Posts Tagged 'Ridley Scott'

Les Duellistes

Affiche française du film Les DuellistesStrasbourg, 1800. Pour avoir blessé en duel le neveu du maire, le lieutenant Gabriel Féraud se voit signifier sa mise aux arrêts par un autre lieutenant, Armand d’Hubert. Mais Féraud prend l’ordre d’arrêt pour un affront et provoque Hubert en un duel au sabre pour obtenir réparation. Si Hubert l’emporte cette fois, il sait néanmoins qu’il devra à l’avenir compter avec la rancune tenace de Féraud. Pourtant, aucun des deux ne sait encore que cette dispute s’étalera sur bien des années avant de trouver sa conclusion…

Plus que l’emprise de la folie d’un homme sur son adversaire, Les Duellistes nous montre surtout comment cette aliénation de l’un en vient peu à peu à contaminer l’autre. De sorte que, à force d’articuler toujours plus sa vie autour du prochain affrontement contre sa némésis, celui-ci ne se voit même plus basculer à son tour dans la spirale du délire et passer ainsi peu à peu du statut de victime à celui de bourreau. Ici, donc, point de salut, sauf à travers un dernier sursaut dont je vous laisse bien sûr la surprise…

Mais ce film se veut aussi le portrait de la folie d’un temps, impérialiste et donc militariste, qui laisse ses éléments les plus brillants se décimer pour d’infectes raisons d’honneur et de prestige appelées hélas à connaître à l’époque encore bien des jours prospères malgré l’interdiction de la pratique du duel. Pour cette raison, Ridley Scott joue ici avec une certaine habileté sur le romanesque pour dépeindre l’historique, les délires de ses personnages servant ainsi de reflets dans un miroir pour la société dont ils sont issus.

Enfin, ce film s’affirme aussi comme une réussite artistique incontestable, par son travail sur la lumière comme sur la mise en scène – notamment à travers ses nombreux plans fixes inspirés de tableaux – mais aussi par sa photographie et son rythme narratif qui rappellent à plusieurs reprises le Barry Lindon (1975) de Stanley Kubrick (1928-1999) – œuvre dont le récit, justement, se situe à une époque voisine. Rien que pour son ambiance sans pareille, déjà, Les Duellistes vaut bien le détour.

Candidat idéal pour une soirée en comité réduit, voire même pour un moment de solitude où le besoin de voyage se fait sentir, cette première œuvre d’un réalisateur amené à compter beaucoup sait faire preuve d’une force d’esprit peu banale comme d’un charme à nul autre pareil.

Récompense :

Festival de Cannes : Prix de la première œuvre en 1977.

Notes :

Ce film est une adaptation de la nouvelle Le Duel de Joseph Conrad (1857-1924) publiée en 1908 et qui s’inspire de faits réels : les nombreux duels auxquels participa François Fournier-Sarlovèze (1773-1827), général d’Empire français, notamment contre Pierre Dupont de l’Étang (1765-1840), lui aussi général de la Révolution et de l’Empire, qu’il affronta une vingtaine de fois sur près de 20 ans avec toutes sortes d’armes.

Les lieux de tournage comprennent la commune de Sarlat-la-Canéda, d’où est précisément originaire François Fournier-Sarlovèze, et ses alentours, dont le château de Commarque.

Le groupe Iron Maiden s’est inspiré de ce film pour le morceau The Duellists de son album Powerslave (1984).

Les Duellistes (The Duellists), Ridley Scott, 1977
Paramount, 2006
96 minutes, env. 20 € l’édition Best Of Classics

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Thelma et Louise

Jaquette DVD du film Thelma & LouiseThelma, femme au foyer, s’ennuie ferme alors que son mari autoritaire et macho vend des tapis, même le week-end. Louise, serveuse dans un café, cache son passé même à Louise, pourtant sa meilleure amie. Elles quittent toutes les deux leur petite ville pour trois jours de pêche dans un chalet de montagne. Mais avant d’arriver à destination, elles rencontrent un ivrogne qui tente de violer Louise.  Et leur petite escapade tranquille entre amies devient soudain une cavale effrénée à travers tout le pays…

À une époque où la condition de la femme – hélas toujours notoirement inférieure à celle de l’homme – prend autant de place dans les journaux, il peut s’avérer utile de se rappeler l’existence d’un film comme Thelma et Louise car, dans les grandes lignes, il cristallise avec 20 ans d’avance les préoccupations actuelles. Encore qu’il semble plus juste de considérer ces dernières comme persistantes depuis trop longtemps puisque le discours qui sous-tend ce film résonne, et avec raison, depuis un demi-siècle au bas mot : en fait, Thelma et Louise soulignait surtout en son temps l’échec que connut le féminisme pour se faire entendre de l’audience masculine – ou du moins d’une part de celle-ci.

