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Soulcalibur III (suite)

Jaquette de l'édition PAL de SoulcaliburSommaire :
1. Prologue
2. Soul Edge / Soul Blade
3. Soulcalbur (le présent billet)
4. Soulcalibur II
5. Soulcalibur III
6. Symbolique

Soulcalibur

Des années durant, tous les massacres auxquels Siegfried se livra ne grandirent le pouvoir de Soul Edge que pour assurer à celle-ci toujours plus d’emprise sur le jeune homme : son corps se mit à se transformer, à muter peu à peu en une monstruosité mi-humaine mi-démoniaque qui hanta les campagnes sous l’apparence d’un « Chevalier Azur » du nom de Nightmare, et bientôt la volonté de Siegfried ne fut plus qu’une ombre gisant au tréfonds de Soul Edge. La boulimie de l’épée maudite ne connaissait plus de limites : affaiblie à la fois par la perte de sa moitié – détruite par Sophitia – mais aussi par la décharge de la « Semence Maligne », Soul Edge devait retrouver les fragments de sa jumelle anéantie pour restaurer sa force mais aussi prendre le plus d’âmes possibles pour rassasier sa faim.

Elle trouva des alliés – sous la forme du golem Astaroth, de l’homme-lézard qui fut autrefois Aeon Calcos et de l’alchimiste Ivy – qui lui servirent de minions et lui livrèrent de nombreuses proies. Ils s’installèrent de longs mois dans le château d’Ostrheinsburg pour y organiser le rituel de rajeunissement qui rendrait Soul Edge invincible. Mais alors que la cérémonie allait commencer, trois guerriers surgirent, qui pourfendirent le clan démoniaque de Nightmare : le marin Maxi, qui venait réclamer vengeance à Astaroth pour le massacre de ses hommes, le moine-soldat Kilik, seul survivant de la folie meurtrière déclenché par la « Semence Maligne »au temple Ling-Shen Su, et Xianghua, membre de la Garde Impériale de Chine.

Xianghua appartenait à la famille Chai, fière de compter dans sa lignée des hommes et de femmes qui s’étaient tous illustrés depuis maintes générations parmi les plus grands guerriers de l’Empire du Milieu. Pour honorer une si glorieuse ascendance, Xiangfei, la mère de Xianghua, fut envoyée au temple Ling-Shen Su afin d’y apprendre l’art de l’escrime où elle excella et surpassa vite beaucoup des moines ; mais la mort prématurée de son père bouleversa tant la jeune femme qu’elle en oublia son serment de chasteté et noua une idylle avec un des hommes du monastère, Kong Xiuqiang, dont elle se retrouva vite enceinte d’une première fille, Xianglian. Les moines du temple se montrèrent inflexibles et lui prirent l’enfant le jour même de son second anniversaire, ce que Xiangfei ne put supporter : elle quitta le temple, mais non sans emporter avec elle une des reliques que les moines gardaient jalousement, l’épée Krita-Yuga que son amant avait dérobé pour la lui offrir en promettant qu’ils se retrouveraient un jour ; ce qu’il ignorait toutefois, c’est que Xiangfei emportait autre chose de lui, car elle attendait un autre enfant.

Elle rentra dans le fief de la famille Chai, et intégra peu après la Garde Impériale. Le jour venu, elle accoucha de sa seconde fille, Xianghua, qu’elle éleva dans l’ignorance complète de son père. Alors que l’enfant grandissait, Xiangfei lui enseignait l’art de l’escrime jusqu’à ce que Xianghua devienne elle aussi une guerrière accomplie. Elle avait à peine dix ans quand la fatalité lui ravit sa mère : sur son lit de mort, Xiangfei lui dit qu’elle était née pour accomplir une tâche importante, et qu’elle devrait se tailler son propre chemin à travers un futur incertain… Six ans plus tard, Xianghua devint à son tour un membre respecté de la Garde Impériale, mais jamais elle n’aurait pu deviner que son excellence lui vaudrait de se voir un jour confiée la recherche de « l’Épée des Héros » ; en effet, l’empereur de la dynastie Ming était fort déçu par les guerriers qu’il avait chargé de la quête de Soul Edge : même ceux d’entre eux qui étaient ses plus proches amis semblaient avoir disparu sans laisser aucune traces. Ainsi, l’empereur donna cette mission à des membres de la Garde Impériale qu’il fit déguiser en une troupe d’opéra itinérante pour ne pas attirer l’attention sur eux ni sur leurs motifs véritables. Mais alors qu’elle se préparait pour le départ en rangeant l’épée Krita-Yuga dans son sac, Xianghua se rappela les derniers mots de sa mère et décida de partir seule de son côté.

