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Mazinkaiser SKL

Jaquette DVD de l'édition américaine de l'OVA Mazinkaiser SKLLe futur proche. Sur Machine Island, une île colossale isolée du reste du monde par un rideau de gravité depuis la dernière guerre, trois factions s’affrontent à l’aide de super armes robotiques issues d’une science oubliée. Mais le dispositif qui alimente la barrière gravitique présente une erreur majeure dans la composition de ce rideau, au point que celui-ci est sur le point de s’effondrer en menaçant tout l’équilibre écologique de la planète. On dépêche donc la SKL Force pour régler le problème.

Pilotant l’arme la plus puissante connue, Mazinkaiser SKL, les deux agents envoyés sur l’île en reconnaissance, Kaidou Ken et Magami Ryou, constituent à eux seuls l’escouade Death Caprice : leur folie meurtrière leur tient lieu de réputation, au point qu’on les compare souvent à la grande faucheuse elle-même, ou encore à des collectionneurs de cadavres, voire même à des passeurs de l’enfer… Et pas seulement pour ce qu’ils font à leurs ennemis, car personne d’autres qu’eux ne revient jamais des opérations auxquelles ils participent…

De leur côté, Kaidou et Magami se montrent beaucoup plus prosaïques : ils n’affirment rien d’autre qu’être l’Enfer lui-même.

Et ils en sont fiers…

Voilà une production qui n’y va pas par quatre chemins. Dernier descendant à ce jour de l’illustre famille jadis fondée par Mazinger Z (Go Nagai ; 1972), qui reste une œuvre fondatrice sous bien des aspects, Mazinkaiser SKL repousse les limites de la bienséance comme du bon sens pour s’aventurer toujours plus loin sur les terres de l’action pure et de l’ultra-violence – et de préférence toute autant gratuite et sanglante l’une que l’autre, autrement ce ne serait pas drôle… En transcendant de la sorte les barrières que s’imposait la franchise depuis sa création en des temps où les réalisateurs ne pouvaient se montrer aussi créatifs – voire subversifs – qu’aujourd’hui, pour des raisons évidentes, Mazinkaiser SKL dépoussière le mythe et le ramène ainsi sous les projecteurs. On pourrait presque dire « à sa place » d’ailleurs…

Pour cette raison, n’y cherchez pas la moindre bribe de significations ou d’idées, ou de n’importe quoi d’autre de ce qu’évoquent les fans meurtris pour tenter de contrer une critique qu’ils ne supportent pas. Vous ne trouverez rien de ça ici. Kaidou et Magami vous le confirmeront eux-mêmes d’ailleurs : ils se moquent autant des causes que de la justice car seule la fureur et le sang ont l’heur de leur plaire. Ainsi en va-t-il de nos jours de ces guerriers qui sauvent le monde : ils accomplissent leurs exploits en quelque sorte « par-delà le Bien et le Mal » – ce qui leur va à merveille si on tient compte d’un des principaux thèmes qui sous-tendent le genre mecha. En d’autres termes, il n’y a plus de héros, super ou non, et au lieu de ça il ne reste que des fous. C’est bien connu, on vit une époque formidable…

Dans la foulée d’un Gurren Lagann (Hiroyuki Imaishi ; 2007), mais en revendiquant sa démence au lieu de tenter de la dissimuler sous le vernis d’une quête pour la liberté des opprimés, ou quelque autre morale de cet ordre, Mazinkaiser SKL use des dernières techniques de réalisation du genre pour proposer au final une expérience hors du commun. Véritable ode à l’action pure, à la folie furieuse et à la vaine boucherie, cette très courte série présente l’immense qualité d’aller droit au but, sans même tenter de s’encombrer d’une présentation détaillée de la situation qui pousse à en appeler aux deux psychopathes déjà mentionnés : il suffit de les voir à l’œuvre pour comprendre que la menace à juguler dépasse les pires craintes – qui prendrait le risque de leur confier cette mission autrement ?

