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Arès

Ares

2035. Rachetée par des sociétés privées, la France en tant qu’état-nation n’existe plus. Entre le chômage de masse et un climat où la violence le dispute à la révolte larvée, le public trouve un exutoire dans des combats télévisés dont les champions servent de cobayes pour de nouvelles formules de dopage. Reda, dit Arès, eut jadis son heure de gloire sur ces rings sanglants mais à présent il vit surtout de petits boulots. Tout bascule quand sa sœur est arrêtée et qu’il doit trouver une fortune pour la sortir de prison…

Je crois pouvoir isoler trois critères pour distinguer le cinéma de science-fiction américain du français. Le premier concerne la rareté : même ramenée à de simples pourcentages, la production du premier l’emporte sur celle du second sans aucune discussion possible. Ensuite vient la sophistication, de forme à travers l’expérimentation artistique, comme de fond dans la pertinence des sujets traités : là, le cinéma français impose son primat à l’autre. Enfin, plus évident, on trouve le budget, au reste une distinction qui touche tous les genres du cinéma français et pas seulement la science-fiction : d’une façon somme toute assez attendue, ce dernier élément dégage bien sûr le plus d’impact, au moins sur la forme, mais pas forcément au sens négatif du terme.

Ainsi, Arès, parce qu’il ne bénéficie pas d’un portefeuille comparable à celui de ses homologues d’outre-atlantique, trouve dans cette limite une authenticité rarement atteinte dans le cinéma de SF. Ici, et parce que la réalisation fait la part belle aux éléments réels par opposition aux informatiques, le moindre décor, le plus petit élément visuel, qu’il s’agisse des intérieurs comme des extérieurs, des objets usuels, des vêtements ou encore des véhicules, tout contribue à placer le spectateur dans l’atmosphère de cet avenir de cauchemar de plus en plus proche à chaque jour. Plus d’une fois, d’ailleurs, on pense à Blade Runner (Ridley Scott,  1982), qui reste 35 ans après d’une proximité pour le moins alarmante. Pour dire vrai, on pourrait presque toucher ce futur suintant de noirceur et de désespoir.

Voilà, donc, où se trouve la véritable force d’Arès : parvenir à nous plonger dans son horreur de post-libéralisme où même le corps humain se marchande, un concept certes déjà vu maintes fois mais néanmoins plus pertinent aujourd’hui que jamais, et sans pour autant en rajouter des tonnes sur les images de synthèse ou les incrustations numériques ni même d’ailleurs les scènes d’action d’autant plus vides de sens qu’elles se montrent le plus souvent gratuites dans ce genre-là, du moins au cinéma. En témoigne la longueur du métrage, 80 minutes à peine, dont la concision du récit ne s’égare jamais dans l’inutile et au contraire parvient à rendre vitale la moindre de ses secondes – encore une fois pour mieux sublimer cette atmosphère qui donne tout sa substance au film.

N’oublions pas non plus les dialogues qui esquivent avec brio l’écueil des punchlines typiques de ces réalisations bon marché dont les auteurs souvent assez mal inspirés  se sentent d’autant plus obligés de résumer en quelques mots vides de propos une situation qui n’en mérite pas tant pour commencer. C’est là une autre tradition caractéristique de la culture française, celle du verbe, qui s’exprime dans Arès : précis, sans ambages, et qui en quelques mots à peine arrive à cerner ce que des millions de budget d’effets spéciaux ne parviennent le plus souvent qu’à effleurer. En fait, et c’est là une autre caractéristique pour le moins inattendue, Arès s’écoute autant que ce qu’il se regarde – or le cinéma se définit bien comme des images et des sons…

Pour avoir un aperçu de ce qui nous attend si les masses persistent à se laisser dicter leur vote par des médias propriétés de grands groupes, ou tout simplement pour regarder ce combat d’un homme qui réalise soudain appartenir à quelque chose de plus grand que lui, ou encore pour pouvoir témoigner de ce qu’un cinéma à sa manière exigeant peut offrir quand il se focalise sur ce qui au fond nous concerne tous, regardez donc Arès.

Arès, Jean-Patrick Benes, 2016
Gaumont, 2017
80 minutes, 10 €

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Appleseed Alpha

Jaquette DVD de l'édition française du film Appleseed AlphaUne autre guerre mondiale a détruit la planète. Dans les ruines de New York, deux anciens soldats, Deunan et Briareos, survivent de petits boulots pour le compte de Deux Cornes, le caïd local. Lors d’une de ces missions, ils rencontrent Iris et Olson qui affirment venir de la cité d’Olympe, une utopie surgie des cendres de la guerre pour bâtir un monde meilleur. Mais des gens pourchassent ces deux-là, des miliciens qui ne plaisantent pas. Pris entre deux feux, Deunan et Briareos semblent enfin avoir retrouvé une cause pour laquelle se battre.