Sur son chemin, elle rencontra Kilik et Maxi, et parce que les paroles de sa mère résonnaient encore à ses oreilles elle décida de se joindre à eux pour détruire « l’Épée Maudite ». Ensemble, ils affrontèrent bien des abominations engendrées par la « Semence Maligne » et bien des guerriers égarés par leur obsession pour Soul Edge, jusqu’à ce qu’ils arrivent enfin au château d’Ostrheinsburg.

Les trois héros affrontèrent les hordes infernales qui servaient Nightmare et s’introduisirent dans la place forte. Alors que Maxi couvrait leurs arrières en se chargeant de contenir les assauts du golem Astaroth, Kilik et Xianghua s’attaquèrent à Nightmare : puisant dans les forces magiques de son bâton de combat, le Kali-Yuga, une autre relique sacrée jadis gardée par les moines du temple Ling-Shen Su, Kilik frappait de toutes ses forces contre Nightmare, tâchant de concentrer toute sa colère et sa haine dans chacun des coups qu’il portait au Chevalier Azur. Les fondements même du vieux château tremblaient alors que les deux armes fabuleuses s’entrechoquaient, et des pans entiers des murs et du plafond s’effondraient autour d’eux sous les flux mystiques déchaînés par le combat, jusqu’à ce que, enfin, Nightmare s’effondre.

Mais Soul Edge ne pouvait pas accepter la défaite, pas si proche du but. Déchirant la texture même de la réalité avec des vortex d’énergies malignes, elle amena les deux guerriers à elle, dans une dimension infernale où elle révéla sa véritable nature : un démon de flammes sanglantes au tréfonds duquel hurlaient d’innombrables âmes perdues. Mais son affrontement avec Nightmare avait épuisé Kilik, et Xianghua dut faire face seule à Soul Edge : elle brandit l’épée Krita-Yuga que lui avait légué sa mère, et alors…

Alors, « l’Épée Sainte » s’éveilla à l’intérieur de Krita-Yuga. « L’Épée Sainte ». « L’Épée Sacrée ». « L’Épée Spirituelle ».

Soul Calibur.

Les éclairs d’une magie depuis longtemps oubliée jaillirent entre les volutes diaphanes des arcanes sacrées qui exsudaient de l’épée alors que le Krita-Yuga abandonnait ses reflets de métal froid pour laisser apparaître la rutilance d’un cristal couleur de ciel. Un cristal ciselé de runes plus anciennes que les premières écritures ; un cristal chatoyant dont la pureté rivalisait avec la lumière du soleil même ; un cristal taillé dans la soif de justice d’un père meurtri, qui réclamait vengeance au nom de son fils damné.

Soul Edge hurla de haine et de terreur devant cette partie d’elle-même qu’on lui avait jadis ravi, cette autre moitié qui se rebellait à présent contre elle, dans laquelle elle reconnaissait le seul homme qui avait osé la défier, le seul guerrier dans tout l’univers capable de la vaincre. Et poussant toujours ses hurlements inhumains, elle se jeta à l’attaque.

Le choc ébranla jusqu’au tréfonds de l’abîme monstrueux : des forces mystiques dont nul n’oserait rêver se déchaînèrent, qui voilèrent même les feux de l’Enfer et allèrent jusqu’à étouffer les cris maudits de Soul Edge. Sans la force magique inégalée de Soul Calibur, Xianghua n’aurait pu y survivre. Personne ne pourrait dire combien de temps dura ce combat dans cette réalité au-delà de la réalité : 1000 ans, ou peut-être un seul instant…

Toujours est-il que Xianghua parvint à porter un coup fatal à Soul Edge : le cristal pur de Soul Calibur pourfendit l’abomination et la dimension infernale se mit à se disloquer autour d’eux. Xianghua apercevait toujours la porte enchantée à travers laquelle Soul Edge les avait amenés dans cette réalité monstrueuse, Kilik et elle, mais son compagnon gisait inanimé sur le sol… Elle dut abandonner l’héritage sacrée de sa mère pour le porter au-dehors : ils venaient de franchir la sortie quand le vortex acheva de s’effondrer derrière eux.

