Posts Tagged 'Fumihiko Takayama'

Patlabor 3

Jaquette DVD de l'édition collector double DVD du film Patlabor 3Quand le niveau d’accidents de labors commence à exploser aux alentours de la Baie de Tokyo, les détectives de police Kusumi et Hata se trouvent chargés de l’affaire. Ce qu’ils découvrent les amène à révéler une conspiration gouvernementale concernant une nouvelle arme biologique appelée WXIII-Wasted Thirteen mais aussi une tragique connexion personnelle à Hata. Pour stopper cette menace ils devront coopérer avec les militaires et mener WXIII à se mesurer aux labors de la Division des Véhicules Spéciaux 2.

Très réussi au niveau des graphismes mais aussi sur le plan de l’ambiance générale, ce film souffre hélas d’un effet téléfilm de M6 qui a de quoi laisser sur leur faim les aficionados de parlote parfois un poil creuse d’un Mamoru Oshii : si l’idée du récit et son développement scénaristique ont été vus assez souvent pour savoir comment l’histoire va finir dés qu’on a saisi de quoi il retourne, cette mouture propose au moins des personnages principaux qui ne sont pas membres de la Mobile Police ainsi qu’un « méchant » qui ne ressemble pas aux clichés du genre… Sans être foncièrement original à proprement parler, c’est en tous cas un changement bienvenu par rapport à la norme de cette franchise.

Personnellement, je ne pense pas que ce film soit à éviter comme l’affirment de nombreux commentateurs souvent très admiratifs de la série d’OVA originale : les qualités techniques de cette réalisation valent bien le coup d’œil et même si l’intrigue reste dans ses grandes lignes digne d’une série B, il s’agit tout de même de l’ambiance Patlabor ce qui change pas mal du téléfilm de base. Ceci étant dit, une fois qu’on l’a vu, rien n’oblige à le conserver non plus…

Les fans de la franchise Patlabor, de même que les spectateurs friands de performances techniques trouveront là de quoi satisfaire leurs appétit. Quant aux autres, ils devront se faire leur avis eux-mêmes…

Note :

Bien qu’il s’agisse de la production Patlabor sur grand écran la plus récente encore à ce jour, les événements de ce film se situent en fait entre le premier et le second long-métrage de la franchise.

Patlabor WXIII, Fumihiko Takayama, 2001
Fox Pathé Europa, 2005
110 minutes, env. 3 € (occasions seulement)

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

Mobile Suit Gundam 0080: War in the Pocket

Jaquette DVD de l'édition américaine de Mobile Suit Gundam 0080: War in the PocketDécembre UC 0079. La Guerre d’Un An touche presque à sa fin, avec un triste bilan. Au prix de milliards de victimes, la guerre d’indépendance du Duché de Zeon va se solder par un échec, sous les coups de boutoir de la Fédération. Pourtant, dans les étendues du Pôle Nord, le commando Cyclops des Forces de Zeon tente d’empêcher le transfert dans l’espace du RX-78NT1, la toute dernière version prototype du Gundam. En vain. Mais, quelques jours plus tard, le Haut Commandement envoie les Cyclops sur Side 6 pour une dernière mission. Alors que la fin de la guerre se profile et que la défaite est certaine, le commando exécute un dernier coup d’éclat, un ultime baroud d’honneur. C’est la rencontre entre un gamin idéalisant la guerre, une jeune recrue pleine de morgue, et une bande de vétérans désabusés.

L’innocence, l’horreur de la guerre, la prise de conscience, la honte, puis enfin, la rédemption se succéderont dans le cœur du jeune Alfred Izuruha au fur et à mesure qu’il côtoie les membres du commando de Zeon, les accompagnant pour leur dernière mission, jusqu’aux portes de l’Enfer. (1)

Pour la première fois dans l’histoire de la saga Gundam à l’époque de la réalisation de cette OVA, les événements ne tournent pas autour d’Amuro Ray ou de Char Aznable. On y verra aucun newtype non plus, ni de batailles grandioses embrasant l’espace et où les victimes mourront par milliers, ni davantage de course-poursuite autour du monde. Pourtant, 0080 reste peut-être une des histoires les plus tragiques, les plus poignantes que Gundam ait inspiré…

On y retrouve les ingrédients « classiques » qui ont fait le succès de la franchise, ils sont juste orchestrés sur une mesure différente et d’un point de vue original, tous genres confondus : ici c’est un petit garçon, touchant de naïveté et dans lequel beaucoup de spectateurs se retrouveront, qui est aux premières loges et aussi le personnage principal. Autour de lui, le pilote de Zeon est cette fois un novice inexpérimenté qui n’a rien d’un as et celui de la Fédération une jeune femme pour qui le combat est encore théorique. Par l’intermédiaire du petit Alfred, ces deux-là apprendront à se connaître et à s’aimer mais il ne faut pas être devin pour comprendre de quelle manière les choses se finiront entre eux…

Alors que dans la plupart des animes de mechas, le héros enchaîne les victoires et tue parfois des dizaines d’ennemis en un coup sans autre effet que d’emballer le spectateur, il n’y aura qu’une mort cette fois-ci et ce sera une tragédie qui donnera tout son sens à l’histoire. Car la réalisation n’est pas ici centrée sur l’action mais sur les personnages et leurs relations : celles qui unissent Alfred à chacun des deux pilotes sont présentées soigneusement, avec subtilité et sans séquences larmoyantes tapageuses dans le style des productions pour bofs comme on peut en voir sur certaines chaînes privées. On apprend à tenir à chacun d’eux, pour leurs forces et leurs faiblesses, leur humanité enfin, merveilleusement servie par les fabuleux designs d’un Mikimoto ici au sommet de sa gloire. On voudrait qu’il ne leur arrive rien, que tout se finisse bien, mais on est dans Gundam et on est pas venu pour rigoler…

0080 nous rappelle avec cruauté que la guerre n’est pas un jeu, que le gentil ne gagne pas toujours à la fin pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas de méchants, juste de simples humains avec leur conscience et leur sens du devoir… J’en oublie certainement quelques dizaines d’autres (rien que les membres des Cyclops par exemple, tous très bien cernés par de petites touches habiles et judicieusement disposées dans la narration), sans compter toutes celles que je n’ai pas vues parce-que, quand même, c’est dense.

C’est du Gundam, du vrai de vrai, qui fait pas rire et tape là où ça fait mal sans préambule, discours ou baratin. Une plongée dans la gueule de l’enfer dont on ne ressort pas entier… À voir, pour les aficionados comme pour les profanes : c’est juste un incontournable de la franchise comme du genre.

(1) merci à MSZ-006C1 pour le synopsis… ;]

Notes :

Mobile Suit Gundam  0080: War in the Pocket est la toute première OVA spin-off de Gundam 0079 qui fut produite. Réalisée pour commémorer le dixième anniversaire de la franchise, ce fut aussi la toute première réalisation Gundam qui n’a pas été écrite ni réalisée par Yoshiyuki Tomino : pour cette raison, ce fut aussi le tout premier titre de la franchise à ne pas présenter de newtypes.

Mobile Suit Gundam  0080: War in the Pocket, Fumihiko Takayama, 1989
Bandai Entertainment, 2009
6 épisodes, pas d’édition française à ce jour

– d’autres avis : Neokenji, FFenril, L’Antre de la Fangirl, Fenntasy, Segfault, Kabu
la fiche de la série chez Gundam France

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka


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