Kawamori Shoji Design Works

Couverture de l'artbook Kawamori Shoji Design WorksDepuis le temps que j’évoque Shoji Kawamori dans certains de mes billets, je me suis dit que je pourrais vous en parler un peu – non du bonhomme à vrai dire, puisque je n’ai pas l’honneur de le connaître en personne, mais de son travail. Un billet sur son dernier artbook – publié en mars 2006, ce qui date un peu – en est la parfaite occasion : on y trouve en effet un panorama assez vaste de l’ensemble de sa production, présenté sur plus de 200 pages, même si certaines créations ont hélas été occultées…

Page intérieure de l'artbook Kawamori Shoji Design WorksAvant de poursuivre, on peut préciser que la carrière de Kawamori ne touche pas qu’à l’industrie du manga et de l’animation mais aussi, parfois, à l’industrie tout court. Il faut dire qu’avec un cursus d’étudiant en aéronautique dans ses jeunes années, il a de quoi comprendre les exigences de domaines assez pointus. Voilà comment il put designer un Aibo pour Sony. Par exemple.

Page intérieure de l'artbook Kawamori Shoji Design WorksMais l’ensemble de son travail reste quand même dans le domaine de l’anime – beaucoup plus que celui du manga. Né en 1960, il y fit ses débuts dès 1978 en rejoignant l’équipe de Studio Nue, et bien sûr, il commença par y dessiner des mechas, notamment pour Tôshô Daimos même s’il participa aussi à la seconde série de Space Cruiser Yamato, The Comet Empire.

Page intérieure de l'artbook Kawamori Shoji Design WorksIl travailla aussi sur Ulysse 31 d’ailleurs, pour lequel il dessina la plupart des machines, robots et vaisseaux que vous avez pu y voir. Il eut aussi l’occasion de travailler sur nombre de Transformers, dont le célèbre Grand Convoy mieux connu chez nous sous le nom d’Optimus Prime. Il est toutefois regrettable que son travail sur ces productions n’apparaissent pas dans cet artbook

Page intérieure de l'artbook Kawamori Shoji Design WorksMais c’est surtout avec Macross que Kawamori obtint la gloire, à seulement 22 ans – même si on oublie souvent qu’il ne fut pas seul sur ce projet. Ses travaux de design pour Macross comprennent le fameux chasseur aérien Valkyrie qui reste souvent considéré comme le premier mecha transformable de manière réaliste – c’est-à-dire sans pseudo-morphing comme c’était le cas jusque-là (1).

Page intérieure de l'artbook Kawamori Shoji Design WorksDès lors, la machine était lancé et Kawamori se vit associé à de nombreuses productions dont certaines comptent encore comme les plus prestigieuses. Les films de Patlabor par exemple : ses travaux pour ces réalisations prennent ici une demi-douzaine de pages – on aurait aimé en voir plus, et surtout plus détaillé quand on sait le focus que fait cette franchise sur le réalisme.

Page intérieure de l'artbook Kawamori Shoji Design WorksIl eut aussi l’opportunité de travailler sur la franchise Gundam – dont il est un fan affirmé depuis toujours – en dessinant les mobile suits éponymes de Mobile Suit Gundam 0083: Stardust Memory., une OVA de 13 épisodes. Là encore, on peut déplorer que ses travaux présentés dans cet ouvrage occultent une partie non négligeable des détails dont sont pourtant friands les mechaphiles…

Page intérieure de l'artbook Kawamori Shoji Design WorksMais Kawamori n’a pas dessiné que des mechas – du moins au sens strict du terme – car, comme beaucoup de designers, il aime bien les voitures et son travail considérable sur la franchise Future GPX Cyber Formula occupe ici de très nombreuses pages. C’est l’occasion de voir une facette assez peu connue d’un artiste qui a bien plus d’un tour dans son sac.

Page intérieure de l'artbook Kawamori Shoji Design WorksIl aime aussi les vaisseaux spatiaux d’ailleurs, comme il l’a démontré à maintes reprises, et bien avant Macross déjà. À ce sujet, vous trouverez ici de nombreuses reproductions de ses travaux sur des productions aussi diverses que Tosho Daimos ou Crusher Joe ou encore Outlaw Star. Et en dehors de l’industrie de l’anime, sur des lignes de jouets telle que la série des Exo Forces de Lego.

Page intérieure de l'artbook Kawamori Shoji Design WorksLe secteur du jeu vidéo a aussi utilisé son travail, notamment la série des Armored Core – sujet d’un billet précédent – qui montre une assez nette évolution de son style : les reproductions de ses dessins sont ici très abondantes, ce qui ravira les fans de la franchise. Hélas, on ne trouve rien de son travail sur d’autres titres du jeu vidéo, tels qu’Omega Boost ou Tech Romancer.

Occupent aussi de très nombreuses pages ses croquis et ses développements pour Eureka Seven, projet qui l’a visiblement passionné de sorte que c’est là une belle occasion d’examiner de près sa méthode de travail : on y voit notamment comme les esquisses sont d’abord jetées de façon très spontanée avant d’être peu à peu affinées à travers une suite de dessins successifs.