Après une première adaptation, sous la forme d’une OVA très respectueuse du matériau original mais dont la réalisation laissait hélas assez à désirer tant sur les plans artistiques que techniques, puis une seconde, en un long-métrage pour le cinéma qui se caractérisait par les défauts exactement inverse, il fallait bien que le manga original de Masamune Shirow obtienne enfin une interprétation à la hauteur de son potentiel. Presque trente ans après la parution de l’œuvre initiale, et alors que les productions de ce type ne brillent pas vraiment par leur fidélité au matériau de départ, on n’attendait plus rien. Pourtant, Appleseed Alpha réussit son pari, tout en insufflant une seconde vie à ce classique de la culture manga des années 80.

Sur le plan du récit d’abord, en évitant l’écueil de la transposition exacte. Ici, en effet, le film n’introduit pas Deunan et Briareos comme des espèces de marginaux qui vivent heureux et en autarcie dans une ville en ruines : réduits à vendre leurs services pour survivre, ils se voient contraints de collaborer avec un mafieux qui les oblige comme tous les criminels forcent les plus faibles qu’eux. On apprécie un tel revirement qui permet d’humaniser les deux personnages sans pour autant reposer sur un pathos inutilement lourd et surtout contraire au caractère original des protagonistes, un récif récurrent dans les créations contemporaines qui confondent souvent profondeur avec noirceur sinon gratuite au moins maladroite.

Le développement de l’histoire saura capitaliser de façon heureuse sur ces prémisses, en évitant de convoquer Deunan et Briareos à la cité d’Olympe où les quatre tomes du manga situent leurs intrigues respectives. En narrant leur odyssée dans les restes de la cité tombée au cours de la guerre mondiale et ses alentours, mais tout en parvenant à réutiliser des éléments emblématiques de l’œuvre originale en un cocktail nouveau et tout aussi réussi que bienvenu, Appleseed Alpha nous invite surtout à une redécouverte. Il faut aussi souligner que ce voyage devient vite pour Deunan et surtout Briareos une occasion de retrouver cet espoir qui leur fait tant défaut au début, comme une sorte de renaissance dans un monde pourtant brisé…

Sur le plan de la réalisation, enfin, cette adaptation s’affirme comme une apothéose. Tous ceux qui prétendent encore que les japonais se montrent incapables de produire une animation de qualité, en particulier dans le domaine des nouvelles technologies, se verraient bien inspirés de jeter un coup d’œil à ce film. Car rien ici ne prête à rire. Du moindre plan fixe aux séquences d’action les plus complexes, et pour peu qu’on ne s’attarde pas trop sur des expressions faciales encore un peu rigides, c’est un déluge d’hyperréalisme et de maestria technique : de la modélisation à l’animation, en passant par les effets de lumière et les matériaux, on ne trouve aucun défaut – sauf, peut-être, à la rigueur, celui de paraître « trop » réel.

Avec son scénario original bien que fidèle à l’esprit de l’original, même si on aurait apprécie un ennemi aux motivations moins clichées, mais aussi grâce à sa réalisation sans failles, ce film démontre à la perfection qu’Appleseed reste encore une œuvre majeure de Masamune Shirow, même trente ans après, et toujours capable d’inspirer les créateurs les plus experts dans leur domaine respectif.

Mais il reste encore à transformer l’essai : la scène post-générique se voulant assez ouverte, on peut espérer une suite qui établira enfin Appleseed comme une grande réussite de l’animation du XXIe siècle.

Appleseed Alpha, Shinji Aramaki, 2014
Sony Pictures Animation, 2014
90 minutes, env. 10 € neuf

– le site officiel du film (jp)
– d’autres avis : Glandeur Nature, L’antre de Jericho

Dredd

Jaquette DVD de l'édition française du film DreddUn futur proche. Au milieu d’un désert irradié, Mega-City One s’étend de Washington à Boston, ville-entrepôt-décharge post-WW3 habitée par 800 millions d’âmes et où on enregistre 17 000 crimes quotidiens. Les Juges y sont la loi, qui appréhendent et punissent sans aucun état d’âme. Dredd compte parmi les Juges les plus implacables et aujourd’hui il doit évaluer la recrue Anderson, une mutante dotée de perception extra-sensorielle. Ensemble, ils vont enquêter sur un triple meurtre perpétré dans un City Block…

On peut dire que Dredd partait sur de mauvaises bases, d’abord parce qu’il s’agit d’une adaptation – et celles-ci se montrent rarement à la hauteur du matériau original – et ensuite parce que ce film appartient au registre de la science-fiction – et les productions cinématographiques dans ce genre-là se montrent décevantes plus souvent que le contraire. Malgré tout, ce film parvient à tirer son épingle du jeu car, pour une fois, le scénariste sut garder à l’esprit ce qui faisait toute l’identité et la force du comics de départ par John Wagner et Carlos Ezquerra. Et pas n’importe lequel puisque cette série compte parmi les titres qui contribuèrent beaucoup à la gloire du magazine 2000 AD dès ses débuts.

