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Mobile Suit Gundam Unicorn : Ep3 Preview

Mobile Suit Gundam Unicorn : Ep3 PV

Brain Powered

Jaquette DVD de l'édition américaine compléte de la série d'animation Brain PoweredUne entité colossale appelée Orphan remonte du fond des océans : sa masse titanesque provoque des raz-de-marée et des tremblements de terre qui dévastent les cotes, alors que le niveau des mers monte de façon dramatique. Les Récupérateurs, un groupe parvenu à s’infiltrer dans Orphan, découvre qu’il va quitter la Terre après l’avoir dépouillée de son énergie organique, tuant ainsi toutes formes de vie. Ils projettent de partir avec lui mais malgré ses dimensions cyclopéennes Orphan ne pourra pas emporter toute la population de la Terre : ainsi les Récupérateurs se considèrent comme un peuple élu…

Pour contrer les Récupérateurs, les Nations Unies ont créé Nivis Noah, un groupe qui a pour mission de stopper Orphan à n’importe quel prix. Les deux camps utilisent des machines humanoïdes semi-organiques, les Anticorps, capables d’entrer en symbiose avec leur pilote humain et issues d’objets mystérieux appelés Plates que sécrète Orphan lors de sa remontée des eaux : ils produisent deux catégories d’Anticorps, les Récupérateurs utilisent les Grand Chers alors que les gens de Nivis Noah pilotent les Brain Powerd… Les Récupérateurs veulent collecter le plus possible de ces Plates afin d’asseoir leur supériorité militaire sur le reste du monde et accomplir ainsi leur destin en toute quiétude.

Hime Utsumiya, une orpheline fuyant les décombres de sa ville avec ses jeunes frères et sœurs, se trouve mêlée à la lutte lorsqu’elle assiste à la naissance d’un Anticorps dont elle deviendra le pilote. Mais avant ça, elle rencontre le récupérateur Yuu Isami sur lequel sa maîtrise innée du pilotage des Anticorps fait une forte impression. Un an après leur rencontre, Yuu doute du bien-fondé des agissements d’Orphan : les Récupérateurs sont-ils vraiment les seuls représentants de l’espèce humaine à pouvoir être sauvés ? Et qu’elle est la véritable nature d’Orphan en fin de compte ? Yuu aurait-il été élevé dans le mensonge ?

Encore une fois, Yoshiyuki Tomino et son vieux complice Hajime Yatate (1) nous ont concocté un concept unique, au scénario rocambolesque et des personnages hors du commun dont l’humanité montre une force rare, le tout pour conter une histoire au souffle profondément épique et servie à merveille par la créativité d’artistes dont la renommée n’est plus à faire – tels que Mamoru Nagano (Heavy Metal L-Gaim, Mobile Suit Zeta Gundam, The Five Star Stories) et Yoko Kanno (Macross Plus, Vision d’Escaflowne, Ghost in the Shell – SAC) ou encore Mutsumi Inomata (Uruseï Yatsura, Il était une fois Windaria, City Hunter) et Masaru Sato (Irresponsible Captain Tylor, Neon Genesis Evangelion, Serial Experiments Lain). Difficile de rater son coup avec de telles pointures dont le talent et le palmarès respectif ont de quoi faire des envieux, même parmi les vétérans du genre.

Brain Powerd présente les thèmes les plus chers à Tomino et aussi ceux qui ont fait sa renommée : la fragilité de l’équilibre naturel que l’Homme s’acharne à détruire dans sa quête aveugle de modernité, mais aussi un profond antiaméricanisme (2) qui frappe ici d’une manière particulièrement directe et avec une pertinence rare. On aime aussi beaucoup l’évolution des personnages et leur humanité ainsi que le tragique de leur passé respectif qui joue un rôle crucial dans l’intrigue comme dans les idées qu’elle présente – et même si on aurait aimé que certains de ces personnages soient développés davantage – car en dépit d’une apparence de production orientée action le propos ici porte surtout sur les blessures de l’enfance, c’est-à-dire ces cicatrices qui conditionnent parfois toute une vie. Le camp des Récupérateurs n’est bien sûr pas une exception car le réalisateur nous a habitué à des « méchants » qui n’en sont pas vraiment – c’est d’ailleurs lui qui a beaucoup contribué à introduire cette subtilité narrative dans l’animation nippone, notamment à travers Mobile Suit Gundam et ses suites. Toutes ces personnalités s’entrechoqueront en un crescendo savamment orchestré par un scénariste de premier plan.