Par un jour ou bien une nuit de profond ennui comme de folle euphorie, plongez donc dans Mazinkaiser SKL, seul ou accompagné, pour suivre Kaidou et Magami aux portes de cet Enfer dont ils se réclament : vous trouverez certainement dans ce voyage-là bien des choses que vous vouliez voir mais sans jamais avoir osé les demander.

Peut-être même en redemanderez-vous d’ailleurs…

Note :

Bien que présentant des protagonistes sans aucun rapport avec les héros des productions précédentes liées à Mazinger, cette OVA fait néanmoins quelques clins d’œil aux personnages principaux des diverses séries, dont bien sûr Kabuto Kouji lui-même, mais aussi plusieurs mecha designs restés célèbres. Les connaisseurs n’auront aucun mal à les repérer tout au long des trois épisodes de cette réalisation.

Mazinkaiser SKL, Jun Kawagoe, 2010
Media Blasters, 2011
75 minutes, pas d’édition française à ce jour

Full Metal Panic! TSR: Tessa’s Eventful Day

Jaquette DVD du premier volume de l'édition américaine de la série TV Full Metal Panic! The Second RaidAprès une soirée particulièrement arrosée, Tessa se met à la recherche de l’ours en peluche qu’elle a égaré : gênée d’admettre qu’à son âge elle dort encore avec ce genre de jouet, elle doit garder secret le but de sa « quête » auprès du personnel de la base de Mithrill. Mais elle n’est pas la seule à faire des cachotteries de ce genre, et cette recherche devient vite pour elle l’occasion de lever le voile sur les divers « plaisirs coupables » de ses collègues, y compris les plus inattendus…

Dans le plus pur style de Full Metal Panic? Fumoffu, cette OVA se veut surtout comique et centrée sur les relations entre les divers protagonistes de la série TV éponyme, avec – vous l’aurez deviné – Tessa en tête de liste : c’est donc une histoire plutôt réservée aux aficionados de la franchise, bien qu’elle ne soit pas aussi drôle que Fumoffu – encore que, les coups et les douleurs… Les autres spectateurs, par contre, risquent de ne pas saisir toutes les diverses private jokes qui parsèment le film, de sorte qu’ils riront moins mais sans que ça les empêche de s’amuser eux aussi pour autant. En gros, Tessa’s Eventful Day reste un bon divertissement, d’autant plus que le fan service s’y voit réduit au minimum vital : n’hésitez donc pas à en user et en abuser…

Note :

Cette OVA est la séquelle de la série TV Full Metal Panic! The Second Raid. Cet épisode se trouve inclus comme bonus sur le quatrième et dernier volume de l’édition américaine de cette série.

Full Metal Panic! The Second Raid: Tessa’s Eventful Day, Yasuhiro Takemoto, 2006
FUNimation Entertainment, 2009
30 minutes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

Model Suit Gunpla Builders Beginning G

Visuel de promotion pour l'OVA Model Suit Gunpla Builders Beginning GAlors qu’il assiste à l’exposition du RX-78-2 Gundam grandeur nature, le jeune Haru Irei se voit encouragé par son père à choisir une maquette à construire. Mais le dernier exemplaire du RX-78-2 lui passe sous le nez et il prend à la place un tout nouveau modèle, le GPB-X80 Beginning Gundam. Il ne sait pas encore que ces premiers pas dans le Gunpla l’amèneront à participer à des « Gunpla Battles », un jeu de simulation virtuelle où les joueurs s’affrontent avec des avatars de leurs maquettes.

À travers ces épreuves et ces rencontres, ces affrontements et ces amitiés, Haru apprendra quelle est la véritable nature du Gunpla et tout ce qu’il coûte… mais aussi quel bonheur il peut apporter.

Model Suit Gunpla Builders Beginning G s’affirme comme un anime pour le moins atypique puisqu’il fait l’apologie du… Gunpla (1), cette discipline bien particulière qui consiste à construire des maquettes tirées d’un des multiples univers Gundam. On a vu des productions plus communes que ça.

