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Inventing Iron Man

Couverture de l'édition originale américaine de l'essai Inventing Iron Man: The Possibility of a Human MachineTony Stark combat les vilains et protège les innocents depuis qu’il a revêtu son armure mécanisée aux débuts d’Iron Man chez Marvel Comics en 1963. Au fil du temps, l’armure de Stark lui a permis de traverser les murs, devenir un jet humain, contrôler un immense réseau d’armes par la pensée seule, et réaliser d’innombrables autres exploits. Celui qui nous a expliqué comment devenir Batman tente maintenant de déterminer si la science – et l’humanité – peut dès à présent créer un véritable Iron Man.

E. Paul Zehr déconstruit physiquement Iron Man pour savoir comment les technologies actuelles permettraient de créer une armure semblable à celle de Stark. Avec son expertise scientifique et une immense créativité, Zehr examine comment l’armure d’Iron Man permet à Stark de devenir un super-héros. Il discute les prouesses ahurissantes que réalisa Iron Man pour vaincre des vilains tels que Crimson Dynamo, Iron Monger ou Whiplash, et comment de tels exploits pourraient advenir dans le monde réel. Ainsi, l’auteur découvre que la science approche du point où il sera possible de construire une armure comme celle d’Iron Man. Mais un super-héros ne se résume pas à une technologie. Zehr se penche aussi sur nos propres limitations physiques pour déterminer si une personne avec un entraînement de haut niveau pourrait devenir un super-héros en utilisant l’armure d’Iron Man.

En posant un regard scientifique sur les interfaces cerveau-machine et les extrêmes limites de la frontière entre les neurosciences et la plasticité neurale, Inventing Iron Man se place à mi-chemin des comic books de science-fiction et de la science moderne. Si vous pensez avoir ce qu’il faut pour devenir l’ultime héros cybernétique, alors ce livre s’adresse à vous. (1)

Comme tous les super-héros, le personnage d’Iron Man illustre entre autres ce désir éternel d’améliorer les capacités physiques de l’homme, voire même ces qualités intellectuelles dans une certaine mesure. Bref, de le modifier (2). Si le concept de scaphandre mécanisé servant à amplifier les facultés corporelles de son porteur apparut en 1937 dans les premiers épisodes du cycle des Fulgurs (Lensman ; 1934-1950) de E. E. « Doc » Smith (1890-1965), c’est néanmoins le roman Étoiles, garde-à-vous ! (Starship Troopers ; 1959) de Robert A. Heinlein (1907-1988) qui popularisa le thème en plus d’en inventer le pendant militaire – c’est-à-dire doté de blindage et d’armes ainsi que d’autres dispositifs pour transformer ainsi le soldat en un véritable tank à l’extrême mobilité. Ce modèle du concept devint vite le standard, au point qu’il apparut ensuite dans nombre d’œuvres dont certaines comptent parmi les plus marquantes de la science-fiction littéraire, comme La Guerre éternelle (Joe Haldeman ; 1975) ou Hypérion (Dan Simmons ; 1989), et encore jusqu’à aujourd’hui, par exemple dans Les Légions immortelles (Scott Westerfeld ; 2003).

Il s’agit donc d’un thème ancien du genre, qui apparut plutôt tardivement dans les comics puisque les premières aventures d’Iron Man datent de 1963, mais qui au fond  relève de la même volonté de transformer l’homme évoquée plus haut, et ceci afin d’augmenter ses possibilités. Sous bien des aspects, à vrai dire, il s’inscrit tout à fait dans la lignée de ces figures mythologiques tels que les guerriers Persée et Cúchulain qui utilisaient, respectivement, un casque magique pouvant rendre son porteur invisible ou bien la lance fabuleuse Gae bolga ; mais on peut aussi évoquer, dans un registre peut-être un peu plus cartésien, d’un certain point de vue, les ailes artificielles d’Icare et de son père Dédale. Bref, la science-fiction, comme bien souvent, se contente ici de rationaliser des fantasmes ancestraux à travers les techno-sciences, ce qui au fond reste l’unique moyen de moderniser ces désirs et ce, à travers une maturation de ceux-ci (3).

