Mobile Suit Gundam: The Blue Destiny

Couverture de l'édition française du manga Mobile Suit Gundam: The Blue DestinyNovembre 0079. En vue de l’offensive sur la base minière d’Odessa aux mains de Zeon, la Fédération confie à plusieurs unités spéciales le soin de tester ses engins de type GM. Le sous-lieutenant Yu Kajima commande une de ces unités qui comprend en tout et pour tout trois pilotes. Lors d’une opération sur un avant-poste de Zeon, le combat est soudain interrompu par un GM de type inconnu, dont le pilote fait preuve d’une brutalité inouïe. Sauf que ce mobile suit n’a pas de pilote : il est contrôlé par une intelligence artificielle…

Au départ une série de jeux vidéo, la trilogie Mobile Suit Gundam Side Story développée pour la Saturn entre 1996 et 1997, Mobile Suit Gundam: The Blue Destiny s’inscrit dans la même lignée que Mobile Suit Gundam:  Lost War Chronicles et se résume donc à une adaptation en manga – une « mangaisation » comme j’aime dire – d’une histoire conçue pour un média bien particulier vers un autre qui ne peut en aucun cas lui être comparé. Toute la différence avec Lost War… tient dans ce que Blue Destiny ne reprend pas l’intégralité de l’histoire originale et s’arrête environ aux deux tiers de celle-ci. Du coup, il ne surprendra personne que le résultat final s’avère pour le moins mitigé sur le plan narratif…

Quant au concept de départ, utiliser une intelligence artificielle pour assister un pilote de mecha ne présente rien d’exceptionnel : le RX-78 de la série TV originale, déjà, était plus ou moins doué d’autonomie – suivant la définition précise qu’on donne à ce terme. Par la suite, Space Runaway Ideon (Yoshiyuki Tomino, 1980), puis Heavy Metal L-Gaim (Tomino, 1984), mais aussi The Five Star Stories (Mamoru Nagano, 1986), et bien d’autres, développèrent cette idée. De sorte que Blue Destiny n’apporte rien de nouveau, ni à la franchise Gundam en particulier, ni au genre mecha en général. En fait, en dehors de l’aspect « cyberculture » de l’idée, et qui avait le vent en poupe à l’époque du développement de la trilogie de jeux vidéo originale évoquée plus haut, Blue Destiny représente un effort assez vain sur le plan conceptuel.

Quatrième de couverture de l'édition française du manga Mobile Suit Gundam: The Blue Destiny

De sorte qu’il n’y a pas grand-chose à sauver. Non seulement l’intrigue se trouve amputée de sa conclusion véritable, et d’autant plus qu’elle s’achève dans cette version précise sur un de ces mic-mac typiques des scénaristes incapables de maîtriser correctement le concept newtype, mais de plus la partie artistique laisse beaucoup à désirer : le trait rigide et très peu dynamique donne l’impression d’un dessinateur débutant dont la seule véritable qualité se résume à savoir présenter des scènes d’action claires et lisibles – c’est appréciable mais ça ne sauve pas le reste. Par-dessus le marché, le sens de lecture est occidental et la traduction d’une qualité assez douteuse vu le nombre d’approximations et de contre-sens.

Bref, difficile de trouver des raisons de recommander ce Blue Destiny à d’autres personnes que des fans hardcore – ce qui se fait pour le moins rare par chez nous. Sans idée de départ vraiment forte, avec une histoire incomplète et une présentation assez discutable, ce manga fait partie des productions vite oubliables et tout aussi vite oubliées.

Mobile Suit Gundam: The Blue Destiny, Mizuho Takayama, 1997
Panini Comics, collection Génération Comics, 2002
198 pages, env. 10 €, ISBN : 2-84538-107-7

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