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Warhammer 40,000: Squad Command

Jaquette UMD du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandLes adorateurs du Warp s’attaquent au monde de Ruhr III et seuls les Ultramarines de l’Impérium peuvent les arrêter. Mais à peine débarqués sur la planète, ils découvrent avec horreur la portée de l’invasion des Légions du Chaos : leurs serviteurs mutants sont partout, des cités entières de renégats leur prêtent main forte, et un traître pourrait même se cacher dans les hautes sphères du pouvoir de Ruhr III. D’ailleurs, il se murmure qu’un Inquisiteur de l’Ordo Malleus surveille attentivement les opérations, tout prêt à déployer ses Chevaliers Gris chasseurs de démons…

Les habitués de ce blog s’étonneront peut-être de me voir écrire que je connais assez mal l’univers de Warhammer 40,000. Pourtant, lancée par la célèbre compagnie de création de figurines et de jeux de plateau Games Workshop il y a maintenant près d’un quart de siècle, cette franchise compte depuis une quinzaine d’années parmi les plus prolifiques et les plus appréciées de la science-fiction dans le domaine des jeux de société. Il faut dire aussi qu’avec son univers aux nets accents dystopiques mais qui replace dans un futur prodigieusement lointain des éléments typiques du médiéval fantastique, cet univers présente une richesse rare à laquelle un certain public pouvait difficilement rester indifférent.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandAu fil du temps, cette gamme de jeu et de figurines connut une diversification proportionnelle à son succès et c’est tout naturellement qu’elle se trouva une place sur la plupart des médias, tels que romans et comics, mais aussi en jeux vidéo. Ainsi, c’est plus de 15 titres qui virent le jour depuis 1992, le plus souvent sur PC, de la simulation de jeu de plateau au jeu de tir tactique, en passant par les jeux de stratégie, en temps réel ou au tour par tour. La licence prévoit aussi de se diversifier à l’avenir sur d’autres types de jeu, tels que jeu d’action ou MMOPRG. À ce jour le second titre de la série sorti sur consoles portables, Squad Command propose de diriger une équipe d’une demi-douzaine d’unités dans quinze missions à la difficulté croissante.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandAu contraire de la série des Dawn of War (créée en 2004) de Relic Entertainment, les développeurs de RedLynx ont choisi le tour par tour, soient des mécaniques de jeu très respectueuses de celles du jeu de plateau original. Le joueur dirige donc sur le terrain de jeu des unités disposant de points de vie et de points d’action dans le but de remplir des objectifs de mission bien spécifiques ; ceux-ci consistent à éliminer tous les adversaires ou bien un seul en particulier, occuper une certaine zone ou alors la détruire, survivre pendant un certain temps, etc – les conditions de défaite varient elles aussi selon la mission, bien qu’un peu moins, allant de la destruction complète de votre équipe à celle d’une seule unité bien spécifique.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandVous pourrez utiliser à cet effet de simples soldats jusqu’aux chars d’assaut les plus sophistiqués, en passant par les marines d’élite et les aéroglisseurs, ou bien les Terminators et les Chevaliers Gris mais aussi les Dreadnoughts. Si chacune de ces unités et son arme principale sont imposées pour chaque mission – pas moyen d’échanger un soldat de base contre un space marine par exemple –, vous pouvez néanmoins choisir son arme secondaire ainsi que le nombre de ses munitions – mais en contrepartie de points d’action. Cette évolution dans l’équipement dépend bien sûr de votre progression dans le jeu, et vous accéderez naturellement aux engins les plus intéressants au fur et à mesure que vous avancerez dans la partie.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandÀ noter que le terrain de jeu ne se divise pas en cases, au contraire de la plupart des jeux de stratégie au tour par tour. Au lieu de ça, vous « tracez » le trajet de déplacement de vos unités sous forme de petites flèches à l’aide des touches ou du stylet et le validez une fois le point d’arrivée jugé satisfaisant. Chaque point d’action de l’unité correspond à une certaine distance parcourue, et le chemin ainsi affiché prend une couleur rouge quand vous dépassez la limite au-delà de laquelle votre unité n’a plus assez de points d’action pour utiliser son arme sélectionnée. Mais je vous conseille tout de même de garder des points d’action en râble, pour pouvoir placer votre unité à couvert après qu’elle ait fait feu – vos adversaires ne s’en priveront pas…