E. Paul Zehr s’inscrit dans une démarche somme toute assez comparable sous bien des aspects : spécialiste reconnu des neurosciences et de la kinésiologie, ses travaux portent sur le contrôle neural dans la locomotion humaine, et en particulier dans l’interaction des bras et des jambes au cours de la marche, ainsi que sur la plasticité du réseau de neurones qui compose le cerveau, notamment dans une optique médicale. Avec un tel parcours, Zehr est très bien placé pour évaluer la faisabilité d’un dispositif semblable à celui de l’armure d’Iron Man ; hélas pour les aficionados du genre super-héros, le résultat final qu’il entraperçoit reste assez éloigné de ce qu’on peut voir dans les comics, et non seulement pour certaines raisons d’ordre technique mais surtout parce qu’un être humain se trouve dans l’armure.

Si la première partie de l’ouvrage se concentre sur la faisabilité technique du concept de scaphandre mécanisé, en se basant sur les plus récentes applications dans différents domaines, telles que le système HAL – pour Hybrid Assistive Limb – de la société japonaise Cyberdine Inc., que Zehr propose de coupler aux dernières avancées en matière d’interface neuronale directe, ses recherches s’orientent vite sur les aspects humains du problème qui, au fond, restent la limite inaltérable d’un tel projet. Et sur ce point, Inventing Iron Man… se montre assez vite bien moins optimiste que les diverses itérations du concept dans les productions de fiction, qu’elles soient littéraires ou artistiques, pour la simple et bonne raison que l’homme dans le scaphandre reste bien plus fragile que le métal qui le recouvre…

En fait, et même une fois laissée de côté toute la conception de l’objet, qui exige déjà un temps et une énergie considérables, il faut encore au porteur de l’armure toute une discipline journalière aussi rigoureuse que possible pour conserver une parfaite maîtrise du corps à travers lequel il contrôle son scaphandre : ceci comprend entre autre un entraînement permanent pour, par exemple, pallier à la déficience musculaire qu’implique l’utilisation d’un système capable de remplacer l’ensemble de la musculature du corps qui, si elle cesse d’être sollicitée, s’atrophie d’une manière comparable à celle des astronautes qui passent plusieurs semaines en apesanteur. Mais le système de contrôle par interface neuronale devient vite un problème lui aussi, d’abord parce qu’en tant que corps étranger le dispositif tend à être rejeté par l’organisme ce qui implique un traitement antirejet permanent et donc assez lourd – un tel traitement réduit la vigueur du système immunitaire qui protège l’organisme des infections et des intrusions virales – mais aussi parce que l’insertion de corps étrangers dans le cerveau fragilise considérablement celui-ci, au point que tout choc au crâne devient vite prohibé – un problème certain pour un super-héros qui se trouve sans cesse malmené par ses adversaires…

Pour autant, et parce que Zehr ne perd pas de vue qu’on apprend toujours mieux en s’amusant, il sait faire preuve de beaucoup d’humour dans ses diverses explications et autres exposés. Voilà pourquoi, au final, Inventing Iron Man… s’affirme aussi comme un passionnant ouvrage de vulgarisation scientifique, sur tous les éléments évoqués ici mais aussi bien d’autres que j’ai omis à escient afin de ne pas vous gâcher la surprise et qui joueront peut-être bien tous un rôle ou un autre dans le quotidien de chacun d’ici plus ou moins longtemps. À dire le vrai, il s’agit peut-être même du véritable intérêt de cet ouvrage.

Quant aux fans de super-héros, ils y trouveront malgré tout quelques belles occasions d’alimenter leurs rêves : c’est bien là au fond une marque propre aux ouvrages qui valent qu’on les lise.