Il faut dire aussi qu’en cette fin des années 70 où cette publication prit son essor, les illusions de l’après-guerre ne subsistaient presque plus et l’avenir qui s’annonçait ne présentait rien d’attrayant – les faits, justement, allaient lui donner raison, au moins en partie… Entre nihilisme, contestation sociale, ultra-violence gratuite et bien d’autres choses caractéristiques des productions de l’époque en matière de narration graphique, 2000 AD illustrait nombre de préoccupations de son temps à travers le prisme de la production artistique qui peut se montrer capable de toutes sortes de circonvolutions avant de s’avérer juste en fin de compte assez souvent. Ainsi en va-t-il des créations des intuitifs.

Quintessence de 2000 AD sous bien des aspects, et peut-être parce que son créateur compte parmi les fondateurs du magazine lui-même, Judge Dredd cristallise à lui seul nombre des traits principaux de la publication : avec son futur dystopique où les survivants de l’holocauste nucléaire s’entassent dans des océans de béton qui se veulent aseptisés mais où fermentent les pires pulsions d’une humanité en proie à la surpopulation et à toute la violence tant morale que physique caractéristique des milieux extrêmes, les enquêtes de Dredd restent avant tout le prétexte de plongées tête première dans les abysses les plus sombres – mais tout en évitant le piège d’un sermon assez vite lassant…

Voilà ce qui ressort de cette interprétation qui ne fait jamais semblant et, surtout, qui n’oublie pas où elle plonge ses racines : c’est brut de décoffrage, violent, amoral, brutal, limite gore, et surtout ça ne se prend jamais au sérieux. Car tout ici sert de prétexte à la pure exagération : les décors aux allures de blockhaus et capables de se verrouiller avec du blindage d’acier en cas d’alerte, l’arsenal des Juges à la puissance de feu digne d’armes lourdes mais qui tiennent dans une seule main, celui non moins destructeur des gangsters qui leur font face sans se retenir eux non plus d’en user et d’en abuser, le boss de ces derniers qui à sa façon sait sortir des sentiers battus, et bien d’autres choses dont je vous laisse la surprise.

Si au début la direction artistique surprend un peu avec ses visuels résolument contemporains dans les décors et les véhicules, l’esprit de l’original reprend néanmoins vite le dessus avec cette action aussi gratuite que sans limites et surtout pas celles du bon sens, l’introduction d’un second personnage central que les fans savent apprécier et, enfin, l’odyssée de notre duo dans ce City Block où a eu lieu le triple meurtre évoqué plus haut. Là saura s’exprimer toute la folie furieuse, la vaine boucherie du quotidien des Juges, et à travers cet épisode d’un jour somme toute comme les autres on pourra ainsi apercevoir de quoi se compose vraiment cet avenir de cauchemar où la justice peut s’avérer bien plus punitive que le désert radioactif au dehors de la cité…

Loin d’une quelconque morale ou même d’une simple représentation de notre présent à travers je ne sais quelle métaphore, on revisite ici Die Hard (John McTiernan ; 1988) à la sauce ultra-violence dans un futur proche où tout est foutu et où l’ordre, pour s’imposer, n’a pas d’autre choix que de dépasser toutes les bornes. Bref, du pur Judge Dredd, ce classique parmi les classiques du comics anglais et de la BD de science-fiction – voire peut-être même de la science-fiction tout court – qui trouve là une incarnation bien à la hauteur de ses inspirations originales.

Si vous avez un peu plus d’une heure et demie de votre temps à consacrer à un pur divertissement qui n’a absolument rien de familial mais au contraire utilise toutes les technologies modernes des blockbusters actuels pour rendre hommage à ces films d’action des années 80 dont il retient surtout l’adrénaline sous toutes ses formes, Dredd est ce qu’il vous faut.

Note :

Bien que le projet de séquelle à ce film se vit compromis par ses pauvres résultats au box-office, une pétition en ligne relayée par 2000 AD permit à ce récit de connaître une suite sous la forme du comics Dredd: Underbelly dont la publication commença dans le Judge Dredd Megazine du 18 septembre 2013. Depuis, le scénariste Alex Garland a confirmé être en négociation avec un studio.