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandLa réalisation s’affirme de très bonne facture. Les modèles présentent un bon niveau de détails et d’animation, et les textures à la fois richesse et diversité ; quant aux effets pyrotechniques tels que tirs et explosions, et ceux d’ambiance comme les fumées d’incendies, ils se montrent convaincants. L’attention portée aux divers éléments du jeu se mesure aussi à des choses a priori anodines telle que la possibilité pour une unité de petite taille de se glisser entre les pattes des restes d’un adversaire bien plus imposant, ce qui peut parfois présenter un certain intérêt tactique. Enfin, les décors sont tous entièrement destructibles, de sorte qu’une cible bien planquée ne le reste pas longtemps – une autre dimension stratégique appréciable.

Screenshot tiré du jeu vidéo Warhammer 40,000: Squad CommandMais cette qualité artistique se paye assez cher. Non pour des raisons de performances, ni de temps de chargements, mais pour de simples questions de jouabilité. Ainsi, les mouvements de caméra s’avèrent très limités, peut-être pour réduire le nombre de polygones affichés, et gênent parfois la visée d’une cible dissimulée derrière un obstacle – non du point de vue de l’unité qui tire, mais bel et bien de celui du joueur. Et alors que les pans de mur et autres restes de véhicules sont supposés devenir transparents pour pouvoir contourner ce problème, un bug rend hélas cette fonction un peu aléatoire. Pour la même raison, le seul moyen d’avoir une vue d’ensemble du terrain et de la position des unités consiste à passer par une vue de dessus.

Mais que ce défaut ne vous rebute pas car en fin de compte il s’avère assez mineur et n’empêche pas du tout Squad Command de proposer une expérience de jeu toute aussi divertissante qu’aboutie sur le plan tactique. De plus, et bien qu’assez limité, le scénario de ce titre reste une excellente introduction à l’univers de Warhammer 40,000 et donne vraiment envie d’en savoir plus – par exemple à travers les romans de la série.

Warhammer 40,000: Squad Command
RedLynx, 2007
Playstation Portable & Nintendo DS, env. 30 €

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Front Mission 1st

Jaquette du jeu vidéo Front Mission 1stL’île d’Huffman, issue d’une activité volcanique inhabituelle au large de la côte ouest du Mexique en 1995, est l’objet de convoitises qui exacerbent les tensions politiques dans le Pacifique. L’USN, issu de l’unification des pays d’Amérique du Nord et du Sud, s’oppose à l’OCU, alliance des nations d’Asie et d’Australie, et les deux superpuissances finissent par s’affronter en 2070.

Cette « Guerre d’Huffman » se termine sur un bilan mitigé : l’île se voit divisée en deux territoires où les anciens ennemis doivent cohabiter. Cette paix précaire se maintient jusqu’à la Crise d’Huffman en 2086 qui voient de nombreux affrontements causer un chaos croissant sur l’île ; en juin 2090, l’Incident Larcus devient le prétexte d’un nouveau conflit ouvert…

Royd Clive, capitaine de l’OCU accusé à tort d’avoir déclenché l’incident, est limogé. Un an après, le colonel Guri Olson le retrouve dans les arènes de wanzers de Barinden et lui propose de reprendre du service pour retrouver celui qui l’a piégé.

Quand on voit dans quel titre précis la franchise Front Mission prend ses racines, on peut s’étonner qu’elle ait trouvé autant de succès.

Au départ une production développée par Toshiro Tsuchida et sortie sur Super NES en 1995, Front Mission s’inscrivait bien dans la lignée des Tactical RPG caractéristiques du studio Squaresoft même s’il faisait un net focus sur la partie tactique au détriment des aspects purement jeu de rôle. Cette version pour la Nintendo DS s’affirme néanmoins comme bien plus qu’un simple portage puisqu’elle diffère de manière substantielle de la version originale : outre un second scénario disponible, qui permet de jouer du côté de l’USN, elle ajoute aussi des personnages ainsi que des pièces et des armes de mechas d’autres titres de la série en plus de proposer neuf missions secrètes qui étendent davantage le récit.