Une doublement courte série – tout juste trois épisodes d’à peine un quart d’heure chacun – mais néanmoins aussi agréable qu’originale dans sa facture narrative, en plus de proposer une qualité d’animation bien soignée pour une production aussi peu conforme dans son concept de départ. Car les modélistes, ici, se câblent sur des espèces de simulateurs qui leur permettent de se livrer à un duel aux commandes de leur maquette reproduite à échelle « véritable » dans un décor virtuel : un rêve de modéliste en somme, et surtout ceux qui se livrent à du kitbash (assemblage d’un modèle à partir de pièces de plusieurs autres) ou bien, encore mieux, à du scratch-build (création de toute pièce d’un modèle entièrement personnel).

Si les prémisses du récit évoquent bien sûr un spot publicitaire de plus servant à inciter les jeunes d’aujourd’hui à collectionner les maquettes Gundam comme le firent leurs pères en leur temps, la suite de l’histoire s’oriente en fait bien plus sur la nécessité absolue de consacrer beaucoup de temps à un seul modèle plutôt que d’en assembler de nombreux à la chaîne – c’est-à-dire sans leur dévouer toute l’attention requise pour en faire de véritables pièces de collection, soit la définition même du Gunpla. Un parti pris qui surprend assez, mais surtout qui plaît beaucoup : il est en fait question ici de passion plus que de gros sous – et même si ces derniers restent bien sûr présents, au moins de manière sous-jacente.

Pour le reste, les mechaphiles purs et durs seront comblés par des scènes de combat très bien menées ainsi qu’une intrigue très respectueuse des principaux codes du genre – et ce, d’une manière d’autant plus surprenante que les affrontements se déroulent dans un univers virtuel… Bref, cette courte OVA s’affirme comme une véritable réussite : si vous êtes fans de mechas, vous pouvez y aller les yeux fermés ; les autres spectateurs, quant à eux, y trouveront une production bien assez atypique pour mériter une petite heure de leur temps.

D’ailleurs, et puisque les trois épisodes sont disponibles en ligne en VOSTA et en toute légalité sur Gundam.info, je me permets de les inclure dans ce billet (pour activer les sous-titres, cliquez sur le bouton « CC » qui apparaît à gauche du réglage de la résolution après le lancement de la vidéo) :

(1) abréviation de « gundam plastic kit », qui peut se traduire par « maquette plastique Gundam ».

Notes :

Au contraire de toutes les autres productions Gundam à ce jour, Model Suit Gunpla Builders Beginning G se déroule dans le Japon actuel et présente les mobile suits sous la forme de maquettes à construire au lieu de mechas.

Le GPB-X38-30 Forever Gundam de Boris Schauer est un modèle HG (pour High Grade) au 1/144 du RX-78-2 Gundam modifié avec des éléments de blindage externes et quatre funnels VSBR (Variable Speed Beam Rifle).

Le RX-93-ν2 Hi-ν Gundam GPB Color de Koji présente comme différence avec le modèle standard HGUC (pour High Grade Universal Century) au 1/144 qu’il est équipé de trois paires de Fin Funnels mobiles au lieu d’un seul.

Le GPB-04B Beargguy de Rina est un modèle HGUC au 1/144 du MSM-04 Acguy avec une tête et des bras qui lui donnent l’allure d’un ours en peluche.

Le GPB-06F Super Custom Zaku F2000 de Tatsu est un modèle HGUC au 1/144 du MS-06F2 Zaku II Type F2 modifié avec des éléments de blindage. L’armement consiste en un Deadend G Heat Hawk, une mitrailleuse Super Custom MMP-80 90mm et une mitrailleuse MMP-78 120mm, une dernière mitrailleuse montée sur l’avant-bras et un lance-missiles sur l’épaule. De plus, le Zaku F2000 a deux bras supplémentaires pour pouvoir manipuler tout son armement.

Le MSN-00100 Byaku Shiki de Kenta dans l’épisode 2 est un modèle HGUC au 1/144 du MSN-00100 Hyaku Shiki repeint en blanc. Le kanji du jouet original pour « Hyaku » (百) est ici remplacé par celui de « Shiro » (blanc) (白).