Dredd, Pete Travis, 2012
Metropolitan Vidéo, 2013
92 minutes, environ 6 €

– le site officiel du film
– d’autres avis : Go with the Blog, The French Reporter, Film de Culte

Christine

Jaquette DVD de la dernière édition française du film ChristineRockbridge, Californie, 1978. Le jeune Arnie se balade quand il a le coup de foudre pour Christine. Une voiture. Une Plymouth Fury 1957 rouge sang à l’état d’épave dont l’ancien propriétaire, dit-on, s’est suicidé au volant de son véhicule. Mais Arnie ne s’en soucie pas. Avec une passion qui étonne tous ses proches, il s’acharne à retaper Christine. Et l’adolescent complexé se trouve une assurance inattendue, voire une arrogance qui l’isole peu à peu de son entourage. Puis les gens commencent à disparaître autour de lui…

Il arrive que les adaptations de romans se montrent supérieures au matériau original. Ainsi Christine, tiré du roman éponyme de Stephen King, présente-t-il comme immense avantage de parvenir à combiner le récit de départ avec un élément essentiel de celui-ci : le rock ‘n’ roll. Car si les paroles de nombreux morceaux à succès des années 50 parsèment le roman, celui-ci ne parvient hélas pas à retranscrire leur rythme, ni même l’ambiance de leur époque. À la différence du roman, par contre, le film double bien sûr les images d’une bande son et dans celle-ci de nombreuses compositions émaillent la réalisation ; parmi d’autres, on y trouve des morceaux de choix d’artistes et groupes à succès d’antan comme d’aujourd’hui tels que Ritchie Valens (1941-1959) ou The Rolling Stones.

Si cette bande originale contribue beaucoup à donner son identité au film, en réussissant là où le roman original échouait, c’est-à-dire en rendant un vibrant hommage à ces années 50 sans pareilles dans toute l’histoire des États-Unis, elle ne prend toutefois sa véritable envergure qu’un fois mise en opposition avec les différents morceaux composés par le réalisateur lui-même et son complice préféré, Alan Howarth : des partitions modernes à base de synthétiseurs et de boites à rythme qui contrastent bien sûr énormément avec ceux de la génération précédente, créés à l’aide d’instruments certes modernes mais néanmoins devenus bien plus traditionnels à l’époque de ce film. Voilà comment, et d’une manière somme toute bien inattendue avec un tel thème, Christine illustre avant tout l’éternel fossé entre les générations.

Ce portrait se fait ici à travers un autre, celui de l’adolescence, âge de tourments et de misère morale où, à force de se chercher, des jeunes personnes en viennent parfois à renier leur héritage familial ; il arrive même que ce soit tout à fait justifié dans certains cas : il y a des parents, on le sait, qui se donnent plus ou moins volontairement pour rôle d’empêcher leurs enfants de grandir, ceci afin de reprendre les propres termes d’Arnie dans le film… Grâce à Christine, celui-ci trouvera son propre chemin vers l’émancipation vis-à-vis de ces parents qui l’étouffent depuis trop longtemps : l’automobile, on le sait aussi, reste avant tout synonyme d’indépendance et de liberté – la preuve en est qu’on obtient souvent sa première voiture bien avant son premier appartement…

Dans ce cas précis, toutefois, ce thème du teen age se double aussi d’un autre, tout aussi éternel : les émois du premier amour qui, justement, apparaissent le plus souvent pendant cette adolescence déjà citée et qui ne représentent au fond qu’un autre chemin vers cette délivrance tant souhaitée par rapport à l’influence familiale. Toute la question, dans le cas qui nous occupe ici, consiste à savoir qui est l’objet réel des désirs d’Arnie, tout comme il vaut de savoir aussi laquelle de ses conquêtes se montrera la plus excessive, la plus vorace dans cet échange somme toute bien plus dangereux quand il s’avère à double sens – c’est une autre des tirades d’Arnie : rien n’arrête un amour réciproque, absolument rien.

Mais la peinture que brosse Christine comprend aussi une critique habile de ce culte de l’automobile caractéristique des nations industrialisées, et en particulier de cette Amérique qui s’est bâtie sur la voiture en conditionnant ainsi les plans de ses villes tout en donnant un rôle central à l’industrie pétrolière et en prolongeant le nomadisme typique des différentes générations de colons par la construction de vastes réseaux d’autoroutes qui permettent de voyager sans encombres d’un bout à l’autre du pays.

À ceci s’ajoute des qualités de réalisation tout à fait réussies et d’autant plus étonnantes qu’elles se montrent capables de beaucoup avec bien peu, notamment dans cette scène admirable de « réparation » de Christine qui nous rappelle qu’on savait faire des effets spéciaux saisissants bien avant l’avènement du virtuel…

Écho d’hier, par ses thèmes comme par son âge, Christine reste depuis maintenant 30 ans une grande réussite du cinéma fantastique des années 80, et même un film culte pour certains.