Si certains n’hésitent pas à dire que la faute de cet échec revient à une méthode de protestation qui s’est affirmée bien trop bruyante pour ne pas lasser, il semble néanmoins assez juste de dire aussi que les choses ne changent pas du jour au lendemain et que les mentalités évoluent moins vite que les lois. Toutes mes excuses pour enfoncer ainsi une porte aussi grande ouverte mais le rappel me semblait pertinent. Ce qui n’empêche nullement Thelma et Louise de s’afficher en bonne place dans la liste des films culte, en particulier pour l’ode qu’il fait à la liberté et à l’accomplissement de soi – deux thèmes qui, soit dit en passant, restent assez sous-jacents de celui du féminisme déjà mentionné.

Mais on y trouve aussi un voyage à travers les plaines de l’Ouest américain, de toute évidence encore un peu sauvages, qui prend assez vite des allures de « chevauchée fantastique » et croise au moins un autre mauvais genre, le polar, tout en flirtant avec la comédie pour mieux faire avaler la pilule du drame ici joué. Et puis c’est surtout l’histoire d’une amitié entre deux femmes dont on ne sait plus laquelle joue le rôle de Bonnie et laquelle celui de Clyde : peut-être se le partagent-t-elles après tout…

Si Thelma et Louise s’affirme encore et toujours comme un film tout à fait actuel, il reste aussi un récit admirablement orchestré où, dans le très court instant qu’il suffit à une balle pour jaillir du canon d’un revolver, le quotidien le plus banal bascule soudain dans une odyssée dont on ne revient pas entier.

Récompenses :

Oscar du cinéma : Meilleur scénario original (Callie Khouri)
Golden Globes : Meilleur scénario (Callie Khouri)
David di Donatello : Meilleure actrice étrangère (Geena Davis) & Meilleure actrice étrangère (Susan Sarandon)

Thelma et Louise, Ridley Scott, 1991
MGM / United Artists, 2003
129 minutes, env. 9 €

– d’autres avis : Ciné-Club de Caen, Libération, La Pellicule brûle, CinéCritiques
– l’article de Marc-Benoît Créancier sur Il était une fois le cinéma

Aliens, tome 2nd

Couverture du deuxième tome de l'édition française du comics AliensAlors que le général Spears poursuit son rêve fou de reprendre la Terre conquise par les Aliens à l’aide d’autres Aliens dressés pour lui obéir au doigt et à l’œil, les tensions restées trop longtemps larvées explosent soudain dans la base militaire. Mais la trahison du colonel Powell tourne court et les Aliens captifs se jettent à l’assaut du complexe, qui s’embrase : seule l’intervention de Spears permet de limiter les dégâts, mais jusqu’à quand ? Pour Newt et Hicks, c’est une nouvelle course contre la montre…

Et arrive ce qui devait arriver : les volontés de puissance des uns, les instincts de survie des autres… Tous s’affrontent une fois le fragile équilibre rompu en un kaléidoscope de passions humaines, souvent bien primaires, où règnent ceux qui ont le plus gros flingue mais aussi ceux qui ont le plus de cervelle – encore que pour ces derniers, posséder une constitution non humaine en dépit des apparences donne également un avantage certain : les xénomorphes, en effet, ne s’intéressent pas aux formes de vie artificielles…

Planche intérieure du tome second du comics AliensC’est donc l’occasion de voir toute l’ampleur du traumatisme de Newt, de la haine d’Hicks, du désarroi de Butler et du désespoir des quelques survivants qui errent au petit bonheur la chance sur une Terre aux mains d’envahisseurs comme personne n’en a jamais vus. Mais on peut aussi observer la folie de Spears, la stupidité de ses hommes et l’aveuglement de Powell qui tente là de prendre un poisson bien trop gros pour ses filets. Et puis, bien sûr, surtout, il y a la fureur des Aliens : comme tous les conquérants, ils détestent les cages et n’hésitent pas à le faire savoir – à leur manière – dès qu’ils en trouvent l’occasion – et celle-ci arrive toujours sans prévenir, de préférence dans un de ces moments de tension extrême où toute raison est abolie.