Model Suit Gunpla Builders Beginning G, Kou Matsuo, 2010
Pas d’édition boitier disponible à ce jour
Trois épisodes

Black Magic M-66

Jaquette DVD de l'édition américaine du film Black Magic M-66Une tempête brutale malmène un hélicoptère de l’armée qui transporte de mystérieux containers, jusqu’à ce que l’appareil finisse par s’écraser au sol. Peu après, la journaliste freelance Sybil intercepte une communication militaire confidentielle qui lui fait subodorer un scoop bien juteux ; elle ignore encore qu’elle va mettre les pieds dans une opération de test à grande échelle d’un matériel de guerre dernier cri à la puissance de feu phénoménale mais qui n’a pas pour principale qualité d’être ouvert au dialogue…

Si vous êtes fan de Masamune Shirow, vous devez avoir déjà vu cet anime et je parie que vous avez hurlé au scandale. Il y a de quoi ceci dit : lorsqu’on voit l’original, cette adaptation fait un peu pitié… Mais il est vrai que celle de Dominion (Takaaki Ishiyama & Koichi Mashimo ; 1988) et celle d’Appleseed (Kazuyoshi Katayama ; même année) ont elles aussi été plutôt ratées à leur époque – au moins sur le plan narratif pour la première et sur l’artistique pour la seconde.

Cependant lorsque les souvenirs du manga restent assez lointains quand on a enfin l’opportunité de voir le film, le résultat n’apparaît pas si mal. Bien sûr, impossible de se montrer vraiment fidèle à un volume d’environ 200 pages en moins d’une heure de pelloche ; pourtant l’ambiance générale, les designs, les personnages et le rapport action/fond politique restent en général plutôt fidèles au style de Shirow dans leur ensemble même si très différents de ceux de l’original dans la facture. Il faut aussi garder à l’esprit que Shirow lui-même n’était pas vraiment satisfait de ce qu’il considère comme une œuvre de « jeunesse »…

Une fois tous ces éléments considérés, on voit bien que Black Magic M-66 s’affirme comme un produit sans prétention, très bien adapté à son marché et réalisé par des gens tout à fait compétents qui surent en tirer l’essentiel tout en évitant de se perdre dans des considérations peut-être trop pointues pour le spectateur de base à une époque où le nom de Shirow n’attirait pratiquement personne d’autre.

Audacieux sur le plan technique (de nombreux panoramiques et travellings dynamisent l’image d’une manière dont les animes en général restent avares, pour des raisons évidentes…), ce film propose une animation soignée mais toutefois pas transcendante malgré une réelle attention pour les détails qui se montrent parfois légions et qui ont dû faire criser plus d’un intervalliste.

Au final, on trouve là un scénario bateau à la limite du cliché, de l’action bien ficelée, des notes d’humour amenées comme il faut et un suspense efficace, le tout servi par une technique efficace et des designs corrects : bref, de quoi passer un bon moment de détente – mais pas plus…

Note :

Black Magic M-66 est une adaptation du manga éponyme de Masamune Shirow publié au Japon pour la première fois en 1983 chez l’éditeur Seishinsha et en France chez Tonkam en 1994.

Black Magic M-66, Hiroyuki Kitakubo & Masamune Shirow, 1987
Manga Entertainment, 2001
48 minutes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

Super Robot Wars: O.G. – The Animation

Jaquette de l'édition américaine de l'OVA Super Robot Wars: Original Generation - The AnimationLa planète est en fête : aujourd’hui a lieu la présentation publique du nouveau système de défense globale de la flotte terrienne, le mecha VTX-001 Vartoul – un modèle de drone contrôlé par le réseau mondial ODE et qui ne nécessite pas de pilote humain. Mais lors de l’exhibition, les drones deviennent soudain incontrôlables et attaquent toutes les forces alliées en présence. Kyosuke et sa bande s’organise contre l’ennemi : après la bataille, un Vartoul est analysé : dans son cockpit, un corps inanimé…

Cette OVA est exactement ce qu’on est en droit d’attendre d’une adaptation en à peine trois épisodes d’une série de jeux vidéo de combat de mechas mêlant les genres et les univers dans un parfait souk sans queue ni tête mais néanmoins très divertissant et tout autant addictif – et même si la série dérivée précise que transpose cette production n’emprunte aucun engin ni personnage à une franchise animée existante, au contraire de ses autres opus (1). Un scénario pour le moins faiblard et des psychologies stéréotypées jusqu’à la caricature, mais néanmoins des qualités artistiques indéniables tant au niveau des designs que de l’animation, et des scènes d’action de très bonne facture ainsi qu’un rythme très soutenu du récit tout le long de l’intrigue…