Christine (John Carpenter’s Christine), John Carpenter, 1983
Sony Pictures Entertainment, 2005
110 minutes, env. 7 € l’édition spéciale

– la page du film sur le site officiel du réalisateur
– d’autres avis : Libre Savoir, Films Cultes

Les Duellistes

Affiche française du film Les DuellistesStrasbourg, 1800. Pour avoir blessé en duel le neveu du maire, le lieutenant Gabriel Féraud se voit signifier sa mise aux arrêts par un autre lieutenant, Armand d’Hubert. Mais Féraud prend l’ordre d’arrêt pour un affront et provoque Hubert en un duel au sabre pour obtenir réparation. Si Hubert l’emporte cette fois, il sait néanmoins qu’il devra à l’avenir compter avec la rancune tenace de Féraud. Pourtant, aucun des deux ne sait encore que cette dispute s’étalera sur bien des années avant de trouver sa conclusion…

Plus que l’emprise de la folie d’un homme sur son adversaire, Les Duellistes nous montre surtout comment cette aliénation de l’un en vient peu à peu à contaminer l’autre. De sorte que, à force d’articuler toujours plus sa vie autour du prochain affrontement contre sa némésis, celui-ci ne se voit même plus basculer à son tour dans la spirale du délire et passer ainsi peu à peu du statut de victime à celui de bourreau. Ici, donc, point de salut, sauf à travers un dernier sursaut dont je vous laisse bien sûr la surprise…

Mais ce film se veut aussi le portrait de la folie d’un temps, impérialiste et donc militariste, qui laisse ses éléments les plus brillants se décimer pour d’infectes raisons d’honneur et de prestige appelées hélas à connaître à l’époque encore bien des jours prospères malgré l’interdiction de la pratique du duel. Pour cette raison, Ridley Scott joue ici avec une certaine habileté sur le romanesque pour dépeindre l’historique, les délires de ses personnages servant ainsi de reflets dans un miroir pour la société dont ils sont issus.

Enfin, ce film s’affirme aussi comme une réussite artistique incontestable, par son travail sur la lumière comme sur la mise en scène – notamment à travers ses nombreux plans fixes inspirés de tableaux – mais aussi par sa photographie et son rythme narratif qui rappellent à plusieurs reprises le Barry Lindon (1975) de Stanley Kubrick (1928-1999) – œuvre dont le récit, justement, se situe à une époque voisine. Rien que pour son ambiance sans pareille, déjà, Les Duellistes vaut bien le détour.

Candidat idéal pour une soirée en comité réduit, voire même pour un moment de solitude où le besoin de voyage se fait sentir, cette première œuvre d’un réalisateur amené à compter beaucoup sait faire preuve d’une force d’esprit peu banale comme d’un charme à nul autre pareil.

Récompense :

Festival de Cannes : Prix de la première œuvre en 1977.

Notes :

Ce film est une adaptation de la nouvelle Le Duel de Joseph Conrad (1857-1924) publiée en 1908 et qui s’inspire de faits réels : les nombreux duels auxquels participa François Fournier-Sarlovèze (1773-1827), général d’Empire français, notamment contre Pierre Dupont de l’Étang (1765-1840), lui aussi général de la Révolution et de l’Empire, qu’il affronta une vingtaine de fois sur près de 20 ans avec toutes sortes d’armes.

Les lieux de tournage comprennent la commune de Sarlat-la-Canéda, d’où est précisément originaire François Fournier-Sarlovèze, et ses alentours, dont le château de Commarque.

Le groupe Iron Maiden s’est inspiré de ce film pour le morceau The Duellists de son album Powerslave (1984).

Les Duellistes (The Duellists), Ridley Scott, 1977
Paramount, 2006
96 minutes, env. 20 € l’édition Best Of Classics

Conan le Barbare

Affiche américaine originale du film Conan le BarbareEntre l’époque où les océans engloutirent l’Atlantide et l’avènement des fils d’Arius, il y eut une période de l’Histoire fort peu connue, dans laquelle vécut Conan. Destiné à poser la couronne d’Aquilonia sur un front troublé, ce barbare du nord vit son peuple et sa famille massacrés par une troupe de guerriers qui le vendit comme esclave alors qu’il était encore enfant. Devenu gladiateur, puis voleur, il allait accompagné de l’archer Subotaï et de la guerrière Valéria quand il retrouva la trace des assassins de ses parents…

Un mot bien précis permet de décrire cette adaptation de Conan le Barbare sur le grand écran : l’authenticité. Authenticité dans les décors, dans les costumes, les accessoires, les chorégraphies de combat, voire même dans le récit proprement dit qui sait s’éloigner de la sempiternelle lutte du Bien contre le Mal à travers une quête là aussi, oui, mais pour… la vengeance. John Milius réussit ici le pari de rendre crédible, palpable, réelle une époque aussi reculée que fictive dans le sens où elle n’exista que dans l’imaginaire des différents auteurs qui s’emparèrent tout au long du siècle dernier du personnage de Conan depuis son invention par Robert E. Howard (1906-1936) en pleine Grande Dépression.