(1) la traduction de ce quatrième de couverture est de votre serviteur.

(2) Bounthavy Suvilay, Robot géant : de l’instrumentalisation à la fusion (Belphegor, Dalhousie University, vol. 3, no 2, Terreurs de la science-fiction et du fantastique, 2004).

(3) Jacques Goimard, Du Surnaturel au supranormal, préface à Histoires de pouvoirs (Le Livre de Poche, collection La Grande anthologie de la science-fiction n° 3770, 1975, ISBN : 2-253-00739-0).

Note :

En dépit de tout son intérêt, cet ouvrage reste à ce jour indisponible en français : il vaut néanmoins de mentionner que l’ensemble reste écrit dans un anglais aussi simple que lisible, et abondamment illustré.

Inventing Iron Man: The Possibility of a Human Machine, E. Paul Zehr
Johns Hopkins University Press, octobre 2011
224 pages, env. 20 €, ISBN : 978-1-421-40226-0

– le site officiel de l’ouvrage (en)
– d’autres avis (en) : Robert Frost, Books at the Beach, Examiner

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L’Âge de l’empathie

Couverture de l'essai L'Âge de l'empathieSommes-nous sur terre, comme on l’affirme si souvent, dans le seul but de servir notre propre survie et nos intérêts personnels ? Est-ce vraiment dans la nature humaine de se poignarder dans le dos pour gravir les échelons de la hiérarchie ? Dans ce livre stimulant, l’auteur de Le singe en nous, unanimement salué par la critique, examine comment l’empathie vient naturellement aux humains et à certains autres animaux.

Le comportement égoïste et l’esprit de compétition, souvent présentés comme conformes aux théories de l’évolution, sont ici magistralement remis en cause.

Fort de son expérience sur le terrain et de ses recherches sur les chimpanzés, les bonobos et les singes capucins, ainsi que sur les dauphins, les baleines et les éléphants, Frans de Waal nous montre que de nombreux animaux sont prêts à prendre soin les uns des autres, à s’entraider et, dans certains cas, à se mobiliser pour sauver la vie de leurs congénères.

Écrit dans un langage accessible à tous, nourri d’histoires animales aussi extraordinaires qu’émouvantes, L’Âge de l’empathie, en mettant la coopération au cœur de l’évolution des espèces, ouvre des perspectives passionnantes sur la nécessaire solidarité dans nos sociétés.

Il était une fois un animal qui prit conscience de son animalité et, probablement parce qu’elle l’horrifia, lutta contre de toutes ses forces, tant et si bien qu’il en oublia son statut d’animal. Jusqu’à ce que Charles Darwin lui rappelle ses racines sauvages et l’animal en conçut un si profond désarroi que sa raison se trouva bien près de basculer… L’un d’eux en particulier, un certain Herbert Spencer, y vit une conception de la réalité qui cadrait tout à fait avec la sienne, et qui l’amena à développer une doctrine philosophique et sociologique qu’il baptisa de l’expression « sélection des plus aptes » encore que de nos jours on préfère parler de « théorie organiciste » – ce qui se traduit en langage populaire par « darwinisme social ».

« Théorie organiciste » à travers laquelle Spencer affirmait, entre autres, et dans les grandes lignes, que non seulement les pauvres ne peuvent que rester pauvres mais aussi qu’ils ne peuvent qu’engendrer des pauvres ; nul besoin d’y regarder de près pour comprendre que cette doctrine n’est jamais qu’une apologie de la féodalité et de la monarchie – ou quelque chose de cet acabit. Et encore : nombreux sont les monarques d’antan qui anoblirent des roturiers pour services rendus à la nation, de sorte que même la féodalité acceptait l’idée qu’un individu puisse gravir les échelons de la hiérarchie sociale – ce qui en dit long sur le soi-disant « modernisme » des idées de Spencer.