Bref, cette production démontre très bien que ce qui fonctionne à la perfection sur un média donné – le jeu vidéo – ne se transpose pas si facilement sur un autre – en l’occurrence, l’anime. Si les aficionados de la série originale vidéo-ludique ne voudront certainement pas le manquer, quitte à être déçus, les autres y trouveront à peine un divertissement honnête, pas plus : heureusement, c’est très court et ça tient facilement dans une seule soirée.

(1) voir la note de fin de billet pour plus de détails.

Note :

Cette OVA se déroule après les événements décrits dans le jeu vidéo Super Robot Wars: Original Generation 2 (Atlus Co. ; 2005) ; la suite de titres Original Generation de la série Super Robot Wars (Super Robot Taisen) a la particularité de présenter des personnages et des mechas spécialement créés pour l’ensemble d’opus ainsi nommés – au contraire des autres titres de la série SRW qui proposent des personnages empruntés à divers animes, comme Kouji Kabuto de Mazinger Z (T. Katsumata ; 1972) ou bien Amuro Ray de Mobile Suit Gundam (Y. Tomino ; 1979).

Super Robot Wars: Original Generation – The Animation, Jun Kawagoe, 2005
Bandai Entertainment, 2008
Trois épisodes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

Mobile Suit Gundam Unicorn : Ep3 Preview

Parasite Dolls

Visuel de la jaquette de l'édition française de l'OVA Parasite DollsDans ce futur proche, Tokyo s’appelle Genom City depuis qu’un tremblement de terre a anéanti la cité quelques années plus tôt. Avec la technologie de la multinationale Genom, la reconstruction s’est faite très vite, et les boomers, des androïdes biomécaniques, sont devenus monnaie courante, pour tous les usages et sous toutes les formes. Mais ils peuvent subitement devenir fou furieux et faire des dégâts considérables. Important sponsor de la police nationale, Genom incite l’état à créer l’AD Police, une division équipée de matériel lourd et chargée de circonscrire les « mad machines » pour éviter une mauvaise presse.

Mais le « boomer crime » prend parfois des allures bien insidieuses : ainsi trouve-t-on la Branche au sein de l’AD Police, une section secrète très spéciale chargée des enquêtes les plus sordides, des affaires les plus noires. « Buzz » en fait partie : il refuse de porter une arme depuis cinq ans, lorsqu’il a tué par erreur une petite fille qu’il prenait pour un androïde. Son équipière Michaelson, par contre, est adepte du matériel lourd même si c’est encore elle qui trouve bien trop fine la frontière entre l’Homme et la machine. Quant à Kimball, c’est carrément un boomer, et le parfait symbole de la contradiction d’une société qui utilise des robots pour en chasser d’autres, sans compter qu’il reste de loin le plus humain des trois…

Avec les désœuvrés du vendredi soir qui parasitent le boomer crime pour se distraire, les hackers qui trafiquent cette nouvelle technologie pour alimenter les mafias locales en main-d’œuvre et les politiques qui condamnent l’artificiel pour mieux dominer l’humain, la Branche a fort à faire pour maintenir un semblant de paix entre la chair et le plastique : Parasite Dolls est l’histoire d’une société qui se fissure…

Parasite Dolls s’inscrit dans le style « polar noir » typique d’AD Police dont elle se pose ici dans la continuité logique. Principales différences : les personnages récurrents – puisque Parasite Dolls s’organise autour d’une brigade en particulier – et le final – éblouissant de noirceur, à la pointe dramatique rare – qui clôt le récit au lieu de l’ouvrir vers une autre histoire comme AD Police Files s’ouvrait vers Bubblegum Crisis premier du nom. Et c’est bien cette clôture-là qui donne tout son sens à Parasite Dolls en révélant le monstre véritable…