En témoigne la rareté des incursions de la magie qui, ici, se comptent sur les doigts d’une main tout juste. Elles présentent de plus l’immense qualité de se montrer aussi brèves que discrètes et pour ainsi dire presque tout à fait dispensables à chaque fois – à l’exception d’une paire d’entre elles au plus. À vrai dire, ce Conan… n’a de l’heroic fantasy qu’une certaine dimension mythique qui, du reste, ne s’appuie que très peu sur les poncifs du genre dans ce cas précis. L’aventure et son décorum prennent ici le pas sur les différents artifices caractéristiques de ce domaine littéraire : ce pourrait être un péplum, une fresque moyenâgeuse ou quoi que ce soit de comparable – bref, une production située dans le réel le plus brut…

Pour cette raison, on n’y trouve pas cette impression de toc, faute d’un meilleur terme, qui exsude littéralement de nombre de réalisations plus modernes où les effets spéciaux, en particulier numériques, mettent à mal la dimension artistique par une surabondance en fin de compte assez malvenue. Trop d’effets tuent les effets en quelque sorte, et avec eux la magie qu’ils sont pourtant supposés convoyer. Non parce-qu’ils ne laissent plus aucune place au scénario – on s’y est habitué et de toutes façons une intrigue élaborée ne fait pas nécessairement une bonne histoire – mais parce-que cette saturation d’images fantastiques finit d’une certaine façon par blaser, même si la virtuosité des techniciens qui les réalisent reste digne de la plus grande admiration. Sur ce point, on peut rappeler que la magie des contes et légendes d’antan se montrait le plus souvent d’une discrétion exemplaire, sans éclairs ni boules de feu jaillissant dans tous les coins, et encore moins de chimères finissant par devenir ridicules à force d’exhiber toutes sortes d’appendices somme toute sans aucune utilité.

Au lieu de ça, Conan… affiche une aisance insolente à se montrer réaliste alors même qu’il ne l’est pas, pas plus qu’il ne cherche à l’être pour commencer. Pourtant, les techniques de l’époque permettaient une débauche d’effets spéciaux tous plus époustouflants les uns que les autres. Mais le réalisateur choisit une autre direction, bien plus inattendue dans un tel registre, surtout compte tenu des différentes représentations que les artistes faisaient du personnage de Conan en général, qu’il s’agisse des peintures de Frank Frazetta (1928-2010) ou bien des différentes BD parues d’abord chez Marvel puis chez Dark Horse, pour citer les médias les plus connus. Et cette direction choisie par John Milius reste à mon sens la première raison derrière le succès de ce film.

Non à l’époque de sa sortie, il y a maintenant plus de 30 ans, mais depuis celle-ci – encore que je devrais peut-être plutôt parler de la pérennité de l’œuvre au lieu de son succès… Parce-qu’en se basant sur des visuels si concrets et si plausibles, tous basés sur des choses aussi réelles que des architectures, des vêtements et des objets tirés de l’Antiquité ou d’avant, au lieu d’utiliser l’informatique et le virtuel pour illustrer des concepts purement imaginaires, Conan… résiste à l’épreuve du temps. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les scènes qui ont le plus mal vieilli restent celles à effets spéciaux, et pas seulement pour leur réalisation à présent assez datée.

Si la sortie de la trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson près de 20 ans après Conan… fit un peu oublier ce dernier, il n’en est pas moins resté la meilleure incarnation du genre de l’heroic fantasy au cinéma pendant tout ce temps. Quant à ceux d’entre nous qui préfèrent une magie véritable et traditionnelle, car discrète, aux effets spéciaux tapageurs et le plus souvent gratuits, ils gardent la plupart du temps un net faible pour le film de Milius.

À présent, à vous de faire votre choix…

Séquelles :

D’abord sous la forme du film Conan le Destructeur (Richard Fleischer ; 1984), qui connut un succès commercial moindre que Conan le Barbare et, surtout, qui déçut beaucoup de fans pour son récit sans saveur et son action essoufflée. Arnold Schwarzenegger, qui s’était engagé à figurer dans trois autres films de Conan au moins après celui-ci, décida d’ailleurs de briser son contrat…

Enfin, un troisième film, annoncé en octobre 2012 sous le titre The Legend of Conan, doit sortir en 2014 avec à nouveau Schwarzenegger dans le rôle titre. Cette séquelle servira de suite directe à Conan le Barbare, en ignorant complétement Conan le Destructeur.

Conan le Barbare (Conan the Barbarian), John Milius, 1982
20th Century Fox, 2002
125 minutes, env. 9 €

L’Encerclement – La démocratie dans les rets du néolibéralisme

Affiche originale du documentaire L'Encerclement - La démocratie dans les rets du néolibéralismeÀ travers les réflexions et les analyses de plusieurs intellectuels de renom, ce documentaire trace un portrait de l’idéologie néolibérale et examine les différents mécanismes mis à l’œuvre pour en imposer mondialement les diktats.