Quant aux aspects artistiques, il n’y a que l’animation qui ne parvient pas à tirer vraiment son épingle du jeu : les mouvements auraient mérité plus de fluidité mais les carences, strictement d’ordre techniques, demeurent malgré tout bien assez discrètes pour ne pas choquer ; au reste, c’est le genre de production où le récit compte plus que sa représentation. Autrement, les somptueux designs d’Inomata, de Sakura et de Nagano se trouvent ici servis avec brio par l’inspiration de Sato pour procurer une ambiance visuelle d’une originalité peu commune. Quant aux compositions de Kanno, et d’une manière assez surprenante venant de sa part, elles ne vont pas sans évoquer Les Merveilleuses Cités d’Or remixées par Vangelis (auquel on doit, entre autres, la musique de Blade Runner), avec des pointes de gothique ou de classique saupoudrées ici et là de musiques traditionnelles irlandaises : une réussite magistrale, comme ce compositeur nous y habitué depuis longtemps….

Sans contestation possible un des animes les plus passionnants qu’il m’a été donné de voir, ainsi qu’une production qui se vit saluée en son temps par les critiques spécialisés les plus réputés comme un incontournable du genre. Si vous aimez la science-fiction qui sort des sentiers battus et s’en tire avec brio, cette série ne vous décevra pas ; sinon, il reste un sens épique hors du commun, un scénario riche en rebondissements et en suspense, des personnages à la fois très attachants et bien construits : en général, ça suffit à convaincre les plus réticents…

(1) en fait, le « nom de plume » de l’ensemble du studio Sunrise.

(2) rappelons que, né en 1941, Tomino fait partie des plus anciens acteurs de l’animation japonaise : il paraît donc normal que ses réalisations soient imprégnées de sentiments plus mitigés que celles de ses confrères appartenant à des générations plus jeunes.

Notes :

Oui, la vidéo ci-dessus est bien l’opening officiel de la série…  ;]

Les Brain Powerd firent leur première apparition dans la série de jeu vidéo Super Robot Wars et précisément son opus Super Robot Wars Alpha 2.

Cet anime se vit adapté sous forme de manga chez Kadokawa Shoten ; l’édition française est disponible en quatre volumes chez Panini Comics.

Bien que Dybex possède la licence de cette série depuis 2002, son édition française se fait toujours attendre…

Brain Powered, Yoshiyuki Tomino, 1998
Bandai Entertainment, 2006
26 épisodes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

Mobile Suit Gundam: The Blue Destiny

Couverture de l'édition française du manga Mobile Suit Gundam: The Blue DestinyNovembre 0079. En vue de l’offensive sur la base minière d’Odessa aux mains de Zeon, la Fédération confie à plusieurs unités spéciales le soin de tester ses engins de type GM. Le sous-lieutenant Yu Kajima commande une de ces unités qui comprend en tout et pour tout trois pilotes. Lors d’une opération sur un avant-poste de Zeon, le combat est soudain interrompu par un GM de type inconnu, dont le pilote fait preuve d’une brutalité inouïe. Sauf que ce mobile suit n’a pas de pilote : il est contrôlé par une intelligence artificielle…

Au départ une série de jeux vidéo, la trilogie Mobile Suit Gundam Side Story développée pour la Saturn entre 1996 et 1997, Mobile Suit Gundam: The Blue Destiny s’inscrit dans la même lignée que Mobile Suit Gundam:  Lost War Chronicles et se résume donc à une adaptation en manga – une « mangaisation » comme j’aime dire – d’une histoire conçue pour un média bien particulier vers un autre qui ne peut en aucun cas lui être comparé. Toute la différence avec Lost War… tient dans ce que Blue Destiny ne reprend pas l’intégralité de l’histoire originale et s’arrête environ aux deux tiers de celle-ci. Du coup, il ne surprendra personne que le résultat final s’avère pour le moins mitigé sur le plan narratif…

Quant au concept de départ, utiliser une intelligence artificielle pour assister un pilote de mecha ne présente rien d’exceptionnel : le RX-78 de la série TV originale, déjà, était plus ou moins doué d’autonomie – suivant la définition précise qu’on donne à ce terme. Par la suite, Space Runaway Ideon (Yoshiyuki Tomino, 1980), puis Heavy Metal L-Gaim (Tomino, 1984), mais aussi The Five Star Stories (Mamoru Nagano, 1986), et bien d’autres, développèrent cette idée. De sorte que Blue Destiny n’apporte rien de nouveau, ni à la franchise Gundam en particulier, ni au genre mecha en général. En fait, en dehors de l’aspect « cyberculture » de l’idée, et qui avait le vent en poupe à l’époque du développement de la trilogie de jeux vidéo originale évoquée plus haut, Blue Destiny représente un effort assez vain sur le plan conceptuel.