Et pourtant, en dépit de ces ajouts bien conséquents, Front Mission 1st s’avère au final assez lourd.

Parmi les reproches que je lui fais, il y a ce qui me semble un résidu du Tactical RPG « traditionnel » – c’est-à-dire médiéval-fantastique comme la plupart des productions de Squaresoft de l’époque – et qui consiste à ne pouvoir attaquer que les adversaires situés à proximité immédiate – soit dans une case adjacente à celle de l’unité qui attaque. Si une telle restriction paraît logique dans un titre se réclamant du médiéval-fantastique qui, comme son titre l’indique, situe son intrigue dans un contexte moyenâgeux, donc une époque où peu d’armes permettaient de frapper une cible distante, elle semble bien moins pertinente dans un univers futuriste comme celui de Front Mission où les fusils et mitrailleuses des mechas donnent la possibilité de toucher des ennemis éloignés. Seuls les missiles échappent à cette règle, ce qui en fait donc un choix tout indiqué pour en équiper vos engins, en les faisant ainsi bénéficier d’une supériorité tactique qui rend de la sorte les combats assez inégaux – surtout en début de partie…

Une autre faiblesse réside à mon sens dans les combats d’arènes que propose le titre. Ceux-ci, comme leur nom l’indique, consistent à laisser un de vos personnages combattre un adversaire dans une arène, à la manière d’un gladiateur, contre une somme d’argent qui dépend du positionnement du concurrent dans la liste : plus il se trouve haut et plus il vous rapporte quand vous parvenez à le vaincre ; ce qui s’avère assez simple pour peu que vous pensiez à sauvegarder avant chaque combat. Et comme ces duels impactent autant l’expérience du personnage que son porte-monnaie… Bref, il s’agit non seulement d’argent mais aussi de level-up facile : en d’autres termes, c’est surtout un autre excellent moyen de rendre vos unités non purement invincibles mais presque…

Le dernier reproche que je ferais à ce jeu concerne le nombre bien trop important de personnages qu’il propose : plus de 20 en tout, plus ou moins équitablement répartis entre les deux scénarios, et donc autant de gestion à faire pour chacun concernant leur mecha – ses armes et ses pièces, mais aussi ses divers équipements optionnels. Ce qui devient assez vite un véritable casse-tête. Le meilleur moyen que j’ai trouvé de le résoudre consiste à construire exactement le même mecha pour chacun de mes personnages… Une telle solution présente aussi l’avantage de ne pas perdre de temps à choisir ses unités avant une mission.

Je laisse de côté des faiblesses mineures, ou du moins qui m’ont paru telles, concernant par exemple une interface parfois mal pensée et peu pratique – dans la liste des armes et des pièces de mechas, les objets les plus récents et donc les plus performants se trouvent toujours tout en bas du menu déroulant, ce qui impose de faire défiler une liste toujours plus conséquente au fur et à mesure qu’on progresse dans le jeu et qu’on souhaite équiper ses appareils de composants plus perfectionnés. Mais l’ensemble reste malgré tout bien assez ergonomique et intuitif pour ne jamais se montrer vraiment pesant, tout au plus s’agit-il d’erreurs d’appréciation de la part des développeurs dans la conception d’un titre très différent de tous ceux produits jusque-là par le studio et qu’un véritable gamer saura ne pas laisser lui gâcher son plaisir.

En dépit de ces quelques problèmes bien réels, Front Mission 1st reste malgré tout un titre agréable, avec des scénarios complexes et des personnages attachants, et dont la réalisation en 2D à base de sprites réjouira tous les joueurs « old school » parmi vous mais aussi les aficionados de la série Advance Wars désireux de s’amuser dans un univers à la fois plus sombre et plus réaliste. De plus, il s’agit aussi du tout premier titre d’une franchise devenue mythique dans le genre mecha et qu’aucun mechaphile ne saurait rater, au moins pour son aspect historique.

Front Mission 1st
Square Enix Co., Ltd., 2007
Nintendo DS, env. 40 €

– le site officiel de Front Mission 1st (en)
l’avis d’Antekrist sur Emunova (version SNES de 1995)


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