On retrouve dans cette cinquantaine de pages les ingrédients principaux des films – surtout le second –, tout ce qui fait leur atmosphère de folie furieuse et de vaine boucherie où ne règne plus que cet instinct de survie qui exsude tant des Aliens qu’ils finissent par contaminer tous ceux qui s’opposent à eux – ou du moins qui essayent. Le dicton est bien connu. Verheiden nous fait ici la preuve qu’il a parfaitement saisi toute l’essence de l’univers d’Alien, tout ce qu’il implique, tout ce dont il se nourrit avant d’en recracher une bouillie visqueuse et puante à la face du lecteur qui n’en demandait peut-être pas tant…

Planche intérieure du tome second du comics AliensPourtant, on y trouve aussi des éléments relativement nouveaux, que certains qualifieraient de « psychologiques » mais je ne suis pas de ceux-là – je préfère parler de caractérisation. Je parle bien entendu des personnages. Une fois laissés de côté les clichés de service dans leur rôle de chair à canon, il reste les pivots principaux de la narration qui, s’ils n’atteignent pas des abîmes de complexité, savent néanmoins s’imposer – au moins à leur manière. Ainsi le général Spears : loin du simple mégalomane typique de certains récits simples, il présente des cicatrices assez étonnantes de la part d’un tel personnage qu’on n’imagine pas forcément ainsi.

Mais les plus surprenants restent les Aliens eux-mêmes – qui, décidément, méritent bien leur nom (1). À travers les commentaires et les réflexions de quelques personnages, c’est leur personnalité qu’on découvre. Un esprit un peu trop vite qualifié « de ruche » et qui s’avère pour le moins surprenant par son intelligence retorse. Spears en fera d’ailleurs l’amère expérience – sa dernière, bien évidemment… Les Aliens ont-ils toujours été ainsi ou bien se sont-ils adaptés à leurs proies ? L’auteur laisse le choix au lecteur, ce qui est souvent le signe d’une narration de bonne qualité – par la possibilité qu’elle laisse à l’audience d’y participer en se faisant sa propre idée.

Planche intérieure du tome second du comics AliensC’est dans ce genre de détails que l’univers d’Alien se trouve développé – d’une manière à la fois inattendue mais fidèle à la fois à l’esprit des productions originales pour le cinéma –, qu’il sort du carcan des films pour exposer un aspect en même temps plaisant – par son aspect « classique » (2) – et informatif – par le prolongement somme toute logique d’idées laissées en friche dans les films alors qu’elles présentent un potentiel certain, ici brillamment exploité pour étoffer l’univers tout en propulsant l’action vers son paroxysme. De là à dire que « Darwin avait raison », comme le rappelle justement une des victimes de l’invasion de la Terre, il n’y a qu’un pas…

Mais c’est un discours encore bien trop convenu pour passionner vraiment. Du reste, c’est le genre de chose dont les productions artistiques, souvent un peu trop entravées par les aspects typiquement émotionnels, nous ont bien trop abreuvés pour ne pas finir par nous en lasser. Au moins un peu. Pourtant, c’est encore une fois un élément caractéristique des films, qui se trouve ici retranscrit de manière appropriée et qui permet aux aficionados de se retrouver en terrain connu.

Car c’est là la véritable force de cette série : si Aliens ne brille pas par ses idées, ce titre parvient néanmoins à capturer toute l’essence d’un univers dont il repousse les frontières imposées par ses auteurs originaux, comme le fit en son temps le film éponyme de James Cameron dont ce comics était supposé être une séquelle directe et qui s’avère au final son digne successeur…

Planche intérieure du tome second du comics Aliens

(1) « alien » signifie « étranger » en anglais, et non « extraterrestre » comme bien trop de gens le croient.

(2) je parle en tant que lecteur assidu de science-fiction…

Note :

Bien que cette série soit actuellement épuisée, dans sa version française comme dans sa version originale américaine, les fans anglophones pourront se pencher avec bonheur sur sa récente réédition en six volumes omnibus parus chez Dark Horse Comics entre 2007 et 2009.

