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Dead or Alive 2

Jaquette DVD de l'édition PAL du jeu vidéo Dead or Alive 2: HardcorePresque un an a passé depuis le premier tournoi Dead or Alive. Si l’assassinat de son organisateur, Fame Douglas, un grand leader au charisme et aux qualités de chef sans pareils, a poussé le monde au bord du chaos, un second tournoi est annoncé malgré tout. Mais sans Douglas, le bien fondé de cette nouvelle compétition s’avère assez douteux, et d’autant plus que le promoteur de celle-ci semble plus que corrompu par le pouvoir. D’ailleurs, il se murmure même qu’il servirait un tengu, un démon infernal…

Après une certaine stagnation sur le plan de la jouabilité, le genre des jeux vidéo de combat connut une évolution majeure avec Street Fighter II (Capcom ; 1991) : en effet, ce titre offrait la possibilité d’utiliser des combinaisons de touches bien spécifiques afin de permettre au personnage du joueur de réaliser des mouvements et des attaques spéciales, le plus souvent aux effets dévastateurs. Ces « combos » variaient selon les personnages et demandaient une précision minutieuse, dans l’ordre des touches comme dans leur timing, pour donner tout leur jus ; mais surtout ils se généralisèrent vite à l’ensemble des productions du genre comme un second souffle plus que bienvenu pour renouveler enfin un type de jeu qui en avait bien besoin…

Screenshot de la version arcade du jeu vidéo Dead or Alive 2Mais c’est aussi ce qui sonna leur glas, du moins pour une certaine catégorie de joueurs, ceux qu’on appelle aujourd’hui « casual » – soit ceux qui jouent pour le plaisir, à l’inverse des « hardcore » qui jouent pour la performance, en schématisant à l’extrême. Car ces combos, par la difficulté croissante qu’ils présentaient, rendirent les jeux de combat toujours plus élitistes : précision et timing étaient devenus les seules clés de la victoire, au détriment du pur plaisir de jeu. Alors, ce qui devait arriver arriva et des titres apparurent qui tentèrent de remettre le divertissement au centre de la partie. Entre autres franchises à succès, comme la série des Soulcalibur par exemple, la licence Dead or Alive compte parmi ce second renouveau du genre.

Au départ développé comme une dernière tentative pour l’éditeur Tecmo de développer des jeux vidéo, le premier Dead or Alive arriva sur la console d’arcade Model 2 de Sega en 1996 avant de se voir porté sur consoles de salon Saturn et Playstation en 1997 puis en 1998, respectivement. Se plaçant dans la lignée des jeux de l’époque pour son utilisation intensive de la 3D, il reprenait des éléments de certains titres comme Fatal Fury (SNK ; 1991) ou Mortal Kombat (Midway Games ; 1992) mais aussi Virtua Fighter (Sega-AM2 ; 1993) qui le positionnaient à part sur le plan des mécaniques de jeu. Son système élaboré de parade, en particulier, participa beaucoup à son succès car il permettait non seulement de bloquer les coups de l’adversaire mais aussi de les lui renvoyer.

Screenshot de la version Dreamcast du jeu vidéo Dead or Alive 2Le développement de Dead or Alive 2 se fit sur des bases semblables, avec toujours pour objectif de créer le meilleur jeu de combat possible, mais aussi le plus accessible. Sorti sur borne d’arcade en 1999, il se vit porté sur Dreamcast et Playstation 2 l’année suivante, et notamment comme titre de lancement pour cette dernière, sous le titre de Dead or Alive 2: Hardcore compte tenu de ses contenus bonus inédits : on peut citer parmi ceux-là un rendu plus réaliste, des animations mieux élaborées, une vitesse de jeu supérieure, des arènes et des tenues supplémentaires, davantage de coups spéciaux, des statistiques de partie complètes consultables par le joueur, une section galerie de rendus des personnages féminins en 3D et un doublage complet en anglais.

