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Mechwarrior 4

Packaging de l'édition française du jeu vidéo Mechwarrior 4: VengeanceAD 3066 : bien que repoussée, l’invasion des Clans a laissé la Sphère Intérieure en proie au chaos. Ainsi, l’alliance Davion-Steiner s’écroule et bascule dans la guerre civile. Avec la chute du plus puissant des États Successeurs, de nombreux mondes voient leur équilibre chanceler à leur tour. Sur Kentares IV, le Duc Éric Dresari est trahi par son propre neveu William qui s’empare du trône. C’est désormais au fils d’Éric, le jeune Ian, qu’incombe le devoir de reprendre son héritage par la force…

Au contraire des deux opus précédents de la série, Mechwarrior 2: 31st Century Combat (Activision ; 1995) et Mechwarrior 3 (Zipper Interactive ; 1999), qui se voulaient résolument orientés simulation, et alors même qu’un tel choix devrait laisser plutôt dubitatif en raison de la nature imaginaire même de ces titres (1), Mechwarrior 4, de son côté, opte pour un parti pris à la fois plus arcade et plus simple – bref, bien plus amusant au final, du moins dans le sens où le joueur n’a pas besoin de se rappeler de la fonction correspondante pour à peu près chacune des touches de son clavier… Ainsi, ceux d’entre vous habitués à des contrôles de type FPS trouveront vite comment configurer leurs contrôles pour jouer exactement comme ils en ont l’habitude, ou presque.

Packaging de l'édition internationale de l'extension Black Knight pour le jeu vidéo Mechwarrior 4: VengeanceD’ailleurs, cette simplification du game design concerne aussi la construction et la personnalisation de Battlemechs, ce qui n’est pas du luxe, mais à travers un système qui tend hélas à limiter le nombre d’options possibles. Les armes, par exemple, celles récupérées sur le champ de bataille après un combat ou bien les autres, se voient divisées en trois catégories – balistiques, à faisceaux et missiles – qu’il n’est pas toujours possible de combiner comme on le veut car tout dépend du châssis : si certains permettront d’installer toutes les armes, d’autres ne pourront accueillir qu’une ou deux catégories seulement. Même chose pour les équipement optionnels tels que réacteurs de saut, dispositifs antimissiles ou systèmes de contre-mesures électroniques…

Quant au récit proprement dit, il repose sur une campagne d’une petite trentaine de missions réparties en une bonne demi-douzaine de chapitres qui se déroule chacun dans un environnement différent : la principale lune de Kentares IV, les régions arctiques de ce monde, une vaste zone désertique, des montagnes, la capitale, etc. Puisqu’il s’agit de faire reconquérir son trône au jeune Ian, le scénario se veut pour le moins assez linéaire et ne fournit que très peu de surprises. Les missions, par contre, proposent une bonne diversité dans leurs objectifs, de sorte qu’on n’a pas toujours l’impression de faire la même chose. Pour vous aider, vous pourrez commander jusqu’à trois coéquipiers, qui se montreront d’ailleurs assez efficaces dans l’ensemble.

Packaging de l'édition française du jeu vidéo Mechwarrior 4: MercenariesS’ajoutent à ça le multijoueur et les classiques Match à Mort, Capture du Drapeau et Roi de la Montagne, qui  se jouent en chacun pour soi comme en équipe, mais aussi Escorte où deux équipes s’affrontent pour tuer le leader adverse afin de remporter la partie, ainsi que Voler la Balise où les joueurs doivent s’emparer d’un objet qui leur rapporte d’autant plus de points qu’ils le conservent longtemps. Enfin, le mode Action Instantanée permet de jouer les différents scénarios de la campagne avec tous les Mechs disponibles et sans aucune contrainte de poids selon le niveau de difficulté de la mission ; ou bien, le joueur peut choisir le mode Vague où il doit vaincre l’un après l’autre jusqu’à trois adversaires avec un BattleMech et sur une carte déterminés au hasard.

Un succès, Mechwarrior 4: Vengeance engendra plusieurs titres, dont l’extension Black Knight qui lui sert de suite directe et où des mercenaires sont employés par la Maison Steiner pour reprendre Kentares IV aux Dresari (2) ; plus difficile, cette suite propose aussi un scénario plus abouti. Mais la panacée reste encore Mechwarrior 4: Mercenaries, un stand alone où on gère une autre unité mercenaire dont le joueur choisira les contrats : circulant à travers toute la Sphère Intérieure, il pourra combattre sur plusieurs mondes, y compris certains aux mains des Clans, et même dans les arènes de Solaris VII ; s’il utilise le même système de base, Mercenaries le pousse néanmoins bien plus loin à tous les niveaux, et jusqu’à en faire le meilleur opus de toute la licence.