Dans son effort pour tirer son compagnon épuisé hors des ruines du château maudit, Xianghua ne prêta pas attention au corps de Nightmare gisant sur les dalles jonchées de débris, et ils quittèrent les lieux sans un seul regard pour celui qui avait jadis été Siegfried Schtauffen.

Suite de l’article (Soulcalibur II)

Sommaire :
1. Prologue
2. Soul Edge / Soul Blade
3. Soulcalbur (le présent billet)
4. Soulcalibur II
5. Soulcalibur III

Soulcalibur III (suite)

Jaquette de l'édition PAL de SoulbladeSommaire :
1. Prologue
2. Soul Edge / Soul Blade (le présent billet)
3. Soulcalbur
4. Soulcalibur II
5. Soulcalibur III
6. Symbolique

Soul Blade

An de grâce 1584 : la découverte des Amériques par Christophe Colomb n’a pas tout à fait un siècle, William Shakespeare vient de commencer sa carrière, les théories coperniciennes n’ont pas encore influencé Galilée, Henri IV va bientôt accéder au trône, René Descartes reste à naître, peu de gens savent que la Terre est ronde,… Dans cet Humanisme naissant, une jeune grecque, Sophitia Alexandra, citoyenne de l’Empire Ottoman et fille de boulanger, se baignait dans une rivière quand une lumière vive apparut qui prit la forme d’un homme : Héphaïstos, car c’était le dieu des forges en personne, lui parla de l’épée maudite, Soul Edge, dont l’existence non seulement couvrait son nom de honte puisqu’il n’en était pas le créateur mais aussi menaçait la paix du monde entier. Il lui ordonna de se rendre au Tombeau d’Eurydice pour y recevoir une arme sainte, l’« Épée Oméga », avec laquelle elle pourrait détruire Soul Edge. D’abord hésitante, Sophitia finit par accepter et se mit en route, Oméga battant contre sa cuisse, dans son fourreau. Elle ignorait que beaucoup d’autres guerriers, depuis les quatre coins du monde, suivaient une quête semblable, chacun pour leurs propres motifs…

Après bien des rencontres et des épreuves, Sophitia retrouva Soul Edge : dans une ville portuaire espagnole non loin de Valence, les vibrations de l’épée maudite résonnèrent avec celles d’Oméga et guidèrent Sophitia à travers les traces de tueries innommables jusqu’à la cachette où Cervantes de Leon se terrait depuis vingt ans. De là, le pirate rendu fou par le pouvoir de Soul Edge avait semé le carnage sur toute la côte en massacrant sans pitié tous ceux qui osaient tenter de lui ravir l’arme démoniaque, nourrissant celle-ci des âmes de ses victimes pour en accroître la puissance. Sophitia s’apprêta à combattre Cervantes mais quelque chose ne correspondait pas à ce que lui avait dit Héphaïstos : le pirate possédé maniait en fait deux épées, visiblement toutes deux maudites ; laquelle des deux était Soul Edge ?

Mais Cervantes l’attaqua avant qu’elle ait pu trancher la question. Le choc des deux armes fabuleuses fit trembler le sol, ainsi que les murs de toutes les bâtisses avoisinantes, et agita même l’océan non loin ; des forces magiques terrifiantes se déchainaient alors que les épées s’entrechoquaient et que la réalité même semblait s’effondrer sous les coups titanesques que les armes prodigieuses s’assénaient… Enfin, Sophitia parvint à arracher une des épées de la poigne de Cervantes qu’elle put repousser à quelques distances le temps pour elle de détruire l’arme tombée au sol : Oméga fendit l’air comme en rugissant avant de frapper la lame maudite à terre, mais quand celle-ci vola en éclat, des fragments de l’épée maudite lacérèrent les chairs de Sophitia et s’enfoncèrent au plus profond d’elle. Blessée à mort, épuisée du combat titanesque contre le pirate fou furieux, elle s’effondra, à la merci de Cervantes qui brandissait toujours l’autre Soul Edge