Aliens t.2, Mark Verheiden & Denis Beauvais, 1990
Zenda, collection Écran Total, mai 1991
48 pages, entre 5 et 8 € (occasions seulement), ISBN : 2-876870-80-0

chronique du tome précédent
le site officiel de la série Aliens chez Dark Horse Comics

Aliens, tome 1er

Couverture du premier tome de l'édition française du comics AliensDix ans ont passé depuis la bataille sur Achéron – alias LV-426 – : au sortir des caissons d’hypersommeil, Ripley a disparu sans laisser de trace, Hicks est contraint au silence par ses supérieurs et Newt est enfermée dans un hôpital psychiatrique où on tente d’effacer de sa mémoire des souvenirs gênants pour certains. Avec l’aide du marine, elle parvient à s’enfuir à bord d’un navire militaire ayant pour mission de recueillir des spécimens d’Aliens grâce à de tous nouveaux modèles d’androïdes de combat…

Mais pendant ce voyage, la Terre tombe sous le joug des xénomorphes. Les quelques humains survivants fuient vers les étoiles pour se réfugier dans des stations orbitales disséminées à travers l’espace où ils vont devoir organiser une résistance et lancer une contre-attaque pour libérer leur planète. Quand Newt et Hicks – accompagné de l’androïde fantassin Butler – parviennent à fuir Achéron, après un nouveau fiasco, leur vaisseau cargo bloqué en pilotage automatique se dirige vers une destination inconnue : une colonie militaire dirigée par le général Spears dont le projet consiste à reprendre la Terre aux envahisseurs à l’aide de troupes spéciales composées uniquement… d’Aliens.

Planche intérieure du tome premier du comics AliensComme beaucoup de licences à succès, la franchise Alien s’est ramifiée en plusieurs branches : à force de se voir déclinée sur des médias différents et de se trouver ainsi confiée à des auteurs différents, des incohérences – voire des contradictions – apparurent qui rendirent bientôt certains récits incompatibles avec d’autres se déroulant pourtant dans le même univers. C’est un syndrome bien connu des lecteurs de comics, et surtout ceux touchant les super-héros. Ce qui est plus inhabituel dans le cas qui nous occupe ici, c’est que c’est le cinéma – pourtant à l’origine de cette franchise – qui a provoqué la séparation en deux continuités différentes.

Quand James Cameron réalisa Aliens, le Retour (1986), la suite – à l’époque inattendue – d’Alien, le huitième Passager (1979), le film de Ridley Scott, son choix d’orienter cette franchise vers l’action en surprit plus d’un mais, surtout, ouvrit la licence Alien à d’autres secteurs et médias dont l’audience était friande de spectaculaire, et de préférence musclé. Les comics font partie de ceux-là – ce qui n’est en aucun cas un jugement de valeur – de sorte que les adaptations de la franchise Alien chez Dark Horse Comics emboitèrent plus le pas à la version de Cameron qu’à celle de Scott. Encore qu’il s’agit plus de séquelles que d’adaptations au sens strict du terme, et sous bien des aspects des séquelles beaucoup plus intéressantes que celles dont nous a gratifié Hollywood.

Planche intérieure du tome premier du comics AliensJe vais être le plus clair possible : pour moi, il n’existe que deux films méritant le titre Alien, ceux que j’ai déjà cité ici ; les autres ne sont que des pâles copies, au mieux, ou bien des parodies involontaires, au pire, de ceux-là. Le troisième de la série ne fait que déplacer dans un contexte de colonie pénitentiaire la même intrigue que le tout premier, alors que le quatrième tente plus ou moins désespérément de relancer le mythe sans parvenir à éviter les écueils – pourtant bien visibles dans ce cas précis – du ridicule ; et bien entendu aucun d’eux ne parvient à rajouter quoi que ce soit de réellement nouveau à la licence – au contraire de la très recommandable suite de Cameron déjà évoquée…

Bref, si, comme moi, vous êtes friand de cette franchise, il ne vous reste plus qu’une solution : vous pencher sur les séquelles échafaudées par les artistes plus que compétents de Dark Horse Comics (1) ; séquelles qui, pour en revenir au problème de continuité que j’évoquais à la fin du premier paragraphe de ce billet, constituent maintenant une réalité alternative de l’univers d’Alien – alors qu’elle mériterait largement d’en être la réalité principale quand on voit quelles qualités de narration elle propose…