Quatrième de couverture de l'édition française du manga Mobile Suit Gundam: The Blue Destiny

De sorte qu’il n’y a pas grand-chose à sauver. Non seulement l’intrigue se trouve amputée de sa conclusion véritable, et d’autant plus qu’elle s’achève dans cette version précise sur un de ces mic-mac typiques des scénaristes incapables de maîtriser correctement le concept newtype, mais de plus la partie artistique laisse beaucoup à désirer : le trait rigide et très peu dynamique donne l’impression d’un dessinateur débutant dont la seule véritable qualité se résume à savoir présenter des scènes d’action claires et lisibles – c’est appréciable mais ça ne sauve pas le reste. Par-dessus le marché, le sens de lecture est occidental et la traduction d’une qualité assez douteuse vu le nombre d’approximations et de contre-sens.

Bref, difficile de trouver des raisons de recommander ce Blue Destiny à d’autres personnes que des fans hardcore – ce qui se fait pour le moins rare par chez nous. Sans idée de départ vraiment forte, avec une histoire incomplète et une présentation assez discutable, ce manga fait partie des productions vite oubliables et tout aussi vite oubliées.

Mobile Suit Gundam: The Blue Destiny, Mizuho Takayama, 1997
Panini Comics, collection Génération Comics, 2002
198 pages, env. 10 €, ISBN : 2-84538-107-7

Mobile Suit Gundam: Lost War Chronicles, vol.2

Couverture de l'édition américaine du manga MS Gundam: Lost War Chronicles, vol.2Odessa est tombée, et les troupes de Zeon sont en pleine débandade. Poursuivis par la Fédération, sans ressources et avec un équipement pour le moins délabré après des mois de guerre, les soldats de Side 3 abandonnés sur Terre par leurs supérieurs sont aux abois, prêts à tout pour survivre encore un peu plus longtemps, quitte à adopter les stratégies les plus retorses, les tactiques les plus brutales, les moyens les plus suicidaires. Pour la troisième section de la Fédération, la partie reste bien loin d’être gagnée…

Le moins qu’on puisse dire est que ce second et dernier volume rattrape bien le précédent : si ce premier tome se voulait assez simple tant sur le plan du scénario que celui des personnages, ce dernier aborde les choses d’une manière à la fois plus frontale et plus subtile ; c’est bien du Gundam, pas aussi sophistiqué que ce qu’on a pu en voir, ni avec la même grandeur épique qui caractérise les productions majeures de la franchise, mais néanmoins digne de ce nom illustre. Car ici, les passions se télescopent dans une fureur de métal et de sang qui n’épargne aucun camp – qu’il soit du « bon » ou du « mauvais » côté du récit, et pour autant qu’une histoire de ce genre puisse vraiment correspondre à une représentation aussi manichéenne.

Planche tirée du manga Mobile Suit Gundam: Lost war Chronicles t.2

Planche intérieure

C’est la structure même du scénario qui l’empêche, en fait : même s’il ne propose aucune réelle sophistication dans la manière de raconter, il présente néanmoins les deux factions principales tour à tour, et avec elles leurs craintes et leurs doutes – c’est-à-dire leur humanité – dans une situation devenue franchement inextricable pour chacun ; pour la simple raison qu’aucun de ces deux partis ne peut vraiment renoncer à ce qui s’annonce : la Fédération doit mettre un point final à cette guerre qui s’éternise depuis bien trop longtemps, et les soldats de Zeon doivent survivre – tout simplement. Dans ce kaléidoscope de passions primaires, la rédemption en touchera certains et en ignorera d’autres : c’est le lot de toutes les guerres après tout…

Bien sûr, des personnages exaspéreront peut-être certains lecteurs alors qu’ils en raviront d’autres ; c’est un autre lot, celui de toutes les fictions. Il n’en reste pas moins un récit agréable et bien mené, illustré avec le même brio que le volume précédent, et qui ravira non seulement les fans de Gundam mais aussi tous ceux d’entre vous friands d’histoires de guerre.