Ce fut l’intervention d’une ninja nommée Taki qui sauva Sophitia. Taki recherchait Soul Edge car elle la pensait responsable des crises de folie de son père adoptif, seigneur du clan de guerriers de l’ombre auquel elle appartenait ; de plus, la magie de sa propre épée, Rekkimaru, qu’elle avait forgé à l’aide de puissants arcanes afin de lutter contre les démons qui hantaient les campagnes du Japon, la force de sa lame semblait depuis quelques temps affaiblie par une source maléfique qu’elle avait fini par trouver dans cette ville fantôme. Et elle arrivait juste à temps pour prêter main forte à cette guerrière.

Malgré l’épuisement du pirate après ce long et féroce combat contre Sophitia, et bien que la puissance de Soul Edge se trouvait à présent divisée en deux, Taki eut bien du mal à vaincre Cervantes : sa propre arme presque vide de tout pouvoir, ses sorts de guérison rendus inutiles par l’épée maudite, elle crut bien sa dernière heure arrivée. Mais Cervantes finit par s’effondrer, l’autre Soul Edge tombant non loin de lui. Puisant dans ses dernières forces, Taki réussit à porter Sophitia loin du port, où elle pourrait la soigner.

Mais alors qu’elles s’éloignaient, une immense colonne de lumière aveuglante jaillit vers le ciel depuis l’endroit où gisaient le corps de Cervantes et la deuxième épée maudite : Soul Edge venait de se trouver un autre porteur, qu’elle jugeait bien plus digne d’elle que tous ceux qui l’avaient précédé, et elle annonçait leur pacte au monde entier à travers cette « Semence Maligne » qui devait apporter bien des malheurs…

Ce nouveau porteur s’appelait Siegfried Schtauffen et il était déjà, de loin, l’acteur le plus important de tous les funestes événements qu’annonçaient la « Semence Maligne », le point central de toutes les tragédies que compte la légende de Soul Calibur.

Siegfried naquit d’une roturière, Margaret, et d’un chevalier allemand, Frederick ; celui-ci combattit du côté des paysans oppressés par le Saint Empire romain germanique d’Otton le Grand, campagne pendant laquelle il rencontra et aima celle qui deviendrait la mère de son fils. De retour chez lui après neuf mois de combat, il arriva à temps pour baptiser son fils du prénom de Siegfried en hommage au célèbre héros nordique. De l’âge de 10 à 15 ans, Siegfried suivit tous les enseignements que lui prodigua son père pour devenir, comme lui, un bon chevalier. Mais une autre guerre rappela Frederick à ses devoirs et il dut quitter sa famille le temps d’une croisade.

Loin de l’autorité de son père, Siegfried fit de mauvaises fréquentations, allant même jusqu’à prendre la tête d’une bande de jeunes voyous, des voleurs connus sous le nom de « Schwarzwind », le « Vent Noir ». Dans un accès de fierté nationale bien mal placé, ils décidèrent d’attaquer les chevaliers qui avaient fui les croisades, espérant ainsi s’approprier les richesses amassées au cours de la campagne tout en donnant une bonne leçon à des couards indignes de porter les couleurs de leur nation. Le groupe de soldats qu’ils attaquèrent cette nuit-là était bien trop épuisé par la guerre pour répondre, et Siegfried eut le privilège d’occire leur commandant même : d’un seul coup d’épée, il le décapita et ramassa la tête ensanglantée par les cheveux pour la brandir devant tous ses larrons ; alors, un rayon de lune tomba sur le visage de sa victime et Siegfried vit qu’il venait de tuer son propre père Frederick.

Saisi de folie, Siegfried disparut en hurlant dans la forêt : en proie au délire durant des jours, il rumina ses crimes jusqu’à ce que sa raison bascule définitivement et qu’il parvienne à se convaincre que l’assassin de son père était un autre que lui. Quelqu’un d’assez redoutable pour avoir pu tuer le grand Frederick. Quelqu’un que seule une arme très puissante pourrait vaincre à son tour… Alors, peut-être parce que le destin réservait une place unique à Soul Edge dans son grand livre, Siegfried entendit parler de l’épée maudite, et il se persuada qu’elle seule lui donnerait le pouvoir de venger son père.