Avec ses cinq modes de jeu, DOA2 propose une expérience très aboutie. Si le mode histoire se situe bien sûr dans la continuité du titre précédent, avec toutes les limitations narratives propres à ce genre précis, les quatre autres se consacrent tout entiers au pur plaisir de jeu. Le Contre la Montre permet de rejouer le tournoi le plus vite possible, mais sans boss final. Survie vous fait affronter l’ordinateur jusqu’à épuisement de votre santé que vous récupérez en partie entre chaque manche. Bataille se mène en équipe, à deux contre deux, avec de un à quatre joueurs les uns contre les autres ou jusqu’à deux contre l’ordinateur. Quant à Équipe, il fait s’affronter deux écuries de trois personnages maximum qui se succèdent jusqu’à épuisement.

Screenshot de la version Playstation 2 du jeu vidéo Dead or Alive 2Mais bien sûr on trouve aussi les modes classiques tel que Duel, qui permet de s’affronter entre amis avec des paramètres de jeu variables comme le niveau de santé ou le nombre de rounds, ou bien Entraînement, qui permet d’apprendre à cerner toutes les subtilités d’un personnage ou d’un mode de jeu en particulier. À ceci s’ajoutent des choses plus dispensables comme le mode Film qui vous permet d’assister à une bataille entièrement dirigée par l’ordinateur et qui se poursuit jusqu’à ce que y mettiez fin, ainsi que le mode Enregistrement de Bataille qui comme son nom l’indique permet d’enregistrer son propre combat pour se le repasser avec des pauses et des retours en arrière mais aussi des accélérations et des modifications de l’angle de vue.

En fait, le seul point noir de DOA2 concerne son aspect technique car on voit assez vite que les développeurs de Team Ninja ne se sentaient pas très à l’aise avec le matériel de Sony, et ce en dépit d’un résultat tout à fait spectaculaire sur le plan esthétique. Il n’en reste pas moins un titre très agréable de par sa prise en main d’une accessibilité à toute épreuve et qui mérite largement de figurer dans votre ludothèque.

Récompense :

Classé en 2010 dans le « Top 25 des jeux de combat de tous les temps » d’UGO Networks.

Note :

Si cette chronique concerne l’édition Hardcore de DOA2 pour la PS2, les possesseurs de Xbox peuvent néanmoins profiter d’un portage de ce titre, Dead or Alive Ultimate, sorti en 2005, aux graphismes comme aux mécaniques de jeu très sensiblement améliorés.

Dead or Alive 2
Team Ninja, 1999-2000
Dreamcast & Playstation 2, env. 4 €

– le site officiel de Dead or Alive 2 (int)
The History of Dead or Alive, chez IGN (en)
dossier Dead or Alive chez Hardcore Gaming (en)
– d’autres avis : Chroniques vidéoludiques, Gamekult, JeuxVidéo.com

Soulcalibur III (suite)

Jaquette de l'édition PAL de SoulcaliburSommaire :
1. Prologue
2. Soul Edge / Soul Blade
3. Soulcalbur (le présent billet)
4. Soulcalibur II
5. Soulcalibur III
6. Symbolique

Soulcalibur

Des années durant, tous les massacres auxquels Siegfried se livra ne grandirent le pouvoir de Soul Edge que pour assurer à celle-ci toujours plus d’emprise sur le jeune homme : son corps se mit à se transformer, à muter peu à peu en une monstruosité mi-humaine mi-démoniaque qui hanta les campagnes sous l’apparence d’un « Chevalier Azur » du nom de Nightmare, et bientôt la volonté de Siegfried ne fut plus qu’une ombre gisant au tréfonds de Soul Edge. La boulimie de l’épée maudite ne connaissait plus de limites : affaiblie à la fois par la perte de sa moitié – détruite par Sophitia – mais aussi par la décharge de la « Semence Maligne », Soul Edge devait retrouver les fragments de sa jumelle anéantie pour restaurer sa force mais aussi prendre le plus d’âmes possibles pour rassasier sa faim.