Et puis de toutes manières, le principe même de l’ultra-libéralisme dont se réclament les darwinistes sociaux repose tout entier sur l’idée qu’un homme ou une femme peut à lui seul infléchir le destin pour se tailler son propre chemin dans la vie – idée dont la patrie des ultra-libéraux, d’ailleurs, est l’exemple le plus frappant ; je parle bien sûr de ces États-Unis dont la fierté nationale repose presque entièrement sur ce « Rêve américain » qui veut que quiconque parti de rien peut y faire fortune, ce qui contredit complétement les préceptes du darwinisme social. En fait, tout porte à croire que ces darwinistes sociaux n’ont en réalité rien compris à cette doctrine qu’ils proclament comme la leur.

Ce qui n’est pas très étonnant en regard des démonstrations exposées dans cet ouvrage. Par exemple, à propos de ces secteurs de l’économie et des finances dont on dit qu’il est tout entier aux mains de la raison pure et de la logique du profit qui se base uniquement sur les froides spéculations mathématiques : les neurosciences ont déterminé avec la plus grande certitude que les régions du cerveau stimulées lors d’opérations financières, par exemple par les traders, sont en fait celles qui correspondent à l’excitation sexuelle ; en réalité, les spéculateurs et les financiers éprouvent une forme de plaisir sexuel quand ils gagnent de l’argent. En d’autres termes, ils raisonnent avec leurs couilles.

Et justifier la sauvagerie des marchés par l’idée que l’Humanité a vu le jour à une époque de violence et de guerres perpétuelles est une conception largement dépassée. Pour la simple et bonne raison qu’à l’époque des premiers primates il existait environ 2 000 individus sur toute la planète, c’est-à-dire bien trop peu pour vouloir prendre le risque de perdre la vie dans une guerre afin de voler leur nourriture aux autres : il y en avait bien assez pour tout le monde. Et le problème ne se posait pas davantage quand l’homo devint sapiens puisqu’il totalisait une population d’environ deux millions de personnes à peine. Quand on inventa l’agriculture, par contre, les données changèrent et il commença à s’avérer rentable de mener des raids sur des positions riches en nourriture…

Mais ce n’est pas le propos de Frans de Waal, puisque ce psychologue docteur en biologie est surtout expert du comportement animal : il a le bon sens de stopper ses considérations d’ordre « historique » quand les primates cessent d’être des animaux pour devenir des humains – ou du moins il les restreint au strict minimum pour mieux étayer ses propres dires et explications. À travers ses travaux, il démontre peu à peu, avec une logique implacable et sans faille, que, oui, l’homme est bien un animal mais que, non, les animaux ne sont pas si sauvages que ça. En fait, les animaux sont bien plus « humains » qu’on veut le croire – et par « humain » je veux dire : capables de compassion et d’empathie, c’est-à-dire de compréhension des besoins des autres.

Encore plus fort : les expérimentations ont prouvé que ça n’a rien à voir avec l’intelligence, car tout dépend en fait de l’attitude. Et, oui, les animaux sont tout à fait capables de saisir le sens des expressions non seulement de leurs congénères mais aussi de représentants d’autres espèces. En fait, c’est plus une question de patrimoine génétique que de cerveau ; formulé autrement, plus l’ADN d’un animal est proche de celui d’un autre et mieux ils se comprennent – faute d’un meilleur terme. L’intelligence joue bien sûr un rôle – inutile d’attendre de la compassion d’un poisson rouge par exemple – mais pas aussi déterminant que ce qu’on croit en général…

Les mammifères s’avèrent les plus sensibles aux ressentis des autres, les plus aptes à l’empathie en raison de leur lien particulier à leur progéniture : celle-ci se trouvant complétement tributaire de ses parents à la naissance, le seul moyen que trouva cette branche de la faune de se perpétuer fut de développer ce qu’on appelle des liens familiaux – c’est-à-dire un moyen pour les parents de comprendre les besoins, c’est-à-dire la détresse, de leurs petits, afin de mieux y répondre. Et si les mammifères s’affirment comme l’espèce la plus prolifique de la planète, car la mieux adaptée, c’est précisément en raison de ce sens en quelque sorte inné de l’entraide et de la coopération – non de la compétition perpétuelle.