La quête de Siegfried le mena dans bien des endroits fétides où son art du combat lui servit souvent, faisant toujours plus basculer sa raison à chaque fois, jusqu’à ce qu’il se trouve aux alentours de Valence. Son esprit dément était-il entré en résonance avec les vibrations de Soul Edge ou bien était-ce un autre caprice du destin ? Toujours est-il qu’il trouva le corps fraîchement occis de Cervantes de Leon, auprès duquel reposait une épée à même le sol ; une épée comme Siegfried n’en avait jamais vu, dont il était sûr qu’il s’agissait de Soul Edge.

Mais alors qu’il allait s’en emparer, des feux démoniaques s’emparèrent du corps de Cervantes qui se leva d’entre les morts pour l’attaquer avec l’épée maudite. Siegfried saisit sa fidèle zweihänder et vainquit le monstre, gagnant ainsi le droit de brandir Soul Edge. Alors , la « Semence Maligne », que l’épée maudite avait soigneusement préparé durant ces vingt années passées à contrôler Cervantes pour qu’il accroisse son pouvoir en la nourrissant d’âmes, cette colonne de lumière démoniaque jaillit et se répandit sur le monde en semant une folie de carnage et de mort dans nombre d’esprits : un noble français attaqua Raphael Sorel, noble lui aussi, qui dut le tuer pour protéger sa vie ; Aeon Calcos, soldat spartiate, massacra tous les habitants du village qui lui avait porté secours alors qu’il était, comme Sophitia, en quête de Soul Edge à la demande d’Héphaïstos ; les moines du temple chinois Ling-Shen Su s’entretuèrent ; le groupe d’assassins « Oiseau de Passage » perdit son chef en libérant dans la nature nombre de tueurs prêts à laisser libre cours à leur instinct de mort ; des hommes à l’âme mauvaise se transformèrent en monstres et chimères mi-humaines mi-reptiles…

Quant à Siegfried, il entendit la voix de Soul Edge lui proposer un marché : qu’il l’aide à se nourrir en lui offrant des âmes, et elle ressusciterait son père quand elle aurait assez de pouvoir. Siegfried accepta, et fut perdu.

Suite de l’article (Soulcalibur)

Sommaire :
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2. Soul Edge / Soul Blade (le présent billet)
3. Soulcalbur
4. Soulcalibur II
5. Soulcalibur III
6. Symbolique

Soulcalibur III

Pendant longtemps, l’épée n’eut pas de nom.

Personne ne savait non plus comment s’appelait l’artisan qui l’avait forgée, et pour cause : l’épée n’était qu’une arme comme les autres.

Elle connut un destin unique pourtant…

Brandie par de nombreux guerriers émérites, elle vit bien des combats et des champs de bataille, au cours desquels elle baigna dans bien trop de haine et de sang pour demeurer une simple épée.

Peut-être parce que le spectre de la guerre finit par la posséder, elle  gagna sa propre âme. Une âme de chaos et de mort, démoniaque et avide d’autres âmes. Des âmes qu’elle collectait au cours d’autres guerres tout aussi innombrables, jusqu’à ce que son âme à elle devienne si forte qu’aucun de ceux qui empoignaient sa garde ne pouvaient plus échapper à sa domination ; leur raison abolie par la malédiction de l’épée, ces esclaves se jetaient dans tous les combats qui s’offraient à eux, en accroissant ainsi le pouvoir de l’arme à chaque fois qu’elle dévorait l’essence vitale d’une de leurs victimes. Son aura devenait si forte, si chatoyante, si hypnotique, que même la mort de son porteur ne lui importait plus : un autre finissait toujours par se présenter à elle pour se faire posséder à son tour et l’amener vers d’autres batailles où elle trouvait toujours plus de victimes à consumer…

Ainsi, et bien malgré elle, l’épée se forgea un nom : si son porteur restait toujours anonyme, elle, par contre, devint une légende. Certains l’appelaient « l’Épée du Pouvoir » ou bien « l’Épée des Héros », d’autres « l’Épée de la Rédemption » ou encore « l’Épée Ultime », mais bien trop peu parmi ceux-là savaient quel était son véritable nom : Soul Edge, « l’Épée Maudite », qui n’apportait que malheur et désolation.