Elle trouva des alliés – sous la forme du golem Astaroth, de l’homme-lézard qui fut autrefois Aeon Calcos et de l’alchimiste Ivy – qui lui servirent de minions et lui livrèrent de nombreuses proies. Ils s’installèrent de longs mois dans le château d’Ostrheinsburg pour y organiser le rituel de rajeunissement qui rendrait Soul Edge invincible. Mais alors que la cérémonie allait commencer, trois guerriers surgirent, qui pourfendirent le clan démoniaque de Nightmare : le marin Maxi, qui venait réclamer vengeance à Astaroth pour le massacre de ses hommes, le moine-soldat Kilik, seul survivant de la folie meurtrière déclenché par la « Semence Maligne »au temple Ling-Shen Su, et Xianghua, membre de la Garde Impériale de Chine.

Xianghua appartenait à la famille Chai, fière de compter dans sa lignée des hommes et de femmes qui s’étaient tous illustrés depuis maintes générations parmi les plus grands guerriers de l’Empire du Milieu. Pour honorer une si glorieuse ascendance, Xiangfei, la mère de Xianghua, fut envoyée au temple Ling-Shen Su afin d’y apprendre l’art de l’escrime où elle excella et surpassa vite beaucoup des moines ; mais la mort prématurée de son père bouleversa tant la jeune femme qu’elle en oublia son serment de chasteté et noua une idylle avec un des hommes du monastère, Kong Xiuqiang, dont elle se retrouva vite enceinte d’une première fille, Xianglian. Les moines du temple se montrèrent inflexibles et lui prirent l’enfant le jour même de son second anniversaire, ce que Xiangfei ne put supporter : elle quitta le temple, mais non sans emporter avec elle une des reliques que les moines gardaient jalousement, l’épée Krita-Yuga que son amant avait dérobé pour la lui offrir en promettant qu’ils se retrouveraient un jour ; ce qu’il ignorait toutefois, c’est que Xiangfei emportait autre chose de lui, car elle attendait un autre enfant.

Elle rentra dans le fief de la famille Chai, et intégra peu après la Garde Impériale. Le jour venu, elle accoucha de sa seconde fille, Xianghua, qu’elle éleva dans l’ignorance complète de son père. Alors que l’enfant grandissait, Xiangfei lui enseignait l’art de l’escrime jusqu’à ce que Xianghua devienne elle aussi une guerrière accomplie. Elle avait à peine dix ans quand la fatalité lui ravit sa mère : sur son lit de mort, Xiangfei lui dit qu’elle était née pour accomplir une tâche importante, et qu’elle devrait se tailler son propre chemin à travers un futur incertain… Six ans plus tard, Xianghua devint à son tour un membre respecté de la Garde Impériale, mais jamais elle n’aurait pu deviner que son excellence lui vaudrait de se voir un jour confiée la recherche de « l’Épée des Héros » ; en effet, l’empereur de la dynastie Ming était fort déçu par les guerriers qu’il avait chargé de la quête de Soul Edge : même ceux d’entre eux qui étaient ses plus proches amis semblaient avoir disparu sans laisser aucune traces. Ainsi, l’empereur donna cette mission à des membres de la Garde Impériale qu’il fit déguiser en une troupe d’opéra itinérante pour ne pas attirer l’attention sur eux ni sur leurs motifs véritables. Mais alors qu’elle se préparait pour le départ en rangeant l’épée Krita-Yuga dans son sac, Xianghua se rappela les derniers mots de sa mère et décida de partir seule de son côté.

Sur son chemin, elle rencontra Kilik et Maxi, et parce que les paroles de sa mère résonnaient encore à ses oreilles elle décida de se joindre à eux pour détruire « l’Épée Maudite ». Ensemble, ils affrontèrent bien des abominations engendrées par la « Semence Maligne » et bien des guerriers égarés par leur obsession pour Soul Edge, jusqu’à ce qu’ils arrivent enfin au château d’Ostrheinsburg.