Planche intérieure du tome premier du comics AliensBien sûr, l’édition française de cette série de comics est évidemment incomplète – le contraire serait trop beau – et ce premier tome chroniqué ici est en réalité le second chapitre de l’ensemble : ceux d’entre vous qui souhaitent savoir ce qui est advenu avant, et qui a été très brièvement résumé dans la présentation en italique qui débute ce billet, se pencheront sur la novélisation officielle du premier chapitre du comics, Aliens, la Ruche terrestre de Steve Perry (J’AI LU, coll. Science-Fiction n°4063, ISBN : 2-277-24063-X) tout en gardant à l’esprit que, suite à la sortie d’Alien 3 (1992), les noms de deux de ses principaux protagonistes ont été changés (2).

Nous retrouvons donc Newt et Hicks de retour d’Achéron où une expédition de collecte de spécimens de xénomorphes a mal tourné, à bord d’un vaisseau cargo dont le pilote automatique ne peut être reprogrammé, et accompagnés d’un androïde de combat d’élite, Butler (3), très salement endommagé par les combats sur LV-426. Leurs compagnons d’arme décimés, perdus au milieu de nulle part, en route vers une destination inconnue, tout juste informés que la Terre est sous le contrôle des Aliens, et chargés – bien malgré eux – d’une cargaison toute aussi mystérieuse, leur moral n’est pas au beau fixe… On les comprend.

Planche intérieure du tome premier du comics AliensCe qui frappe dès la première image est la splendide maîtrise artistique de Denis Beauvais : sa retranscription de l’atmosphère d’Alien est si fidèle aux films qu’on a presque l’impression de se trouver dans une salle de cinéma, en train de voir la seule suite possible à la séquelle de James Cameron. Puis on tombe sur les mots de Mark Verheiden et dès lors la magie ne nous laisse plus aucun répit… On y est. Enfin. En train d’apprendre, page après page, ce qui est vraiment arrivé (4) à ces survivants du Sulaco (5).

Si vous ne serez pas déçus du voyage, croyez-moi sur parole, il faudra néanmoins attendre le tome suivant pour voir les événements prendre une tournure réellement excitante : ce premier volume sert avant tout à poser les pions d’un échiquier qui ne brille pas par son ampleur mais par son imagination, par sa capacité à étendre l’univers d’Alien d’une manière jamais vue – à l’époque comme aujourd’hui.

C’est vrai, enfin : la Terre envahie par les Aliens, vous y auriez pensé, vous ?

Planche intérieure du tome premier du comics Aliens

(1) je ne compte pas les adaptations en jeux vidéo – du moins les plus connues d’entre elles – car je ne vois pas ce que les Predators viennent faire chez Alien, quelles que soient les élucubrations qu’ont échafaudé les fans de cette autre licence suite à un détail du décor du second film de cette série – détail qui sentait bon le clin d’œil mais que bien trop de gens ont pris au pied de la lettre en en faisant une telle histoire que les marketeux n’ont bien sûr pas pu louper un tel coche…

(2) cette novélisation fut publiée dans le cadre de la campagne promotionnelle d’Alien 3 mais puisque Newt et Hicks décédaient dans les premières minutes de ce film, il était impossible de voir ces personnages figurer dans ce roman : leurs noms ont donc été changés, respectivement en Billie et Wilks ; à noter que la version française du comics dont il est question ici ne retient pas ces changements, contrairement à sa réédition américaine en omnibus.

(3) alias Bueller dans la novélisation.

(4) Alien 3 n’existe pas : c’est un mythe inventé par les marketeux pour nous soutirer du pognon, et le pire c’est que ça a marché ; la preuve : ils en ont fait un quatrième encore plus naze…

(5) le vaisseau des marines coloniaux dans Aliens, le Retour.

Note :

Bien que cette série soit actuellement épuisée, dans sa version française comme dans sa version originale américaine, les fans anglophones pourront se pencher avec bonheur sur sa récente réédition en six volumes omnibus parus chez Dark Horse Comics entre 2007 et 2009.

Aliens t.1, Mark Verheiden & Denis Beauvais, 1990
Zenda, collection Écran Total, mars 1991
49 pages, entre 5 et 8 € (occasions seulement), ISBN : 2-876870-70-3

chronique du tome suivant
le site officiel de la série Aliens chez Dark Horse Comics


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