L’un d’eux s’appelait Algol, Roi Héros d’un empire à présent oublié et dont la volonté à nulle autre pareille parvint à mater la domination de l’épée. Avec le pouvoir de Soul Edge, Algol devint un souverain généreux et juste qui fit longtemps prospérer son royaume. Quant aux monarques voisins avides de conquête, la simple pensée qu’ils auraient à combattre Soul Edge les paralysait de terreur, de sorte qu’Algol ne craignait ni pour ses terres, ni pour ses citoyens, et tous vivaient heureux.

Alors, bien sûr, la menace frappa de l’intérieur même du royaume d’Algol.

Son propre fils, Arcturus, à l’âme faible, jaloux du pouvoir et du prestige d’Algol, et sachant très bien que le roi les devait tous deux à Soul Edge, ou peut-être bien parce que Soul Edge elle-même lui en avait insufflé le besoin pressant, Arcturus vola l’épée pour s’approprier sa puissance, et tomba au même instant sous son emprise. Dément, possédé et maudit, il se livra à des carnages d’une fureur indicible pour étancher la soif d’une Soul Edge affamée par de longues années de diète forcée. Jusqu’à ce que son propre père parvienne à le vaincre dans un combat désespéré qui s’acheva par la mort d’Arcturus. L’épée maudite disparut après cette bataille mais Algol savait qu’elle reviendrait tôt ou tard : accablé de remords, il fit le serment de venger son fils en se servant de fragments purifiés de Soul Edge pour forger, avec le concours de sages, une autre arme capable de contrecarrer l’épée maléfique ; l’entreprise fut longue et laborieuse, jalonnée d’échecs jusqu’à ce qu’Algol accepte l’ultime sacrifice pour donner corps à cette nouvelle épée : Soul Calibur.

Soul Calibur, « l’Épée Spirituelle », dont l’existence resta un secret bien mieux gardé que celui de Soul Edge. Soul Calibur, « l’Épée Sacrée », seule capable de sceller à jamais le pouvoir maudit de Soul Edge. Soul Calibur, « l’Épée Sainte », qui ne se révélerait au monde que pour contrer le Mal…

Mais, peut-être à cause de ce remord qui torturait encore l’âme d’Algol à l’intérieur de l’épée, Soul Calibur demeurait étrangement proche de Soul Edge en nature. Il fallut bien longtemps et de nombreux rituels de purification pour que les mages de la tribu qui se vit confiée l’épée sainte parviennent enfin à sceller l’âme du Roi Héros et sa soif de pouvoir pour les siècles à venir…

Le temps reprit son cours. Les millénaires passèrent. La légende devint mythe. Et plus personne se souvint des épées.

L’Antiquité laissa place au Moyen-Âge, et celui-ci à la Renaissance. Un marchand d’armes du nom de Vercci eut vent d’une épée fabuleuse qu’il voulut ajouter à sa collection personnelle d’objets rares, mais ses recherches restèrent vaines pendant de longues années. Alors il requit les services de quelques mercenaires, dont celle de Cervantes de Leon, un pirate dont le père avait longtemps servi la couronne espagnole avant de tomber sous les canons d’un navire anglais en laissant son fils dévasté et sans plus aucune illusion quant aux fruits de l’allégeance donnée aux puissants ; depuis, Cervantes écumait les mers pour son propre compte. Vercci le connaissait bien pour lui avoir fourni l’artillerie de son navire, et Cervantes finit par accepter sa proposition.

Après un an de recherches, il entendit parler d’un marchand d’antiquités dont le catalogue proposait un « article étrange » : convaincu que le reste de la cargaison du navire le dédommagerait largement de sa peine même si cet objet n’était pas Soul Edge, il attaqua le bateau… et plus personne n’entendit parler de lui pendant plus de vingt ans.

Suite de l’article (Soul Edge / Soul Blade)

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4. Soulcalibur II
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