L’auteur a ici pour ambition de remettre certaines pendules à l’heure, et il ne s’en cache pas d’ailleurs, notamment en revenant sur l’influence qu’ont pu avoir des personnages tels qu’Herbert Spencer sur les interprétations à donner aux conclusions de Darwin – qui, lui, n’a jamais fait que présenter des faits scientifiquement démontrés et n’en a jamais tiré aucune conclusion sur la façon dont les sociétés devaient être menées. Si ici Frans de Waal ne contredit pas Spencer quant à la nature première de l’homme, il en tire néanmoins des conclusions très différentes à la lumière des dernières découvertes scientifiques sur le comportement animal.

Que ce livre ait été rédigé suite à la crise financière de l’automne 2008 n’est bien sûr pas un hasard – cet événement est cité dès la préface de l’ouvrage et à plusieurs reprises dans le corps du texte. Comme l’auteur n’est pas qu’un scientifique mais aussi – surtout – une homme de grande intelligence, il a bien évidemment remarqué comme ce système socio-économique ultra-libéral basé sur une compétition permanente pouvait détruire les personnes à force de les monter les unes contre les autres pour en tirer toujours plus de jus. C’est ce système qu’il démonte ici, avec une rigueur toute scientifique, en démontrant que ses racines ont en fait été mal comprises.

Sous bien des aspects d’ailleurs, ce n’est pas tant l’ultra-libéralisme qu’il fustige que les techniques de management – sujet certes connexe du précédent mais pas forcément inséparable. Si Frans de Waal défend la liberté de chacun, comme tous citoyens américains, il défend aussi le besoin de protection dont aucun de nous ne peut se passer, comme tous ces européens dont il faisait partie avant d’émigrer aux États-Unis. Et en combinant le meilleur de chacun de ces mondes, il parvient à dessiner l’espoir d’un futur plus beau.

L’Âge de l’empathie, Frans de Waal
Les Liens qui libèrent, 2010
330 pages, env. 22 €, ISBN : 2-918-59707-4

Cartographier le Pays des Merveilles…

L'écrivain du Siècle des Lumières BeaumarchaisUn article paru il y n’a pas très longtemps dans Le Monde nous informe d’un projet pour le moins surprenant : tenter de concilier la recherche scientifique avec la critique littéraire. Hors, par une sorte de tradition assez malheureuse, de tels domaines sont considérés comme bien trop différents, voire antagonistes, pour susciter une telle réflexion – surtout de la part de savants qui, c’est bien connu, ne s’intéressent qu’aux chiffres et en aucun cas aux lettres…

Pourtant, c’est oublier un peu vite qu’une telle séparation n’existe que depuis la réforme du baccalauréat par Napoléon : le Siècle des Lumières et avant ça l’Humanisme de la Renaissance s’étaient pourtant bâtis sur l’idée que les champs de la connaissance ne devaient souffrir aucune barrière, et surtout pas entre eux. Mais on comprend que Bonaparte ait vu là une opportunité de ligoter d’autant plus cette « pensée libre » qui jurait avec son régime : après tout, c’est en manipulant la jeunesse, donc les étudiants, qu’on assure la pérennité d’un règne.

Il semble que cette dichotomie soit sur le point de s’effondrer ; en tous cas, la science-fiction s’y efforce depuis plus d’un siècle et il me semble distinguer déjà d’assez nettes lézardes dans l’édifice du « petit caporal » – ce qui est tout à fait satisfaisant : les tyrannies, en effet, ont horreur de ce qui les menace, et celle-ci n’a que trop duré…


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