En dépit de sa technologie qui accuse ses plus de dix ans d’âge, Mechwarrior 4 reste encore à ce jour une référence incontournable des jeux d’action en général et de mechas en particulier, à la fois en solo et en multi : pour sa jouabilité sans faille comme pour sa communauté solide, ce titre à lui seul vous garantira d’innombrables heures de jeu intense.

(1) on se demande en effet comment on peut simuler quelque chose, en l’occurrence le pilotage de BattleMech, qui n’existe pas dans la réalité : sur quoi prendre exemple en l’absence d’éléments concrets pour s’assurer que la simulation sera bien la plus réaliste possible ?

(2) un procédé narratif qui rappelle d’ailleurs assez les deux campagnes de Front Mission 3 (Square Co., Ltd. ; 1999) pour l’inversion des rôles qu’il présente.

Notes :

Outre les deux extensions évoquées dans le corps de cette chronique, on peut aussi citer les Clan ‘Mech Pak et Inner Sphere ‘Mech Pak qui proposent tous deux des châssis de Mechs inédits ainsi que des niveaux de jeu pour les parties de jeu en multijoueur. Au départ payantes, ces deux extensions devinrent vite gratuites devant la fronde des joueurs qui en trouvaient le prix bien trop élevé par rapport à leur contenu.

Depuis avril 2010, Mechwarrior 4: Mercenaries est disponible en téléchargement gratuit et légal depuis le site de Mektek qui est ainsi devenu l’éditeur officiel du titre – mais pas celui de Vengeance et de Black Knight.

Mechwarrior 4
FASA Interactive, 2000-2002
Windows, entre 1 et 40 € (occasions seulement)

– le site officiel de Mechwarrior 4: Vengeance chez Microsoft
– le site officiel de Mechwarrior 4: Mercenaries chez Microsoft
– d’autres avis : Gamekult, JeuxVidéo.com

MechCommander

Jaquette CD du jeu vidéo MechCommanderAD 3059 : liguées contre l’ennemi commun, les Maisons de la Sphère Intérieure lancent leur contre-offensive sur les Clans en ciblant le plus violent et le plus agressif d‘entre eux pour faire de sa défaite la preuve que les États successeurs ne reculeront devant rien. Ainsi, les Premiers Gardes de Davion, une division d’élite de la Confédération Fédérée, débarquent sur Port Arthur afin d’y combattre le Clan Smoke Jaguar. On vous confie la compagnie Zoulou : à vous de la mener à la victoire.

Souvent présenté comme le premier jeu de combat tactique en temps réel de la franchise, alors qu’il reste assez loin du compte, MechCommander s’affirme surtout comme un titre à mi-chemin entre le jeu de plateau original BattleTech (FASA Corporation ; 1984) et sa déclinaison en wargame BattleForce (même éditeur ; 1989), avec un soupçon du jeu de rôle TechnoGuerrier (MechWarrior ; même éditeur, 1986). Sous bien des aspects à vrai dire, on pourrait presque dire que ce titre combine à lui tout seul les différentes facettes des productions majeures de la licence sous format papier. Ce qui surprend assez peu de la part de FASA Interactive puisqu’il s’agissait d’une société fille de celle qui lança et développa la franchise BattleTech.

Screenshot du jeu vidéo MechCommanderLa plupart du temps qualifié de RTS, pour Real-Time Strategy, soit un jeu de stratégie en temps réel, MechCommander appartient en fait à la sous-branche RTT, pour Real-Time Tactics, en raison du faible nombre d’unités sous le contrôle du joueur : celui-ci en effet n’en dirige qu’une douzaine au plus, encore qu’en moyenne il faut plutôt compter la moitié de ce nombre. De plus, ces unités ne sont pas remplaçables en cours de mission : une fois détruites par l’ennemi, vous ne pourrez plus les utiliser ; pour cette raison, les inter-missions vous permettent de faire réparer les engins et remplacer leur équipement endommagé ainsi que, parfois, leur pilote… Comme il va de soi que tout ceci a un coût, c’est là qu’entrent en jeu les ressources.

Au contraire de la plupart des jeux de stratégie en temps réel, MechCommander ne propose pas au joueur de récolter ces ressources en cours de mission à travers la prospection minière ou toute autre action comparable qui tend à complexifier les parties. On obtient en fait des points de ressources après avoir rempli les objectifs, principaux comme secondaires, avec chacun d’eux représentant une certaine valeur en points : c’est un peu la monnaie du jeu, celle avec laquelle vous financez le remplacement de vos unités perdues au combat. Elle part assez vite d’ailleurs, et il vous faudra équiper vos battlemechs’ de pièces récupérées sur le champ de bataille afin d’économiser vos points, un aspect d’ailleurs très fidèle au jeu de rôle Mechwarrior.