Les trois héros affrontèrent les hordes infernales qui servaient Nightmare et s’introduisirent dans la place forte. Alors que Maxi couvrait leurs arrières en se chargeant de contenir les assauts du golem Astaroth, Kilik et Xianghua s’attaquèrent à Nightmare : puisant dans les forces magiques de son bâton de combat, le Kali-Yuga, une autre relique sacrée jadis gardée par les moines du temple Ling-Shen Su, Kilik frappait de toutes ses forces contre Nightmare, tâchant de concentrer toute sa colère et sa haine dans chacun des coups qu’il portait au Chevalier Azur. Les fondements même du vieux château tremblaient alors que les deux armes fabuleuses s’entrechoquaient, et des pans entiers des murs et du plafond s’effondraient autour d’eux sous les flux mystiques déchaînés par le combat, jusqu’à ce que, enfin, Nightmare s’effondre.

Mais Soul Edge ne pouvait pas accepter la défaite, pas si proche du but. Déchirant la texture même de la réalité avec des vortex d’énergies malignes, elle amena les deux guerriers à elle, dans une dimension infernale où elle révéla sa véritable nature : un démon de flammes sanglantes au tréfonds duquel hurlaient d’innombrables âmes perdues. Mais son affrontement avec Nightmare avait épuisé Kilik, et Xianghua dut faire face seule à Soul Edge : elle brandit l’épée Krita-Yuga que lui avait légué sa mère, et alors…

Alors, « l’Épée Sainte » s’éveilla à l’intérieur de Krita-Yuga. « L’Épée Sainte ». « L’Épée Sacrée ». « L’Épée Spirituelle ».

Soul Calibur.

Les éclairs d’une magie depuis longtemps oubliée jaillirent entre les volutes diaphanes des arcanes sacrées qui exsudaient de l’épée alors que le Krita-Yuga abandonnait ses reflets de métal froid pour laisser apparaître la rutilance d’un cristal couleur de ciel. Un cristal ciselé de runes plus anciennes que les premières écritures ; un cristal chatoyant dont la pureté rivalisait avec la lumière du soleil même ; un cristal taillé dans la soif de justice d’un père meurtri, qui réclamait vengeance au nom de son fils damné.

Soul Edge hurla de haine et de terreur devant cette partie d’elle-même qu’on lui avait jadis ravi, cette autre moitié qui se rebellait à présent contre elle, dans laquelle elle reconnaissait le seul homme qui avait osé la défier, le seul guerrier dans tout l’univers capable de la vaincre. Et poussant toujours ses hurlements inhumains, elle se jeta à l’attaque.

Le choc ébranla jusqu’au tréfonds de l’abîme monstrueux : des forces mystiques dont nul n’oserait rêver se déchaînèrent, qui voilèrent même les feux de l’Enfer et allèrent jusqu’à étouffer les cris maudits de Soul Edge. Sans la force magique inégalée de Soul Calibur, Xianghua n’aurait pu y survivre. Personne ne pourrait dire combien de temps dura ce combat dans cette réalité au-delà de la réalité : 1000 ans, ou peut-être un seul instant…

Toujours est-il que Xianghua parvint à porter un coup fatal à Soul Edge : le cristal pur de Soul Calibur pourfendit l’abomination et la dimension infernale se mit à se disloquer autour d’eux. Xianghua apercevait toujours la porte enchantée à travers laquelle Soul Edge les avait amenés dans cette réalité monstrueuse, Kilik et elle, mais son compagnon gisait inanimé sur le sol… Elle dut abandonner l’héritage sacrée de sa mère pour le porter au-dehors : ils venaient de franchir la sortie quand le vortex acheva de s’effondrer derrière eux.

Dans son effort pour tirer son compagnon épuisé hors des ruines du château maudit, Xianghua ne prêta pas attention au corps de Nightmare gisant sur les dalles jonchées de débris, et ils quittèrent les lieux sans un seul regard pour celui qui avait jadis été Siegfried Schtauffen.

Suite de l’article (Soulcalibur II)

Sommaire :
1. Prologue
2. Soul Edge / Soul Blade
3. Soulcalbur (le présent billet)
4. Soulcalibur II
5. Soulcalibur III


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