Mobile Suit Gundam: Lost War Chronicles, vol.2
Tomohiro Chiba & Masato Natsumoto, 2003
Tokyopop, 2006
130 pages, pas d’édition française à ce jour

chronique du tome précédent

Mobile Suit Gundam: Lost War Chronicles, vol.1

Couverture de l'édition américaine du manga MS Gundam: Lost War Chronicles, vol.1Automne 0079. Le projet V de la Fédération a engendré des modèles de mobile suits qui ont tous vu le champ de bataille. Mais Zeon conserve sa supériorité tactique grâce à l’expérience de ses pilotes, aussi la Fédération décide-t-elle de confier des unités de test à une équipe des forces spéciales pour recueillir le plus de données possible sur le combat de mobile suits : la troisième section se retrouve ainsi dans le sud-ouest du Canada, prête à en découdre avec une compagnie adverse dirigée par des mercenaires de la légion étrangère…

Et voilà un autre récit situé au cours de cette Guerre d’Un An qui, décidément, n’en finit pas. Au départ un jeu vidéo pour la PS2 sorti à l’été 2002 au Japon, Lost War Chronicles donne toutes les apparences d’une novélisation – ou plutôt devrais-je peut-être dire une « mangaisation » – dont les principales qualités semblent empruntées à The 08th MS Team mais sans les points forts d’un récit développé pour un média destiné à raconter effectivement une histoire au lieu de procurer un simple divertissement – c’est le problème, assez récurrent, des jeux vidéo qui sortent de l’ornière dans laquelle ils excellent : ils trouvent assez vite leurs limites sur d’autres médias…

Nous voilà donc dans une histoire de guerre. Hélas, et en dépit de la gravité de son sujet, cette première moitié du récit se montre assez simple, tant dans son scénario que dans ses personnages – au contraire de l’œuvre originale qui l’a inspirée – et même, sous certains aspects, assez caricaturale : prenez les archétypes des militaires les plus représentés dans des œuvres de fiction populaires, quel que soit leur support, ajoutez une pincée d’intrigue pour le moins linéaire mais généreuse en scènes d’action dont l’intérêt pour faire avancer l’histoire reste discutable, et vous obtiendrez quelque chose d’assez peu éloigné de ce premier volume de Lost War Chronicles ; non un tome tout à fait inutile, mais néanmoins une moitié d’histoire aux forts accents militaristes et donc relativement peu intéressante sur le plan humain.

Planche tirée du manga Mobile Suit Gundam: Lost War Chronicles t.1

Planche intérieure

Cette production se rattrape malgré tout sur le plan artistique, où Masato Natsumoto nous montre une facette de son talent que les lecteurs de manga ne connaissent pas forcément : passer de la splendeur baroque de l’heroïc fantasy à la fureur des champs de bataille futuristes exige un talent certain ; du reste, certains auteurs semblent naturellement prédisposés à illustrer les histoires des autres – ce qui n’est en aucun cas péjoratif ni même une critique, bien au contraire. De leur côté, Koji Aisaka et Toshihiro Kawamoto – qui semble sans rapport avec l’artiste derrière les personnages de Cowboy Bebop – nous proposent des chara designs plutôt réussis mais hélas assez peu charismatiques : en clair, ils remplissent tout juste leur rôle.

Bref, avec son action clairement orientée « shônen de base », ce premier volume de Lost War Chronicles ne brille pas par ses qualités narratives et encore moins psychologiques mais bel et bien par ses « effets spéciaux » et ses abondantes scènes de combat qui laissent bien peu de répit au lecteur – comme dans un jeu vidéo, justement. L’aspect non manichéen de First Gundam reste néanmoins présent, même s’il est assez édulcoré, et le fan confirmé apercevra avec plaisir certains personnages qu’il a appris à aimer.

Pour aficionados de préférence, donc, et surtout ceux qui n’ont pas eu la possibilité de s’adonner au jeu vidéo original – signalons malgré tout que le récit et ses protagonistes prendront une tournure plus sophistiquée dans le tome suivant, ce qui donne ainsi à celui-là des airs d’introduction à une histoire plus vaste et plus profonde qu’elle y paraît au premier abord…

Mobile Suit Gundam: Lost War Chronicles, vol.1
Tomohiro Chiba & Masato Natsumoto, 2002
Tokyopop, 2006
130 pages, pas d’édition française à ce jour

chronique du tome suivant

Gundam 00 le Film : trailer officiel


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