Noir, Parasite Dolls l’est assurément ; humain, au moins tout autant. Et ces deux aspects se combinent avec brio : en fait, ils deviennent presque synonymes. Si vous croyez que Mamoru Oshii a inventé quoi que ce soit dans Ghost in the Shell 2 : Innocence (2004), je vous conseille vivement de voir Parasite Dolls dans les plus brefs délais – il y a de bonnes chances que ça vous ouvre l’esprit… Sinon, jetez-vous dessus tout de même, par une nuit orageuse de préférence : loin de toutes considérations métaphysico-migraineuses à deux balles qui parviennent tout juste à noyer le poisson, ce récit hallucinant vous mènera dans des abysses de ténèbres dont vous ne reviendrez probablement pas entier.

Et si vous avez encore la moindre bribe d’espoir envers la nature humaine, il y a fort à parier qu’il n’en restera plus grand-chose après coup : car Parasite Dolls mérite bien son titre, mais le parasite en question n’est pas forcément celui qu’on croit…

Note :

Cette OVA est une série dérivée de la série TV AD Police qui, elle, est un spin-off de Bubblegum Crisis: Tokyo 2040.

Parasite Dolls, Y. Geshi, K. Nakazawa & N. Yoshinaga, 2003
Kaze, 2005
6 épisodes, env. 35 € l’intégrale

– les sites officiels : Kaze (fr), AIC (en), Parasite Dolls.com (jp)
– d’autres avis : Anime-Kun, Schizodoxe, Mackie

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

Hades Project Zeorymer

Jaquette DVD du premier volume de l'édition US de l'anime Hades Project ZeorymerMasato Akitsu se croyait un lycéen comme les autres jusqu’à ce que des sbires de l’organisation secrète Hau Dragon l’enlève pour exiger qu’il les aide à conquérir la planète avec le mecha Zeorymer que lui seul peut piloter en raison de son ADN bien particulier. Car la vie de Masato se résume à un vaste mensonge : conçu in vitro par manipulation génétique, il n’est venu au monde que pour devenir une parfaite machine de guerre… Toute la question consiste à savoir s’il acceptera cette fatalité ou bien s’il trouvera la force de se tailler son propre destin.

Si le début donne l’impression d’un récit dans le plus pur style super robot, l’intrigue parvient néanmoins à s’éloigner des archétypes du genre pour proposer une histoire qui présente une certaine originalité ainsi que quelques rebondissements, de même que des personnages plutôt bien développés et attachants en dépit de certains « clichés ».

Cependant, on regrette que cette OVA se limite à quatre épisodes car deux de plus auraient pu aisément y trouver leur place : le scénario donne parfois l’impression de se précipiter, et quelques zones d’ombre auraient mérité des éclaircissements afin d’étoffer les relations psychologiques et consolider le contexte général du récit qui soufre d’un certain vague ; mais l’ensemble reste malgré tout solide en dépit d’un schéma narratif un peu répétitif sur la majorité des épisodes.

Les points forts de l’anime restent sans aucun doute les mecha designs et les scènes d’action qui, dans l’ordre, présentent beaucoup de personnalité et sont de très bonne facture. Cette production doit d’ailleurs sa notoriété à ces qualités, du moins auprès d’un certain public. Le reste de la réalisation est dans les grandes lignes correcte, sans plus.

Une production qui vaut donc le coup d’œil si vous êtes mechaphile ; sinon vous pourrez vous en passer…

Note :

Cet anime est une adaptation du manga éponyme de Yoshiki Takaya – bien connu pour sa série à succès Bio-Boosted Armor Guyver – mais dépourvue du contenu à caractère sexuel de l’original.

