Akira : 20 ans après (9)

Screenshot du film AkiraSommaire du dossier

Introduction

L’œuvre et son auteur
1) Avant Akira

2) Pendant Akira
3) Après Akira

Une œuvre cyberpunk ?
1) Cyberpunk et science-fiction

2) Cyberpunk et Akira

Les personnages
1) Tetsuo Shima

2) Kanéda Shotaro
3) Kay (le présent article)
4) Le Colonel Shikishima

L’image du surhomme
1) Akira et… Akira

2) Akira et Tetsuo

Conclusion et sources

3) Kay :

Encore un personnage sur lequel on a peu d’informations. Sa seule accointance connue est Ryu, dont la relation avec lui reste assez floue ; si on comprend assez vite que Kay a pour lui une affection qui dépasse le cadre de leurs activités clandestines, celle-ci n’est pas pour autant explicitée mais contribue à lui donner un aspect un peu naïf à travers ce béguin romantique caractéristique de l’adolescence.

Le groupe « terroriste » pour lequel elle travaille est commandé par Nézu, dont la laideur du corps reflète la noirceur du cœur ; membre du Conseil d’Administration de Neo-Tokyo, il fomente un coup d’état pour s’emparer du pouvoir en opérant grâce à plusieurs intermédiaires – dont Kay et Ryu – qu’il charge de trouver les preuves d’expérimentations militaires menées dans les années 70 sur des jeunes enfants orphelins ou abandonnés afin de discréditer le gouvernement en révélant au public les atrocités dont ont été victimes ces cobayes. Mais Kay, tout comme Ryu et les autres membres du groupe clandestin, ignore les véritables intentions de Nézu : ils ne savent que quelques détails sur ces expériences et en particulier le n°28, Akira. De même que ses compagnons, Kay est donc un personnage manipulé mais néanmoins soucieux de faire éclater la vérité quant à des horreurs perpétrées par un État déjà responsable d’un régime presque dictatorial : en choisissant la clandestinité et l’usage de la force pour faire plier ce gouvernement lui-même au bord du totalitarisme, elle perd une partie de cette « naïveté » adolescente évoquée plus haut et devient plus ambiguë sur le plan moral, d’autant plus quand on voit comme les méthodes policières dans ce Neo-Tokyo de 2019 ne font pas rire (outre l’usage intensif des lacrymo et de la bastonnade au cours des émeutes, les flics n’hésitent pas à canarder dans la foule pour abattre ceux qu’ils considèrent comme des terroristes)…

Cette capacité à l’abnégation de soi dont fait preuve Kay joue un rôle essentiel dans l’intrigue quand elle accepte un rôle de médium, c’est-à-dire – dans l’histoire d’Akira – cette faculté de catalyser à travers elle le pouvoir des trois mutants Chiyoko, Takashi et Masaru pour que ceux-là tentent d’empêcher Tetsuo de réveiller Akira. Si l’entreprise échoue, elle n’en démontre pas moins la force de caractère de Kay qui n’hésite pas à mettre sa vie en jeu si cela peut en sauver d’autres.

Mais cette force intérieure n’est pas sans contrepartie : outre ses sentiments probables pour Ryu évoqués au-dessus, la vulnérabilité de Kay se manifeste aussi à travers une crainte irraisonnée pour toutes les choses liées au sexe. D’ailleurs, le physique de cette ado poseuse de bombes reflète cet aspect de sa personnalité, car elle n’a vraiment rien d‘une bimbo : « Je me demande souvent pourquoi je dessine des femmes physiquement aussi anodines, aussi banales, » déclare Otomo dans Mad Movies. « Je n’ai pas vraiment d’explication. La plupart des BD mettent en vedette de superbes jeunes femmes. Tout le monde peut dessiner de superbes jeunes femmes. Si vous insistez et si ça me rapporte de l’argent, je peux vous en dessiner des jolies filles. À la pelle ! » Mais si Kay se montre dés le départ intransigeante avec Kanéda, en soulignant bien qu’elle a parfaitement compris à quel genre de petite frappe elle avait affaire, c’est pourtant grâce à elle qu’il peut « revenir » de la tourmente déchaînée par Akira : en l’appelant, et aussi fort qu’elle l’a fait, probablement parce que ses sentiments à son égard avaient changé, elle lui a permis de trouver la sortie de ce maelström psionique. Nette évolution du personnage ici mise en scène à travers la magie du paranormal.

On voit donc que Kay, sans atteindre des abîmes de complexité psychologique, n’en est pas moins un personnage ambivalent : assez naïve et plutôt névrosée d’une part, mais aussi courageuse jusqu’au sacrifice d’elle-même d’autre part, elle s’inscrit également en faux de la tradition de l’héroïne « standard » par son physique banal. De plus, si elle montre un net développement de son caractère au long du récit – un aspect typique des mangas comme je l’expliquais plus haut à propos de Kanéda – elle n’évolue pas vers un autre archétype au contraire de ce dernier.

Suite du dossier (Les personnages : le Colonel Shikishima)

Sommaire du dossier

Introduction

L’œuvre et son auteur
1) Avant Akira

2) Pendant Akira
3) Après Akira

Une œuvre cyberpunk ?
1) Cyberpunk et science-fiction

2) Cyberpunk et Akira

Les personnages
1) Tetsuo Shima

2) Kanéda Shotaro
3) Kay (le présent article)
4) Le Colonel Shikishima

L’image du surhomme
1) Akira et… Akira

2) Akira et Tetsuo

Conclusion et sources

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