Screenshot du jeu vidéo MechCommanderSur ce point d’ailleurs, il vaut de préciser que si les battlemechs’ proposés existent en plusieurs variantes, vous pouvez aussi personnaliser celles-ci, ou du moins leur équipement. Si par exemple votre préférence va aux armes laser, vous pourrez remplacer tout l’armement balistique par celles-ci et vice-versa. Chaque arme présente ses propres caractéristiques en terme de poids et de cadence de tir, et vous aurez l’occasion de passer d’innombrables heures à peaufiner la configuration de chacun de vos engins avant de mesurer leurs performances en mission. Seul bémol pour les puristes du jeu de plateau original : le niveau de chaleur d’une unité reste hors de votre contrôle, de sorte qu’il vous sera impossible de pousser une machine à ses limites…

Cette dimension jeu de rôle, ou en tous cas quelque chose de cet ordre, se retrouve aussi dans les pilotes de vos unités. Ceux-ci, en effet, présentent des caractéristiques qui évoluent d’une mission à l’autre selon le taux de réussite de leurs diverses actions, tant en pilotage qu’en tir ou qu’en utilisation des différents senseurs et autres systèmes de détection. Ainsi, ces personnages peuvent-ils passer d’un niveau d’expérience à un autre à travers quatre rangs successifs qui vont de « green » à « elite » en passant par « regular » et « veteran » ; si vous ne manquerez pas de vouloir utiliser surtout les plus compétents, ne perdez pas de vue qu’aucun d’eux n’est immortel et qu’il faudra tôt ou tard remplacer ceux d’entre eux partis en avance…

Screenshot du jeu vidéo MechCommanderSur le plan de la réalisation pure, et si ce titre date maintenant du siècle dernier, MechCommander reste agréable. En dépit de l’affichage en 16 bits, les visuels s’avèrent de bonne facture, avec des modèles 3D soignés qui permettent de reconnaître facilement les appareils et qui raviront les fans de longue date de la franchise. De leur côté, les combats sont très bien retranscris et donnent une bonne idée de la fureur des affrontements dans ce XXXIe siècle galactique, surtout quand des salves de missiles volent dans tous les sens. La bande son, quant à elle, se montre parfois un peu trop présente, notamment à travers les répliques des pilotes, mais participe néanmoins beaucoup à cette ambiance de pure boucherie méchanique.

Mais en dépit de toutes ces qualités, MechCommander présente malgré tout des défauts certains que je ne peux passer sous silence. En tous cas, il en présente au moins un, assez dommage : l’impossibilité pour les battlemechs’ de franchir certains types de terrain. Alors que dans le jeu de plateau original, presque aucune zone de la carte n’était interdite à un battlemach’, ici, ils ne peuvent franchir les forêts – il faut en détruire une partie avec l’artillerie et attendre que l’incendie cesse pour faire traverser les mechs’ – ni les rivières – quelle que soit leur profondeur. Je déplore d’autant plus ces limites que je les comprends mal, au moins sur le plan de la jouabilité, et préfère penser qu’une limitation d’ordre technique se trouve à l’origine de ce défaut.

Jaquette CD du jeu vidéo MechCommander GoldEnfin, on peut évoquer l’extension Desperate Measures, sortie en 1999, qui permet de poursuivre le jeu à travers trois autres campagnes supplémentaires. Si le principe de jeu reste le même, on ne peut transférer dans cette suite les pilotes ou les battlemechs’ du titre original, de sorte qu’il s’agit un peu d’un autre jeu – en tous cas d’un certain point de vue… Mérite d’être précisé que cet add on propose d’installer un éditeur de niveaux qui vous permet de créer vos propres scénarios afin par exemple de les partager en ligne. À noter qu’une seconde édition de MechCommander – intitulée MechCommander Gold – rassemble le jeu original et son extension sur un seul disque et vous permet ainsi de jouer l’un et l’autre dans l’ordre de votre choix.

Si MechCommander présente des allures assez mixtes, il n’en propose pas moins des aspects communs à nombre des productions les plus représentatives de la franchise BattleTech et s’affirme ainsi comme un titre tout à fait à même de séduire les fans les plus hardcore de la licence. Quant aux autres joueurs, ils trouveront un RTS certes atypique mais qui offre néanmoins un défi de taille respectable.

Par contre, si la stratégie en temps réel n’est pas votre truc, MechCommander ne vous plaira pas plus qu’un autre titre du même genre, que vous soyez mechaphile ou non…

MechCommander
FASA Interactive, 1998
Windows, env. 9 € (occasions seulement)


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