Page intérieure de l'artbook Kawamori Shoji Design WorksMais ce sont bien ses productions pour la série Aquarion qui abondent le plus : à l’époque son œuvre personnelle la plus aboutie, produite et animée par le studio Satelight qu’il dirige, on s’attendait bien à ce qu’elle soit ici vedette. S’y trouve d’ailleurs confirmé que les professionnels du mecha design recourent eux aussi aux Lego pour échafauder leurs créations, ce qui du reste ne surprend pas…

Si les fans de Macross regretteront certainement qu’il ne soit pas fait plus honneur à cette œuvre-phare de Kawamori, ils trouveront néanmoins de quoi largement se consoler en parcourant le reste de cet ouvrage pour le moins conséquent. Quant aux autres, qui connaissent mal – ou pas du tout – le travail de cet artiste, ils auront l’occasion d’examiner les diverses facettes d’un créateur de premier plan de l’industrie de l’animation japonaise – ce qui pourrait les amener à se pencher de plus près sur les nombreuses œuvres qui les mettent en scène…

Page intérieure de l'artbook Kawamori Shoji Design Works

(1) on peut préciser qu’un an avant Macross, Space Runaway Ideon montrait déjà des véhicules qui changeaient de forme pour s’assembler en un gigantesque mecha : même sans tenir compte de leur transformation assez simple, on peut leur objecter le statut de premier mecha transformable de façon réaliste parce qu’ils étaient en fait des « combiners » – des mechas qui prennent forme par la combinaison de plusieurs unités distinctes, d’où leur nom.

Notes :

Cet artbook est le troisième exclusivement consacré au travail de Kawamori, après Kawamori Shoji Macross Design Works (novembre 2001) et Kawamori Shoji Cyberformula Design Works (août 2000), tous deux édités chez Movic.

D’autres travaux de Kawamori peuvent être examinés dans la galerie de son site officiel hébergé chez Satelight – page bilingue japonais/anglais.

Le lecteur souhaitant en savoir plus sur cet auteur pourra se pencher sur la retranscription de sa conférence à la Japan Expo 2013.

Kawamori Shoji Design Works
MdN Corporation, mars 2006
207 pages, 3,500 ¥ (env. 30 €), ISBN : 4-8443-5843-X

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15 Responses to “Kawamori Shoji Design Works”


  1. 1 jevanni 6 juin 2010 à 18:27

    Un beau billet sur du mechadesign comme on en voit peu pour ne pas dire jamais. Ça fait plaisir ! :)

  2. 2 Guilhem 7 juin 2010 à 19:07

    C’est vrai que Kawamori a un style assez unique, très personnalisé, qu’on reconnait presque au premier coup d’oeil, mais c’est le fruit d’un long travail après tout : il me semblait important de lui consacrer un billet

    Pourtant, on oublie souvent qu’il n’est pas qu’un designer mais aussi un scénariste (Escaflowne) et un réalisateur (Spring & Chaos) : si ici j’en suis resté à l’essentiel, je n’exclue pas la possibilité d’approfondir le sujet dans l’avenir…

    J’aurais aimé répondre plus tôt mais j’ai été assez occupé ces derniers temps… et ce n’est pas fini

    Merci de ton intérêt :]

  3. 3 BouquetdeNerfs 11 juin 2010 à 19:05

    La naissance d’un mécha vu par Blizzard: http://www.youtube.com/watch?v=ELhtXtnV3pg

    Et, en meilleure qualité et en téléchargement, ici:

    http://us.starcraft2.com/movies/cinematic_trailer/StarCraft2CinematicTrailer_FrenchEU-avi-downloader.exe

  4. 4 Guilhem 13 juin 2010 à 12:27

    Ce trailer avait fait une assez forte impression à l’époque : il faut dire aussi que le jeu qu’il annonçait était attendu depuis presque dix ans

    N’empêche, je me demande dans quelle mesure cette cinématique a pu inspirer le montage de l’armure d’Iron Man dans le film de Jon Favrau…


  1. 1 Gunhed « Le Dino Bleu Rétrolien sur 7 juin 2010 à 18:12
  2. 2 Armored Core 3 (suite) « Le Dino Bleu Rétrolien sur 7 juin 2010 à 18:13
  3. 3 Vision d’Escaflowne « Le Dino Bleu Rétrolien sur 7 juin 2010 à 18:13
  4. 4 Macross Zero « Le Dino Bleu Rétrolien sur 7 juin 2010 à 18:13
  5. 5 Macross, la série originale – Do you remember love ? – Flashback 2012 « Jevanni's blog Rétrolien sur 5 août 2010 à 00:11
  6. 6 Hyper Weapon 2007 « Le Dino Bleu Rétrolien sur 21 décembre 2010 à 11:39
  7. 7 Omega Boost « Le Dino Bleu Rétrolien sur 23 juin 2011 à 11:35
  8. 8 The Super Dimension Fortress Macross « Le Dino Bleu Rétrolien sur 19 août 2011 à 11:02
  9. 9 Robotech: The Untold Story « Le Dino Bleu Rétrolien sur 20 janvier 2012 à 18:05
  10. 10 Macross: Do You Remember Love? « Le Dino Bleu Rétrolien sur 18 mai 2012 à 11:05
  11. 11 Macross Plus | Le Dino Bleu Rétrolien sur 19 avril 2013 à 11:09

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