Déréglementer, réduire la taille de l’État, privatiser, limiter l’inflation plutôt que le chômage, bref, financiariser et dépolitiser l’économie : les différents dogmes de cette pensée prêt-à-porter sont bien connus. Et s’ils s’immiscent lentement dans nos consciences c’est qu’ils sont diffusés à travers un vaste et inextricable réseau de propagande.

De fait, depuis la fondation de la Société du Mont Pèlerin, en 1947, les instituts de recherche néolibéraux, ces think tanks financés par des transnationales et des grandes fortunes, propagent inlassablement la pensée néolibérale au sein des universités, dans les médias, auprès des parlementaires, etc.

Cette idéologie qui s’affiche évidence, forte de la sanction historique et scientifique que semble lui avoir conférée la chute de l’URSS, a su intoxiquer tous les gouvernements, de gauche comme de droite. En effet, depuis la fin de la Guerre Froide, le rythme des réformes néolibérales est allé sans cesse s’accentuant. Souvent imposée par la force, que ce soit à travers les plans d’ajustements structurels du FMI et de la Banque Mondiale, sous la pression des marchés financiers et des transnationales ou même par la guerre, la doctrine néolibérale s’étend dorénavant à la planète entière.

Mais derrière l’écran de fumée idéologique, derrière ces beaux concepts d’ordre spontané et d’harmonie des intérêts dans un libre marché, par-delà la panacée de la « main invisible », que se cache-t-il réellement ?

Au contraire de la plupart des diatribes et autres pamphlets contre le capitalisme et le libéralisme qu’on nous sert depuis quelques temps, et non sans raison, L’Encerclement – La démocratie dans les rets du néolibéralisme présente comme particularité de laisser un temps de parole considérable à plusieurs défenseurs de l’idéologie néolibérale, et non les moindres. On trouve ainsi parmi ceux-là des personnalités aussi illustres que Martin Masse, ardent défenseur du libertarianisme et du libéralisme classique, ou encore Jean-Luc Migué, économiste et professeur d’université mais aussi intervenant régulier dans les médias canadiens, ainsi que Filip Palda, docteur en économie et professeur titulaire en économie à l’École nationale d’administration publique du Québec, et enfin Donald J. Boudreaux, lui aussi docteur en économie mais également en droit, qui enseigne entre autres le commerce international, parmi différentes activités.

Cependant, et hélas pour ces intervenants comme pour les idées qu’ils tentent de défendre, leurs discours prennent vite l’allure qu’on peut attendre de réflexions à la naïveté assez affligeante, au mieux, ou plus simplement de plaidoiries particulièrement malvenues pour une forme d’oligarchie aux nets accents aussi réactionnaires qu’antidémocratiques, au pire. En fait, le néolibéralisme tel que le défendent ces gens se présente juste comme un système bien trop idyllique, voire franchement utopique pour pouvoir devenir une réalité. On s’amuse assez, d’ailleurs, en se rappelant que le communisme, en son temps, partageait les mêmes défauts de fond, celui d’une doctrine beaucoup trop belle pour être vraie ; la comparaison peut d’ailleurs se poursuivre à travers les arguments des défenseurs du néolibéralisme qui, depuis quelques années, affirment que si leur système ne marche pas, ou mal, c’est parce-qu’il a été mal appliqué : l’histoire nous rappelle que les marxistes, au moment de la chute de l’URSS, utilisèrent une justification identique. Comme quoi, les extrêmes finissent par se rejoindre, au moins à force d’oublier que si une théorie ne peut être mise en pratique c’est certainement parce-qu’elle est bancale pour commencer…

Ces néolibéraux se tirent d’ailleurs une telle balle dans le pied que les interventions des autres sommités présentes dans ce film deviennent vite assez dispensables, du moins pour ceux d’entre nous qui possèdent un cerveau et un minimum de culture historique. On apprécie néanmoins en particulier le bref exposé de François Denord qui retrace l’histoire du mouvement néolibéral en exposant ses racines profondes, celle d’un mouvement initié par des représentants de l’École Autrichienne – dont les tendances élitistes ne laissent aucune place au doute – et au but à moitié avoué de donner à cette idéologie une envergure mondiale incontestée – de lui offrir la planète en quelque sorte.

Voilà pourquoi l’idée de fond que présente ce film n’est rien d’autre que celui d’une sorte de guerre ouverte entre les néolibéraux d’un côté et les peuples des différents états démocratiques du monde de l’autre, pour simplifier à l’extrême (1). Ce film, en fait, nous dresse rien de moins que le portrait d’une Troisième Guerre mondiale. Et une guerre orchestrée par des sociétés de service, industrielles ou financières si vastes et si puissantes, aux moyens de propagande et de manipulation si importants, qu’elles ne peuvent que gagner cette guerre des idées dont le prix est le contrôle de la planète : toute ressemblance avec des œuvres majeures telles que Le Meilleur des mondes ou 1984 est tout à fait volontaire.