Hades Project Zeorymer (Meioh Project Zeorymer), Toshihiro Hirano, 1988-1990
Central Park Media, 2003
4 épisodes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

The Star of Cottonland

Jaquette VHS de l'OVA The Star of Cottonland / Wata no Kuni HoshiChibi Neko, une petite chatte abandonnée un jour de pluie, est recueillie par le jeune Tokio en dépit de l’allergie de sa mère pour ces animaux. S’il compte d’abord la donner à des gens qui pourront s’en occuper, il décide finalement de la garder ; et Chibi de s’éprendre de lui, persuadée qu’un jour elle deviendra humaine et pourra partager sa vie. Son cœur se brise quand Tokio tombe amoureux d’une jeune fille ; alors Chibi fait une rencontre à son tour, avec le beau chat Raphaël qui lui apprend que les chats ne peuvent pas devenir humains…

Réalisation au charme indéniable, cette OVA frappe au cœur dés les premières images : difficile en effet de ne pas plaindre cette petite Chibi abandonnée – un procédé narratif certes un peu facile mais toujours efficace. Un animal, donc, mais comme souvent dans les contes populaires, ainsi que de nombreux mythes, nanti du pouvoir de comprendre le langage des humains qui, eux, bien sûr, n’entendent rien à ses propres mots.

Le ton est ainsi donné dés les toutes premières scènes : on a bien là affaire à une histoire située dans la droite lignée des contes de fée, c’est-à-dire de la magie d’antan. Ainsi plutôt orienté shôjo, encore que ça se discute, Wata no Kuni Hoshi sait donc charmer – sans tomber dans la « facilité » du kawaii – mais aussi surprendre, et de la manière la plus adorable : en mêlant avec adresse les rires aux larmes, ce récit présente tous les atouts pour combler les jeunes comme les autres sans pour autant proposer des séquences faciles à base de chansons simplistes, toujours affligeantes lorsqu’elles sont mal faites.

À ce sujet, on ne peut que saluer les très belles compositions de Richard Clayderman qui accompagnent à merveille les diverses tribulations de notre petite héroïne. Celle-ci, d’ailleurs, est interprétée par une comédienne dont la voix se goûte comme un pur nectar, et le reste du casting a peu à lui envier sur ce point. On ne peut que souligner encore une fois l’importance de tels atouts dans les œuvres d’animation, et qui font hélas beaucoup trop souvent défaut dans les adaptations hors du Japon en dépit des efforts évidents des éditeurs.

La narration, quant à elle, est tout sauf convenue : ce n’est pas souvent qu’on voit des chats partir pour la Perse dans l’espoir d’y trouver des litières à perte de vue… Et l’imagerie, de son coté, se montre tout aussi habile qu’originale : au lieu d’une catgirl, ou tout autre anthropomorphisme à tendance kemonomimi, la petite Chibi est représentée comme elle se voit, c’est-à-dire une petite fille en devenir de femme ; ainsi se sent-on évidemment beaucoup de sympathie pour un tel personnage à l’humanité certes naïve mais si touchante. Enfin, on peut aussi évoquer l’ensemble des qualités purement techniques de cette production qui, si elles n’atteignent pas des sommets, restent de très bonne facture et illustrent le propos de façon très appréciable.

Avec son concept de départ pour le moins hors norme (1) et sa réalisation au charme certain, Wata no Kuni Hoshi fait partie de ces productions tout à fait uniques qui méritent la découverte de toute urgence. Mais vous y trouverez aussi l’opportunité d’approcher le travail d’une mangaka à la fois originale et sensible dont l’œuvre me semble mériter d’être bien mieux connue par chez nous…

(1) encore que ça dépend des cultures : les chats étant des animaux porte-bonheur dans les croyances populaires japonaises, le concept de départ de cette OVA peut sembler moins original d’un point de vue nippon qu’occidental.

Note :

En dépit de tous mes efforts, il ne m’a pas été possible de trouver un extrait ou un trailer de cette production ; je vous en propose donc le pilote, dont les diverses qualités tant techniques qu’artistiques m’ont semblé assez comparables.

Cet anime est tiré du manga éponyme de Yumiko Ôshima, dessiné en 1978, qui créa aussi Banana-Bureddo no Pudingu (Banana Bread Pudding) l’année précédente.

The Star of Cottonland (Wata no Kuni Hoshi), Shinichi Tsuji, 1984
(Éditeur japonais inconnu)
92 minutes, pas d’édition française à ce jour

Cette chronique fut à l’origine publiée sur le site Animeka

Mobile Suit Gundam Unicorn : Ep3 PV


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