction est un genre en constante évolution, il est souvent difficile d’y rentrer sans passer par ce que j’appellerais une sorte d’apprentissage progressif, une exploration des fondamentaux qui seuls permettent de bien cerner les tenants et les aboutissants du domaine à travers des productions au charme certes suranné mais néanmoins fondatrices. Ou bien on prend le risque d’arriver au beau milieu de la fête sans trop savoir ce qu’on y fait…

La Grande anthologie de la science-fiction tient ce rôle : celui d’une porte d’entrée dans un genre tout à fait particulier qui a bien plus évolué à lui tout seul en à peine un peu plus d’un siècle d’existence que n’importe quel autre depuis dix fois ce temps. Parce que la science-fiction se base sur des concepts techno-scientifiques qui apportent sans cesse des idées nouvelles, les modèles sociétaux et narratifs qu’elle propose changent tout aussi radicalement, parfois à des intervalles de temps très courts.

De sorte que s’il n’est pas toujours facile de suivre ce mouvement perpétuel, il est tout aussi assurément bien plus difficile de prendre un tel train en marche. Et comme il n’est pas vraiment plus aisé de lire un par un les classiques du genre afin de s’en faire une idée précise, alors une collection comme La Grande anthologie… devient vite un instrument indispensable.

La Grande anthologie de la science-fiction
Le Livre de Poche, collection SF n° 3763 à 3787 & 3811 à 3821, 1974-2001
38 volumes (dont deux hors-série), env. 1 à 5 € le volume (occasions seulement)

introduction à l’anthologie, par Gérard Klein
liste des volumes, avec leur titre
les préfaces des volumes principaux

Utopia 1

Couverture de l'anthologie francophone Utopia 1Sorte de compte-rendu du festival Utopia 98 organisé au Futuroscope de Poitiers à l’automne 98, cet ouvrage ne vaut pratiquement que pour ses tables rondes et pour ceux d’entre vous qui souhaitent quelques renseignements sur la biographie de Jack Vance, invité d’honneur de cette manifestation, dans le cas où ils n’en auraient pas déjà assez. Une de ses nouvelles inédites en français est aussi proposée : bien qu’il s’agisse d’un vieux texte de la part d’un maître du genre (paru dans le numéro de If, Worlds of Science-Fiction de 1953), il reste une histoire agréable typique d’un auteur qui a toujours su donner des allures exotiques et originales à ses productions.

Le reste des textes est globalement peu intéressant. Le premier, La Panique de l’Année zéro par Norman Spinrad, n’est pas mauvais mais a déjà été publié dans le tout premier numéro de Galaxies et cette façon du faire du « pas tout à fait neuf » avec du franchement vieux est toujours déplaisante même si le premier numéro de ce magazine est maintenant épuisé – j’ai souvenir qu’il présentait des textes plus intéressants que celui-ci (dont Un Cadeau de la Culture, de Iain M. Banks par exemple…) – ; le reste s’oublie presque aussi vite qu’il se lit à l’exception du texte de Paul J. McAuley, Entrée de Service, qui renouvelle de manière originale et inattendu le mythe de l’I.A. semblant surgir sur le réseau depuis nulle part ; le très français Tank de Laurent Genefort décrit une uchronie basée sur la Grande Guerre qui a décimé la quasi-totalité de l’Europe et où le niveau d’irradiation implique d’utiliser des chars blindés quasi-autonomes et intelligents ; et finalement Un petit Pas pour Max de Dan Simmons nous fait partager l’aventure un peu loufoque d’un maître-chanteur inhabituel qui ne sait pas dans quelle porte il va se coincer les doigts… Mention spéciale pour le texte d’Andreas Eschbach, Les Merveilles de l’Univers qui réussit son pari de l’émotion. À noter également la présence d’une sorte d’OVNI à travers la publication d’une vieille version du premier chapitre d’Étoiles mourantes, roman d’Ayerdhal et Dunyach, rebaptisé Ombres tueuses pour l’occasion : cette façon de faire la promo du dernier bouquin des copains frise d’autant plus l’indécence que le texte en lui-même ne raconte rien et laisse (volontairement, j’en suis sûr) le lecteur sur sa faim pour l’inciter à acheter le livre – et le pire c’est que ça marche : bien qu’étant tout à fait incapable de lire plus de trois pages d’Ayerdhal sans entendre les appels de Morphée, j’ai eu vraiment envie d’acheter le bouquin pour savoir de quoi il retourne…

La partie la plus intéressante est donc la dernière mais aussi, malheureusement, la plus courte. Les divers articles, tables rondes et interviews ont bien entendu leurs points faibles et leurs points forts mais restent globalement très informatifs une fois dépassé le stade des lamentations habituelles sur les intellectuels de la culture dominante qui n’aiment pas la science-fiction. Je n’ai que survolé l’article de Valerio Evangelisti à propos de la renaissance de la science-fiction italienne et ai été plus intéressé par l’État de la Science-Fiction en Europe : on nous y informe d’une grande partie des différences considérables avec le marché des genres de l’imaginaire de l’autre coté de l’Atlantique – dont on ne reçoit que la meilleure production, ce qui laisse songeur quant au niveau du reste, et qui ne publie pratiquement pas de choses de chez nous à cause de l’absence d’agents littéraires entre autres raisons. L’entrevue avec Andreas Eschbach nous confirme presque sans aucun détour que le copinage et les relations restent les meilleurs moyens de voir son travail d’écrivain reconnu et/ou publié dans les milieux de la science-fiction, ce qui n’a rien détonnant puisqu’il n’y a pas de raison que ce soit mieux ici qu’ailleurs… Dunyach surprend dans la table ronde Science et littérature quand il déclare être favorable à des films tel que Jurassic Park puisque ça permet aux chercheurs en paléontologie d’obtenir plus de crédits pour leurs travaux. Enfin, La science-fiction « jeunesse » nous fait partager les vues de nombreux auteurs spécialisés dans ce domaine à propos de ce « ghetto dans le ghetto » puisque pendant longtemps ce sous-genre n’était pas considérée comme digne d’intérêt par… les écrivains de science-fiction « classique » ; fort heureusement ce très efficace moyen d’initiation au genre a su s’imposer.

Les première et quatrième de couverture sont illustrés par un Caza qui donne la claire impression de ne pas savoir ce qu’il fout là et franchement ça fait un moment : autant cet artiste a eu une heure de gloire certaine grâce à un style personnel et novateur, autant il ne fait plus que se répéter depuis longtemps – au contraire de certains de ses confrères de l’époque, tels que Moebius ou Druillet.

Les nouveaux-venus et les profanes des genres de l’imaginaire seront peut-être intéressés par cet ouvrage comme base pour un éventuel futur approfondissement – c’était peut-être le but maintenant que j’y pense –, les autres feraient mieux de passer leur chemin.

Utopia 1. Science-fiction (Nouvelles – Articles – Tables rondes)
GALAXIES, coll. Hors-séries de la revue Galaxies n° (2), octobre 1999
256 pages, 10 € 70 (neuf), ISBN : néant


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