L’intervention d’Ignacio Ramonet qui ouvre le film sur le thème de la pensée unique, d’ailleurs, se montre très informative sur ce point en expliquant combien l’opinion publique se trouve en quelque sorte conditionnée à penser que le néolibéralisme reste la seule voie possible, ce qui écarte ainsi toute possibilité de remise en question de ce système sous le prétexte fallacieux qu’il n’y aurait pas d’autre alternative possible et alors justement qu’on ne peut réfléchir à d’autres possibilités qu’en remettant d’abord en cause le dogme libéral. Plusieurs des éléments que présente Omar Aktouf complètent à merveille ces déclarations sur le conditionnement des masses, en plus de proposer de nombreuses autres pistes de réflexion sur d’autres sujets : on peut évoquer en particulier ses remarques sur l’évolution de l’économie qui commença à se voir enseignée au cours du XIXe siècle comme une science assez comparable à la physique dans le sens où elle ne se bornait plus qu’à des observations et devenait ainsi exempte de jugements moraux ou philosophiques, alors même que son impact sur la société se faisait de plus en plus important – ce qui implique bien sûr une dimension humaine indissociable de ce domaine, par définition, mais une dimension dont elle se trouve à présent dépouillée.

Quant autres intervenants, ils se montrent eux aussi tout à fait passionnants, dans leur critique du néolibéralisme et de son impact néfaste sur l’économie mondiale comme par les expositions d’idées ou de faits penchant en faveur de l’état et des biens publics ; ainsi, Noam Chomsky rappelle que nombre des plus grandes inventions de l’histoire, comme l’ordinateur et internet mais aussi l’aviation, parmi beaucoup d’autres, sont le fait des états, de telle sorte que l’argument récurrent des néolibéraux consistant à considérer les autorités publiques comme inefficaces ne tient pas la route une seule seconde. De son côté, Susan George attaque la financiarisation de l’économie – cet autre aspect de l’élitisme inhérent à ce néolibéralisme affirmant que profits riment toujours avec progrès – qui ne sert que la circulation des capitaux et se fait donc au détriment des échanges commerciaux mais aussi du travail puisque celui-ci ne peut circuler – expliquant ainsi la situation inhumaine des ouvriers chinois, par exemple. Quant à Bernard Maris, c’est avec sa verve coutumière qu’il pourfend les excès du néolibéralisme…

Bien sûr, nombre de ces éléments font à présent partie de la culture générale de chacun, voire même de l’expérience personnelle de certains d’entre nous. Mais quand Richard Brouillette commença le tournage de ce film, à la toute fin du siècle dernier, on ignorait combien la doctrine néolibérale pouvait en venir à orchestrer non seulement le moindre moment de notre vie mais aussi nos moindres pensées. Voilà pourquoi ce documentaire ne s’encombre pas de ces accents sensationnalistes caractéristiques de nombre des productions récentes sur le même sujet et au lieu de ça se concentre sur l’essence de ce qui constitue la meilleure riposte à la propagande néolibérale : les idées et leur corolaire, l’intelligence.

Pour cette raison au moins, vous vous verrez bien inspiré de porter un œil attentif à ce film : en plus d’y apprendre des choses que vous ignorez peut-être, vous y trouverez surtout une raison supplémentaire de vouloir penser par vous-mêmes – ce qui, au fond, reste une des principales différences entre les humains et les animaux, ceux-là même qu’on dresse pour les plier à nos besoins comme les néolibéraux veulent le faire avec leur main-d’œuvre.

D’ailleurs, vous n’aurez nul besoin de chercher longtemps pour trouver un exemplaire de ce film car il vous suffit de lancer la vidéo ci-dessous :

(1) ce n’est pas Warren Buffet qui me contredira sur ce point, et surtout pas compte tenu de ses déclarations du 26 novembre 2006 au New York Times où il affirmait : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner » (« There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning ») ; source.

Note :

Si quelques passages de la vidéo ci-dessus ne sont hélas pas traduits, les séquences correspondantes peuvent néanmoins se trouver sous-titrées sur la toile sans trop de difficultés. Au pire, le DVD du film peut être commandé sur le site de l’éditeur Les Films du Paradoxe.

Récompenses :

Festival du documentaire de Yamagata : Prix Robert et Frances Flaherty
Visions du réel : Grand Prix
IndieLisboa : Prix du public du meilleur long métrage et Mention spéciale pour le Prix Amnesty International
Rendez-vous du cinéma québécois : Prix Pierre et Yolande Perrault
Festival international du cinéma francophone en Acadie : Prix La Vague

L’Encerclement – La démocratie dans les rets du néolibéralisme
Richard Brouillette, 2008
Les Films du Paradoxe, 2009
160 min, env. 20 €

– le site officiel du film
– le dossier de presse du film
une interview du réalisateur
– d’autres avis : Webga-Blog, Romain Kroës


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